Cela fait quelques temps que je n´ai plus écrit. Je me lance donc... J´ai bien perdu la main, mais je compte faire des efforts pour bien m´y remettre et retrouver mon niveau. Je ne vous demande pas d´être gentil ou d´avoir de l´indulgence. On ne progresse pas avec des éloges. Mais justes des critiques constructives (comme d´hab´ ^^). Me revoila mes choupinous ^^.
C’est un huit juillet 2023 que tout est devenu sombre. Je sens la fin rampant, lentement, mais sûrement. Le présent ne se dissocie pas du passé et du futur. Il n’y aura pas de futur et le passé s’est arrêté le huit juillet. L’accident.
Je ne me demande pas ce que sont devenus les autres, parce que je suis seul. La solitude devrait être terrifiante pour tout être humain. Elle ne l’est pas pour moi, car la mort me guette avec la fin de ce monde. La souffrance physique revient périodiquement pour disparaître après quelques picotements sporadiques. Le temps a disparu et l’instant s’allonge.
Quand le monde tourne et qu’on est avec lui, on se croît tout puissant. Tout le monde d’ailleurs. Quelle vanité ! Cet être malicieux ou pourri, qui est la haut, ou bien en bas, sûrement quelque part, nous le fait bien comprendre au moment voulu. Mon esprit se torture et se vide d’espoir. Et puis, l’espoir c’est pour les imbéciles et les illuminés. A croire qu’on peut échapper à son destin et à soi-même tout simplement. Quelle idiotie !
L’état actuel qui me caractérise, est la folie mêlée à une torture perverse. Folie, née du brouillard qui a pris d’assaut mon âme. Nourrie, par la perte de l’espace et du temps. Plus de repère alors, je me perds. Et cela même, dans mon propre esprit. Des souvenirs perdus ressurgissent de nulle part pour m’affliger. Ce que j’ai refoulé, me revient d’un coup. On sent une vague de chaleur remonter le corps, produisant des tremblements et des sueurs froides, rapidement et sans pouvoir avoir une seule pensée. On veut penser à autre chose, mais il ne reste que moi, alors je ne peux que penser à moi… Piégé.
Je sens venir, le néant. Une sensation nouvelle et enivrante. Je reste méfiant. Mes sens s’envolent et mon esprit baisse sa garde. Je me laisse porter par ce vent imaginaire et fugitif. Le voyage se fait dans l’obscurité de mon âme, qui se laisse éclaircir par mille souvenirs faisant surface avec douceur. Je sais qu’il se joue de moi et qu’il m’enverra souffrir le martyr dans quelques instants suivant sa volonté. Je suis sa proie, ou son jouet, comme tant d’autres. Suis-je le dernier ?
Choc. Plus de visuel. Rien.
Hurlements macabres. Images horrifiques. Je crache mon horreur par le souffle de mes poumons ! Mes membres sont étirés, tordus et compressés dans toutes les directions. Je ne les vois pas, je ne vois rien, mais je les sens. Mon esprit est manipulé. Je me répète « ceci n’est pas réel ». Encore, « Ceci n’est pas réel ». Aucun effet. Je veux mourir. Aurais-je ce privilège ?
L’obscurité fait place à l’éblouissement et la douleur n’est plus. Je me rappelle, comment ça s’est passé. Des flashs reviennent. La tourmente. Elle doit arriver et elle est arrivée. C’est étrange que notre niveau technologique ne nous ait pas permit de l’anticiper. De l’hublot, c’est un joyau incandescent se jetant furieusement vers nous. Comme un rêve, un film catastrophe. On a eu droit aux premières loges.
Mon âme devient évasive, je me sens couler vers un ailleurs, et ma conscience s’évapore lentement vers l’inconnu…
L’infirmière sort de la chambre cent vingt. Elle a débranché un homme qui est dans le coma depuis quarante deux ans à la demande de son fils.