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Au delà des montagnes - Nouvelle

Orkin
Orkin
Niveau 65
22 septembre 2007 à 14:12:33

Bonjour,

voilà j´ai commencé l´écriture d´une nouvelle il y a quelques temps, je voudrais vous en faire part pour savoir ce que vous pensez de mon style d´écriture. Personnellement j´ai peur que ma nouvelle face trop réchauffé ou encore trop "eau de rose" si vous voyez ce que je veux dire. bref c´est une nouvelle médiéval-fantastique. Merci d´avance pour vos commentaires

Au delà des montagnes
___________________

La brise soufflait silencieusement dans les arbres… Ce matin là, la nuit ne semblait pas vouloir quitter la forêt. De temps à autre, des cris lointains faisaient vibrer les feuilles. A chaque pas, des yeux surgissaient dans la pénombre, tantôt jaunes, tantôt rouges, clignant entre la végétation drue. Bêtes inconnues ou rôdeurs, il était difficile de faire la différence. Mon imagination se laissait porter vers les pires perspectives possibles. Difficile de la contrôler.

Nous marchions silencieusement, de peur d’éveiller une créature malsaine. Mais pour une troupe d´une quarantaine de guerriers, portant hallebardes, haches, épées, arbalètes, boucliers, tous vêtus de nos côtes de mailles, marcher silencieusement se résumait à ne pas prononcer mot. Ce qui n’était guère difficile tellement la tension montait dans les rangs. Même les plus braves d’entre nous avaient perdu l’envie de bavarder. Notre départ, bien que très récent, semblait avoir eu lieu il y a des lunes. Reverrions nous seulement les régions qui nous ont vu naitre? Reverrions nous nos femmes et nos enfants? Est-ce encore un rêve réalisable que de se réveiller au bord du feu, un livre à la main et un bon verre de cervoise fraiche ou d´hydromel dans la main? Tout ceci semblait disparaitre de plus en plus à chaque pas. Ces pensées heureuses se perdaient dans l´obscurité pour laisser place à une impression de peur permanente.

Le chemin devant nous ne nous proposait pas de belles perspectives. La crainte de tomber sur une embuscade, un piège au milieu du chemin ou autres pensées terrifiantes traversant nos esprits, nous serrait la gorge. Seule la cohésion du groupe et l´instinct de survie nous faisaient encore avancer. Surtout ne pas s´arrêter, surtout ne pas rester à l´écart. Ces phrases résonnaient sans cesse dans nos têtes. Cela faisait déjà deux lunes que ces phrases traversaient nos pensées; cela faisait déjà deux lune que nous étions en marche.

Je me souviens de ce jour là, quand le tocsin retentit dans la vallée. Rassemblement général sur la place du village. L’air était lourd. Une menace pesait sur nos épaules. Intervention du conseil de ville, puis du chef militaire. Quelques révoltes dans les rang, les gardes rétablirent l’ordre. Tout se passa très rapidement. Mes souvenirs sont brefs. Et maintenant, nous voici, avançant dans cette forêt.

Nous ne savions pas précisément où nos pas nous amenaient. Une chose était sûre, ce n’était certainement pas pire qu’ici. Nouvel ordre du chef, allure forcée, nous avancions rapidement, voyant défiler les arbres autour de nous, mais cet océan vert ne semblait jamais s’arrêter. Nous étions prisonniers de cette tempête d’arbres, de branches, de feuilles et d’obscurité. Tout à une fin cependant et nous devions sortir bientôt de cet enfer vert.

Nous ne dûmes en effet pas attendre longtemps pour que les choses changent. L’obscurité cessa brutalement et, nos yeux, aveuglés par la lumière, ne distinguèrent pas ce qui se présentait devant nous. Mais nos sens revinrent peu à peu et nous vîmes s’étendre devant nous une plaine immense, s’étendant de la Rivière Pourpre à l’ouest, jusqu’au contreforts des Monts Aguarians au nord, et enfin jusqu’aux Rivages Orientaux. La Plaine de Maranian faisait face à la Forêt des Ronciers au Sud, celle dont nous sortions. Entre cette forêt et la plaine, un obstacle de taille se dressait : une falaise haute de cinq cent pieds, aux rochers abruptes et verticaux, impossibles à franchir. Et en contrebas, nous vîmes ce que nous redoutions tous.

La bataille faisait déjà rage au centre de la plaine, voyant s’affronter les plus grosses armées du monde connu. D’un côté, les hommes et créatures des Monts Aguarians, appelés les Aguarianis, formant une armée grande de huit cent mille combattants, d’après les estimations de nos espions. De l’autre côté, nos troupes, constituées au total de cinq cent mille soldats, venant des régions chaudes, des forêts du Sud, des montagnes d’Albâtre à l’extrême Sud du continent et des nos contrées. Mais ce n´était que de « petites » réserves d´hommes, beaucoup étaient encore en marche.

