Hello tous =)
Voila, c´est la premiere histoire que j´écris et j´aimerai avoir des avis (surtout que c´est à rendre pour mardi prochain ^^ ) Je prend toutes les remarques , du moment qu´elle sont expliquées =)
Voila , (si possible) bonne lecture :
Le souffle d’or
Une ambiance grandiose régnait dans la salle, une des plus grandes du Mississipi, les flashs des appareils photos crépitaient. Les femmes me lançaient des regards énamourés tandis que les hommes applaudissaient et criaient ! Une certaine euphorie s’empara de moi…comme une drogue, dont je sentais la substance monter jusqu´à mon cerveau ! C’était un de mes plus grand succès !
« J’ai vraiment assuré sur ce coup-là, pensais-je »
Mon public m’acclamait et des dizaines de mains tendaient des papiers pour que je signe ! Je portais un regard triomphant sur le public, je riais aux éclats !
Mais soudainement… j’eu l’impression que tout se stoppait autour de moi. Ma bouche restait a demi ouverte, je tremblais de tout mes membres, une goutte de sueur perla sur mon front, glacée … cette homme, il était dans la salle, assis sur une chaise, comme si de rien n’était en train de me regarder dans les yeux…
Je lâchais mon saxophone et courus, courus, en bousculant tout le monde sur mon passage.
« Alors c’était vrai, non…ce n’est pas possible, ce n’est pas possible ! » M’écriais-je.
J’entendis des gens m’appeler, mais je ne pensais qu’à cet homme…Son regard exprimait sa joie, sadique….
Je roulais, roulais, vers le seul lieu qui venait à mon esprit. Je roulais jusqu´à la frontière entre le Mississipi et la Louisiane.
Je m’arrêtais au milieu de nulle part, et marchais…le ciel semblait affaissé, le tonnerre grondait au loin, et la pluie, glacée, ne se fis pas attendre. Le vent se jouait de moi, il me pénétra d’un pic glacial.
Je continuais à suivre ce petit chemin dans la forêt pour finalement déboucher sur une petite clairière. Une grande étendue d’herbe sur laquelle trônait une unique cabane.
Je montai un petit escalier en bois, usé. « Plutôt vétuste pensais-je » Cette maison avait changée depuis la dernière fois ou j’y étais allé, c´est-à-dire depuis presque 3 ans.
La toiture, constituée de misérables planches de bois, semblait prête à tomber. Les murs, aussi constitués de maigres planches de miteuses, donnaient l’impression qu’ils n’allaient pas tarder à s’effondrer. Je donnais un premier coup sur la porte, puis un second.
Un grand homme, aux cheveux courts et à la barbe grisonnante m’ouvrit la porte. Il portait des lunettes couleur cuivre. Je reconnaissais son long nez, et son front fuyant, son unique veste vert bouteille. J’aperçus l’unique pièce de son logis…De grandes statues africaines étaient dispersées un peu partout, sur une étage étaient éparpillées des verres crasseux et des boites d’aliments divers . Une table en bois trônaient en milieu de la pièce, avec comme subornées deux chaises en bois. Au fond, une théière était posée sur la poêle.
L’homme me dit d’entrer, ce que je fis sans me faire supplier, mes vêtements mouillés me faisaient frissonner de froid. Il prit la théière et versa une substance verte-jaune dans des tasses en porcelaine, tasses qu’il ne sortait que pour ses proches, et qui d’ailleurs étaient les seules tasses à thé qu’il possédait. Puis j’allumais une cigarette.
« Ned Colby ! Faut que tu sois dans un fichu pétrin pour t’souv’nir du vieux Caleb !
- Bah ! Tu sais ce que c’est ! les concerts, les répétitions, les tournées à perpette !
- Assez de baratin ! Viens en aux faits !
- Tu te souviens de l’époque ou je débutais, demandais-je
- Ouaip, ce n’était pas brillant ! me répondit-il en riant !
