Bonsoir à tous !
"Les Pionniers" raconte l´histoire d´un convoi de pionniers. Le texte est un rassemblement des divers journals et lettres des personnages principaux.
Que dire de plus, sinon bonne lecture ?
Chroniques des Pionniers
« Le convoi était ouvert à tous et à toutes et sa taille maximale n´avait pas été précisée. Les criminels rejoignant le voyage seraient amnistiés, dans la mesure où ils ne semblaient plus représenter un quelconque danger. Bien que les premiers furent acceptés, les mendiants et les miséreux, enfants comme adultes, repartirent bredouilles. L´expédition promettait assez de vivres pour satisfaire un village moyen en grain, viande et eau pendant des lunes. Jamais tel projet n´avait été entrepris de mémoire d´homme, et la promesse de nouvelles terres et d´aventures avait poussé nombre d´entre nous.
Quatre charpentiers, deux bûcherons, cinq éleveurs, cinq paysans, trois forgerons, trois chasseurs, deux tisserands, deux mineurs, cinq maçons, une apothicaire, un médecin ainsi que leurs conjoint et enfants ont rejoint le convois en priorité. Près de quatre-vingt quinze personnes, les familles ne comportant pas plus trois enfants.
Trente soldats de la milice volontaires ont pris part au voyage. Amnistiés, mages de guerre, mercenaires, nomades ou barbares du pays portèrent le total à environ soixante combattants. Tous célibataires.
Le voyage dut s´accompagner de la présence ésotérique de dix mages, dont je ne saurai exactement donner la spécialisation de chacun, ainsi que d´autant de prêtre dont un archiprêtre.
Le plus jeune fils de l´empereur Octarion Menos II, Gordon Octar Menos, âgé de vingt ans, accompagné de sa nourrice et son tuteur et maître d´arme, fut désigné comme régent de la colonie à découvrir. Les miliciens devraient s´en assurer. Le convoi accueillit comme autres voyageurs particuliers un architecte, un barde musicien, une danseuse jongleuse et un chroniqueur: moi, Gemme Yell, fils du conseiller Herman Yell.
Avec les quelques mendiants, bourgeois et nobles qui se joignirent à nous, nous fûmes près de deux cents hommes, femmes et enfants, trente chevaux et vingt chariots dont un destiné à la volaille, un autre à l´eau, un à la viande et deux au grain, à partir de la capitale Octaria le premier sixdi de Renaissance de l´an 340, avec l´espoir de l´aventure, la promesse de nouveaux horizons et l´autorisation personnelle de l´empereur de nous ravitailler dans n´importe lequel des villages que nous croiserons en route. C´est ce jour là que mes chroniques commencent.
Il y a deux mois, au début de l´année, au cours d´Aube, l´empereur a annoncé que vers l´intérieur du continent, un énorme éboulement avait creusé un chemin à travers les montagnes et que quelques éclaireurs avaient repéré des terres fertile, sans avoir tenté de les atteindre. C´est ainsi que notre énorme procession s´est engagée vers l´est, vers les montagnes, vers les côtes, et vers, je l´espère, des terres riches, vertes et inexplorées. »