à vous! Hier soir j´ai posté un court récit sur ce forum (son nom est "peur...") et j´ai donc pris la résolution de continuer à écrire étant donné les critiques plutôt favorables.
Je tient d´ailleurs à reremercier les forumers qui m´ont aimablement répondus.
Mais avant de m´y mêtre sérieusement, j´avais envie de vous poser quelques questions à propos du style d´écriture des auteurs.
Avant de m´interesser à ce forum je n´avais qu´une idée vague de ce qu´était le style d´écrire. Est ce que vous pouvez en gros m´expliquer à quoi cela correspond?
Ensuite je voudrais savoir si chacun a son propre style qu´on ne peut pas changer car il est inné ou bien si on peut modifier son style.
Est-ce qu´on doit adapter son style en fonction de ce qu´on écrit? Par exemple un thriller pourrait t´il s´écrire comme un roman de fantasy? Ou bien faut t´il changer de style?
Enfin est t-il necessaire d´avoir un style constant tout le long d´un même texte? Parce que moi en ce moment j´ai pas de style vraiment défini, je suis plutôt en phase d´essais. Et donc je voulais savoir s´il fallait que je me définisse un style. Et si oui comment faire?
Voila.
Je vous remerci d´avance pour vos futures réponses. ![]()
"Est ce que vous pouvez en gros m´expliquer à quoi cela correspond? "
==>Erf, comment définir ça...je définirai en fin de post, plutôt, comme une conclusion.
"Ensuite je voudrais savoir si chacun a son propre style qu´on ne peut pas changer car il est inné ou bien si on peut modifier son style. "
==>Réfléchis un peu.
Enfin y´a sûrement des cas où le style n´évolue pas, mais dans la majorité des cas, bien sûr qu´il change.
Il change notamment en fonction de ta propre maturation mentale : t´as 14 ans, t´es donc plus ou moins en plein dans la période d´évolution la plus rapide, du moins celle qui fut la plus rapide pour moi.
Ton style va très sûrement évoluer au fil du temps, selon tes humeurs et tes lectures, car ça compte quand même pour se forger un style.
"Est-ce qu´on doit adapter son style en fonction de ce qu´on écrit?"
==>J´pense pas pouvoir sortir de réponse absolue. Disons qu´il y a des styles qui paraissent invraisemblables pour certains cas : tu peux pas écrire une histoire d´horreur comme un conte pour enfants, à moins de vouloir faire ironique. Par contre, faire un style peu habituel dans un genre, si c´est bien maîtrisé, peut être perçu comme de l´originalité. Enfin faut bien maîtriser son style quand même je pense pour faire ça^^
"Enfin est t-il necessaire d´avoir un style constant tout le long d´un même texte?"
==>Bah...non. Enfin tout dépend de la définition de "style", mais tu décriras pas une scène de massacre comme une messe mortuaire. Cependant, il vaut mieux que le texte garde une cohérence dans la narration, c´est ce que, faute de mieux, on appelle la "patte" d´un auteur.
"Et donc je voulais savoir s´il fallait que je me définisse un style. Et si oui comment faire? "
==>Le cherche pas, il te viendra au fur et à mesure, va.
Pour l´instant, comme ça t´a visiblement réussi, j´te conseille de faire ça plus au feeling qu´autre chose. L´analyse viendra plus tard je pense, avec un peu d´expérience.
Tu devrais finir par te trouver un style, une manière d´écrire qui se rapproche de ce que tu veux vraiment faire.
Euh voilà, j´ai pas vraiment de définition par contre, contrairement à c´que j´dis au début d´ce post^^
Répondons aussi:
Un style peut avoir plusieur signification. EN premier, c´est avant tout la patte d´un écrivain, ce qui fait qu´on le reconnait quoi.
Comparons rapidement deux écrivains complétement différent au niveau du style pour les comparer:
D´un coté, Stephen King:
"La civilisation sombra pour la seconde fois dans l´âge des ténèbres non seulement en s´accompagnant d´un bain de sang, comme on pouvait s´y attendre, mais à une vitesse que même les plus pessimistes des futurologues n´avaient pu prévoir. À croire qu´elle avait guetté le signal de départ. Le 1er octobre, Dieu trônait au Paradis, la Bourse de New York frôlait les 10 140 points, les avions décollaient et atterissaient à l´heure (sauf à Chicago, comme d´habitude). Deux semaines plus tard, le ciel appartenait à nouveau aux oiseaux et la Bourse était réduite à un souvenir. Pour Halloween, toutes les grandes villes de la planète, de New York à Moscou, n´étaient plus que des masses puantes sous un ciel vide, et le monde tel qu´il avait été n´existait plus que dans les mémoires."
Et de l´autre, Bernard Werber:
"Vous verrez, ce n´est pas du tout ce à quoi vous vous attendez.
Le notaire expliqua que l´immeuble était classé monument historique et que des vieux sages de la Renaissance l´avaient habité, il ne se rappelait plus qui.
