Tout comme Agraf, mon emminent et respecté confrère, le sujet de Peter Pen v.2.0 m´as plutôt plut. Et nous avons donc décidé, avec un troisième larron, d´ecrire un texte à partir de ce titre interessant. je ne l´ai toujours pas fini, et je gelère à ecrire la fin mais je vais poster le debut ici même.
Je vous invite a aller lire la version agraf, qui est, il faut le dire, moins conventionnelle (par rapport au titre)
Peter Pan v. 2.0
« J’adore regarder courir les gens, ils sont si drôles. Ils courent pour tout et n’importe quoi : pour son travail, pour rentrer chez soi et pour bien d’autres raisons obscures. Selon un vieil adage, le temps c’est de l’argent. Est-ce que l’on peut considérer que l’on est riche lorsqu’on a tout son temps devant soi ? » Les pensées de Peter Pan déambulaient dans sa tête, pendant qu’il regardait les gens, couché à plat ventre sur le toit d’une des plus hautes maisons du centre ville de Londres. Non loin Big Ben sonnait 8 heures, dans le soir brumeux de la ville, il réfléchissait, à la vanité humaine, à cette folie de l’argent, mais aussi au but de son existence.
Cent vingt huit ans déjà, cent vingt huit ans de vie morne, de voyages sans joie tout autour du monde, à contempler la misère de certains et la luxure des autres pour, au final, revenir au point de départ. Peter se leva et tout en continuant à tourner et retourner ses sombres critiques dans son esprit. Il grimpa sur le petit muret entourant le toit et fit un pas dans le vide. Puis il bascula, son corps tomba, tête la première vers le sol goudronné de la ruelle. Peter sentit le vent caresser son visage puis siffler à ses oreilles à mesure qu’il accélérait. Gardant ses yeux grands ouverts pour affronter sa peur, il vit le sol se rapprocher à une vitesse hallucinante. L’air chargé de brouillard laissait une humidité persistante sur son visage. Il regarda les grandes poubelles remplies de chats, les yeux fixés sur lui, petit corps d’enfant tout vêtu de vert. Il s’étonna d’ailleurs que son chapeau à plume ne soit pas tombé. Sur le mur il voyait son ombre s’affoler, lui faire de grands signes. Son cœur s’accéléra dans sa poitrine, ou plutôt c’est la sensation qu’il eut. Lorsqu’il s’approchait dangereusement du sol, par pur réflexe, il pensa à un souvenir heureux, il se souvint du jour béni où il demandait Wenddy en mariage. Il bascula et pointa ses pieds vers le sol, puis pensant à l’instant où leurs lèvres avaient fusionné en un océan de bonheur ses pieds s’ouvrirent et de leur plante sortirent deux flammes, d’un bleu électrique qui le soulevèrent et l’emmenèrent planer à une hauteur respectable. En réalité Peter n’avait pas besoin de ces artifices pour planer tranquillement au dessus de la ville, mais il aimait bien tester les nouveaux gadgets de Michel. En pensant à lui, le jeune garçon songea aux autres Enfants Perdus, qui avaient repris une vie normale, teintée de vieillesse après leur départ du Pays Imaginaire, aujourd’hui ils étaient tous morts. Peter avait coupé les ponts avec eux. Tous, sauf un seul, le petit génie. Le seul qui se soit accroché à la vie, le seul qui ait survécu.
En survolant les ruines de Buckingam Palace, Peter se dit qu’il lui devait beaucoup de choses, sans lui ils seraient morts depuis longtemps. Mais grâce à son intelligence ils étaient là tous les deux, pas en chair et en os, certes, plutôt en métal et en boulons, mais leur esprit était intact, et leurs corps tellement bien réalisés... Il se posa sur le haut de Big Ben et il songea au fait qu’il ne l’avait pas vu depuis quelques années maintenant et qu’il lui manquait un peu.
« Salut vieux machin ! » lança-t-il en se posant. De l’endroit où il était assis le petit robot pouvait entendre les aiguilles tourner, dans un bruit d’engrenages qu’il affectionnait particulièrement. Peter adorait l’horloge, c’était l’endroit où il arrivait le mieux à réfléchir, à penser à sa vie. Et puis ce vieil édifice lui faisait penser à lui-même : un vieux machin ayant traversé les âges et qui semblait toujours aussi jeune. Sans cesse rénové mais toujours le même à l’intérieur.
