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La plume des Dieux

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
08 mai 2007 à 16:31:31

J´ai participé au Duel des plumes avec comme sujet : "La plumes des Dieux". Voici mon texte, en espérant que ça vous plaise. :-)

La plume des Dieux

La porte grinça doucement lorsque le notaire pénétra dans son bureau. Avec son jean délavé et sa chemise entrouverte, l’homme était loin de la caricature du notable avec son costume tiré à quatre épingles et sa paire de lunettes rondes et crasseuses. Alain Desmond venait tout juste de reprendre le cabinet de son père et peinait à se retrouver dans les piles des dossiers empilés chaotiques et les actes entassés dans des tiroirs trop étroits.
Il soupira un instant devant ce désordre en se demandant comment son père avait bien pu tenir un demi-siècle dans ce marasme bureaucratique. Probablement un bordel organisé se dit-il en fouillant une colonne de papier en équilibre précaire sur le rebord d’une étagère. Il fut surpris de trouver du premier coup le dossier qu’il cherchait ; le testament du Baron Vendurt.
Il se laissa tomber dans le fauteuil avant d’appeler sa secrétaire.
— Elle peut entrer, fit-il simplement.
Il releva d’un geste furtif sa mèche brune et reboutonna sa chemise qui tenta de rentrer dans son pantalon. Mais il cessa de s’obstiner quand il vit que cela ne faisait que froisser davantage le tissu pourpre.
La porte grinça une seconde fois. Une femme entra à son tour dans le bureau et balaya le bureau d’un regard perplexe. La tête relevée, le corps bien droit, le tout engoncé dans un tailleur bleu marine très saillant. Pauline De Vendurt perdait presque de son charme tant l’apparence qu’elle dégageait était formelle. Il sourit à Alain, qui lui le rendit, et s’assit dans un des sièges qui faisaient face au bureau.
Alain resta un court moment à admirer sa cliente avant que son regard brillant ne lui rappelle la situation. Il chercha dans sa tête comment formuler dans un jargon le plus académique et conventionnel possible les faits.
— Monsieur Victor De Vendurt, Baron du même titre, est décédé le 16 du mois dernier des suites de la maladie d’Alzheimer en laissant derrière lui un substantiel patrimoine de …
Pauline se pencha alors en avant et arbora un sourire métallique, montrant une rangée de dents blanches parfaitement alignées. Alain en déduit immédiatement qu’elle devait être avocate, ou travailler dans un milieu politique pour avoir une stature si maniérée et une image si soignée. Il se tut et écouta la jeune femme qui parlait à un débit incroyable.
— Passons, voulez-vous, les palabres protocolaires. Victor n’avait aucune famille en dehors de moi et vivait seul dans son grand manoir. Dites-moi seulement qu’elles sont formalités pour que je puisse récupérer ses biens. Ainsi, nous serons à même de gagner du temps, car je suis très pressée, et visiblement vous avez de nombreux dossiers en souffrance.