Ils prirent l´escalier, débouchèrent sur un couloir sombre où le notaire tâtonna longuement, actionna en vain un bouton avant de lâcher:
-Ah zut! Ça ne marche pas."
je sais pas si tu t´en rend compte, mais l´écriture, la musique et l´ambiance qui dégage des deux textes est radicalement différente. C´est ça, un style. C´est quand on peut reconnaître l´auteur sans connaître son nom en début de livre.
Le style, c´est donc l´ensemble des paramétres de l´ecriture (vocabulaire, forme des phrases, typographies, ponctuation, ect...) qui te donne une sorte d´identité. Mais ça va plus loin. Car quand on s´y connait un peu (tu n´en est pas vraiment à ce stade) on peut faire varier le style ,le rendre plus glauque, plus grincant, plus troublant, plus calme, plus plat, plus détaché, bref, c´est comme varier les couleurs dans un tableau: Ca ne se voit pas pour le prophane, mais ça change presque tout le texte, sauf l´histoire. On a donc quand même une marge
Maintenant, les questions:
"Enfin est t-il necessaire d´avoir un style constant tout le long d´un même texte?"
Oui et non. Là encore, c´est comme un film ou un tableau. TU peux changer brusquement la maniére de filmer, passer de longs plans larges à plein de zoom toutes les trois secondes, ça peut trés bien rendre, un trés bon contraste, comme ça peut faire bordel total et ça nuit à la cohérence du texte. L´idéal est que le changement de patte soit justifié par le scénario, mais encore nue fois, t´en est pas encore là.
Pour le reste Az´, à déja répondu.
Voila, et de rien ^^
Azerty
"tu peux pas écrire une histoire d´horreur comme un conte pour enfants" Ton idée est géniale !! Si je tombe en panne d´inspiration, faut absolument que je le fasse !
J´aime bien le principe de te passer des extraits de textes pour que tu puisses t´imprégner de différents style. Je varie la donne en te filant des extraits de textes que tu peux trouver sur le forum :
xbq "Angel Don´t Kill :
Examinons-la plus consciencieusement. Au premier jour, fiat lux. Le motif ? Permettre à l’absence de public d’admirer sa provisoire absence de travail. Trouvant le tout trop uniforme pour être artistique, il distingue ensuite l’éther des étendues liquides, donnant une dimension nouvelle à son ouvrage. Après une nouvelle nuit, il s’occupe de la terre palpable, de la végétation, et ainsi de suite jusqu’à ce que les astres, la vie marine, la vie moins marine, apparaissent à la surface de son terrain de jeu cosmique. Il consacre l’avant-dernier nycthémère à l’homme, son chef-d’œuvre, qu’il confectionne à son image. Ensuite de quoi il se repose, satisfait de son travail.
Ptit-hobbit "Croisements"
Lorsqu’ils furent dans la cabine réservée aux handicapés, elle lui sauta littéralement dessus et plongea sa langue dans sa bouche. Il posa ses mains sur les hanches de la jeune femme et répondit avec fougue à son baiser. Elle s’écarta au bout de plusieurs longues secondes, et se pencha pour retirer sa culotte de sous sa jupe.
-On dirait un film porno, lâcha Matthieu en détachant la ceinture de son jean.
-Quoi ? fit-elle en se redressant.
-On se connaît pas, on a échangé trois mots et on est sur le point de baiser dans les chiottes d’une aire d’autoroute. On se croirait dans un porno.
Elle se plaqua contre lui et lui lécha les lèvres du bout de la langue.
-Ca te gêne ? susurra-t-elle.
-Et toi ?
Elle glissa une main dans le caleçon du jeune homme, et, approchant sa bouche de son oreille, murmura :
-Tu veux peut-être connaître mon prénom ?
Il plaqua ses lèvres contre les siennes, et posa ses mains sur ses fesses.
-Non, chuchota-t-il, c’est pas nécessaire.
Il la plaqua contre le mur, et elle resserra ses longues jambes autour de son corps. Il tira sur les boutons de son jean, le faisant tomber sur ses genoux. Puis il se remit à caresser les fesses de la jeune femme en l’embrassant.
-Dépêche-toi quand même, haleta-t-elle. J’ai pas beaucoup de temps.
-Je vais faire de mon mieux, rétorqua-t-il.
Sitôt dit, sitôt fait. Il ressentit une vague de plaisir le submerger au moment où il s’immisça en elle, et elle poussa un petit gémissement. Il posa la main droite sur son sein gauche, et continua son va-et-vient, la faisant gémir et haleter de plus en plus.
-Oui… vas-y… plus vite, plus vite…
Il trouva assez déplacé qu’elle lui demande de se dépêcher mais n’en montra rien, et l’embrassa à nouveau, puis enfonça son visage dans le creux de son cou, qu’il embrassa aussi.
-Eh… chuchota la jeune femme, haletant de plus belle. Arrête ça… Si tu veux m’embrasser… Oh ! Si tu veux m’embrasser embrasse moi, mais… mmmh…. Mais me laisse pas de suçon… oh !
