Bonjour. Comment allez-vous ?
Et vous n’avez pas le temps d’enchaîner sur des formules de politesse que vous voilà déjà mis sur l’estrade avec la grande marque de boxer que vous devez aujourd’hui promouvoir, prêt à être photographié sous tous les angles, prêt à être vendeur.
Faites moi ça, aguicheur.
Flash.
La vie de la perfection que je suis, n’allez pas croire qu’elle est facile. Loin de moi l’idée de me la couler douce. Moi, je travaille dur. Moi, je dois avoir un corps lisse et parfaitement épilé chaque jour. Moi, je ne dois pas perdre une once de la masse musculaire qui plaît tant aux filles.
Faites moi ça, passion.
Flash.
Moi, je dois affronter quotidiennement ces terribles éclairs de flash qui m’imprègne la rétine de manière à ce que mon champ de vision soit empli de petites taches blanches pendant le restant de la journée. Et ce, même lorsque vous fermez les yeux.
Faites moi ça, combattant.
Flash.
Et on a toujours dans un coin de son esprit cette question existentielle qui nous hante. Pourquoi s’amuser à prendre le corps en entier alors que notre objectif n’est que de vendre ce boxer hyper moulant qui met bien en avant ce que vous possédez entre les jambes.
Faites moi ça, virilité.
Flash.
Pectoraux huilés, abdominaux tout ressortis pour se pavaner devant les objectifs. Muscles saillants. Je suis la chose que les femmes aiment et que les hommes veulent imiter.
Faites moi ça, fierté.
Flash.
Dans les rayons des magasins, vous aurez les boxers d’une marque quelconque avec juste un emballage plastique pour le protéger, et à côté, vous aurez la grande marque de l’industrie du boxer avec ma photo affiché dessus. Je veux dire par là, la photo de mon torse huilé, parfaitement divin. En fait, on ne vend pas vraiment des boxers. On vend du rêve par l’intermédiaire de corps athlétiques que tous désirent.
Faites moi ça, pensif.
Flash.
Peu importe si vous êtes un salaud dans votre vie. Votre vraie vie je veux dire, celle en dehors du mannequinât. Peu importe si vous prenez de la cocaïne ou si vous êtes un homosexuel. Peu importe ce que vous faites de votre corps, du moment que vous restez l’image de perfection que vous êtes. Celle que les gens aiment, du moins, la majorité.
Faites moi ça, adoration.
Flash.
Flash.
Flash.
On trouve votre pose si excellente que l’on vous mitraille à tout va. C’est le moment où vous avez envie de plisser les yeux pour ne pas devenir aveugle. Mais, vous savez que si vous le faîte, la photo sera loupé. Alors, vous restez les yeux grands ouverts à affronter les petites bombes de lumière agressant vos rétines.
Flash.
Flash.
Il y a tellement d’auras blanches qui envahissent votre esprit que pendant quelques secondes vous avez l’impression d’être au paradis. Vous ne voyez rien d’autre que du blanc. Vous ne voyez pas le photographe surexcité à l’idée de ce que donneront les photos. Vous ne voyez pas les décors bidons qui ont pour but de faire croire que vous êtes pour de vrai à la plage. Mais vous êtes toujours dans cette réalité froide, pieds nus sur le sol glacé, pratiquement à poil dans une salle frigorifiée. Je veux dire par là qu’ils ont tout intérêt à nous tenir au froid, comme du steak haché surgelé, parce que si l’on a trop chaud, on se met à dégouliner de sueurs, à respirer bruyamment, et à être soudainement beaucoup moins gracieux. Ce qui n’est vraiment pas très esthétique. Comme un steak haché s’échappant de la chaîne du froid et commençant à moisir en quelque sorte. Ragoûtant plus qu’autre chose, et je pense que ce n’est pas de cette manière que l’on peut parvenir à vendre des boxers.