Pauline ne jeta pas un regard aux montagnes de papier mais son ton avait été clairement explicite, emprunt de mépris. Alain ne releva pas la remarque, après tout ce capharnaüm était l’œuvre de son père ; il ne sentait donc absolument pas visé. Le ton neutre et la mine feignant à merveille la tristesse du deuil de la jeune femme lui indiqua qu’elle devait travailler dans les affaires, là il ne faut jamais laisser transparaître la moindre émotion.
Il s’enfonça dans son fauteuil et scruta l’espace d’une seconde le regard de la jeune femme. Il n’était pas notaire depuis suffisamment longtemps pour avoir un jugement d’une certitude absolue, toutefois il distinguait sans mal la soif de l’argent. Pauline De Vendurt devait être une redoutable femme d’affaires, flairant les opportunités très vite et concluant un accord encore plus rapidement. Il reconnut bien là la comédie de parents accablés, dont l’origine de leurs regards inquiets provenait uniquement de l’angoisse de savoir ce que le défunt avait bien pu laisser derrière lui. Généralement, ledit défunt léguait tout ou presque aux proches parents, déchirant selon les cas les familles. Pourtant, le testament du vieux baron ne ressemblait en rien à un testament ordinaire.
Alain esquissa un sourire gêné.
— Monsieur Vendurt était votre grand père, certes, mais vous n’êtes pas son seul petit enfant.
Avant même que Pauline ne s’époumone à construire un mensonge ou une théorie justifiant qu’elle était la seule, l’unique et digne descendante du baron, Alain extirpa du dossier une feuille de papier sentant la moisissure qu’il déplia avec une précaution presque théâtrale. Des lignes et des noms s’entrecroisaient pour former un schéma complexe.
— C’est un arbre généalogique, certifié, et si l’on s’en réfère, vous avez un demi-frère. Un certain Jules Bussotti, ce faisant vous …
— Il est mort il y a des années, trancha Pauline, complètement statufiée dans sur son siège dans une pause élégante.
Alain releva à nouveau sa mèche qui était retombée et effaça son sourire. Il savait qu’en pareille situation il valait mieux éviter de paraître sarcastique ou suffisant. Il referma symboliquement le dossier et croiser les mains pour mieux donner du relief au ton solennel qu’il emprunta.
— Je suis profondément navré mais il me faut une certitude sans faille. Votre famille se résume à vous et à cette personne, or une des dernières volontés de feu votre grand père était que le testament soit lu, pour des raisons que j’ignore, en présence de tous ses descendants. Je ne mets pas votre parole en doute, seulement il me faut des éléments concrets : soit vous me fournissez un certificat de décès, soit votre demi-frère doit être présent.
Pauline se releva tel un automate.
— Bien en ce cas.
Elle s’engagea vers la sortie et ouvrit la porte mais au moment de franchir le seuil, Alain la rappela.
— Je pense qu’il est inutile de vous préciser que si la date du décès de monsieur Jules Bussotti est ultérieure à notre rencontre, je me verrais dans l’obligation d’en toucher un mot à la police et de vous écarter de l’héritage.
La tête de la femme bougea de manière imperceptible et son poing se referma lentement.
— Inutile en effet.
Puis elle sortit et laissa Alain seul dans son bureau et son désordre, inquiet pour son client.

