Paris.
Ville des lumières.
Paris.
Ville touristique.
Paris.
Ville du cauchemar.
Je marchais. Avenue des Champs Elysées. Direction : l’Arc de Triomphe. Je voulais visiter. Je n’imaginais pas alors qu’il se passerait ici l’abominable chose que l’on redoutait.
6, 7, 8 pas. Je courais ensuite. Il faisait froid (-5 °C). La pollution émanait. Je passai devant une personne : Femme, blonde, T-shirt beige, pantalon rouge, chaussures bleues. Je stoppai ma course, puis marchai. Nous échangeâmes un regard, cependant discret. Ses yeux luisants se transformèrent alors, le bleu de son iris laissa place au blanc : ses yeux s’étaient retournés ! Elle tomba. Son corps bascula en arrière, sa tête heurta le sol. Elle restait là, sans bouger. Son téléphone tomba de sa poche. Je le pris, il était allumé. Je composai le 15. Puis, après avoir eu le S.A.M.U., je m’approchai d’elle. Elle respirait encore, mais son pouls était très faible. Je la mis en position latérale de sécurité.
5 minutes. Personne à l’horizon. Je repris son pouls, elle ne respirait plus. Je pratiquai le bouche-à-bouche, puis le massage cardiaque, car son cœur ne battait plus.
10 minutes. Le S.A.M.U. arrivait enfin. Son pouls et son cœur étaient repartis, mais il fallait intervenir vite, car elle était entre la vie et la mort, séparées par un fil qui peut se briser à n’importe quel moment. Je demandai la permission de venir avec l’ambulance, pour rester aux côtés de la fille. On me l’accorda. L’ambulance démarra.
15 minutes. L’ambulance arriva à destination. La fille n’avait pas bougé. Elle était encore vivante. Ils la transportèrent, je ne sais où. Je m’assis. J’attendis.
1 heure. Rien.
2 heures. Enfin, le médecin arriva. J’espérais des nouvelles rassurantes, même si je n’avais aucune connaissance de cette fille. Nous parlâmes alors :
-« Comment va-t-elle, demandai-je ?
- J’ai bien peur, dit le médecin, qu’elle soit morte. Vous étiez un ami proche ?
- Non, je viens de la rencontrer, sans avoir pu échanger une parole, car elle s’est évanouie juste à ce moment-là. Je ne sais pourquoi, mais j’éprouve de la tristesse, maintenant que je sais qu’elle est morte. Quelles sont les raisons de son décès ?
- Justement, nous n’avons pas la raison exacte de son décès. Lorsque nous avons ouvert son crâne pour vérifier s’il n’y avait pas rupture d’anévrisme, nous nous sommes aperçu qu’il manquait le cerveau ! La matière grise avait été détruite ! De plus, nous pouvons affirmer que son cerveau s’est dissous lorsqu’elle marchait, et lorsque elle est tombée. Il a dû d’abord ne plus pouvoir commander le corps, mis à part le cœur et la respiration, mais, lorsqu’elle est arrivée, un acide très puissant a envahi son cerveau, et l’a détruit en quelques secondes, 15 tout au plus. Mais cela ne peut être un empoisonnement, étant donné que l’acide n’a pas agi tout de suite. C’est une maladie mortelle, qui détruit progressivement les facultés cérébrales, puis, le cerveau se remplit d’acide, le détruisant totalement ainsi. Cette femme n’a perdu ses facultés qu’au moment où vous l’avez rencontrée, et c’est 2 heures plus tard que l’acide a fait effet.
- C’est horrible, m’exclamai-je ! Cette maladie a-t-elle déjà été recensée ?
- Non ! C’est une nouvelle maladie. La maladie que nous redoutions. La maladie mortelle qui, disait-on, serait la plus grave de tous les temps. La maladie d’Arca !
- Cette fille est alors la première victime.
- Oui, et, selon la légende, une seule personne serait capable de la vaincre, et d’en réchapper. Mais on ne sais pas qui, comment, quand, pourquoi.
-Selon vous, si la seule personne qui peut la vaincre ne le fait pas, alors les 6 milliards d’êtres humains mourront !
- Oui. »
Il y eut un silence de mort. Je pensais. Elle, elle était morte d’Arca. Et bientôt, ce sera le tour de chacun d’entre nous. Le médecin me fit sortir de mes pensées :
-« Excusez-moi, mais est-ce que vous vous appelez Marc ?
- Oui, c’est moi, Marc Madier.
- C’est a vous alors qu’elle voulait dire ce message.
- Quel message ?