J’ai beau sourire à toutes dents, j’ai beau être super heureux de me faire agresser de toute part par les éclairs destructeurs, tout cela n’est bien qu’évidemment une façade. Ce que je désire vraiment, en ce moment même, c’est du freebase. On a tous nos vices après tout, et moi, c’est la cocaïne. Je ne la sniffe pas car ça risque d’abîmer ma cloison nasale. Je ne me pique pas pour préserver la beauté de mes avant-bras. Je ne prends pas de cachetons parce que c’est démodé depuis des dizaines d’années. Alors que fumer, ça n’endommage que les poumons. Tant que l’extérieur n’est pas dégradé, tant que votre divine enveloppe charnelle est indemne, ça baigne. Et ce même si vous avez une affreuse tumeur noirâtre qui vous dévore de l’intérieur. Ce que je veux dire, c’est que ce serait davantage dramatique pour moi de me retrouver défiguré. Et à cause de cela, la vie au quotidien peut devenir un véritable calvaire. Vous devez en effet faire gaffe de ne pas recevoir une balle dans le crâne, de ne pas vous brûler à de multiples degrés, de ne pas vous faire lacérer la chair par une quelconque arme blanche. Et mine de rien, ça occupe une majeure partie de votre temps.
Fumer du freebase, cette cocaïne cuisinée à l’ammoniac, ça ne risque de détériorer que la dentition en fait. Un peu comme si vous buviez du café tout en fumant une cigarette, en somme. Et si vous voulez vraiment tout savoir, vous pourriez avoir le plus beau sourire Prozac de toute la planète que cela ne suffira jamais pour une photographie. Alors, votre sourire se retrouve photoshopé, tout rafistolé numériquement pour être encore plus parfait que la perfection même. Ma maman, elle me disait tout le temps que rien ne servait d’avoir un appareil dentaire pour redresser légèrement ses dents parce que ça vous rendez moche tout le temps que vous le portez et que de toute manière les ordinateurs sont suffisamment performant pour redresser ces quelques centimètres. Ils pouvaient même traquer un bout de salade coincé entre vos incisives et l’anéantir pour obtenir une blancheur colgatienne inégalable.
Ma maman, elle m’a expliqué que les japonais avaient les dents les plus affreuses du monde, mais qu’à l’époque, ils s’agissaient des beautés chirurgiquiennes de haut niveau. A vrai dire, ce sont eux les précurseurs de cette véritable mode qui fait de ma vie ce qu’elle est. Ce qui est dommage dans l’histoire, c’est qu’en fait ce pays a été rayé de la carte. Tout atomisé, tout nucléarisé, comme la majeure partie de la planète. Dans un sens, on a plus à se plaindre de la misère tiermondisée, des guerres balkaniques, du génocide darfourien et des autres conneries du genre. On a l’avantage d’être uni sous le seul drapeau restant, tout étoilé et tout bariolé. C’est ce que l’on peut appeler une hégémonie par défaut. Je veux dire que lorsque l’on est le seul pays à ne pas avoir plongé dans les eaux profondes des océans ou sur lequel on puisse vivre sans avoir à porter en permanence une combinaison antiradiation, on est forcément le plus puissant. C’est ce qu’on appelle concrétiser son rêve de grandeur. Mais bref, cela c’est du passé situé tellement loin que même mon arrière grand-père ne pourrait en témoigner.
Flash.
Et c’était la dernière photo que l’on prenait de mon sublime corps pour aujourd’hui.
c´est tellement ... unique ![]()
ouais, je crois que c´est le seul mot qui pourrait qualifier cette nouvelle. Je sais pas, y a un truc que t´as allumé chez moi qui fait que c´est ... ENORME
franchement, je crois que je vais arreter d´écrire, pasque, quand je vois des types comme toi, je crois qu´une merde dans mon genre n´a plus qu´a s´écraser.
C´est comme si je venais de me prendre une claque monumentale et que j´avais encore trentes six chandelles devant les yeux.
Bravo, soub ![]()
J´préfère
j´aimais déjà le début, mais là en plus ya pas le même coté morbide manifeste qui me dérange, donc ...
D´un coté aussi, le début avait ptet plus de ... charme ?
Enfin j´me tais, je déraille un peu, donc j´dis n´imp et parle/écrit pour ne rien dire ![]()
conclusion : se reporter à la conclusion précédente.
crazymarty : n´arrête pas d´écrire, lis plus, c´est tout. Développe ton style.
Soul ! Soul soul soul.
J´ai repéré deux trois trucs, mais j´ai pas le temps de vérifier si ça a déjà été corriger, revu,... Je t´en reparlerai.