La brise soufflait doucement, faisant chanter les pins et les dunes. Dans sa voiture, Pauline De Vendurt regardait au loin une grande maison légèrement en surplomb face à la mer. Construite dans un style arcachonnais, la demeure aurait pu paraître splendide si les ronces et le lierre ne l’avaient pas en partie recouverte.
C’était la maison de Jules Bussotti.
Elle avait prétendu qu’il était mort, car la situation de son parent s’y rapprochait énormément. Après avoir lui-même hérité de la fortune de son père banquier, il s’était inexplicablement terré dans la maison familiale, n’en sortant qu’en de rares occasions, ne parlant à personne. Pauline se souvenait bien des étés de son enfance qu’elle avait passé dans cette grande maison, du sable dans ses cheveux et de l’embrun vivifiant. Des souvenirs grotesques à son goût, qu’elle chassa bien vite de son esprit.
Une seule chose occupait ce dernier, la fusion avec un grand groupe allemand. Il ne lui manquait que l’argent nécessaire pour l’introduction en bourse, et l’obstacle à cet argent se trouvait dans cette grande maison.
Elle sortit de la voiture et s’avança en prenant soin que le sable ne s’immisce dans ses chaussures. Une lourde clôture faite de traverse de chemin de fer entourait la propriété, éventrée par endroits. Avec un ciel gris et la mer agitée, le lieu était sinistre. Une bourrasque fit tordre les pins malades, rongés par le sel, et renversa quelque chose à terre.
Pauline ne l’avait pas remarqué mais un paquet trônait près de la boîte aux lettres. Elle soupira en constatant que celle-ci n’était pas bourrée de lettres et de publicité. Preuve que quelqu’un prenait le courrier. Preuve que ce maudit demi-frère était bel et bien en vie.
Elle ramassa le paquet, qui s’avérait plus lourd que prévu et traversa l’allée vers la maison. Le bois des murs était usé et fendu de toute part. Elle songea un instant comment transformer cette vieille baraque en hôtel avant de frapper à la porte.
Silence.
Pauline se montra plus insistante et frappa violemment avec son poing sur la porte, arrachant les derniers éclats de peinture.
En dépit du sifflement du vent, elle perçut un bruit de l’intérieur ; un frottement, comme celui que font les pantoufles en raclant un parquet usé. La serrure vibra et la porte s’entrouvrit pour ne laisser voir qu’un morceau de tête et un œil fatigué.
— Bonjour, déclara Pauline d’une voix aussi chaleureuse qu’hypocrite. Je …
La tête disparut soudainement et la porte claqua sèchement. Misérable misanthrope ! se dit-elle. Mais elle n’avait pas dit on dernier mot.
Elle approcha de la porte et dit avec véhémence.
— J’ai ton paquet ; ouvre si tu le veux.
Elle avait pris ce ton mielleux que prennent les gens pour parler à un enfant ou attirer un chat pour le caresser. Même si Pauline ignorait ce qu’il y avait dedans, elle se doutait bien que cela devait être relativement précieux pour quelqu’un qui ne sort jamais. Peut-être s’agissait-il de sa nourriture pour la semaine ?
Elle patienta un instant en imaginant avec un plaisir sadique son demi-frère derrière la porte en train de macérer dans l’hésitation.
— Si tu ne m’ouvres pas, je partirais avec le paquet.
L’effet fut immédiat et la porte s’ouvrit cette fois-ci entièrement. Un homme en robe de chambre se précipita à l’extérieur, se jetant sur Pauline afin de lui arracher le paquet. Elle recula et laissa Jules s’écraser mollement sur les marches du perron. Son demi-frère gisait à présent à pied, maigre, vieux.
— Bonjour Jules, nous avons à parler.
Puis, elle l’enjamba et entra dans la maison. L’intérieur était sombre, sentant le tabac froid et l’antimite. Pauline n’y voyait rien et trébucha dans la pénombre. Elle se souvenait de l’aménagement et se dirigea vers ce qui était autrefois le salon. A tâtons, elle chercha la fenêtre, et ouvrit les volets, inondant la grande pièce d’une lumière sourde.
— Qu’est-ce que c’est que ce merdier ? fit-elle presque avec dégoût.
La pièce était remplie de livres. Des centaines, peut-être même des milliers de livres s’entassaient, formant des constructions improbables et des colonnes s’élevant jusqu’au plafond. Plus étonnant encore, c’était le même exemplaire du même livre. Elle en saisit un pour lire sur la couverture : « La plume des Dieux ».
Pauline connaissait très bien ce grand best-seller vendu à des dizaines de millions d’exemplaires à travers le monde. Elle avait d’ailleurs lu ce roman durant les vacances. Un livre captivant, mais rien qui puisse justifier d’en acheter une telle quantité.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
08 mai 2007 à 16:32:44