Il obtempéra donc et l’embrassa à pleine bouche. Baiser auquel elle répondit avec passion, faisant tourner sa langue contre la sienne.
Puis ils jouirent, Matthieu d’abord, l’institutrice presque immédiatement après. Elle plaqua une nouvelle fois sa bouche contre la sienne pour ne pas crier, et poussa un long gémissement de plaisir étouffé.
KaiM "La cathédrale de Kridath"
Au même instant, Vladek se baissa pour échapper à la menace du garde derrière lui, se tourna vivement, sortit ses griffes et les lui planta au-dessous du menton. Les yeux de l´homme se fermèrent. Pendant qu´il tombait, Vladek dégaina son épée et se prépara à combattre. Un soldat fonça sur lui, frappant de sa hallebarde. Sa lame se coinça dans les griffes de métal tandis que l´épée du capitaine s´enfonçait dans son ventre, transperçant la légère cotte de mailles. Le garde poussa un hoquet de surprise, puis un hurlement. Sans même lui accorder un regard, Vladek dégagea son arme et poursuivit le combat
Alexandre, sans même tirer son glaive du fourreau, laissa tomber sa sacoche à terre et s´élança contre les deux soldats qui lui faisaient face. Il décocha une manchette à la gorge du premier et cueillit le second d´un coup de coude au visage avant de leur placer à chacun un féroce coup de poing à l´entrejambe. Le chef des gardes bondit sur lui, l´épée haute.
Du coin de l´oeil, le Prince aperçut Jakarn qui occupait les archers, luttant seul contre quatre. Puis il reporta son attention sur son attaquant qui arrivait. Alexandre le laissa venir puis, au dernier moment, esquissa un pas de côté. Pendant que le soldat abattait son arme sur le sol, le Prince le frappa à la gorge et en même temps lui prit son épée. L´homme chancela, puis retrouva son équilibre et fendit l´air de sa hache. Alexandre para un premier coup avec l´épée, s´accroupit pour esquiver un second, avant d´abattre sa lame sur la cheville de son adversaire. Le pied fut tranché net et le soldat s´effondra dans un hurlement. Le sang coulait à flots, il serait bientôt mort. Le Prince se détourna, abandonna l´épée trop lourde pour lui, et dégaina son glaive.
Voici trois extraits de trois excellents textes de trois excellents auteurs du forum. La différence de style est assez frappante il me semble. Pour répondre plus précisément à tes questions :
Il me semble que ton style ne va cesser d´évoluer, suite à tes lectures principalement, mais aussi suite à ton expérience. D´autres part, à chaque texte son style, et à chaque moment du texte son style également. Le tout doit rester cohérent mais une scène de combat ne devra pas être décrite comme une scène descriptive, et une scène descriptive d´une nouvelle horrifique sera différente de celle d´une comédie.
Bref, écrit et tu t´amélioreras.
PS : J´espère que les auteurs cités ne seront pas vexé que je me serve de leurs textes pour illustrer l´excellence d´un style maîtrisé ![]()
Le style ...
En substance, la façon dont on écrit une histoire. Avoir un bon style, ce n´est pas utiliser des mots de sept syllabes dans des phrases de 150 mots. Ce n´est pas saupoudrer sa prose de comparaisons comme une épandeuse saupoudre du sable sur les trottoirs en hiver. Ce n´est surtout pas écrire de façon à cacher ce que l´on veut dire derrière des périphrases et des allusions tordues.
Il y a plusieurs sortes de bons styles, mais ils ont tous en commun au moins une chose : un bon style est clair, fluide de surcroît. Le lecteur, du moment qu´il se montre attentif, doit pouvoir comprendre ce que l´auteur a voulu dire. Le bon style à prendre dépend partiellement du genre d´histoire que l´on raconte. Ainsi, quand on écrit une histoire de science-fiction qui se concentre sur le fourmillement des idées, on va naturellement tendre vers un style simple, discret. Par contre, si on s’attaque à un texte de fantastique tout en nuances et en sentiments, le style devrait être plus riche, plus sensuel, et prendre beaucoup de place.
Attention : un style simple et discret ne veut pas dire la même chose qu´un style terne et moche. Le style, c´est comme la bande sonore d´un film : c´est quelque chose de musical. Même un style simple doit avoir une mélodie, toute épurée soit-elle.
PS : Si tu veux quelques conseils, je te propose de jeter un coup d´oeil à ce topic. Un détail cependant, il est gros, riche mais n´est pas nécessairement la réponse ultime à tout.
Oups! Désolé pour le retard j´avais un peu oublié ce topic.
Bon bah merci pour toutes ces réponses qui me contentent totalement.
Merci.
Et Ostramus, super ton guide, ou plutôt ta compil de guides si j´ai bien compris? En tout cas Bravo. Je l´ai lu et ça m´a bien éclairé sur plusieurs points.
Je vais maintenant pouvoir me lancer dans l´écriture d´une nouvelle médiéval fantastique. J´ai déja un début d´idée de scénario et vous en aurez bien sur l´exclusivité. ^^ lol