- Pire, personne ne voulait de moi ! J’envisageais d’abandonner ma passion, même d’en finir une fois pour toute… Puis j’ai rencontré ce type : je venais de finir un concert, dans un bar pouilleux! Il donnait l’impression de sortir d’un bal costumé ; une cape avec un col relevé, un smoking en dessous. Des cheveux plaqués en arrière, des sourcils naturellement froncés , des yeux rouges , des yeux inquiétants , et des canines plutôt bien aiguisées pour un humain… Il m’avait invité à prendre un verre, nous étions assis dans un coin sombre, éclairé par une bougie, sur une table mangée aux mites.
- « Oui monsieur Colby ! Chaque homme rejette en moyenne trois litres de souffle par expiration, soit environ quinze millions d’hectolitres dans une vie. Mais il ne s’agit là que d’un souffle ordinaire ! Moi, ce que je vous propose, c’est d’échanger les dix millions qui vous restent contre quatre cent milles hectolitres de souffle d’or…
- De souffle d’or ? dis-je, sceptique.
- Oui ! Désormais, tout ce qui jaillira de vos poumons se transformera en or…Au sens figuré bien sûr ! Cet instrument par exemple : vous en sortirez des sons qu’aucun mortel n’a encore pu en tirer ! s’enflamma-t-il.
- Très drôle ! Et….quel est votre intérêt, là dedans ?
- Disons que…Pour mon petit commerce, j’aime bien disposer de grosses réserves de souffle. D’autre part, notre pacte sous-entend qu’à l’expiration de votre dernier hectolitre vous viendrez me rejoindre. Déclara-t-il
- Tiens donc ! Et où ça ? questionnais-je.
- Vous le découvrirez quand vous aurez épuisé votre réserve, c´est-à-dire…dans trois ans ! »
J’allumais une nouvelle cigarette.
« Et tu a accepté ? Par jeu : cette histoire ressemblait tellement à une plaisanterie ! Le problème, c’est que… hésitais-je
- Et ? me lança-t-il, impatient
- Depuis ce jour là…Je suis devenu le meilleur saxophoniste du Mississipi ! J’ai bien essayé de croire à un quelconque hasard, mais…Maintenant j’ai la trouille ! si ce pacte est réel, il ne me reste plus que trois jours à vivre ! répondis-je avec une voix où perçait la panique.
- Ah…Si t’étais resté des nôtres, tout ça s’rait pas arrivé ! Mais…oh ! Les r’grets ont jamais rien arrangé ! Alors, écouté…Y’a p’tet’ un moyen…Ici-bas, l’existe un souffle qui vaut dix mille fois plus qu’tous les aut’ : c’est c’lui qu’exhale un moribond quand il passe dans l’au-d’là ! Le dernier souffle ! Receuilles -en un entre tes lèvres et ton loustic pourra plus rien contre toi ! Allez ! Grimpe dans ton engin ! »
J’étais prêt à croire Caleb, même si il avait toujours été un peu original, plus rien ne m’étonnait depuis ma rencontre avec « l’homme au souffle d’or »
« Où va-t-on ? Demandais-je
-Chez la vielle Mc Riley, elle allait pas fort ces derniers temps…Et si elle s’est toujours pas décidée à dépoter son géranium on filera a l’hôpital de Natchez ! »
Des éclairs zébraient le ciel, tellement affaissé que j’avais l’impression que je pourrai le toucher avec ma main. Nous discutions, je le questionnais sur sa vie, je ne l’avais pas vu depuis quelques temps…Enfin, il n’avait pas grand-chose a raconter, ses trafics de basse envergure, au niveau de sa vie sentimentale il ne se passait pas grand-chose…les maisons closes de bas étage mais…Nous ne faisions pas attention à la route, en nous disant qu’au milieu de la nuit il n’y avait pas grand monde sur les routes nationales seulement, nous nous trompions : j’eu a peine le temps de freiner, je fermai les yeux et tournait le volant au maximum mais un 4x4 nous percuta, nous finîmes notre course sans trop de dégâts , mais pour l’autre voiture… Retournée, elle avait percuté un rocher.