Jules entra dans le salon, la mine vitreuse. Visiblement, il avait reconnu sa demi-sœur car il ne lui demanda pas qu’il elle était.
— Laisse-moi tranquille, lança-t-il férocement d’une voix rauque et tremblotante. Je suis occupé. Je ne veux pas que tu me déranges.
Il la regardait droit dans les yeux, la défiant. Pauline détailla Jules en voyant qu’il n’était plus l’ombre de lui-même. Avec ses cheveux graisseux, ses vêtements souillés et sa peau livide, il était une caricature de l’ermite reclus chez lui. Mais il s’approchait plus du dément en cet instant que de l’ermite.
— Qu’est-ce que tu veux Pauline ? s’enquit-il lorsqu’il vit qu’elle n’était résolument pas encline à partir.
— Je m’inquiète pour toi, mentit-elle. Je …
Jules ne l’écouta pas et sortit de la pièce. Pauline le suivit dans la cuisine, où il ouvrit le paquet avec des gestes frénétiques. Des milliers de livres occupaient là encore la majeure partie de la pièce, cachant même la tapisserie et condamnant les fenêtres. Il s’humecta les lèvres et extrait religieusement le contenu de la boîte en carton : des livres. Toujours ce même roman ; « La plume des Dieux ». Pauline vit que dans la cuisine, s’étaient des livres d’une édition espagnole. Elle alla dans le couloir et s’aperçut que c’était la version allemande, l’Italienne dans le vestibule. En déambulant dans la maison, elle trouva un nombre incalculable de livres, trouvant presque toutes les versions : russes, anglaises, finnoises, arabes ou même latines.
Il y eut un bruit de casseroles et de vaisselle, et elle entendit Jules grogner. Elle retourna à la cuisine et y trouver son demi-frère près de l’évier en train de lire les livres qu’il avait reçus. Elle étouffa un hoquet de surprise en voyant qu’il tenait entre ses mains une traduction asiatique, japonaise peut-être.
— Tu sais lire le chinois ?
— Le mandarin, répondit-il en tournant les pages avec un sourire pervers. J’ai eu un peu de mal à apprendre la langue sans professeur mais j’ai finalement réussi, comme avec le russe. Ma préférence va pour le klingon toutefois, qu’est-ce que j’ai ri en lisant.
Pauline fut prise d’un léger vertige et chercha un endroit où s’appuyer. Mais elle dut se ressaisir puisqu’il n’y avait que des livres et avait peur de faire tomber les piles précaires et de mourir écrasée sous des tonnes des papiers. Elle marcha un peu pour digérer ce qu’elle venait d’apprendre : son demi-frère avait apparemment acheté des milliers, non, des millions de livres, le même roman, dans toutes les langues pour les lire.
Comment pouvait-on avoir un tel engouement pour un livre ? se demanda-t-elle. Impossible. Quand bien même un livre serait passionnant, on n’en achète pas autant d’exemplaires et on n’apprend pas plusieurs langues pour lire différentes versions.
Parfait se dit-elle.
Si son demi-frère frôlait la démence, elle n’aurait aucun mal à se constituer comme tuteur et récupérer l’héritage du grand père. Mais ça ne marcherait pas : Jules vivait depuis tellement de tant seul et de façon autonome qu’il serait difficile de justifier le fait qu’il ait besoin d’aide. Tout le monde à le droit de lire, et il ne représentait un danger pour personne.
Pauline fit un rapide calcul. Elle ne connaissait pas avec exactitude le montant de la fortune du baron, mais rien qu’avec la moitié elle pourrait financer sa fusion selon toute vraisemblance. Elle soupçonnait même l’existence de comptes secrets ou de biens mobiliers que le grand père s’était bien tenu de révéler.
Elle retourna dans la cuisine. Jules lisait toujours son livre, si vite que ses yeux semblaient se convulser.
— Ecoute-moi Jules.
Il tournait les pages, lisant encore et encore, complètement enfermé dans ce monde imaginaire.
Pauline lui arracha le livre des mains et lui donna une claque. Il hurla et porta une main à sa joue. Comme un drogué à qui on vient de supprimer sa dose, la douleur de la privation semblait être violente.
— Victor est mort, lança-t-elle froidement. Grand père est mort, tu m’entends.
Jules se releva et tira un autre exemplaire du carton pour le lire. Pauline le claqua une seconde fois et le força à demeurer attentif.
— Pourquoi tu lis tous ces livres ? demanda-t-elle avec acharnement. Tu es fou !
— Je cherche la formule.
Jules tenta de se libérer de l’emprise de sa demi-sœur mais cette dernière lui tenait fermement le bras. Elle tenta de se souvenir de l’histoire du livre, sans trouver une quelconque allusion à une formule.
— Quelle formule ?
— De l’immortalité.
Pauline éructa de rage et emmena Jules à l’extérieur de la maison.
