Légèreté.
État sur le quai d’un métro, un pied, bras étendus, monde clos. Noir silencieux, spiralant libre dans l’instant, où tout hésite. Liberté. Choix entre deux options, dans la sérénité, l’esprit instantanisé, déchargé. Cerclé de néant, pesant sur le présent. Tout se trouve là, nulle part ailleurs : prise de conscience instinctive de cet état de fait. Logique imposée devant le plus simple et le plus expéditif des cas de figure.
Vivre libre de vivre... Suprême légèreté. Être seul à décider de soi. Faire basculer le monde, le faire disparaître, l’engloutir tout entier dans les rames d’un métro... Pouvoir inégalable, le choix de vie... Tenir le monde dans sa tête. Le tenir, vraiment, comme une illusion parfaite... Néant. Choix du néant. Ô légèreté. Le monde dans sa tête, prestidigitation solitaire, à l’échelle d’un seul homme pour n’importe qui.
Ô le bruit, ô le grondement, que rapproche les instants... Porté par des insectes, ce métro venu du fond des temps, cette seconde légère, ni Blanche ni Noire... Instantanée, Uniquement appréciable pour un seul, isolément, inespérément...
Seul face à l’Enfer. Révolté. J’ai ligoté l’enfer, je le fais étouffer, étouffer dans mon propre sein... ô Enfer, je te tue, quel bonheur...
Insoutenable Vie !
Lourdeur. Poids. On accroche et mes bras et mes jambes et mon cou, à des chaînes de fer.
Et le métro s’en va, et le métro s’en va...
Ce n’est que le dernier.
- one shot Infernal - 