Bonsoir !
J´ai ici à vous proposer un petit prologue de fantasy bien classique ; le scénario était à l´origine conçu pour une campagne personnalisée sur Reign of Chaos, mais comme n´importe quel long projet lié d´une manière ou d´une autre à xbq, il n´a pas manqué de tomber à l´eau. Aussi, voilà ce que j´ai pu recycler. Bienvenue dans la forêt de Stirwood.
Enjoy, ou pas.
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Prologue: *The Day It All Came Down*
L’air charriait une vivifiante odeur de flétrissure partout autour de lui. Il n’avait jamais compris pourquoi les soldats s’en trouvaient incommodés ; certes, il s’agissait d’une magie noire, une magie à l’architecture fondamentalement mauvaise, ce qui entraînait les superstitions dérisoires du peuple… mais à force de côtoyer ce sortilège, comment ne pas s’émerveiller de l’habileté de sa structure, de l’intelligence avec laquelle on l’avait conçu pour dévorer toute vie ? Il fallait de temps à autre s’élever au-dessus des oppositions claniques pour émettre quelques jugements objectifs. Et dans ce monde de vérité, la flétrissure était une magie étonnante.
Une autre question s’ensuivit logiquement : pourquoi revenait-il à lui dans un lieu où perduraient ces relents de mort ? Il décida d’ouvrir les yeux, dans l’espoir d’obtenir une réponse.
Une couche cendreuse recouvrait comme il s’y attendait le sol alentours, cependant quelques touffes d’herbes surnageaient encore, signe que le Fléau n’avait pas entièrement établi son empire sur les lieux. Divers cadavres gisaient dans le sous-bois meurtri, humains ou non, en armure ou non, en morceaux ou non. L’ensemble était saupoudré d’épées, de quelques fusils, mais surtout d’armes de fortune. Certains guerriers avaient dû prendre la fuite, car il y avait plus d’équipement que de corps.
Le moment se prêtait à un rapide check-up : ses membres se dépliaient tous à merveille, et il semblait capable de coordonner leurs mouvements à volonté. Bien. Il avait un horrible goût âcre dans la bouche, il saignait de deux entailles au bras droit, dont une proche de l’épaule, ainsi que d’une coupure sur le crâne qui lui avait sans doute valu son évanouissement. Moins bien. Mais dans l’ensemble, cela aurait pu être pire, sur le plan physique.
Mentalement, voyons… Il était un sorcier de niveau sept, spécialisé dans l’étude systématique des composantes aériennes et terrestres. Il venait à ce titre de participer à une violente bataille dont les détails allaient finir par lui revenir. Ses vêtements déchirés lui pendaient à la taille, leur couleur violette indiquant qu’il occupait une fonction de commandant dans son armée. S’il pouvait déduire ce genre de choses, son cerveau ne devait pas avoir subi de dommages considérables.
Il cracha, mais l’âcreté persistait. Si les magiciens s’endormaient bien avec les yeux ouverts, aucune règle de bienséance ne semblait les empêcher d’aspirer par la bouche lorsqu’on les avait assommés. Il avait ingurgité de la terre flétrie. Son destin s’en trouvait tout tracé : quêter de l’eau potable. Voyons… Il reconnut la forêt, la Forêt de Stirwood – à en juger la végétation, une clairière située dans le sud-est, à la lisière de la jungle entourant le marais de Kröll. Le fleuve Edenfarrell s’écoulait un peu plus au nord. Il choisit donc cette direction.
Au deuxième pas, lorsqu’il prit appui sur son bâton de sorcier, il manqua chuter à nouveau dans les cendres et poussa un juron, non à cause de cette maladresse mais bien parce qu’il venait de constater l’absence dudit ustensile. Son Bâton ! Son lien avec les puissances, le vecteur de sa magie avait disparu… Il jeta un coup d’œil aux cadavres dotés du pouvoir, humains comme morts-vivants, et la conclusion s’imposa : un petit malin avait dépouillé les seize corps de leurs armes, voyant là un butin qu’il n’aurait aucun mal à revendre un bon prix. Il avait raison, par ailleurs, le bois de canopée employé dans la confection de ces engins étant rare et recherché. Mais dans les mains d’un maître ès magie, sa valeur s’étendait hors de toutes proportions.