La guerre avait éclaté il y a peu, nous ne savions ni pourquoi, ni comment, mais chaque camp défendait ses positions et ses valeurs. Mais peut importe de savoir qui a commencé la guerre, il est plus important de savoir qui la terminera. Le contrôle du continent dépendait de l’issue de la guerre, et les perdants devaient être réduits à l’esclavage selon les anciens mythes fondateurs. La guerre était très loin de se terminer avec cette bataille. Ce n´était finalement qu´une simple escarmouche. Escarmouche entrainant la mort de dizaines de milliers d´hommes toutefois.

Le combat semblait perdu d’avance pour nos troupes. Même si nous étions mieux entrainés, nos soldats avaient voyagé pendant des semaines parfois et étaient très affaiblis, alors que l’ennemi combattait à proximité de leurs terres et en surnombre. Même s´il fallait combattre pour défendre nos terres et notre peuple, la peur grandissait de plus en plus. La forêt semblait être encore une belle perspective finalement. Ce fut alors que surgit ces quelques mots, à côté de nous : «La bataille est perdue d’avance, n’y allez pas!»

Un homme, vêtu de toile grise et de morceaux de laine rapiécés surgit entre notre troupe. Son visage était méconnaissable sous sa capuche, qui lui recouvrait la moitié du visage, l’autre moitié étant cachée sous l’ombre. Il portait une simple dague accrochée à sa ceinture, formée uniquement d’une corde nouée.

- Qui êtes-vous?, demanda notre chef, d’où venez-vous?
- Qui je suis ne vous concerne pas encore, répondit l’homme, et d’où je viens n’est pas l’important. C’est votre destination qui l’est. Cependant, vous pouvez m´appeler Onyar. Ça suffira pour le moment
- Que nous voulez-vous?, dit machinalement Gargens, le chef de notre troupe
- Rien qui puisse vous nuire, rétorqua son interlocuteur étrange.
- Expliquez-vous vite, la bataille fait rage en bas et nous ne pouvons pas nous permettre de palabrer avec inconnus, dit Gargens.
- Bien, je vais vous expliquer ma présence ici, avant que vous n´alliez faire quelques stupidités et idioties, comme partir au combat.
- Parlez ! - on sentait l´impatience de Gargens dans sa voie, il était visiblement déranger par ce nouveau venu.
- Je suis en ce moment même le seul à connaitre le dénouement de cette guerre – l´homme mystérieux pris son temps pour expliquer ces choses, il semblait visiblement vouloir être compris de tous et pas seulement de Gargens - Du moins si je laisse les choses se dérouler par elles-même. La raison de ma présence est que je compte vous guider vers un autre lieu, bien loin d’ici. J’ai la conviction de pouvoir changer le cours de cette guerre autrement que par les armes, quoique je suppose que nous devrons combattre tôt ou tard, et de pouvoir ainsi éviter que le sang et les flammes s’écoulent sur les plaines. Ne me demandez pas pourquoi me faire confiance, je ne pourrai pas vous donner d’arguments valables, à part vous montrer encore une fois les armées qui s’étendent sous nos yeux et de vous faire comprendre ce qui vous attend si vous partez combattre. Si vous me suivez, quarante de vos vies seront épargnées, en bas, quarante de vos vies seront perdues à jamais. Mais trêve de bavardages inutiles. Si vous avez encore une once d´instinct de survie dans les veines, suivez-moi, dans le cas contraire, je ne vous serai d´aucune utilité.

L’homme longea la falaise et avança vers l´ouest. La troupe s´agitait. Nous avions du mal à saisir les paroles de cet individu mystérieux. Pourquoi lui faire confiance, comme il nous l’a fait remarquer? Nous regardâmes tous notre chef dans l´espoir d´une réponse de sa part. Il semblait toutefois être la proie d´un terrible dilemme, se demandant sûrement quoi faire : envoyer des hommes au massacre, ou alors suivre un autre chemin, un inconnu? Il est vrai que la bataille en contrebas ne semblait plus à notre portée, cette fois encore, les Aguarianis semblaient l´emporter largement. Nos troupes s´éparpillaient déjà, espérant fuir le massacre. Suivre cet homme par contre, folie pure en un autre temps et une autre époque, mais à cet instant précis, cela semblait être notre meilleure chance de survie. Gargens se décida à parler, après plusieurs minutes de réflexion.