Le vent et le sable semblaient brûler ses sens tant l’homme trépignait. Ensemble, ils dévalèrent la dune et Pauline jeta Jules dans les vagues, comme un vieux sac, pour le réveiller. Il hurlait tant l’eau était froide et se releva pour s’effondrer quelques mètres plus loin, au sec.
Pauline s’approcha de lui et le toisa. Il est vraiment fou, pensa-t-elle. Sa mère avait été schizophrène, son père avait été emporté par Parkinson, ses oncles, ses cousins, toute sa famille avait essuyé des cas de troubles mentaux, mortels dans la plupart des cas. En voyant Jules à terre en train de trembler de froid, elle se demandait comment elle avait fait pour échapper à cette malédiction.
— Laisse-moi tranquille, vociféra Jules, laisse-moi vivre !
A présent qu’il semblait avoir retrouvé un semblant de lucidité, Pauline s’agenouilla près de lui et prit un ton plus compatissant.
— Explique-moi, fit-elle, je ne comprends pas.
Il se recroquevilla sur lui-même et fixa l’horizon.
— J’étais médecin, dit-il en claquant des dents, j’ai eu un Nicolas Deltavio comme patient, l’écrivain, celui qui a écrit « La plume des Dieux ». Il est mort des suites des blessures à un accident de voiture.
Il se tut un instant pour reprendre son souffle avant de poursuivre.
— Il m’a confié sur son lit de mort avoir découvert le secret de l’immortalité, il a dit qu’il l’avait caché dans son livre.
— Et c’est pour ça que tu achètes toutes les versions ? fit Pauline incrédule. Tu dilapides l’argent que ton père t’a laissé pour du papier !
Elle qui était une femme d’affaires cherchant le profit et fuyant le gaspis, les agissements de son demi-frère lui paraissaient comme un incroyable gâchis.
— Oui, je cherche l’exemplaire où il a caché la formule, le secret.
— Si Nicolas Deltavio avait réellement découvert le secret de l’immortalité, il ne serait pas mort. Réfléchis !
— L’immortalité n’induit pas l’invulnérabilité.
Il grelotta à nouveau et se tourna vers Pauline.
— Et toi ? Pourquoi tu es ici ? Je suppose que tu dois vouloir quelque chose de précis sinon tu te serais contenté de m’appeler … bien que je doute que tu eusses appelé.
Pauline chercha dans sa tête par quel subterfuge elle pourrait obtenir la totalité de l’héritage. Elle préféra cependant jouer cartes sur table plutôt que de s’enfoncer dans le mensonge.
— Nous ne pourrons percevoir l’héritage que si nous sommes réunis devant le notaire.
Jules se releva brusquement et commença à rejoindre la maison.
— Débrouille-toi, lança-t-il.
Pauline le rattrapa. Elle le fit pivoter par l’épaule et prit une mine endurcie, presque effrayante.
— Figure toi que j’ai d’autres objectifs dans la vie que de passer mon temps à lire des bouquins. J’ai besoin de cet argent.
Jules sourit sournoisement.
Pauline comprit. Le silence tomba brutalement que seuls les vents et les vagues venaient troubler.
— Qu’est-ce que tu veux ?
— De l’aide, rétorqua-t-il sur un ton triomphant. Il se trouve que je ne vivrai pas assez longtemps pour trouver cette formule et j’ai besoin qu’on m’aide pour que j’aille plus vite.
Un rictus de rage déchira le visage de Pauline. Ses rêves se trouvaient anéantis par un homme qu’elle n’avait plus revu depuis presque trente ans. Elle explosa.
— Sombre abruti ! Il n’existe pas de secret ni de formule. Nicolas Deltavio EST immortel ! Tu sais pourquoi ? Parce qu’il a vendu des millions de livres, des dizaines de millions, à travers le monde ; son nom et son œuvre demeureront à jamais dans la culture et l’histoire. Réfléchis, un peu voyons ! S’il t’a dit cette ineptie, c’est parce qu’il savait que son nom vivrait pour toujours. Tu n’as rien trouvé et ne trouveras rien dans les livres, tout ça n’est que du pur délire.
Jules ne voulait pas écouter. Il voulait partir, rentrer chez lui et lire ses livres.
— Ton histoire d’immortalité est une plaisanterie alors que mon métier est bien réel. Pense à mes investisseurs, pense à tous mes employés qui se retrouveront à la porte si je n’ai pas cet argent pour financer mes projets.
Jules se dégagea de Pauline et entreprit à nouveau de retourner dans la maison. Il gravit la moitié de la dune avant que Pauline ne lui lance :
— Ton père est mort, fais ton deuil, comme je l’ai fais. « La plume des Dieux » est un bel univers, mais ce n’est pas la réalité.
Jules se laissa tomber sur le sol et sanglota comme un enfant. Seul sur la plage, il hurlait de tristesse avec pour seule compagnie une sœur avide et un vent glacial.
Pauline le regarda sans éprouver la moindre émotion. Toutefois, la terreur prit le pas sur le mépris et son visage se tordit en une étrange grimace lorsque Jules se jeta sur elle.