Tout en continuant à réfléchir, le jeune homme vola machinalement en direction de la maison de son ami. Arrivé devant la porte il tira la chevillette et la bobinette chût. Il entra et trouva sans surprise l’autre robot penché sur un nouveau prototype. Ses yeux parcoururent la pièce machinalement, il la connaissait par cœur depuis le temps. La salle qui faisait office d’entrée, de salon et d’atelier rappelait toujours de vieux souvenirs à Peter. Les meubles en bois, les lustres, les petites fenêtres rondes et l’atmosphère qui y régnait étaient identique à la vieille maison de ses parents. Des outils étaient posés un peut partout su les étagères, des tâches d’huile recouvraient en partie le sol carrelé. Après avoir encore une fois constaté le désordre ambiant, le regard de Peter retomba sur son ami. C’était un grand adolescent aux cheveux clairs qui portait en permanence des lunettes rondes. Une loupe et un tournevis dans les mains, le jeune homme observait un tas de ferraille, en partie cachée à Peter par ses frêles épaules. Michel le salua sans même tourner la tête.
« Salut Peter, qu’est ce qui t’amène ?
- En fait, rien de particulier. Je pensait à eux et à comment c’était…euh… tu sais, avant. Et j’ai eu envie de passer te voir.
- Oui je ne sais que trop bien ce que tu ressent… Cela fait trois ans cette fois-ci, tu étais où ? Encore dans un petit pays reculé ?
- Pas exactement. J’avais besoin de réfléchir et je crois que c’est pour bientôt… »
Jean Michel lâcha sa loupe et se leva d’un seul coup, menaçant sa machine de tomber.
« Tu es sérieux ? Je veux en être ! s’exclama le jeune.
- Bien sûr ! Je croyais que c’était évident que je ne pouvais pas le faire sans toi ! » le petit sourire qui était apparu sur le visage de Peter s’effaça quand il reprit la parole : « J’espère que ça ne finira pas comme la dernière fois… »
Ce fut cette fois-ci au tour de Michel de sourire « Aucun risque ! Cette fois on est prêt ! D’ailleurs regarde ma nouvelle création, elle se fixe à la place de ton bras, elle a beaucoup plus de fonctions que la précédente ! » Le jeune mécanicien se précipita pour ôter le bras de Peter à grand renfort de clé à mollette et de tournevis.
Ce dernier enleva son chapeau et sourit à nouveau. Il avait l’habitude de cet empressement à lui montrer ses nouvelles machines, s’il y avait une chose qui n’avait pas changé chez lui, c’était bien ça. Après avoir fini son assemblage, le petit génie se releva et dit : « Avec ça, j’ai enfin finalisée la version 2.0 ! »
- Sympa le nom, renchérit l’intéressé. T’as encore de ce succédané d’alcool que tu affectionnes tant ?
- Mouais dans la cuisine, deuxième porte de l’étagère au dessus de l’évier, mais tu as vraiment l’intention de te saouler ce soir ? »
Peter hocha de la tête tout en se servant un verre du liquide verdâtre.
« C’est toujours la même chose, à chaque fois que tu viens me voir tu finis complètement bourré ! » Il avait haussé la voix et il pointait dangereusement une clé à molette dans la direction de son ami. Ce dernier haussa les épaules et se servit un autre verre qu’il but d’un trait avant de le remplir à nouveau. La lourde clé de fer vola en direction de sa tête et il l’évita sans grande difficulté. Michel s’enferma dans sa chambre en claquant la porte et Peter s’affala dans le divan, un pied passé par-dessus l’accoudoir. Il attrapa la télécommande et se mit à zapper sur toutes les chaînes de la télévision. Il songea que c’était toujours la même rengaine, il allait chez son ami, buvait et celui-ci le sermonnait avant de s’enfermer dans sa chambre, mais après tout il n’y avait qu’ici qu’il pouvait boire. Il changea de chaîne au moment où vit un de ces nombreux reportages sur la guerre au moyen orient. Après avoir rasé l’Afghanistan, détruit l’Irak, dévasté l’Iran et annexé l’Arabie Saoudite les Américains s’attaquaient maintenant à l’Egypte. Il passa la misère en Inde, les baronnies des Balkans, les séries bourrées de drapeaux des Etats-Unis et de propagande flagrante et après avoir fait le tour des chaînes il décida d’éteindre la télé.
La suite devrait suivre, si il y des lecteurs et bien sur si le grand schtroumpf le veut... 