- Guerriers, bien des hommes ont combattu sous mes ordres, ils sont forts, courageux et je crois, ou du moins croyais en la victoire de notre armée, dit-il en jetant un œil vers la vallée. Nous avons combattu de bien plus terribles ennemis que ceux-là en face – il montrait du doigt la direction des Monts Aguarians – mais je pense que la victoire ou la défaite ne dépend plus de nous, la bataille a déjà commencé et se termine sans nous. L’issue ne nous concerne plus, du moins pour cette région. J´ai vu trop de sang couler et trop de soldats tomber au cours de ma vie. Si cet homme dit vrai, il y a un autre moyen pour mettre fin à cette guerre. C´est peut-être de la folie. Peut-être n´est-ce qu´un agent ennemi souhaitant nous mener dans une embuscade. Toutefois, aussi étrange qu´il peut paraitre, il m´inspire confiance. Je décide donc de le suivre et souhaite que vous en ferez autant. Je ne peux cependant pas vous forcer à le faire.

L’agitation qui s’ensuivit était à son paroxysme, et ce n’est pas difficile à comprendre. D´un côté, nous avions toujours suivi les choix de notre chef. Il avait acquis une certaine sagesse et ses décisions avaient jusque là été judicieuses. En plus, nous n´étions pas vraiment prêt pour aller à la bataille. Nous n´étions pas préparés pour ce genre de combat et la plupart des hommes présents ne constituaient qu´une milice peu entrainée. La curiosité se faisait sentir dans le bataillon. Les cris provenant de la bataille et la vision de créatures immenses dans le camp adverse suffit pour faire pencher la balance. Nous décidâmes de suivre Gargens et Onyar. Ainsi commença le voyage vers les terres inconnues.

«- Dis papa, c’est quoi la guerre». Cette phrase résonne encore dans ma tête. Ce jour là, ma fille avait entendu les récits des soldats qui rentraient du front. Ne lui ayant jamais parlé de ce côté noir de l’être humain, il était légitime qu’elle me pose la question. J’ai toujours cherché à éviter cette discussion, peut-être car j’espérais que mes enfants ne connaissent jamais cela, qu’ils restent dans une sorte de bulle, où il fait bon vivre et où les hommes sont encore des êtres civilisés. Seulement, il fallait bien que mes enfants grandissent, et si ce sujet fait partie de l’apprentissage de la vie, autant en parler, plus vite cela commencera, plus vite ce sera terminé. Mais il n’est jamais facile de parler de ces choses là, sans omettre les vérités, et sans choquer un enfant.

Je me souviens encore de ma réponse : «- La guerre? Et bien, c’est une chose que moi-même je ne m’expliquerai jamais, mais je vais faire un effort pour toi. Vois-tu, il arrive un temps où les hommes développent des divergences d’opinions et d’intérêts entre eux, comme quand toi et ton frère vous vous chamaillez pour des futilités par exemple. Il arrive que pour les hommes, ces futilités deviennent de véritables problèmes. Et quand les hommes ne s’entendent plus entre eux, ils font la guerre, ils vont donc se battre les uns contre les autres, pour des divergences, allant jusqu’à mourir pour ce qu’ils défendent.»

Voilà, j´ai encore 3 pages qui suivent, sans pour autant finir la nouvelle (ça prendra au moins 10 à 15 pages en tout), mais ça suffira pour juger la qualité je pense, d´autant + que d´après les règles du forum, il est avéré que vous êtes de grosses feignasses (c´est pas moi qui l´ai dit)

sanphi
sanphi
Niveau 8
22 septembre 2007 à 19:10:59

Le contexte est bien posé et ne manque pas de descriptions. J´aime bien que le narrateur soit à la première personne sans être pour autant au centre de l´histoire, un personnage neutre. Du coup, le lecteur s´identifie immédiatement et se sent ainsi directement impliqué dans le récit. Pour le thème en lui-même, il semble intéressant. Reste à voir la manière dont il sera developpé par la suite.

Quelques problèmes de concordances de temps dans la narration. Il y a des mélanges de passé, présent et futur qui gênent un peu la lecture du texte. L’usage régulier de « que » te contraint souvent à utiliser des temps au subjonctif et notamment de l’imparfait, ce qui a tendance à alourdir un peu les phrases – Quelques exemples en vrac, ci-dessous.