Cela fonctionnait malheureusement aussi en sens inverse ; sans bâton, un sorcier perdait une grande partie de ses atouts. Ses pouvoirs se limitaient au point que son influence sur l’environnement égalait celle d’un novice – et encore, un novice de faible potentiel. Il savait toujours comment fonctionnaient les sorts, il possédait la connaissance théorique nécessaire à se mouvoir dans les arcanes, mais il n’évoluait plus vraiment de concert avec lesdites arcanes. Il se sentait comme un orc érudit qui aurait découvert des bottes elfiques ; l’usage de la chose ne lui échappait pas, mais son pied n’y rentrait pas pour autant. Excepté la non-mort, il n’existait pas état plus dégradant.
Ses priorités changèrent. Deux choix s’offraient dès lors à lui : recommencer à zéro, se présenter comme novice dans un Sanctuaire et passer les vingt prochaines années à se familiariser avec un autre bâton sans jamais retrouver la connivence qu’il partageait avec le premier, ou traquer sans relâche le maudit voleur, jusqu’à ce qu’un duel, du sang – celui du malandrin, cela va sans dire – et des lamentations s’ensuivent. Il n’y avait pas matière à hésiter longtemps devant une perspective si appétissante. Restait à définir la méthode.
En premier lieu, il dépouilla de ses vêtements l’une des victimes du massacre, avant de les endosser. Garder l’habit de commandant qu’il portait annoncerait ses intentions et mettrait la puce à l’oreille de son voleur, si d’aventure il le rattrapait un jour. L’état du champ de bataille était en outre insuffisant pour en déterminer le résultat ; s’il s’avérait que son camp avait été mis en déroute, cette chemise blanche d’aspect neutre lui permettrait de se déplacer sans attirer sur lui les foudres des vainqueurs, même au milieu de leurs citadelles. Il partit ensuite vers le septentrion, vers Edenfarrell, gageant que quitte à établir un plan, rien ne lui interdisait de commencer par se débarrasser du goût flétri dans sa bouche.
La pluie vint bientôt compléter à merveille le tableau mélancolique du paysage, avec ces longs arbres bruns couverts par la végétation des marécages, quelquefois tordus en plusieurs sens contradictoires. Les animaux l’avaient pressenti et s’étaient réfugiés où ils pouvaient, si bien qu’un silence quasi ininterrompu l’enveloppa. Il se surprit à avaler quelques gouttes, en vain là encore. La terre mouillée se mua rapidement en boue, pour ne rien arranger. La forêt de Stirwood avait connu des jours meilleurs, elle aussi.
Après une petite demi-heure de marche, le sorcier déchu constata que les lianes s’espaçaient, devenant plus timides, moins à leur place. Le sol changeait également, laissait place à plus d’herbe et à des plantes de sous-bois. Il ne s’était pas trompé de direction. Il mit à profit ce trajet pour élaborer les premières étapes de son plan.
Avant d’espérer affronter celui qui possédait à présent son bâton, il lui faudrait réunir un minimum de soutien et de puissance. Où trouver cette aide ? La réponse à cette question ne lui plaisait pas vraiment, mais il n’y avait aucune alternative : il lui fallait dénicher un Sanctuaire des Arcanes, un de ces instituts où l’on inculquait la magie à quiconque avait assez d’orgueil pour se croire capable de la maîtriser. Les autres apprentis prendraient son parti, parce qu’ils détesteraient perdre ce qu’ils mettent tant d’énergie à obtenir. Les maîtres offriraient plus de résistance ; ils demanderaient des garanties, de peur de voler un bâton à son propriétaire légitime. Pire, certains convoiteraient même ce bâton pour eux-mêmes. Mieux valait prétendre commencer son apprentissage, et ne parler de ses déboires qu’une fois seul avec les initiés compréhensifs.
Un cri de rassemblement se fit soudain entendre dans le lointain, le ramenant à la réalité. On aurait dit le croisement entre un hurlement de loup et d’humain, chacun des aspects tentant de prendre le dessus sur l’autre. Le sorcier identifia la bête : il s’agissait d’un gnoll esseulé indiquant sa position au reste de ses congénères. Trois autres animaux lui répondirent peu après. La meute se trouvait beaucoup trop au nord pour qu’il la considère comme une menace directe, cependant il se morigéna de n’avoir pas eu la présence d’esprit d’emporter une arme avec lui. Cela ne lui avait pas même traversé l’esprit ; quel intérêt pouvait bien représenter une épée pour celui des simples doigts duquel jaillit la foudre ? Sauf qu’il ne disposait plus de cet atout, et qu’il lui fallait réévaluer le monde en conséquence. D’avance, cette perspective lui déplaisait presque autant que l’absence de son bâton en elle-même. Se débattre gauchement avec une épée, un bouclier, lutter pour sa survie par les muscles, tout cela sonnait trop matériel à ses oreilles, trop trivial.