Alain était satisfait. Il lui avait fallu des jours et plusieurs litres d’huiles de coude pour ranger, classer et ordonner tous les dossiers.
Mais aujourd’hui, un dossier n’était pas rangé. Celui du Baron Vendurt. Une sale histoire. Il s’assit dans son fauteuil. Pas celui de son père en cuir capitonné, non, un siège design et ergonomique à l’intérieur duquel il s’enfonça avec un plaisir indicible.
Son téléphone sonna. Sa secrétaire l’avertit que son client était là et il répondit qu’il pouvait entrer.
Alain resserra les boutons de son costume et ajusta le nœud de sa cravate. Un homme grand et robuste entra dans le bureau. La mine joviale et la tête ronde correspondaient parfaitement à son activité ; psychiatre. La franchise transpirait de son sourire lumineux. Alain appréciait ce genre de visage puisqu’ils lui rappelaient celui de son fils.
Les deux hommes se serrèrent la main en échangeant des formules de politesse avant de s’assoire.
— Docteur Eimstein, je suis ravi que vous ayez pu vous libérer. Je sais que votre temps est précieux donc je vais faire vite.
Il ouvrit le dossier et consulta discrètement le testament.
— L’unique descendante du Baron Vendurt est décédée il y a peu …
— Comment ce drame s’est-il produit ? demanda le psychiatre sur un ton inquiet.
— Elle a péri dans l’incendie de la demeure familiale sur la côte atlantique. Un accident tragique si l’en est. La présence requise de la famille pour la lecture étant impossible au vu de ce décès et du fait que le demi-frère Jules Bussotti demeure introuvable, je me suis permis comme les clauses de l’accord le stipulaient de lire le testament.
Il tendit une feuille légèrement froissée à Eimstein.
— Quand bien même Bussotti serait en vie, il n’est pas bénéficiaire du testament. C’est votre clinique, l’Institut de recherche contre les pathologies des troubles mentaux, à qui revient la totalité des biens du Baron Vendurt. Dans la mesure où l’essentielle de sa famille a connu de près ou de loin le drame et l’handicap engendré par des maladies mentales, il a jugé bon d’en faire don à votre institut afin de les combattre.
Le sourire d’Eimstein s’élargit davantage. Alain sourit à son tour, certain que l’argent serait en de bonnes mains. Quand le psychiatre quitta le cabinet, il décida de rentrer puisqu’il n’avait plus de clients pour le reste de la journée.
Une fois chez lui, il embrassa sa femme et son fils pour ensuite s’isoler sur la terrasse de sa maison. IL but un jus d’orange et commença la lecture d’un livre qui s’annonçait fascinant : « La plume des Dieux ».