« Même les plus braves d’entre nous avaient perdu l’envie de bavarder. Notre départ, bien que très récent, semblait avoir eu lieu il y a des lunes. Reverrions nous seulement les régions qui nous ont vu naitre?»
=> « Reverrions-nous seulement les régions qui nous avaient vu naître?» -

« Est-ce encore un rêve réalisable que de se réveiller au bord du feu, un livre à la main et un bon verre de cervoise fraiche ou d´hydromel dans la main? Tout ceci semblait disparaitre de plus en plus à chaque pas. Ces pensées heureuses se perdaient dans l´obscurité pour laisser place à une impression de peur permanente. »
=> « Etait-ce encore un rêve réalisable que de se réveiller au bord du feu »

« Je me souviens de ce jour là, quand le tocsin retentit dans la vallée. »
=> « Je me souvenais de ce jour là, quand le tocsin avait retentit dans la vallée. »

« Nous ne dûmes en effet pas attendre longtemps pour que les choses changent »
=> « Nous ne dûmes en effet pas attendre longtemps pour que les choses changeassent. »

« La guerre avait éclaté il y a peu, nous ne savions ni pourquoi, ni comment, mais chaque camp défendait ses positions et ses valeurs. Mais peut importe de savoir qui a commencé la guerre, il est plus important de savoir qui la terminera. »
=> « Mais peu importait de savoir qui avait commencé la guerre, il était plus important de savoir qui la terminerait. »

« L’homme longea la falaise et avança vers l´ouest. La troupe s´agitait. Nous avions du mal à saisir les paroles de cet individu mystérieux. Pourquoi lui faire confiance, comme il nous l’a fait remarquer? »
=> « Pourquoi lui faire confiance, comme il nous l’avait fait remarquer? »

« Toutefois, aussi étrange qu´il peut paraitre, il m´inspire confiance. Je décide donc de le suivre et souhaite que vous en ferez autant. Je ne peux cependant pas vous forcer à le faire. »
=> « Toutefois, aussi étrange qu´il puisse paraitre, il m´inspire confiance. Je décide donc de le suivre et souhaite que vous en fassiez autant »

« L’agitation qui s’ensuivit était à son paroxysme, et ce n’est pas difficile à comprendre »
=> « L’agitation qui s’ensuivit était à son paroxysme, et ce n’était pas difficile à comprendre »

«- Dis papa, c’est quoi la guerre». Cette phrase résonne encore dans ma tête. Ce jour là, ma fille avait entendu les récits des soldats qui rentraient du front. Ne lui ayant jamais parlé de ce côté noir de l’être humain, il était légitime qu’elle me pose la question. J’ai toujours cherché à éviter cette discussion, peut-être car j’espérais que mes enfants ne connaissent jamais cela, qu’ils restent dans une sorte de bulle, où il fait bon vivre et où les hommes sont encore des êtres civilisés. Seulement, il fallait bien que mes enfants grandissent, et si ce sujet fait partie de l’apprentissage de la vie, autant en parler, plus vite cela commencera, plus vite ce sera terminé. Mais il n’est jamais facile de parler de ces choses là, sans omettre les vérités, et sans choquer un enfant.

Je me souviens encore de ma réponse : »

=> «- Dis papa, c’est quoi la guerre». Cette phrase résonnait encore dans ma tête. Ce jour là, ma fille avait entendu les récits des soldats qui rentraient du front. Ne lui ayant jamais parlé de ce côté noir de l’être humain, il était légitime qu’elle me posât la question. J’ai toujours cherché à éviter cette discussion, peut-être car j’espérais que mes enfants ne connussent jamais cela, qu’ils restassent dans une sorte de bulle, où il faisait bon vivre et où les hommes étaient encore des êtres civilisés. Seulement, il fallait bien que mes enfants grandissent, et si ce sujet faisait partie de l’apprentissage de la vie, autant en parler, plus vite cela commencerait, plus vite ce serait terminé. Mais il n’était jamais facile de parler de ces choses là, sans omettre les vérités, et sans choquer un enfant.

Je me souvenais encore de ma réponse : »

Orkin
Orkin
Niveau 65
22 septembre 2007 à 20:12:44

Merci pour tes commentaires, et je dois dire que tu as tout à fait raison

en effet, je n´avais plus fait de récit depuis 4 ans environ et je dois dire que j´ai complètement oublié les règles grammaticales concernant la narration

je dois dire que maintes fois j´ai hésite à mettre du présent ou du passé simple, voir de l´imparfait

(j´ai même cherché des sites sur internet qui expliqueraient l´utilisation des temps dans une narration, mais je n´en n´a trouvé aucun)

enfin je prends note de tes suggestions, je vais peut-être apprendre avec des exemples plutôt que des règles

merci

enfin ceci dit, le passé simple alourdi parfois le récit (qu´ils restassent, etc.) c´est pas forcément joli... mais c´est cohérent

pour l´usage des "que" c´est aussi un de mes grands défauts. je le remarque même dans mes travaux de recherche...

Bref du travail de ce côté là...