Par chance, il ne rencontra pas âme qui vive (ou non) durant l’heure de marche qu’il employa à rejoindre le cours de l’Edenfarrell. Le claironnement du fleuve l’accueillit dans un décor idyllique, à l’opposé même du marais fangeux où il avait livré bataille. Le changement s’était fait peu à peu : la désolation humide avait fait place à un décor printanier qui foisonnait de vie. Sur les feuilles vert clair brillaient encore quelques gouttes de pluie, mais l’averse était terminée. Une série de graviers disséminés devant lui rappelait qu’en des temps révolus, une piste forestière reliait les terres du nord aux terres du sud.
Edenfarrell n’avait rien d’imposant. Malgré les intempéries, le fleuve s’écoulait largement en déca de ses berges, comme si on avait volontairement creusé une sorte de ravin dans lequel on l’aurait détourné. Mais le sorcier n’avait pas de temps à accorder à la géodésie ; il se pencha par-dessus le bord, plongea la tête sous la surface et ne l’en ressortit que quand l’air vint à lui manquer. Il but et recracha pendant plusieurs minutes, lava sommairement ses blessures. Il cessa de ruminer le futur pour se consacrer à une tâche facile, une tâche où seul le présent comptait. Bientôt, bien assez tôt, ses ennuis le rattraperaient. Pour lors, il n’était qu’un sorcier qui se purifiait dans une rivière.
- Qu’est-ce que vous faîtes, monsieur ?
C’était une voix aiguë, toute menue, avec plein de vrais accents d’innocence à l’intérieur. Il savait qu’il avait affaire à une gamine avant même de se retourner.
- Je me lavais le visage, répondit-il avec un sourire. Je voyage depuis des jours, et cela fait longtemps que je n’ai pas pu le faire.
- Vraiment ? gloussa la gamine. C’est rigolo.
Elle avait les cheveux châtain clair, coupés mi-long, et une mèche avait dû la contrarier puisqu’elle ne cessait de la mâchouiller machinalement. Elle avait de grands yeux scrutateurs, comme tous les enfants trop curieux pour leur propre bien. Une petite bouche assortie avec le filet de voix qui en sortait. Elle deviendra belle, songea le sorcier, si le monde lui en laisse le temps.
- Vraiment ! acquiesça-t-il, ce qui accrut l’hilarité de la fille.
- C’est vrai que t’as pas l’air propre !
Un rien l’amusait, décidément.
- Est-ce que tes parents t’autorisent à parler comme ça aux inconnus ? questionna-t-il avec un sourire espiègle.
- J’suis Hymna, répondit-elle tout de suite. Comment tu t’appelles ?
Cela, il s’en souvenait.
- Uranath. Si tu as du mal à prononcer, « Uranatt » me va aussi.
- « Uranath », répéta-t-elle sans le moindre effort. On n’est plus des inconnus maintenant, alors.
Elle lui tira la langue.
- Tout à fait, reconnut-il en riant. Tu m’as bien eu.
Ce dialogue commençait à l’ennuyer. Mais si Hymna décidait qu’il était un vilain, elle ne voudrait pas lui donner d’informations utiles. A force de fréquenter l’armée, le sorcier avait pris l’habitude de se servir du manichéisme.
- Alors, reprit la fille dans un joyeux murmure, où est-ce que tu vas comme ça, Uranath ?
- En fait… Je pense que je me rends à ton village, Hymna.
- Vraiment ? Tu viens à Kertillac ?
La naïveté est une invention formidable.
- Exactement, à Kertillac ! confirma-t-il sur un ton enjoué.
- Mais qu’est-ce que tu viens y faire, Uranath ?
Il commença à se demander si elle ne répétait pas son nom uniquement par fierté de sa capacité à prononcer la consonne fricative dentale sourde. Peu importait. Il se pencha vers elle et lui jeta un regard de conspirateur.
