je l´ai écrit dans mon lit, un soir où je m´ennuyais
Tout est à présent flou autour de moi... les gens parraissent voler, pourtant tous assis à mes cotés.
L´un d´eux s´approche, je ne vois pas son visage. Il m´embrasse; non, il ne m´embrasse pas.
Il se tient juste au dessus de moi, et ses lèvres s´élargissent. Il rit; non, il ne rit pas.
Mon torse est complètement trempé, et quelqu´un repose sa tête sur celui-ci.
Je vois très nettement le tube gris, que j´ai brièvement aperçu tout à l´heure. Il ne se dégage rien de celui-ci, contrairement à la minute précédente.
J´ai cru percevoir peu de temps avant un magnifique soleil orange se tenant devant mes yeux, lorsque ceux-ci voyaient clair.
Une mélodie sans notes, alternant les montées et les descentes, se fait entendre. Ce n´est pas la première fois que je l´entends, mais on dirait que cette fois-ci, elle n´est jouée que pour un événement dont je serais le principal témoin. Non, je ne suis pas un témoin : je suis un protagoniste.
Je revois le visage qui s´éloigne en se secouant.
Je ne vois plus rien à présent.
J´ai soudain une sensation bizarre.
Je me vois maintenant, beau brun, puis je ne me vois plus, car quelque chose, de blanc, vient de m´entourer.
Je devine à présent ma direction, enfin, sa direction, si l´on peut à présent le définir ainsi. Il s´en va, pour ne jamais revenir.
Mais moi, je reste ici. Et personne ne le sait. Personne ne me voit. Et plus personne ne fera attention à moi dans quelques jours.
Ils ne verront à ma place plus que " 17".
Oui, " 17", car c´est mon âge.
Je me nomme Grégoire Delétang, et je viens de mourir.