Orkin
Orkin
Niveau 65
22 septembre 2007 à 20:15:19

et je dois dire que j´utilise un peu trop l´expression "je dois dire"...

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
23 septembre 2007 à 14:34:56

Quelques petites fautes dans la concordance des temps, au début.

Quand tu parles du changement (obscurité->lumière), le style employé reste celui assez distant des descriptions, ce qui crée un certain décalage assez gênant pour bien passer justement des descriptions (des paysages et des évènements) à l´élément changeant.

L´arrivée de l´inconnu et sa discussion avec le chef sonnent, pour moi, faux. Déjà, personne semble vraiment surpris de le voir, et la façon dont lui et le chef s´exprime sonne creux.

Sinon dans l´ensemble, c´est pas mal. Le plus gros du contexte aparaît assez clairement, et comme Sanphi je trouve assez bien vu que le narrateur ne soit qu´un soldat parmi d´autres. Par contre, autant pour la plupart du texte tu restes plus ou moins à la 1ère personne du pluriel, sans différencier les pensées du narrateur de celles des autres soldats, autant des fois tu repars complètement à la 1ère du singulier. Là c´est un avis purement person, mais je pense qu´à ce stade du récit (tout tout début), il aurait mieux valu conserver une seule de ces deux lignes narratrices, dans un esprit de cohérence. Quitte à en changer au chapitre suivant.

Voilà, je lirai sans doute la suite :-)

sanphi
sanphi
Niveau 8
23 septembre 2007 à 17:26:39

"J’ai toujours cherché à éviter cette discussion, peut-être car j’espérais que mes enfants ne connussent jamais cela, qu’ils restassent dans une sorte de bulle, où il faisait bon vivre et où les hommes étaient encore des êtres civilisés."

C’est vrai que l’imparfait du subjonctif est relativement lourd et disgracieux, surtout pour les verbes du 1er groupe et du 3eme groupe. Pour les verbes du 2ème groupe ( en « ir ») il passe plutôt bien et on l’utilise sans même y songer car la terminaison ressemble à s’y méprendre à celle du subjonctif présent.

Il fallait bien que mes enfants « grandissent » ==> imparfait du subjonctif
Il faut que mes enfants « grandissent » ==> présent du subjonctif

Personnellement, j’emploie l’imparfait du subjonctif presque uniquement à la 3ème du singulier et la plupart du temps cela se lit assez bien. Si je reprends ta phrase par exemple :

« J’ai toujours cherché à éviter cette discussion, peut-être car j’espérais que la chair de ma chair ne connût jamais cela, qu’elle restât dans une sorte de bulle, où il faisait bon vivre et où les hommes étaient encore des êtres civilisés. »

Sinon, dans 99% des cas, tu peux remplacer l’imparfait du subjonctif par le conditionnel. C’est une astuce que j’utilise souvent dès que la phrase exprime un souhait, un sentiment ou une supposition :

«J’ai toujours cherché à éviter cette discussion, peut-être car j’espérais que mes enfants n’auraient jamais à connaître cela, qu’ils resteraient dans une sorte de bulle, où il ferait bon vivre et où les hommes seraient encore des êtres civilisés.»

Après, pour la concordance des temps dans la narration, je pense que cela va te revenir très vite car tu as de très bonnes bases.^^ En attendant, ces liens devraient pouvoir te dépanner :

http://fzpc.club.fr/Go/SySynth_Gram_Texte/Tps_Recit.htm

http://fzpc.club.fr/Go/Synth_Gram_Texte/Concord_tps.htm#Present_Passe

http://www.123cours.com/concordance_des_temps.asp

Et si tu hésites encore, tu as toujours la possibilité de poser la question sur le forum de vocabulaire. Il y aura toujours quelqu´un susceptible de te renseigner.

https://www.jeuxvideo.com/forums/1-58-44212-1-0-1-0-0.htm

Orkin
Orkin
Niveau 65
23 septembre 2007 à 18:27:18

je vous remercie beaucoup pour vos commentaires

je vois que j´ai du boulot

bon là j´ai un mémoire de licence à faire jusqu´au mois de janvier... donc je vais sûrement poster ce que j´ai déjà écrit, mais sans continuer

en tout cas je vais regarder les sites et essayer de m´entrainer pour avoir une bonne utilisation des temps

petite question : est-ce que le présent peut-être utiliser comme temps dans un récit? ou alors il faut obligatoirement passer par le passé simpler

Negatum
Negatum
Niveau 10
23 septembre 2007 à 18:32:20

Orkin :d) Il est utilisable, bien sur, mais il est moins aisé que le passé dans un récit classique, vu que certaines descriptions passent bien plus mal au présent qu´au passé, que tu peux difficilement faire des prévisions, que toute la concordance des temps devient inhabituel pour le lecteur, ect...
(attend les cent milles types qui vont lui tomber dessus)

Orkin
Orkin
Niveau 65
23 septembre 2007 à 18:34:57

hum ok merci

Orkin
Orkin
Niveau 65
23 septembre 2007 à 19:02:54

Hop, je poste la suite, c´est tout ce que j´ai pour le moment. J´ai essayé de corriger certains temps, j´espère ne pas m´être planté, c´est assez dur quand même (et je n´étais pas très assidu en français à l´époque...)

