Ce que tu ressent à ce moment. Tu te l´imagines, le dessine toute ta vie sans savoir vraiment de quelle couleure le teinter, de quelle peinture l´éclabousser, de quelle forme le batir, de quelle mélodie le chanter de quelle symphonie le triompher. C´est une source galvanisante, un bouillonement de créativité si fertile qu´il t´es impossible de la dicerner tellement ses frontières sont épartes. Tu cours, tes jambes sont lourdes mais tu a un présentiment, comme une soudaine certitude. Dès lors tu sais, tes muscles carbonisés d´épuisement en sont survoltés et à présent les éléments autour de toi sont en contre plongée. Ta respiration est nette tes pas s´accélèrent, ton regard est rectiligne, tu ne penses plus ! Autour de toi ça lévite, ça courousse ! Et ce musicien joue à présent une note monochrome qui paraît s´envoler légèrement comme une feuille morte suavemment balayée par une brise d´un doux après midi d´automne. Enfin. La quête de toute une vie. C´est fait.
Crescendo ses cuisses gonflent, et il atteint la vitesse juste. Tout est propre, lisse, il glisse. Il prend une dernière impulsion, celle qu´il a tant répétée des années auparavant, celle qui jamais ne l´a satisfait et toujours l´a encourragée à poursuivre l´ascencion d´une montagne au cime d´une hauteur incertaine. Quelques secondes figés en l´air. Il le sait, mais se donne une dernière seconde pour réaliser. Ses pieds sont à présent devant la ligne d´arrivée. Voilà près de cinq secondes qu´il marche mais ces cinq secondes sont perdues quelqueparts dans une crevasse spatio-temporelle innoxidable. Diable que les sanglots satures dans sa gorge! Et ces gens qui hurlent de bonheur ! Il s´agenouille, lève les bras au ciel les indexes pointant vers l´immensitée de l´univers. Il se revoit plus jeune tentant veinement de...
Ces instruments et sa voix ne semblent n´être qu´une seule note, un son identifiable par l´infinité seule. Comme une injection directe de son et de lumière, une corde qui cède au paroxysme de l´écartellement. L´électrochoque sensorielle le frappe en pleine poitrine et lui fait écarquiller les yeux comme une soudaine et brutale prise de conscience. La surprise estompée quelques fractions de secondes plus tard c´est la séreinité qui s´imbibe du plus profond de sa conscience. Il sait. Un sourrire nait au coin de ses lèvres. Il songe à un saut de l´ange qu´il se risquerait à faire à quelques mètres d´altitude d´un tourbillon d´eau brulante de confort. Et sa voix rocailleuse s´envole quelquepart là ou les échos arrêtes de raisonner. La salle est boulversée. Elle se tait. Puis acclame. Chambouler par la décharge créative qui se meurt soudain en un silence des plus radieu, il se tait et laisse une légère et pudique larme éffleurée sa joue. Il se revoit plus jeune tentant veinement de teinter ce moment qu´il n´arrivait à percevoir pourtant persuadé de son existence.
Il peut durer une éternité ou une éternité infiniment courte. Toujours tu as su qu´il existait quelquepart dans l´avenir, jamais tu ne réussiras à en prendre conscience que lorsqu´il t´aura frappé et aveuglé de sa grâcieuse importunitée.
[ Milles excuses pour l´orthographe fort probablement défaillant et les éventuelles fautes de français. J´attend vos réactions, vos conseils, vos critiques. Merci et que vive l´écriture ]