Sinon pour cette dernière partie :
- Et à côté, vous aurez la grande marque de l´industrie du boxer avec ma photo affichéE dessus.
- j´ai beau être super heureux de me faire agresser de toute part par les éclairs destructeurs, tout cela n´est bien qu´évidemment une façade
j´aurai dit : Tout cela n´est bien évidemment qu´une façade.
- le temps que rien ne servait d´avoir un appareil dentaire pour redresser légèrement ses dents parce que ça vous rendez moche.
La je te laisse le loisir de repérer l´énormité, faute à un correcteur d´orthographe de merde je suppose.
Pour le texte en lui même, c´est en effet un hommage à Monstre invisible, retrouver Brandy Alexander m´a fait sourire, mais j´aimerai te conseiller de t´écarter du livre un peu plus, car réutiliser les techniques de narration de ce dernier, ça fait grincer des dents, et rend TON style PERSONNEL beaucoup moins puissant que d´habitude. J´attends de voir comment ça évoluera, j´espère juste que l´hommage ne se transformera pas en recopiage, tu perdrais ton temps.
Je me sens sympa ? Je lirai ? Du Soulinet, mouais, c´est une idée.
J´aime bien, c´est accrocheur, poignant, le style est très actuel.
L´univers de l´écriture, c´est beau, c´est bien. Et cher Soulinet chéri, continue dans cette voie. ^^
En avance rapide, on est dans ma loge. En avance rapide, vous n’avez pas envie de voir ça, mais je crois que vous n’avez pas réellement le choix. Et je vous interdis formellement de sauter ce passage. Parce que voyez-vous, le but de ces lignes flashbackisées c’est de vous faire comprendre ce qu’est ma vie. Je veux dire, celle en dehors du mannequinât, en dehors des sourires glacés, du corps huilé et glacé, que vous connaissez tous vu qu’il est étalé sur du papier tout aussi glacé. Mannequin glacé avec un teint de soleil.
Le passage qu’il ne vous faut absolument pas louper, c’est ce qui est encyclopédiquement nommé felching. Ce qui se résume ainsi en deux syllabes est en fait, c’est la pratique sexuelle la plus à la mode dans les milieux gays. Il consiste en fait à vous activer derrière votre partenaire durant une dizaine de minutes. Je veux dire, à enfoncer votre membre turgescent au plus profond de votre petit copain jusqu’à ce que ces deux fesses soient totalement écartées pour que vous puissiez livrer votre semence en quantité abondante. Visualisez-vous un mélange de merde et de sperme, le tout dégoulinant et chaud. Techniquement, vous n’approcheriez pas de cet ensemble de moins de deux mètres, mais dans le cadre du felching, ce terme en deux syllabes, et bien on doit foutre son nez en plein dedans. Et avec le sourire aux lèvres en plus. Ce que je veux dire, c’est que je dois m’enfoncer dans son anus jusqu’à ce que ma langue puisse récupérer le résidu de mon éjaculation de manière à le repomper.
Et c’est comme ça, la bouche toute pleine de mon propre sperme que je m’extrais de son cul, respirant au passage un peu d’air frais, et que je lui colle ma bouche contre la sienne. Glissant entre ses lèvres, ma langue et ma semence. Nous nous embrassons goulûment, liant et déliant nos langues entre elles, faisant dégouliner le long de nos mentons ce mélange de sperme et de salive.
Felching, un mot qui pour les magasines homosexuels hyperbranchés veut dire mode. Un mot qui pour nombre de personnes est synonyme de dégoût. Un mot qui pour moi n’est que la représentation de cette vaste notion qu’est l’amour. L’amour que je portais à cet homme n’avait de limites que la profondeur de ma gorge.
Il s’appelait Alex dans sa fausse vraie vie. Je veux dire quand il posait pour des photos où il vantait les mérites d’un jean super moulant qui lui compressait l’entrejambe mais où il devait tout de même faire comme si de rien n’était et sourire, et bien, il se faisait appeler Alex. C’était court et facile à retenir, exactement ce que tout le monde désirait. Dans la vraie vie, celle où je lui défonçais amoureusement le cul et où je lui pompais tout aussi amoureusement le dard, il se nommait Victor Mancini. A moins que ce ne soit Elwood Kotzwinkle. Ou encore Coco Kleinbaum. Pour tout dire, il avait tellement de fausses identités qu’il n’en avait pas vraiment de vraie, si vous voyez ce que je veux dire.
