A l´occasion d´un concours auquel nous a inscrits ma prof de français, notre classe parmi beaucoup d´inscrits ont participé au concours image-imaginaire.
En gros, il faut choisir une image parmi plein d´images et en faire une "autobiographie de l´image". raconter l´histoire de cette photo, les circonstances, ce qui s´est passé quand la photo a été prise, une description... bref plusieurs choses possibles.
Tout d´abord voici l´image que j´ai choisie
http://www.imageimaginaire.com/imageimaginaire/images/13102/13102xp.jpg
Puis mon TEXTE, je tiens à dire que parmi les milliers de participations j´ai déjà passé une étape, je suis parmi la centaine de nominés et je peux espérer gagner, peut être
Je suis la brume. Je suis froide et grise, dans les coins obscurs je m´immisce et je transforme la luxuriance en paysage désolé. J´arrive brutalement, plongeant subitement de ma plate-forme céleste, atterrissant telle une inquisitrice sur le sol, au beau milieu d´une plaine, d´une forêt, d´une montagne. Mystérieuse et fantomatique, je fais perdre leur orientation aux hommes paniqués, et je trompe les voyageurs égarés. A l´aube de cette matinée où je me suis emparé de l´endroit, un photographe insensé s´est risqué jusqu´à moi, et, dans un élan téméraire, il a saisi son appareil, et a immortalisé le moment d´une pression sur son déclencheur.
Au crépuscule naissant je plane dans cette gare désaffectée, accompagnant les esprits qui la hantent, et, dans un commun dessein, nous allons pétrifier la vie avec frénésie, ainsi l´ombre triomphera dans les abysses de l´endroit, ma présence en ce lieu créera une sombre aura, un halo de lumière diffuse et énigmatique, une clarté trouble qui se répandra dans la gare.
Subrepticement, je m´infiltrerai dans les tréfonds infinis, avançant fatalement comme la mort, grisâtre, froide, résolue, progressant sur les rails qu´elle déchausse de son pas claudiquant, tuant tout, même ce qui reste inanimé, comme si, afin d´assouvir sa soif de malheur, elle avait donné à chaque pilastre une émanation, une essence de vie, pour les ronger, les effriter et mutiler l´âme qu´elle leur avait conférée.
Les herbes sauvages au pied du quai se cachent, cherchant à fuir vainement le chaos glacé qui les lacère, souhaitant voir revivre ce temps où ronronnait le moteur de la locomotive, où les voyageurs descendaient sur le quai en tenant une rose entre les mains, les beaux phares jaune jonquille du wagon de tête illuminant le chemin... mais moi, la brume, consume froidement tous leurs espoirs, et les plonge brutalement dans un profond cauchemar. J´engouffre mon bras glacé le long du quai et des pilastres rongés et ravagés, cherchant une fin à ce tunnel interminable qui semble n´aboutir qu´à une sombre lumière mièvre. Quand j´en sortirai, je planerai telle une ombre au dessus de vos têtes, pervertissant votre esprit, corrompant votre âme. Constituée de fines gouttelettes gelées, je vous glace le sang sans scrupules. Je fais courber les pétales défraîchis et décatis des fleurs, ruisselant lentement sur les frondaisons et les ramures.
Je suis malgré tout éphémère, et après quelques heures de terribles persécutions je m´en vais rejoindre le royaume des ombres, errant sous forme de nuages au dessus de la Terre, choisissant soigneusement mon prochain terrain de chasse avant de repartir pour de nouvelles tortures...