Je me souviens encore de ma réponse : «- La guerre? Et bien, c’est une chose que moi-même je ne m’expliquerai jamais, mais je vais faire un effort pour toi. Vois-tu, il arrive un temps où les hommes développent des divergences d’opinions et d’intérêts entre eux, comme quand toi et ton frère vous vous chamaillez pour des futilités par exemple. Il arrive que pour les hommes, ces futilités deviennent de véritables problèmes. Et quand les hommes ne s’entendent plus entre eux, ils font la guerre, ils vont donc se battre les uns contre les autres, pour des divergences, allant jusqu’à mourir pour ce qu’ils défendent.»

- Pourquoi ils ne discutent pas entre eux, comme tu nous dis souvent de le faire Inia et moi, pour régler nos problèmes?
- Et bien, c´est une bonne question, et tu as raison, ça règlerait bien des conflits si les hommes savaient encore parler entre eux. Mais les hommes ont une logique bien plus absurde qu´ils ne le laissent paraitre ; ils préfèrent donc s´engager dans des conflits armés, pensant pouvoir être victorieux, alors qu´au final, le guerre en elle-même est une défaite. Ils pensent encore que les compromis sont synonymes de faiblesse, alors qu´en réalité, c´est tout le contraire.
- Ils sont bêtes ! - Cette phrase pourtant si simple n´était pas dénuer de sens. Les hommes se conduisaient bien comme des bêtes et non comme des humains. Tels de troupeaux en furie, ils se rassemblaient pour prendre possession des territoires d´un autre troupeau en furie. La loi du plus fort, la loi naturelle par excellence. Les humains ne constituaient finalement pas cette espèce censée s´être élevée au-dessus des autres espèces.
- Oui, ils sont bêtes, mais uniquement en groupe. Seul, l´homme est parfois capable de montrer un peu d´intelligence.
- Et personne ne commence les discussions alors?
- Non, malheureusement, les choses se sont tellement compliquées que personne ne prend le risque de faire le premier pas. Dans ce monde, plus tu reste distant, moins tu as de chance de te faire remarquer et donc attaquer.
- Même toi tu n´oses pas parler?
- Je ne suis pas quelqu´un d´assez important pour que les grands de ce monde ne prêtent une quelconque attention à mes discours. C´est comme cela que notre univers fonctionne.
- Je t´écoute bien pourtant.
- Oui, mais toi tu es déjà très intelligente.

Ces souvenirs me revenaient régulièrement. Les enfants sont parfois bien plus mûrs que certains adultes. La preuve était flagrante, quand nous vîmes le combat qui se déroulait dans la plaine. Mais pour notre troupe, nous choisîmes l’autre solution, peut-être que finalement c’était le bon choix.

Nous parcourûmes deux lieues avant de rejoindre l’homme étrange. Il était toujours en marche devant nous, ne nous laissant pas le choix pour faire une pause, afin de retrouver nos esprits. Finalement, au bout de la falaise, il s’arrêta pour scruter l’horizon, murmurant en même temps quelques paroles incompréhensibles. Onyar paraissait grandir et pourtant, il était toujours de la même taille par rapport à nous, mais nous eûmes bel et bien l’impression qu’il dominait ce qui l’entourait. Puis il cessa ses murmures et tout revint à la normale.

- Nous pouvons reprendre notre route, dit-il, il faut accélérer l´allure, sinon nous n´arriverons jamais à temps.
- A temps pour quoi, fit remarquer notre chef, ce serait peut-être le moment de nous éclairer !
- Il sera bien assez tôt le moment venu.
- C´est le moment idéal pour nous parler de vos projets.
- Je ne pense pas que le moment idéal arrive un jour. Toutefois, j´admets que ne peux pas vous laisser dans l´ignorance, celle-là même qui a déclenché cette guerre.