- Avant de mourir, elle a dit ceci : « Marc, Le Survivant »
Je ne compris pas. Le médecin partit, mais, avant, je lui demandai le nom de la première victime d’Arca. Il me l’accorda, et me le dit : Sophie, Sophie Douret
Je rentrai chez moi, apeuré par la situation qui planait sur la Terre, mais comme je compris qu’il n’y avait d’autre espoir que cet être humain que personne ne connaissait, je décidai d’aller me coucher.
Le lendemain, en prenant mon petit déjeuner, j’écoutai les informations à la radio. Et c’est à ce moment que je compris que tout commençai : en effet, le speaker annonçait une épidémie d’une maladie inconnue qui se propageait actuellement en Europe. Elle aurait déjà fait des millions de morts depuis hier, et ce ne serait que le commencement. Je me doutai bien que c’était Arca. L’Afrique était la première touchée, et les médecins du monde s’étaient réunis dans une conférence aux Nations Unies pour essayer de comprendre et de défendre le monde contre ce que je savais être la pire épidémie du Monde qui débutait. Le présentateur annonça que les médecins avaient prononcés, à leur sortie de conférence : « Le Monde va vivre le chaos ». J’étais effrayé. J’aurais aimé que cette horreur d’épidémie n’existât pas, mais elle était bien là, sous les yeux de chacun, et impossible d’empêcher son avance meurtrière. Je ne savais que faire. Alors, sachant ma fin proche, je décidai de me rendre une fois de plus à l’hôpital, pour voir une dernière fois le corps de Sophie avant qu’il ne parte à la morgue. Je me rendis sur les lieux, et demandai la permission de voir une dernière fois le corps de Sophie Douret. On m’accorda cette « chance ». J’entrai dans la salle. Le corps de Sophie était allongé sur le lit d’hôpital. Elle n’avait plus d’expression. Plus de cerveau. Pourtant, j’avais l’impression qu’elle était là, et qu’elle me parlait. Je touchai sa main : glacée, et un léger froissement me fit presque sursauter. Elle tenait dans sa main un papier. Un papier jaunâtre, froissé, avec l’aspect d’un papyrus. Je le pris, l’ouvris, et lus :
Arca
Prophétie
Un jour, une maladie naîtra
On la nommera Arca
Dans le monde, des victimes elle fera
Mais un espoir restera
Un survivant il y aura
Le Survivant sera
Seul lui pourra
Détruire Arca
Le Survivant devra
S’il veut détruire Arca
Brûler la première victime
Sur un champ de ruines
Avant que sonne minuit
Le samedi qui a suivi
Le début de la maladie.
Je compris le sens, mais maintenant, il fallait « le » trouver, celui qui, lui seul, pourra combattre la maladie, Le Survivant. Impossible. Non, rien n’est impossible. Je m’assis, et réfléchis. Deux heures passèrent. Je réfléchissait toujours.
La réponse apparut à mes yeux. Sophie n’avait elle pas laissé un message pour moi. Elle avait dit : « Marc, Le Survivant ». Celui qui devait combattre Arca n’était personne d’autre que moi. J’étais Le Survivant. Celui qui ne pouvait pas être contaminé. Celui qui devait la détruire. La première victime était Sophie. Il fallait que je brûle son corps, dans des ruines, avant qu’il soit minuit, ce soir. J’hésitais. Je ne sais pourquoi, mais j’avais l’impression que Sophie pouvait revivre si l’on ne touchait pas à son corps. Idioties. Je la pris dans mes bras. Je filai. Il fallait opérer vite. Par chance, on ne me remarqua pas. Je me dirigeai au hasard, espérant trouver des ruines. Je demandai mon chemin. Je m’arrêtai pour acheter un briquet, et du bois. Je repris mon chemin. J’atteignis enfin les ruines. Sombre. Sinistre. Le paysage l’était.
J’allongeai le corps inerte de Sophie, la recouvris de bois, de papier. Je regardai ma montre. Le temps passait à une vitesse folle. Déjà 23h45. La nuit était glaciale. Seul un réverbère éclairait les ruines. Je pris le briquet, puis allumai le brasier.
Je vis une immense flamme devant mes yeux. Malgré moi, je pleurai. Tant de bonheur, que de chagrin. Je savais à quel moment cela allait réellement disparaître. Dans la fumée, j’aperçus une tache noir, qui volait, se dissipait. L’Arca disparaissait.
Sophie également. Seul sa voie, qu’à présent je n’avais toujours pas entendue, parvint à mes oreilles : « MERCI ». Je l’avais, en quelque sorte, sauvée. J’avais sauvé le monde.
J’étais Le Survivant.
J’ai vaincu.
J’ai survécu.