Une jeune femme pleurait en appelant son mari.
«Ca ira m’dame ? Demanda Caleb, paniqué.
-Ronny ! Ne… gémissa t-elle
-Z’en faites pas, on va pas l’abandonner !
-Non…
-Caleb ! Il est en train de… »
« Eh mais… !? ?! Oh, bon Dieu ! C’est inespéré ! Merci, mon gars ! Merci ! »
« -Voyez, il lui fait du bouche-à-bouche ! Vot’ mari va s’en…Hé, Madam’ ! Madam’ !?
-Ca y est, Caleb ! Je l’ai eu ! J’ai eu son dernier souffle !
-Tant mieux, fils ! Tant mieux ! Maintenant, tu pourrais p’tet m’aider à transporter c’te pauvre femme dans ton enfin. J’crois qu’elle s’est évanouie.
Je me levai. Malgré une nuit agitée. J’enfilai un vieux pantalon, souvenir de mes années passées avec mon vieil ami Caleb, et notre ancien groupe. Il faisait froid, le parquet était glacé. Je décidais d’aller préparer du café, dans l’espoir de sortir de ma torpeur. Il faisait étrangement froid, pour une matinée de printemps. Je m’engageai dans le long couloir menant à la cuisine ; ma célébrité incluant d’assez importantes rentrées d’argent, je m’étais permis un nouvel appartement. Il faisait bien trop froid. Je pris la cafetière, la boite de café, et me mettais à l’ouvrage. Je me mis a voir flou…De plus en plus flou, mes jambes ne me soutenaient plus, je me sentais faillir, je tentais vainement de m’aggriper à la table, j’avais peur, j’étais littéralement compressé, l’air ne rentrait plus dans mes poumons
« Bordel, que se passe-t-il !? » pensais-je.
J’entendis des pas, puis une voix. Cette voie, je le reconnaissait, cette soirée, dans cette salle de spectacle. Cet homme, ses yeux rouges, le souffle d’or.
« Il est temps ».
J’eu a peine le temps de comprendre ce qu’il me dit, tout semblait s’éloigner, les ténèbres envahirent la pièce
« C’est la fin… » je rageais, attraper le dernier souffle de ce mort, tout cela avait été vain. Cet homme n’était pas humain, je ne pouvais plus lui échapper…
« Il est temps de me rejoindre »
C´est original, franchement, mais je pense que t´aurais pû un peu plus développer le dernier souffle, parce que là il sert à rien et ça le fait pas. C´est pas mal en tout cas, mais je peux pas plus détailler là je suis pressé.
Et sinon, t´entends quoi par developper le dernier souffle?
C’est assez sympathique et bien trouvé. Cela se lit plutôt bien malgré quelques fautes d’orthographe qu’il faudrait corriger.
Un petit point de détail m’a gênée. C’est lorsque Colby raconte à Caleb son entrevue avec l’homme aux yeux rouges. Le récit ne fait pas naturel en dialogue direct (avec la description de l’homme et leur dialogue inclus au milieu etc…). J’aurais tendance à dire qu’il faudrait faire un aparté et couper le dialogue après « Puis j’ai rencontré ce type… » avec une phrase de liaison du style « tandis que je narrais les circonstances de cette rencontre, la scène défilait dans ma tête, aussi nette que si c’était hier ». Ensuite reprendre le dialogue avec Caleb au moment où Colby allume sa cigarette.
Sinon, comme SunShadow, j’aurais tendance à dire que certaines parties méritent d’être développées. Notamment la scène de l’accident où Colby prend le dernier souffle du mari de la pauvre dame. J’aurais bien vu une brève description de l’état de l’homme ainsi que le cheminement des pensées de Colby qui contemple effaré, ce corps pantelant dont la vie s’échappe peu à peu avec les derniers soubresauts de son souffle agonisant tandis que lui vient soudainement l’idée de profiter de cette occasion inespérée qui s’offre à lui (bien que cela le répugne). Peut être même rajouter ce que Colby ressent après avoir pris le dernier souffle du moribond, un mélange subtil de honte et de soulagement.