L’homme retira sa capuche, nous pûmes enfin voir à quoi il ressemblait. Ses cheveux longs et noirs étaient soigneusement attachés en queue de cheval, laissant à découvert son visage mince et effilé. Une barbe grisonnante masquait la moitié inférieure du visage. Mais même si certains signes annonçaient une vieillesse avancée, l’homme paraissait en même temps très fort, comme si aucune force de quelconque ordre ne pouvait l’abattre. Il s’assit alors sur un rocher juste à ses côtés. Nous fîmes de même, afin de l’écouter avec attention. Il ouvra une première fois la bouche, puis se ravisa. Enfin après deux minutes d’attente, il se décida à parler.

- Sentez vous la terre trembler? Sentez vous la haine grandir? Le mal gronde, il se réveille, il s´accroit, il arrive… - Il marqua un long temps de respiration à ce moment, puis il continua son discours ; dans les rangs, personne ne dit mot - Il y a en ce monde une chose qui doit être trouvée. Elle possède une puissance incontrôlable. Cette chose semble être la clé de tout ce monde. L´histoire se déroule par étapes successives, marquant des pauses et des ruptures, s’emballant parfois, se calmant le reste du temps. Cette histoire se déroule selon le jeu du hasard. Cependant… - Il fit de nouveau une longue pause, prenant le temps de réfléchir - Cependant, j’ai récemment appris que l´histoire pouvait être modifiée. Pas le passé bien sûr, ce qui a eu lieu ne peut être transformé. Mais le futur, votre futur, peut-être modifié. La route qui y mène est dangereuse. On ne modifie pas le futur à volonté, il y a des sacrifices à faire. C´est un mal nécessaire pour éviter que d´autres maux grandissent.

Personne n´osait parler, l´homme s´exprimait avec une voix profonde, remplie de sagesse. Il semblait même par moment être détaché du monde. Onyar s´arrêta brusquement de parler, comme s´il craignait d´être écouté.

- Les murs ont des oreilles dit-il, la nature aussi. Il est dangereux de parler de chose dont nous ignorons la consistance exacte. J´en serai plus dans quelques jours. Repartons immédiatement, le temps presse.

Le soir approchait doucement quand nous fîmes halte. Nous avions parcouru une bonne distance. Le fracas de la bataille avait disparu et le silence reprenait ses droits. L´obscurité laissait croitre un sentiment d´angoisse au sein de la troupe. Il fallait monter rapidement le camp, car l´hiver approchait et les nuits se faisaient de plus en plus froides.

Nous étions tous plongés dans nos pensées. Qu´allait-il nous arriver? Où cet homme allait-il nous mener? Le froid ne tarda pas à dissiper ces pensées inquiétantes pour n´en laisser qu´une seule : penser à survivre. Rapidement, les hommes s´affairèrent à monter le camp. On déployait les peaux de bêtes par ci, on attachait des branches par là, il fallait créer des abris de fortune afin de se protéger du vent glacial. Des hommes étaient aussi charger de maintenir le feu en vie. J´en étais.

J´allai donc chercher du bois dans la forêt quand je vie une silhouette assise sur un rocher. M´approchant doucement, je choisi sde rester à distance afin de l´observer. En regardant mieux, je vis que ce n´était autre qu´Onyar. Mais que faisait-il donc seul ici? La réponse ne se fit pas attendre. Ce fut toutefois une des choses la plus étrange qu´il me fut donnée de voir jusque là. En effet, un oiseau sortit brusquement du sous-bois et s´approcha d´Onyar. Il voleta immobile devant le visage d´Onyar. Je vis les lèvres de notre guide bouger : il parla à l´animal ! Ainsi, notre guide faisait partie de cette ordre éloigné que l´on rappelait uniquement à travers des légendes pour enfants. Oui, il n´en faisait aucun doute, Onyar était un druide.

L´oiseau finit par s´envoler. Onyar resta immobile quelque temps, plongé certainement dans ses pensées. N´y tenant plus, je finis par bouger et m´approchai de lui.

- Les oiseaux apportent-ils de bonnes nouvelles?, lui dis-je.
- Ce n´était pas un oiseau, mais un vieil ami qui a fini par oublier sa forme humaine, me répondit-il.

Je me rappelai alors que les druides avaient la faculté d´adopter une forme animale. Une et une seule dans leur vie, d´après ce que disent les légendes. Ils choisissent l´animal qui leur ressemble le plus. Toutefois, on parlait autrefois de certains druides qui pouvaient se transformer à volonté sous n´importe qu´elle forme animale, que ça soit une vulgaire blatte ou encore une de ces terribles bêtes parcourant les plaines. Je me demandai quel était l´animal qu´Onyar avait choisi.