Quand je n’étais pas dans ma vie de façade superficielle en train de combattre les flashs rétiniens et de paraître beau en toutes circonstances, j’étais avec Jake Paulson ou alors c’était Jared Urakarasawa ou une autre fabulation identitaire d’Alex. En plus du sexe et de la drogue, nous passions notre temps à regarder des films totalement démodés que l’on classe dans la « Nouvelle vague française », et à essayer de localiser les faiblesses de notre société pour mieux les exploiter et nous amuser.
Pour les films, j’avoue avoir éprouvé de la réticence au premier abord. Un film à la troisième personne où vous ne pouvez pas interagir par vous-même ni vous glisser dans la peau du personnage principal par l’intermédiaire de ces nouvelles technologies qui font que chaque visionnement est unique pour tout un chacun, un film où il y a plus de paroles que d’explosions et de morts, avouez que ce n’est pas très attirant. D’autant plus lorsque la seule version disponible est une version française, une langue morte depuis plus d’un siècle. Mort, tout comme son pays d’origine d’ailleurs, dévasté par un hiver nucléaire il me semble. Dommage collatéral des retombés du bombardement massif sur le Moyen-Orient si mes souvenirs du cours d’histoire sont bons. A moins que je ne confonde avec la Roumanie. Je veux dire que tout ces petits pays sans importance, en fin de compte ils se ressemblent tous et on s’en fout complètement.
Bref, regarder ce genre de films, c’était totalement atypique et pas vraiment au goût du jour. Ce qui était plus conventionnel et qui je l’avoue me plaisait davantage, c’était de trouver des tas de petits cachets de Valium, de Prozac, de Xanax, de Seconal… Bref, tout ce qui permet d’être antidepressé, détendu, zombifié, vache hindoue au top de sa forme. Et tout cela, ça se vendait du tonnerre de dieu. Je veux dire par là que tout le monde en avait besoin pour oublier le monde dans lequel on vit. Nous vendons du bonheur en cachets. Aujourd’hui y a trop d’ombres partout, tellement qu’on les connaît pas toutes. Et l’industrie pharmaceutique nous permet de dissimuler tout ça. Notre rôle dans la société, était de piquer ces cachets là où on en trouvait le plus et de les redistribuer à des prix défiant toute concurrence. En quelques autres, on piquait aux vieux pour les revendre majoritairement aux riches.
Je ne comprends vraiment pas où tu veux en venir avec ce texte, Soul. Quand ce n´est pas tout simplement pompé-référencé sur Chuck, tu donnes l´impression d´être ce Usual Suspect qui brode une longue histoire éparpillée sur des post-it. Un nom par ici, un lieu par là... Sauf qu´ici, ça marche pas. Enfin, le style reste agréable. Mais je sais vraiment pas ce que ça va donner.
Pour te répondre, le but de la première partie est effectivement de plagier du Chuck Palahniuk assez scrupuleusement en pretextant un hommage, mais toutefois en le modifiant de manière à ce que l´acte en question diffère du roman. Bef, osef, voilà la suite...