J’aurais bien aimé également que fut développée la fin. Notamment la scène avec le café en accentuant la routine de la préparation, perturbée peu à peu par la sensation de malaise physique qui l’envahit crescendo alors que mille pensées l’assaillent.
Voilà mes quelques suggestions. J’espère qu’elles pourront t’aider. Cela n’enlève rien au fait que j’ai bien aimé lire ton histoire. ![]()
Merci à vous deux ! J´ai pris note ^^ et je m´y attele tout de suite !
Je dirais à peut prés la même chose que sanphi.
POur pas tout recommencer (j´ai un peu la flemme, aussi), je dirais que tu vas mille fois trop vite. L´action est beaucoup trop rapide, on a le temps de rien, on ne peut plsu suivre, le coup du dernier souffle semble n´être qu´un pretexte pour rallonger l´histoire. L´idée faustienne ultra-classique du vampire qui achéte un homme est bien utilisé dans cette idée de dernier souffle. Dommage, je trouve.
Le problème c´est que j´avais commencé avec cette idée, puis quand je me suis retrouvé à devoir ecrire la fin...ET bien j´etais bloqué ! ^^
Donc je ne voyais absolument pas comment utiliser l´idée du dernier souffle. Je vais y réfléchir. Pour ce qui est de l´action je penserai à rallonger sans mettre trop de superflu
On va commencer par les points les plus négatifs :
Au début, quand il aperçoit "l´homme au souffle d´or", t´as pas réussi à introduire assez d´éléments pour qu´on ressente la panique du perso doublée, pour le lecteru du mystere.
Du coup l´action qui suit, quand il va voir Caleb en voiture, ben c´est plat puisqu´on n´a le manque du précédent paragraphe.
Parfois t´introduis des truc qui ne servent pas à grand chose alors qu´ils en manquent (descriptions par exemple) du genre "Plutot vetuste pensai-je".
Quand tu passes du dialogue le perso principal/Caleb à celui perso principal/homme souffle d´or, tu mets pas vraiment d´antériorité ou de marques que tu changes d´époque,du coup au départ on comprend pas trop.
Aussi, quand le perso principal récupere le dernier souffle du gars (ce qui effectivement ne servira en fait à rien dans ton scénario), tu utilises juste un dialoque, et on arrive pas à s´imaginer ce qui se passe ; je pense qu´une narration aurait été pas mal.
Sinon, pour ton scénario, ben il parait intéressant, dommage que tu ai pas vraiment développé, le style est pas mauvais du tout, y´a quelques bons passages de description (comme celui dans la voiture CAleb/perso principal que j´ai trouvé bien mené)
En gros, avec un peu plus de finitions, tu aurais pu faire un vrai bon texte, mais là il te manque des éléments qui font que ça passe un peu a coté...
En fait je pense a trouver une autre idée pour mon devoir.
Merci à tous, mais je pense renonce à poursuivre cette idée, elle incombe trop de rallongements du texte, et je n´ai pas énormément d´idée.
Voila, j´remerci tous ceux qui ont fait des commentaires, et à + !
J´posterai ma nouvelle nouvelle ^^
Lu
C´est assez bien je trouve, malgré quelques fautes d´orthographe. Par contre, je trouve que c´est beaucoup trop rapide, certaines scènes mériteraient à être plus décrites.
Mais ça reste assez bien, bonne continuation! ![]()
Le souffle d’or
Une ambiance grandiose régnait dans la salle, une des plus grandes de l’état du Mississipi, les flashs des appareils photos crépitaient, certainement pour immortaliser sur papier ma honte. Le public me huait ! J’étais ruisselant de sueur, jamais encore je n’avais pareillement raté une de mes représentations.