- Vous êtes donc un druide, c´est juste? Lui demandai-je
- Je vois que votre esprit est vif, me dit-il. En effet, je fais partie de cet ordre longtemps oublié qu´est celui des druides.
- Je croyais que les druides ne se préoccupaient pas des destinées humaines, pourquoi soudainement changer vos positions?
- La guerre qui se déroule en ce moment même va bien au delà des destinées humaines. Elle met en péril l´équilibre du monde entier, pour peu qu´elle réveille les anciens maux de cette terre. Et en cette raison, les druides ont décidé de réagir.
- N´êtes vous donc pas assez nombreux pour vous occuper de ça sans l´aide des hommes? Je croyais que votre ordre était extrêmement puissant.
- La guerre a été déclenché par l´humanité, c´est elle qui doit y mettre fin. Nous ne servons ici que de guides et d´informateurs. Nous ne pouvons intervenir directement.
- Mais pourquoi nous avoir choisi, mes compagnons et moi? Qu´avons nous de si particulier pour vous intéresser?
- Il fallait trouver une troupe de guerriers encore épargnés par la guerre. Vous étiez la seule troupe de combattants encore loin de la bataille quand nous prîmes la décision de guider certains d´entre vous. Notre choix fut rapide. Je vous ai suivis un moment et ai attendu le bon moment pour vous interpeler. Il fallait que vous voyiez la bataille sous vous yeux avant de pouvoir vous détourner de votre chemin. La peur est un allié important si son sait s´en servir correctement. Elle peut être aussi votre pire ennemi.
- Ainsi nous devons sauver l´humanité et le monde, rien que ça. N´est-ce pas présomptueux? Comment quarante hommes peuvent-ils mettre un terme au mal qui ronge ce monde?
- Patience, vous le verrez bien assez tôt, mais je ne peux rien vous dire pour le moment, je n´ai pas encore assez d´informations.

Sur ces paroles, je retournai au camp. Le feu brûlait déjà bien et l´on commençait à rôtir des morceaux de viande. Je craignais que les repas chauds finissent par être bien rares pour la suite de nos aventures. Nous commençâmes à manger tout en nous réchauffant autour du feu. L´air était frais et le vent soufflait dans les arbres.

Après le repas, nous établîmes les tours de garde. Trois hommes par tranche de deux heures. Je commençai le premier tour de garde avec deux compagnons d´arme. Je ne connaissais pas mes deux camarades de garde. En discutant, j´appris qu´ils travaillaient dans un hameau un peu à l´extérieur du village. Tyratos, l´un des deux, commença à parler de ses aventures – enfin c´est comme ça qu´il nomma ses voyages.

- Je devais aller chez mon grand oncle, un peu au nord de la grande forêt, dit Tyratos. Ce n´est pas un voyage compliqué si on connait la région. Par contre, ça peut devenir dangereux si on se perd et qu´on tourne en rond. Lors de mon premier voyage, j´avais mis deux jours pour faire le voyage, alors qu´on met d´habitude une demi journée pour le faire, à pied - au début, je le faisais avec mon père, qui connaissait très bien la région. Je m´étais égaré dans une forêt assez dense, je n´arrivais plus à retrouver mon chemin. Au final, j´ai du escalader un gros rocher qui surplombait la masse verte afin de retrouver la bonne direction. Malheureusement lors de cette escalade, un petit bloc de pierre est tombé sur mes mains . J´y ai perdu quelques doigts – il montra sa main droite et il y manquait trois doigts. J´étais alors assez doué à la chasse, mais depuis ce jour, je n´ai pas pu réutiliser d´arc, je n´arrive plus à tenir la corde. J´ai donc du apprendre à utiliser ma main gauche et après quelques lunes, j´arrivais enfin à retrouver certaines fonctionnalités. Depuis, je combat à l´épée avec ma main gauche et je tiens un bouclier dans la main droite, ce qui me donne un certain avantage en combat, car en face, ils sont pour la plupart droitiers.
- Et bien, mieux vaut t´avoir avec nous que contre nous à ce que je vois, lui répondis-je. Et toi Grenson - c´était le nom du deuxième homme – qui t´a appris à combattre?
- En fait, répondit-il, j´étais jeune quand je suis entré dans la garde du village. On m´a tout appris là-bas, la chasse, le maniement des armes, la discipline. Au final, je suis resté cinq printemps à la garde du village, pendant que l´été je travaillais aux champs. Mais à part quelques brigands, je n´ai jamais vraiment du combattre. D´autant plus que la garde sert d´abord à dissuader avant d´attaquer. Donc on sort nos armes, on menace les agresseurs et en principe, s´ils ne sont pas trop organisés, ça suffit pour les faire fuir. Si seulement ça pouvait être le cas de tous nos ennemis hein?

Orkin
Orkin
Niveau 65
26 septembre 2007 à 20:13:19

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