maeva06340
maeva06340
Niveau 3
08 mai 2007 à 22:38:53

j´avoue que ça m´a plus, je ne suis pas une spécialiste en grammaire ou en orthographe donc je ne ferai aucun commenctaire là-dessus. d´ailleur je ne pense pas qu´il y en ai. cela dit, c´était un beau texte. sa faisait un peu long à lire mai je me suis forcé et franchement je ne suis pas déçu. c´était bien !! !

shyzo
shyzo
Niveau 10
02 juin 2007 à 23:05:48

Texte intéressant, quelques erreurs de syntaxe de ci de là qui gènent partiellement la lecture. Le principal défaut est sans doute lié à l´asbence total de chute. On voit aussi assez mal pourquoi tant de détails sur le notaire. Le texte n´est pas surprenant ni inhabituel, ce qui lui enlève de l´intérêt, malgré qu´il soit bien écrit.

Ozmasquall
Ozmasquall
Niveau 10
03 juin 2007 à 12:59:29

On a presque l´impression que tout ce fatras de détails psychologiques rend l´ensemble intéressant, ce n´est pas le cas en fait. Machin semble discerner dans le regard de l´autre quelque chose, machine fait mine de masquer ses émotions, bref v´la la sauce.
Le genre de texte que j´aime quand c´est bien fait. Le style est convenable mais pas très lyrique à certains moments.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
08 février 2008 à 15:14:47

up

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
08 février 2008 à 21:55:13

et c'est encore bibi qui gagne :hum:

charly_owl
charly_owl
Niveau 7
16 février 2008 à 17:48:35

Texte intéressant. Mais bon, le terme "intéressant" est plutôt pauvre comme critique, donc je me permets de développer un brin.

L'histoire est évidemment bien rédigée, orthographe juste, tournures de phrases et jeux de mots (d'où "les huiles de coudes" fut assez imagé :) ). M'enfin ton style me plaît.

Cependant, ce que j'ai moins aimé, malgré le style très appréciable de ton écriture (c'est en fin ton point fort d'après moi), la scénaristique laisse un peu à désirer. J'explique.

On assiste au début de l'histoire, avec Alain peinard et débordé, on est jeté dans l'histoire. Ensuite vient l'infâme Pauline (son nom me rappelle une professeur qui m'a tapé sur les doigts, donc son nom m'a déjà fait friser les oreilles) qui vient tourmenter Jules. Jusque là, d'accord la lecture est bonne. Là où ça coince: la fin de la conversation entre Jules et Pauline (où Jules se jette sur sa tendre demie-soeur bien-haïe). Le problème selon moi est qu'on peut se douter qu'il soit devenu fou par toutes ces lectures à la quête de l'immortalité, mais honnêtement la fin reste un peu trop ouverte à mon goût. C'est comme manger un soufflé aux pommes: une fois l'essentiel mangé, il ne reste qu'un peu d'air chaud. L'essentiel m'a semblé très psychologique, soit en fait la recherche de l'immortalité, mais le thème ne semble pas assez développé à mon goût. Il aurait fallu quelque chose de plus long, de plus profond, histoire de mieux saisir l'essence des personnages qui me semblent bien dessinés mais qui manquent quelque peu de couleur, de par le manque d'attachement que le lecteur (moi, en l'occurence, mais m'enfin, ce n'est que l'opinion d'un jeune chieur comme moi qui ne compte pas vraiment) peut avoir envers tes personnages.

J'ai préféré Alain à Jules et Pauline. C'est là que ça coince. J'aurais préféré que tu nous laisse plus nous attacher aux autres personnages.

Sinon, le volet psychologique est évidemment une de tes forces, cela va de soi. En gros, j'ai beaucoup apprécié.

Je pourrais te lancer un "en lâche pas!" mais ça ne ferait pas vraiment sérieux venant de ma part, n'est-ce pas? :banzai:

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
16 février 2008 à 18:05:26

Je suis énimément ravi de voir que malgré ma faible production et mon éxécrable réputation on me lise encore. Docn merci d'avoir lu et commenté.

Pour le récit, je suis entièrement d'accord, c'est court. En fait, il s'agissait du duel des plumes où il fallait écrie des textes court avec poru sujet "la plume des dieux", do'ù, la "courtesse" du texte.
Pour Alian, figure toi que les amis qui ont lu ce texte ont également rouvé dommage que je n'exploite pas plus le personnage, mais en meêm temps c'est dure vu la longueur.

Cela dit, il est prévu que j'en fasse une fiction et qu'une intrigue plus longue s'organise autur des perosnnages à peine ébauché ici.

Donc merci encore. :)

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