Ce grand bâtiment austère hanté par des vieilles personnes aux regards vides et à la mémoire défaillante, des résidus d’humains en fin de vie, abandonné par tous pour crever seul au bout milieu de cette déchetterie que représente une maison de retraite. C’était également ici que je venais parfois m’alimenter en médicaments. Voyez vous, les vieux s’en foutent totalement du moment qu’ils peuvent toujours se chier dessus et avaler leur bonne vingtaine de pilules. Et même, ceux qui se préoccupaient du fait qu’un inconnu venait piller leurs réserves médicamenteuses, et bien, il pouvait pas vraiment m’en empêcher… Le seul vieillard qui a tenté de m’arrêter alors que j’étais en train de placer des cartons contenant ces précieux comprimés sur un chariot servant à la base à servir les repas de chambre en chambre, et bien, ce vieillard s’est retrouvé les quatre fers en l’air après une course poursuite effrénée dans les couloirs stériles de l’hospice. Je ne sais pas s’il est tombé de son fauteuil roulant en allant trop vite ou si il a fait un arrêt cardiaque à cause de l’effort prodigué par la poursuite, mais quoiqu’il en soit, lorsque je me suis retourné pour tenter de l’arrêter en balançant des plateaux repas et bien il était loin derrière par terre. De ma position, je ne saurais dire s’il était mort ou s’il essayait encore de ramper pour tenter de m’avoir…
Evidemment, cette technique fonctionnait également pour les hôpitaux. Par la suite, je me portais malade, et alors que le médecin regardait mes antécédents médicaux sur son ordinateur, je lui fauchais son carnet d’ordonnance qui traînait de manière trop voyante sur son bureau. Sur celle qu’il m’a donné, il me prescrivait des médicaments basiques style aspirine ou sirop contre la toux. Mais grâce à ce tas de papier, il me suffisait d’écrire de manière incompréhensible mais tout de même assez visible pour qu’on déchiffre Xanax ou une autre connerie du genre et de faire ensuite le tour des pharmacies de la ville pour avoir de quoi remplir les boîtes aux lettres du quartier en barbiturique sécobarbitalisé.
Et j’étais aussi dans l’immobilier. Le genre d’immobilier tout immense où seules les personnes possédant des fortunes colossales peuvent faire des affaires. Manoir aux hall d’entrée tellement long que l’on se demande toujours si un jour on pourra parvenir à atteindre le salon, véritable châteaux forts aux pièces démultipliées si bien que vous ne pouvez les faire visiter dans son intégralité qu’une fois par journée en allant cependant très rapidement, c’était mon credo de vente. Dans la majorité des cas, l’habitation était encore habité par son propriétaire sénile désirant se débarrasser de tout ce qui lui appartient avant de clamser, ou bien par une riche princesse héritière qui change d’habitations car finalement les murs du salon sont trop ternes. Dans ce genre de situation, je faisais un petit tour dans la salle de bains pendant que les potentiels acheteurs allaient visiter la trentaine de chambre de l’aile droite du bâtiment. Avec un jeu habile de miroirs surdimensionnés, les robinets en or et mon propre reflet semblaient se répéter à l’infini dans ces salles de bains. Ma main multipliée par une centaine d’autres mains semblables allaient ouvrir une centaine d’armoire à pharmacie et vidait l’intégralité de son contenu. Alex faisait de même de son côté, et au final quand on ressortait de la maison et qu’on regardait le butin que l’on a obtenu, on est toujours déçu, comme si on avait eu l’impression d’en prendre cent fois plus que ça.
Vous l’aurez compris, on ne foutait pas grand-chose mais on roulait sur l’or tout de même.
"servant à la base à servir" Pas beau ça
Rien à dire, envoie la suite si tu n´as que ça à foutre.
A ce moment précis où je vous raconte ma vie, je me souviens pourquoi je suis là. Je veux dire dans cette maison dont le salon est plus assimilable à un charnier qu’à une réception. En fait, il y a quelques semaines, je l’avais fait visiter à ce genre de jeune cadre dynamique avec des couilles en or et sa femme poupée Barbie aux contours rafistolés et siliconisés qui se prenait une semence en or à chaque ébat. L’élite de notre société, si vous voyez ce que je veux dire. J’étais en costard cravate tiré aux quatre épingles avec le sourire tout aussi épinglé et j’avais réussi grâce à les convaincre d’acheter cette baraque qui après tout ne devait pas vraiment creuser énormément leur budget.
Après son achat, Madame me dit que je suis tout à fait charmant, je veux dire charmaaaaant si on veut imiter son accent de noblesse emprunté, et que ce serait une joiiiiiie que je vienne participer à la pendaison de crémaillère de leur nouveau bien. Je ne sais plus pourquoi j’ai accepté, sûrement par politesse, mais en avance rapide ça explique ce que je fais là.
Autour de moi, les gens encore vivants se planquent sous les tables et me disent de les rejoindre si je tiens encore à la vie. Et je leur réponds en levant mon verre que croire qu’une table peut arrêter des balles c’est stupide et que de toute façon, je ne tiens pas à la vie. Je veux dire par là qu’on meurt tous d’une manière ou d’une autre, d’un jour ou l’autre, alors inutile de s’accrocher à quelque chose que l’on perdra forcément. Dans ce sens, on peut dire que la vie c’est un peu comme le mariage, le choix illusoire en moins. Le suicide serait la plus belle forme de divorce.