- Je ne devrais pas te le dire, tu sais. Je crois que tu devrais oublier notre conversation et repartir de ton côté.
- Oh, non, dis-moi ! insista Hymna. S’il te plaît !
- Je ne sais pas… C’est quelque chose de très secret…
- Je le répéterai à personne ! Même pas à Sanya ou à Taq ! Juré !
Uranath hésita de manière très convaincante pendant une dizaine de secondes.
- D’accord, Hymna, je vais te mettre au courant. Mais tu ne me décevras pas, n’est-ce pas ?
La petite fille secoua la tête comme si elle avait voulu la détacher.
- J’ai un message très important à remettre à la Sage de Kertillac. Tu vois de qui je veux parler, bien sûr ?
- Bien sûr ! Tu as un message pour Chara !
- Voilà, acquiesça le sorcier. Chara doit entendre ce que j’ai à lui dire, et très vite. Mais je ne suis plus trop sûr du chemin jusqu’à son sanctuaire.
Le visage d’Hymna s’éclaira. C’était dans ses compétences.
- Moi je sais, Uranath ! C’est très facile, assura-t-elle. Il faut remonter le fleuve, tu n’auras qu’à me suivre, je te montrerai par où aller.
- Très bien, je te suis.
C’est ainsi que, traîné par une fillette souriante et emplie de son importance momentanée, Uranath gagna le Sanctuaire des Arcanes de Kertillac.
Corollaire 1 : c´est le titre d´un (excellent) album de Virgin Black.
Corollaire 2 : c´est du xbq.
Conclusion : c´est limite une injustice qu´il soit en bas de page avec 0 message.
Quoique va pas falloir compter sur moi pour le commentaire construit, ce soir.
Donc, j´ai bien aimé, même si c´est quand même un petit peu long juste pour ça. Certaines descriptions sont vraiment là pour être là, ça m´a un peu ralenti dans ma lecture.
Sinon, bah c´est pas mal. Je dirai bien que je lirai la suite, mais comme tu l´écriras pas, on est tranquilles tous les deux
Ah et aussi : "Mais le sorcier n’avait pas de temps à accorder à la géodésie "
Merci Kalon?
Lol, j´sais pas si je vais bien juger ton texte : j´avais commencé à un moment puis j´avais pas pu finir, j´ai recommencé aujourd´hui, puis j´ai du partir et donc j´ai repris, mais pas du début (flem) donc ça a fait une lecture très coupée ![]()
Donc ... que dire : je préviens, commentaire inutile en vue
-clanique, fangeux, géodésie --> chouette, j´ai appris des nouveaux mots
-Mais dans les mains d’un maître ès magie --> és magie ? t´es sûr qu´il n´y a pas comme une faute de frappe ?
-un gnoll esseulé indiquant sa position au reste de ses congénères. Trois autres animaux lui répondirent peu après. La meute ... --> juste une question, là ya 4 gnolls, dans une meute, ´sont pas sensés être plus ?
-le fleuve s’écoulait largement en déca des berges --> s´écouler en déca, tiens je connaissais pas cette expression
Sinon ... pas mal de descriptions et tout au début, ça met l´ambiance c´est bien, mais pas fachée du dialogue à la fin, ça allège et égaie un peu le tout (ben ouai, en tant que grosse flem, les descriptions sur l´ordi au bout d´un moment ça m´ennuie
).
Heuuu, sinon, c´est un humain ton varanath ? nan j´me posais la question comme ça là
J´crois que j´ai dit tout ce que j´avais à dire ^^
Merci d´avoir lu
Alors... pour les cris de gnolls, l´explication se trouve dans le 2nd texte, master of puppets. J´ai pas pensé qu´une fois que les deux textes seraient séparés, ça aurait été utile d´avoir un lien entre les deux sur chaque topic, mais bon ça devrait plus vous étonner que je pense à rien hein^^
Disons simplement qu´Uranath n´est apparemment pas spécialiste en hurlements de gnolls...
Vrai que les descriptions sont là pour prendre de la place, histoire que les deux prologues aient la même longueur... si j´arrive au bout je réfléchirai à un moyen d´occuper la place un peu moins inutilement.
Et oui, bien sûr, Kalon forever, on changera pas hein^^ "En bas dans le ravin coulait un ruisseau, ce qui est géodésiquement assez cohérent."