« Je n’ai vraiment pas assuré sur ce coup-là, pensais-je »
Dans la foule, plus personne ne voulait d’autographe, mes plus fidèles admirateurs me regardaient avec dédain. Soudainement, j’eus l’impression que tout se stoppait autour de moi. Ma bouche restait à demi-ouverte, je tremblais de tous mes membres, une goutte de sueur perla sur mon front, glacée. Cet homme était dans la salle, assis sur une chaise, comme si de rien n’était en train de me regarder dans les yeux. Moi qui croyais pouvoir lui échapper, allais-je devoir fuir encore longtemps ?
Je lâchais mon saxophone et courus, en bousculant tout le monde sur mon passage.
« Alors c’était vrai, non…ce n’est pas possible, ce n’est pas possible ! » m’écriais-je.
J’entendis encore les huements de la foule, je m’excusais, bousculais tout le monde, mais je ne pensais qu’à cet homme…Son regard triomphateur exprimait sa joie, sadique….
Je roulais, roulais, vers le seul lieu qui venait à l’esprit, à la frontière du Mississipi et de la Louisiane. Je m’arrêtais à la lisière d’un bois, et marchais ; le ciel semblait tellement affaissé que j’aurais pu le toucher avec mes doigts. Le tonnerre grondait au loin, et la pluie, diluvienne, ne se fit pas attendre. Le vent se jouait de moi, il pénétrait chaque fibre de mon être. Un fantôme aurait à ce moment précis eu plus de consistance que le pauvre homme que j’étais, perdu dans un smoking trempé, au milieu de nulle part.
Je continuais à suivre ce petit chemin dans la forêt pour finalement déboucher sur une petite clairière. Une grande étendue d’herbe sur laquelle trônait une unique cabane.
Je montai un petit escalier en bois usé, « Plutôt vétuste » pensais-je. Cette maison avait changée depuis la dernière fois où j’y étais allé, il y’a environ trois années de cela.
La toiture, constituée de misérables planches de bois, semblait prête à s’effondrer. Les murs, aussi constitués de maigres planches de miteuses, donnaient l’impression qu’ils ne feraient pas long feu. C’est pourtant sur le pas de cette petite chaumière que j’espérais trouver le réconfort et la chaleur humaine qui me faisaient tant défaut. Je donnais un premier coup sur la porte, puis un second.
Un grand homme, aux cheveux courts et à la barbe grisonnante m’ouvrit la porte. Il portait des lunettes couleur cuivre. Je reconnaissais son long nez, et son front fuyant, son unique veste vert bouteille. J’aperçus la seule pièce de son logis ; de grandes statues africaines étaient dispersées un peu partout, sur une étage étaient éparpillées des verres crasseux et des boites d’aliments divers . Une table en bois occupait le milieu de la pièce, accompagnée de deux chaises en bois. Casé dans angle, un amas de couverture. Au fond, une théière était posée sur le poêle.
L’homme me dit d’entrer, ce que je fis sans me faire supplier, mes vêtements mouillés me faisaient frissonner de froid. Il prit la théière et versa une substance verte-jaune dans des tasses en porcelaine, tasses qu’il ne sortait que pour ses proches, et qui d’ailleurs étaient les seules tasses à thé qu’il possédait. Puis j’allumais une cigarette.
« Ned Colby ! Faut que tu sois dans un fichu pétrin pour t’souv’nir du vieux Caleb !
- Il ne faut pas m’en vouloir Caleb, avec tout le travail que j’ai eu ces derniers temps…
- Assez de baratin ! Viens en aux faits !
- Tu te souviens de l’époque ou je débutais ? demandais-je
- Ouaip, ce n’était pas brillant ! me répondit-il en riant.