Une balle fracasse mon magnifique verre en cristal ciselé avec minutie et le réduit en multitude d’éclats grossiers et scintillants qui chutent au sol. Et ce petit tintement provoqué lorsque la balle a touché le verre, ce petit bruit, et bien il était semblable à celui de la cloche signalant la fin du dernier round d’un match de boxe. Ce que je veux dire, c’est que tout est redevenu calme. Les balles se taisent et les gens en font de même. Silence pesant et calme mortuaire. Seul le crissement du verre piétiné résonne dans cette chapelle ardente.
L’homme qui s’avance vers moi avec cette démarche ferme est mince, svelte et élégant. Il a une silhouette filiforme enfermée dans un costard sombre, et sa tête est dissimulée derrière une cagoule du même noir ébène. Dans un sens il est bien différent des autres assassins de la beauté. Lui n’a pas une bosse dans le dos, lui ne se trimballe pas avec une masse de graisse qui suinte et déborde affreusement de ses vêtements. Pour tout dire, je le trouvais plutôt attrayant, même si je devinais que c’était son visage qui devait être marqué d’une terrible difformité.
Il brandit dans son poing droit un énorme pistolet du style Magnum qui doit probablement creuser des trous tout aussi énormes dans les gens. Son canon est encore tout fumant d’avoir tué tant de personnes, et il est actuellement pointé dans ma direction. La voix étouffée par sa cagoule me dit que la mort, c’est ce qui attend la beauté. Ce qu’il veut dire, c’est que la beauté n’est pas éternelle et qu’on finit tous par se décomposer et devenir immonde un jour ou l’autre.Du moins, je présume. La vie, le mariage, la beauté, pourquoi s’accrocher à quelque chose que l’on perdra forcément ? Et moi qui réponds que ouais, mais en fait non, la mort fauche tout un chacun. Personne, moche ou beau n’a une durée de vie illimitée. Je dis qu’en fait, l’égalité se trouve dans la mort. Et ça fait ricaner mon interlocuteur. J’arrive aisément à deviner sous sa cagoule le rictus qui se dessine sur ses lèvres probablement déformées. Il agite son flingue et m’annonce que c’est lui la mort, et que c’est lui qui décide qui doit mourir ou non.
Il redresse le chien de son arme tout en continuant son long discours. Mais au milieu de l’ivresse qui inonde petit à petit mon cerveau, la majorité de ses palabres m’échappent. L’unique chose que j’en retiens parfaitement, c’est cette dernière phrase, celle qui dit que ce soir, il a décidé que c’était moi qui allais mourir.
Et son doigt presse la gâchette…
La balle qui s’extirpe du canon, transperçant l’air et déchirant la chair. L’âme qui s’échappe du corps en même temps qu’un sang grumeleux mélangé à une mixture rosâtre peu alléchante. Cette tête qui était votre et qui maintenant est transformé en charpie, propulsée aux quatre vents dans le style des ballons de baudruches qui éclatent. Il pleut. Et les trombes d’eau balayent le toit où nous nous trouvons, faisant disparaître toute trace d’hémoglobine. Ce que vous n’avez peut être pas compris, c’est que nous avons fait un saut en avant dans le récit. Terminé la salle de réception et le génocide des poupées, nous sommes maintenant une année après, sur un toit avec en face de moi une personne que je viens froidement d’abattre.
En retour rapide, on me demande de rejoindre cette noble cause.
En retour rapide, une voix familière me dit que c’est là sa dernière idée pour s’amuser.
En retour rapide, y a moi qui m’exclame : « Alex !? »
Si on remet le mode lecture à cet instant là, je me vois contempler l’intérieur ténébreux du canon monstrueux que cet homme tend vers moi. J’attends que la mort s’extirpe de cette obscurité et vienne me faucher instantanément d’un trou dans la cervelle. Je devine son doigt qui presse la gâchette. Je devine la sueur qui inonde mon corps, et je me dis que des auréoles sur une chemise, ce n’est pas digne de moi. A cet instant précis je pense à deux choses. La première c’est cette envie irrésistible de rentrer chez moi, de me doucher et de m’habiller de nouveau proprement, et la seconde, c’est la détonation assourdissante qui sera probablement la dernière chose que je vais entendre de ce monde surfait.
