J’ai rampé de longues nuits sans lune,et pourtant
Malgré la mort,malgré le Styx bouillonnant
Qui m’a longtemps appelé de ses remous furieux
D’improbables effluves surgirent de quelque lieu
Je ne sais trop lequel,était-ce toi mon âme
Qui m’est allée chercher la petite branche bénite
En un pays absurde ou la chair est proscrite ?
Je t’en remercie bien,et maintenant je rame
Tout le long de la rive,avec mes âme et corps
Ou j’étais exilé,quarante jours encore
L’un des deux hésitait,comment savoir lequel ?
A plonger dans ce bleu ou les aurores sont belles
La mer n’était pas morte ! elle remuait sans répit
Catalysant mon être,et je lui rendais bien
Ce mouvement délicieux,source de toute vie
Eteignant toute flamme,tout désir du Malin
Oh ! les vieilles âmes célestes,qui veillent sur le monde
Singulières,absolues,immobiles,vides enfin !
Des chimères allumées,qui veulent contenir l’onde
Elles peuvent bien s’éteindre,la vie n’a pas de fin
Et je vois maintenant que ce fleuve de mort
Que je craignais,redoutant ses terribles ors
C’était la vie elle-même,que je teintais de noir
L’écume toute blanche lava le désespoir