Pourquoi faut-il mon âme,que les roses s’étiolent
Et meurent aux quatre vents,en triste farandole ?
Pourquoi faut-il mon âme,que le rideau se ferme
Que la pièce enjouée se résigne à son terme ?
Et entends-tu parfois,au détour des nuages clairs
Tous les longs cris aveugles qui explosent dans l’air ?
Et les visions muettes,et les odeurs tragiques
Relents d’un mal profond qui se cache dans les criques
Et sur l’océan vert,l’horizon infini
Qui se laisse espérer,et jamais ne finit
Cette course liquide,vers une chimère si vive
Que l’on ne peut qu’y croire,qu’on meure ou que l’on vive
J’ai ramé tant d’années que mon cœur a pris l’eau
J’ai vu tant de soleils que mes yeux ont brûlé
Pathétique et diaphane,la peur à fleur de peau
Quelque rite profane me laissa mutilé
Et sur la mer maudite,une nymphe voilée
Au détour des coraux,tenta de m’entraîner
Vers son pays avide de plaisirs décharnés
Ou la vie est exsangue de ses ors évincés
Mais mon esprit bien frêle de tant d’espoirs déchus
L’esprit tiré vers elle par une force inconnue
D’une impulsion soudaine,résolut d’éclater
Et fut insaisissable : il avait résisté
Et la nymphe éconduite,aux yeux orange et jaune
Fuyant le soleil lourd,et la lune irradiante
S’en alla bien trop vite pour que sa bouche embaume
L’horizon pâle et sourd,et la houle galopante
Les dieux imperturbables,souvenirs d’absolu
Se soûlent au creux des vagues,écoeurants et repus
Du naufrage de mes âmes,moi qui suis l’Homme entier
Moi le noble et l’infâme,qui suis l’humanité