Une explosion qui ne vient pourtant pas. Une explosion qui se retrouve remplacé par un ridicule petit cliquètement. Le chien qui à la base aurait du percuter la balle de manière à faire exploser la poudre qu’elle contient et de propulser ce projectile de mort entre mes deux yeux, ne rencontre que du vide. Le temps de réaliser que je ne suis pas physiquement mort, c’est désormais un rire cristallin qui emplit mes oreilles. Le rire de cet homme qui a finalement décidé d’épargner ma misérable existence. Et c’est au moment où l’homme retire sa cagoule que l’on me voit en train de m’exclamer « Alex !? », surprise et joie dans le ton.
Le leader de ce groupe anti-beauté qui en quelques minutes a anéanti une réception de grand luxe qu’il a fallu préparer des mois à l’avance. Ce mouvement qui a décimé quelques uns des plus beaux spécimens de l’humanité, du moins physiquement. Cette ligue anti-perfection, et bien, elle était mené par l’homme qui a été élu « homme le plus beau de l’année » à de nombreuses reprises par une dizaine de magasines people. Alex, mon amant qui même après un vigoureux bain de bouche m’imprégnera toujours de son goût. Alex, désormais prêt à tout pour mettre à bas la supériorité de l’élite vénusté. Avouez que c’est une situation étrangement paradoxale.
En quelques mots, il m’explique tout. Il me dit que c’est là sa dernière idée pour s’amuser, pour s’éclater comme un petit fou à qui l’on offrirait de la dynamite. Il me dit que la ferveur des hommes qui l’accompagne compense amplement la difformité de leur corps. Il me dit qu’il se sent d’humeur messianique, d’une humeur à redistribuer les cartes, à foutre la société en l’air ou du moins l’ébranler. L’esprit brumeux, à la fois par l’alcool et le choc que ça vous fait d’avoir un flingue braqué sur votre tête, je ne trouve qu’un mot à répliquer à ce nouveau Alex, messie d’un groupe terroriste ayant pour objectif d’annihiler la beauté futile du monde. Ce mot, c’est « Ok », et il en faut pas moins pour qu’Alex m’entraîne à ses côtés. Comme si j’avais vraiment le choix, après tout…
Odeur de l’essence que l’on disperse dans tous les coins de la salle.
Odeur de la chair carbonisée. Odeur de plastique carbonisé. Le tout mixé dans une abomination nasale.
Le génocide des poupées, comme tout bon génocide, s’achève sur une crémation massive.
Fumée dense et air suffocant, je ne désire que m’en aller d’ici, clore définitivement l’intrigue qui avait lieu dans cette salle de réception luxueuse. Mais, Alex ne semble pas en avoir terminé avec moi. Il fait barrage entre la sortie et moi, pointant son arme une nouvelle fois dans ma direction. Et cette fois, avant même que je ne puisse articuler un mot, ou même, penser à quelque chose de cohérent, la détonation retentit. Sourde et mortelle.
Là, allongé sur le sol tandis que mon champ de vision s’emplit de petites taches noirâtres et que je n’ai plus le contrôle de la moindre parcelle de mon corps, je me dis que la mort, niveau antidépresseur, c’est le summum. Puis, tout s’éclipse…
Merci de votre lecture, la suite bientôt ! :nerd:
Tiens du soul qui remonte pas à plus d'un an, faudra que je lise ça, pour voir si t'as muri et si tu tiens les grandes promesses du jeune immature soul.^^
Je lirai ça bientôt^^
Le pire c'est que j'ai terminé ce texte, mais que j'ai la flemme de continuer à le poster...
Karina ... Soulinet? ![]()
Fais gaffe, tu vas devenir un génie Yohanichou.
Soul' soul' soul'... toujours le premier quand il s'agit de se travestir. Enfin, vivement la gay pride, qu'on se marre un peu ensemble ![]()
Désolé pour toi, mais elle est passé la semaine dernière. Du moins, chez moi...