- Pire, personne ne voulait de moi ! J’envisageais d’abandonner ma passion, même d’en finir une fois pour toute. Puis j’ai rencontré ce type…
Tandis que je narrais les circonstances de cette rencontre, la scène défilait dans ma tête, aussi nette que si je l’avais vécu la veille. Je venais de finir un concert dans un bar peu recommandable de la ville ; accoudé au comptoir, cet homme, qui donnait l’impression de sortir d’un bal costumé ; une cape avec un col relevé, un smoking noir par dessous. Des cheveux plaqués en arrière, des sourcils naturellement froncés, des yeux rouges. Dire que cet homme était inquiétant aurait été bien réducteur. Il m’avait invité à prendre un verre, nous étions assis dans un coin sombre, éclairé par une bougie, en tête à tête.
- « Mais oui monsieur Colby ! Chaque homme rejette en moyenne trois litres de souffle par expiration, soit environ quinze millions d’hectolitres dans une vie. Mais il ne s’agit là que d’un souffle ordinaire ! Moi, ce que je vous propose, c’est d’échanger les dix millions qui vous restent contre quatre cent milles hectolitres de souffle d’or…
- De souffle d’or? rétorquais-je, sceptique.
- Oui ! Désormais, tout ce qui jaillira de vos poumons se transformera en or, au sens figuré bien sûr! Cet instrument par exemple : vous en sortirez des sons qu’aucun mortel n’a encore pu en tirer! Grâce à moi, vous deviendrez le meilleur saxophoniste de tout les Etat-Unis ! s’enflamma-t-il.
- Très drôle ! Et….quel est votre intérêt, là dedans ?
- Disons que…Pour mon petit commerce, j’aime bien disposer de grosses réserves de souffle. D’autre part, notre pacte sous-entend qu’à l’expiration de votre dernier hectolitre vous viendrez me rejoindre, déclara-t-il.
- Tiens donc ! Et où ça ? questionnais-je en riant.
- Vous le découvrirez quand vous aurez épuisé votre réserve, c´est-à-dire dans trois ans. Marché conclu ? »
J’allumais une nouvelle cigarette.
« Et tu a accepté ?
- Cette histoire ressemblait tellement à une plaisanterie ! Le problème, c’est que… hésitais-je
- C’est que… ? me lança-t-il, impatient.
- Depuis ce jour là…Je suis devenu le meilleur saxophoniste du pays ! J’ai bien essayé de croire à un quelconque hasard, mais c’est désormais une certitude, cet homme disait vrai ! A mon premier concert, autant te dire que j’avais bataillé pour qu’on m’accepte dans la salle, j’avais brillé, tu entends ? Brillé. Les gens applaudissaient, les femmes me lançaient des regards énamourés ! C’en eut été ainsi pendant les trois ans qu’il me restait avant de rejoindre mon homme. Je volais de succès en succès, ma tête était à la une des journaux ! Mais ça n’a duré ainsi que pendant trois ans…. La première fois, c’était un matin, j’étais chez moi, je venais de me réveiller, j’étais allé me préparer un café, bien serré, histoire de me réveiller. Au départ, je n’avais pas encore remarqué sa présence. Je n’avais vu qu’il était là uniquement en me levant, pour aller reprendre du café. »
« Monsieur Colby…murmura-t-il.
- Vous ? Ici ? Comment vous êtes vous introduit chez moi ?
- Votre réserve de souffle est épuisée, je crois qu’il serait raisonnable de venir me rejoindre » dit-il d’une voix douce et ô combien effrayante.
La panique s’emparait de moi. Il était calme, sûr de lui.
« - Non, ne me sous-estimez pas monsieur Colby. »
« Pendant que nous parlions, j’en profitais pour reculer vers la porte de sortie, lentement. Je pense qu’il avait remarqué que je voulais fuir, mais il me laissa faire. Je claquais brusquement la porte du salon, enfilais mes chaussures et ma veste et pris la fuite. A chaque fois que quelqu’un m’interpellait, ou qu’un gosse me demandait une pièce, ou des bonbons, j’accélérais le pas. Au milieu de la nuit, tremblant de froid, je rentrai chez moi et fis quelques bagages. C’était décidé, je quitterais ce lieu.
