J’ai lu et j’avoue partager un peu l’opinion de Moicesmoi. Effectivement, cela manque de descriptions. Il faudrait étoffer un petit peu plus. J’ai surtout remarqué que tu décris essentiellement une série d’actions qui s’enchainent :
« Brian Thompson poussa la grande porte en bois de l’église avec difficulté, puis il marcha tranquillement entre les deux rangées de banc. Il fixait le sol, l’homme s’arrêta doucement devant la croix de Jésus au bout de l’allée, puis se laissa tomber sur les genoux, seul dans l’église, il commença sa prière en refermant ses yeux. Puis se releva encore une fois tranquillement, ouvrit les yeux et regarda la croix devant lui. Le quadragénaire resta immobile pendant moins d’une minute avant de se tourner à sa droite et de prendre le premier banc devant la chaire du curé, il sortit ses lunettes de sa poche et les déposa sur son nez, puis extirpa sa bible de son veston marron. Il l’ouvrit, feuilleta quelques pages et s’arrêta sur une page en particulier. Avant de commencer sa lecture, il regarda sa montre. »
Si je résume :
Brian pousse la porte, marche, fixe le sol puis s’arrête, se laisse tomber à genoux et commence à prier. Il se relève, ouvre les yeux, regarde la croix, tourne à droite, va s’asseoir, sort ses lunette, les dépose sur son nez et sort sa bible de son veston. Il l’ouvre, la feuillète, s’arrête sur une page et consulte sa montre avant de débuter sa lecture.
Tu décris avec minutie tous ses faits et gestes, avec un peu trop de rigueur. Certains ne sont pas nécessaires, ils peuvent être implicites avec l’action suivante. Par contre, ce qui manque, c’est le petit « plus » qui fait que ton texte accrochera le lecteur. A savoir l’état d’esprit dans lequel se trouve Brian, son état physique etc…
Un petit exemple est toujours plus parlant :
Brian Thompson poussa la grande porte en bois de l’église avec difficulté. Le souffle rendu court par l’effort fourni, il s’appuya un instant contre le chambranle afin d’apaiser les battements désordonnés de son cœur. Cela lui arrivait souvent ces derniers temps. Il n’avait plus aucune maîtrise de ce corps à l’intérieur duquel il sentait de plus en plus prisonnier. Jamais il n’aurait cru qu’à l’aube de ses quarante ans, il devrait subir cette avanie d’être aussi chétif qu’un homme de 30 ans son aîné. Ce matin, en ajustant son complet devant la glace, il avait fini par détourner lâchement les yeux. Il ne supportait plus de voir les cernes à demeure qui mangeaient son visage. Cela l’horripilait de constater que ses épaules autrefois si développées, son arme imparable pour s’attirer les bonnes grâces de la gent féminine, s’asséchaient graduellement en prenant l’aspect de branches tourmentées de saule pleureur. A pas lents, Brian se dirigea vers la Croix de Jésus au bout de l’allée. Avec mille précautions, il s’agenouilla devant. Les mains jointes dans une attitude de profond recueillement, il se mit à prier avec ferveur. Brian n’avait jamais été un pratiquant assidu mais aujourd’hui, l’avenir lui inspirait de la crainte et il avait besoin de se raccrocher aux valeurs inculquées dans sa prime jeunesse. Péniblement, il se releva et alla s’asseoir au premier rang, sur le banc situé juste devant la chair du curé. Avec une certaine fébrilité, il ajusta ses lunettes sur son nez et feuilleta la bible qu’il avait pris soin d’apporter, jusqu’à trouver le passage qui l’intéressait. Il voulait des réponses à ses questions et tel un petit garçon désespéré, il renouait avec les préceptes que sa mère si pieuse n’avait cessé de lui seriner. « La bible est force de loi, Brian. Elle contient toutes les réponses que tu pourrais te poser dans le présent comme dans le futur, dans le bonheur comme dans la souffrance. Ne l’oublie jamais et garde ce bien précieusement.
Bon, ce n’est qu’un exemple (en plus pas forcément fameux). J’ai écrit ça d’une traite et j’ai brodé un petit peu^^ mais cela illustre assez bien mes propos. Même remarque concernant le dialogue avec le curé. On ne ressent pas la peine de Brian lorsqu’il avoue son cancer ou encore sa gêne pour exprimer tout haut qu’il va mourir. C’est une chose assez atroce de s’entendre dire que sa fin est proche. Arriver à le dire soi-même à haute voix à un tiers sans se démonter, inclut que l’on a digéré le fait, qu’on est prêt. Je crois que c’est encore plus difficile et cela ne me semble pas être le cas de Brian… Mais le plus frappant est la réponse du curé. Elle est pour le moins expéditive ! Un véritable homme d’église aurait pris le temps de développer sa réponse, de compatir, de chercher à rassurer son paroissien même s’il avait un baptême sur le feu !
Le point de départ de l’histoire me parait néanmoins intéressant et je suis sûre que tu pourrais en faire fiction assez sympa. Aussi, je t’encourage à poursuivre 