Une pièce, il semblerait. Une table. Recouverte de boites. Des boites. Remplies de mots, de lettres, de paroles de chansons... Remplies d’amour. Quand on lève les yeux on voit… Des étagères, bourrées de livres. Des livres d’amour. Plein.
Il revient sur scène. La foule en délire l’acclame. Ils sont là, des milliers... Et ils veulent tous la même chose, ils veulent cette chanson, et pas une autre. Ils sont venus pour ça. C’est sûrement la seule fois de leur vie qu’ils l’entendront « en vrai ». Il est vieux et fatigué…
Une porte. Un couloir. D’autres portes. Toutes donnent sur des pièces remplies elles aussi de mots doux, de lettres, de déclarations d’amour en tout genre. Une multitude de pièces.
Il leur doit bien ça. Il est forcé de leur donner une partie de ce qu’il leur a pris. Cela lui sera fatal, il le sait. Mais il n’a pas le choix. Il n’a plus le choix. Il s’éclaircit la voix.
Un lieu infini. Tout cet amour… Comme si tout l’Amour du monde était subtilisé, dissimulé, dans un lieu secret. Comme si tout ce bonheur et cette passion étaient là.
Il va chanter la chanson. La seule chose capable de leur donner un peu de joie, à eux qui n’en n’ont pas, plus. Intro. La foule crie.
Une alumette. Une alumette ?! Emplie d’amour elle aussi ? Non. Elle brûle.
Premier couplet. La foule hurle. De joie.
Une pièce en feu.
Second couplet. La foule en délire.
Le feu. Un brasier.
Refrain. La foule en extase se rappelle enfin comment est l’amour. Enfin.
Tout brûle. Ce lieu infini, embrasé.
Dernier couplet. Le bonheur le plus complet.
Le feu est immense… Un feu éternel…
Refrain. Noir. Enfin pas tout a fait. Il brûle. Son cœur. Tout l’amour qu’il avait gardé, tout brulait… d’un feu éternel…