Prologue
Un pelage argenté étincelant sous la pâleur de la lune. Un hurlement déchire le silence de cette nuit si calme, il hurle à l´amour, il hurle à la mort... Qui sait ? Solitaire dans la noirceur d´une forêt profonde et mystérieuse, je n´ai pas peur. Je suis un loup.
L´appartement :
Il est de ces nuits ou le sommeil ne parvient pas à vous trouver, il doit chercher au mauvais endroit. Mes yeux grands ouverts contemple l´absurdité d´un plafond miteux si tristement dénué de vie. Les secondes passent, les minutes passent, les heures passent mais rien à y faire, je ne trouve pas le sommeil. La chaleure de ces nuits estivales m´accable, mes draps sont moites, j´ai la bouche pateuse. Une gorgée d´eau me ferait du bien. Je sais bien qu´une bouteille d´eau minérale et posée sur ma table de chevet, juste à coté d´une revue pornographique et d´une tablette de valium. Pourtant je ne la prends pas, je ne la prendrai pas. Peut être est-ce par masochisme, ou encore par orgeuil, pour me montrer que je suis capable de résister à mes envies, à mes besoins.
Le boulevards des rêves brisés :
Il est de ces nuits ou la crasse et la pouriture vous colent à la peau. J´ai l´impression que j´ai la tête plongée dans un sceau rempli de merde et que dés que j´arrive à en sortir on me force à y retourner.Elles sont là, toutes ces choses, elles me dévisagent. Et puis il y a eux, tous ces chiens de bonnes familles qui s´aventure un soir parmis les loups pour se soulager. Ils me reluquent, me zyeutent, me matent sous tous les angles possibles, ils regardent mes seins, mon cul, ma chatte, mes lèvres. Les secondes passent, les minutes passent, les heures passent et j´attends d´être prise, prise par devant, prise par dérrière pour recevoir en seule récompense un bout de papier et un sourire ironique : "sans rancune..."
La salle aux miroirs :
Il est de ces nuits ou le temps n´avance pas. Ce petit connard me défie du regard, il sait que je suis soumis à certains devoirs. Il sait que je dois rendre des comptes à mes supérieurs, il sait que l´on joue un jeu et que dans tout jeu, il y a des régles. Mais il ne doit pas se douter que les régles sont faites pour être transgressées. Les secondes passent, les minutes passent, les heures passent et ce chien ne crache pas le morceau. Dissimuler, il dissimule des informations, pour les obtenir je dois dissimuler mes actions, mettre un voile entre la réalité et l´histoire. L´histoire est écrite par les vainqueurs, une dent arraché et une rotule en miettes sont bien peu de choses sur le long chemin de la vérité.
Le donjon du roi :
Il est de ces nuits ou mon esprit est embrumé, embrumé par mes doutes, mes incertitudes, mais surtout par l´or blanc. Je parle de cet or qui a laissé une trace de son passage sur mes narines, cette poudre féerique étincelante qui une fois lancée dans les airs danse une ultime valse avant de disparaitre. De voluptueuses volutes de fumée brouillent ma vision, elles dansent dans cette pièce tamisée par une douce lumière teintée de rouge, accompagnée d´une odeur d´encens se consumant. J´entends, je l´entends, dieu. Il est fier de ce que j´ai accompli, malgrés qu´à chacun de mes pas j´enjambe un autre cadavre. Il m´aime, je le sais...