Je commençais par aller à la gare. Je montai dans le train, après avoir payé mon billet avec le peu de liquide que j’avais encore. Une heure après nous démarrions. C’était l’ennui total, surtout que à la moindre parole qu’on m’adressait, je montrais les crocs. Je m’assis, enfilai mon masque, en me disant que je pourrai peut-être dormir ».
« Tiens, mais vous n’êtes pas Ned Colby ? La femme assise à côté de moi engagea la conversation. Petite, rondouillarde, blonde, assez quelconque.
- En personne, grommelais-je
-Je n’aurai jamais penser retrouver la personne la plus connue du Mississipi assise à mes côtés !
-Oh, vous savez…Actuellement, tout ce que je fais n’est que fiasco, répondis-je, lassé.
-Vous avez dû épuiser votre souffle ! » Dit-elle en riant. Puis elle répéta la même chose, plus froidement. Je tournais les yeux vers mon interlocutrice.
- « Monsieur Colby…Cessez de jouer à ce petit jeu avec moi. Un pacte est un pacte, et je crois qu’il est temps de venir me rejoindre »
Je me levais précipitamment, et il m’attrapa le bras.
-« Monsieur Colby ! dit-il, énervé. Vous ne pourrez pas m’échapper éternellement.
-Vous ne m’aurez jamais…répondis-je, paniqué.
- Si le coucou ne chante pas, je l’élimine » dit-il impatient.
Je courus vers les toilettes et je décidais de sauter du train, y laissant le peu de bagages que j’avais emporté. L’atterrissage fut rude, mais je ne me fis que quelques contusions. Je passais les deux moi suivant chez des connaissances de la région, espérant que ce sadique ne mette pas le grappin sur moi. Puis je décidai de rentrer chez moi, pensant qu’il n’aurait pas l’idée de m’y chercher.
Ma vie repris son cours pendant environ encore trois semaines ; j’enchaînais deux concerts. Dont celui d’où je suis venu te voir. Deux échecs. Je commençais à déprimer, et à devenir paranoïaque.
- Eh bah, quelle histoire mon vieux !
-Je crois bien que t’es la seule personne en qui j’ai encore confiance !
- Ah…Si t’étais resté des nôtres, tout ça s’rait pas arrivé ! Mais…oh ! Les r’grets ont jamais rien arrangé ! Allé, grimpe dans ton engin, on sort.
- Où va-t-on ? Demandais-je
-Chez la vieille Mc Riley, elle allait pas fort ces derniers temps…J’suis obligé d’aller toquer à sa porte chaque jour, histoire de voir si elle respire encore. »
Des éclairs zébraient le ciel, la nuit était couverte de nuages. Nous discutions, je le questionnais sur sa vie, je ne l’avais pas vu depuis quelques temp. Enfin, il n’avait pas grand-chose a raconter, ses trafics de basse envergure ; au niveau de sa vie sentimentale, il ne se passait pas grand-chose, hormis dans les maisons closes de la région. Nous ne faisions pas attention à la route. Il ne cessait d’accélérer. Puis il tourna le volant, d’un coup, un chevreuil ou je ne sais quel animal traversant soudainement la route. La voiture fit une embardée ;
ma vue se troublait. Puis le néant.
Combien de temps j’étais resté inconscient, je ne saurai le dire. J’avais réussi à m’extirper de la voiture, elle était retournée. Je touchais mon front ; du sang coulait de l’arcade sourcilière et continuait son chemin, sur ma joue, et mon cou.
Mon ami était resté bloqué dans la voiture. Je mis du temps à le sortir de là. Lui aussi saignait, ses lunettes étaient brisées. Il ne respirait plus. Mes stages de secourisme au lycée pouvaient enfin m’être utiles. Je pris ma respiration et collai mes lèvres contre les siennes, tentant de lui communiquer de l’air. Au bout de quelques secondes, je relevai la tête, ouvris les yeux. Il me regardait. Il me regardait en souriant.
« Vous ne comptiez quand même pas essayer de me fuir encore longtemps Monsieur Colby ? »
Version remasterisée.