Bonjour
,
J´avais écrit le début cette petite fic: fantasy et j´aurais voulu avoir quelques avis en ce qui concerne le premier chapitre.
En vous remerciant!!
I / La goutte qui fit déborder la bière.
Et clac ! La porte d’entrée claqua si violemment que le nain sentit ses grosses moustaches épaisses frémir. Il fut tellement surpris qu’il laissa tomber sa choppe de bière, qui s’écrasa promptement et déversa un liquide jaunâtre couleur pisse encore mousseux sur le carrelage.
- Encore là toi ! Je parie que t’as pas bougé ton gros cul de la journée ! La naine jeta un bref coup d’œil sur le sol avant de reporter toute son attention sur son mari, affalé comme une larve sur son fauteuil. - Et ivre en plus de ça, mais regarde-toi bon sang ! Ton gros pif tout rouge, tes habits crasseux, tu pues la gnole ! J’en ai ma claque de toi !!
- Mais mimine, c’est le soleil voyons… tu sais, ça tape fort ces temps-ci et je…
- LA FERME Bendur ! Comment oses-tu encore te foutre de moi ? ! Le nain crut apercevoir des flammes dans les pupilles de sa femme, mais il chercha nullement a s’en convaincre, et baissa ses yeux comme aurait fait un petit bambin après avoir commis une bêtise. Le visage de la naine vira du rouge écrevisse au violacé en l’espace de quelques instants. « Aie Aie », mauvais signe, se dit Bendur.
- Bien, soulève ta jambe droite et attrape ton nez, en glissant ton bras sous ton genou.
- Mais… ma mimine, pourquoi faire ?
Elle empoigna son mari par le col « Tu vas faire ce que je te dis, compris ? » Lui-cracha t’elle.
Bendur s’exécuta sans broncher, et il n’eut pas le temps d’achever sa pirouette qu’il perdit l’équilibre et vint s’écraser à même le sol, la face étalée dans la flaque de bière.
La naine émit un ricanement sadique avant de déclarer :
- C’était le test du bourré ! Et on dirait que tu t’es bien ramassé ! Elle se rapprocha plus près de sa victime. « Maintenant ouvre bien tes deux grandes oreilles gros malin, car ce que je vais te dire va sûrement pas te plaire. Je bosse du matin au soir à trier ce foutu minerai dans la mine de Galimdor, je gagne quatre roublons par jour dont tu tires profit pour te saouler comme un trou à longueur de journée ». Elle marqua un temps d’arrêt pour reprendre son souffle avant de continuer.
« Je vais maintenant t’ordonner de bouger tes sales petites fesses de ce taudis et de m’aider à vivre convenablement afin que moi aussi je puisse en profiter, compris ? »
Un silence pesant s’installa dans la pièce, à peine perturbé par le tournoiement maladroit d’une mouche qui avait dû elle aussi tremper ses lèvres dans cette foutue gnole.
Bendur s’empressa tant bien que mal de formuler une réponse :
- « Enfin, ma choucroute, tu dois être épuisée… Tiens prends donc cette chaise » il lui tendit son fauteuil poussiéreux qu’elle envoya valser à des mètres d’un simple lancer. Il alla traverser la cuisine, défonça la fenêtre avant de s’écraser dans le poulailler en emportant au passage une volaille qui émit un dernier caquètement avant de rendre l’âme.
Aie, décidément, Bendur avait oublié que sa femme avait été championne du lancer de vacherin il y a trente ans de cela, et elle n’avait pas perdu la main, oh que non. Il faillit même esquisser un sourire en y repensant mais se retint aussitôt.
- Si tu ne veux pas subir le même sort funeste que ce poulet, hâte-toi de préparer tes affaires et quitte ce lieu au plus vite ! Tu reviendras que lorsque tes poches déborderont d’argent !! Cria t’elle si fort que le nain sentit jaillir de sa bouche un effluve abominable.
Il comprit enfin qu’il était inutile de tenter une riposte, ni même de la consoler, enfin ni même d’ouvrir la bouche quoi. Sans broncher, il rassembla ses affaires qui se résumèrent à un morceau de pain rassis, un vieille pomme ainsi qu’une veste en cuir trouée qu’il enroula soigneusement dans un torchon, puis noua ce dernier autour d’un vulgaire bâton.
-Bon ben… Salut.
Tête baissée, il prit la porte et se retrouva à l’air frais, face à une nature étonnamment luxuriante.
- « Mais quelle merde ! » S’exclama t’il. Par ou je vais moi maintenant ? »
Il éructa si bruyamment qu’il fit fuir tous les animaux des environs. Exception faite de ce sanglier qui ne sourcillât point, et au contraire s’approcha du nain.
« Tiens je parle la langue des sangliers moi maintenant ? Mais de quel don suis-je doté ? »
En guise de réponse, l’animal lança un rot bien gras semblable au sien.
« Smurgl ? Ça sonne plutôt pas mal pour un sanglier. Alors partons découvrir ce vaste monde Smurgl »
Et sur ce, il emboîta le pas, accompagné de son fidèle destrier, heum sanglier pardon, et commença une longue et périlleuse marche.