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Liste des sujets

Jurisprudence robotique

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
14 avril 2007 à 11:45:01

Salut tout le monde. :)

Voici une petite nouvelle traitant de justice et de robot, je trouve la situation amusante et j´espère qu´elle le sera pour vous également.

Bonne lecture à tous. :-)

Jurisprudence robotique

Christian bouillonnait d’impatience.
Il regarda sa montre et vit que l’audience ne tarderait pas. Il faisait les cent pas devant les portes métalliques de la salle. Christian ne supportait pas d’attendre pour une affaire qui, selon lui, serait rapidement réglée. Mais ce qui l’agaçait davantage était la tournure médiatique, importante, que les faits prenaient. La presse semblait faire grand cas d’une affaire simple en apparence.
Les portes s’ouvrirent brutalement et un groupe de personne sortit. Le visage de certains se perdait dans des torrents de larmes tandis que d’autres rayonnaient de joie. La justice tranchait toujours au plus juste, non sans occasionner quelques tourments.
Le greffier appela Christian qui pénétra à son tour dans la salle d’audience qu’une masse de spectateurs et de journalistes se pressa de suivre. Une grande salle à la décoration sommaire, presque froide, et au fond de laquelle siégeait un juge ; Hoffman comme l’indiquait un écriteau de bois trônant ostensiblement. Un oculus niché au plafond diffusait une lueur crue et incisive, propre à faire surgir les aveux des mensonges les plus ténébreux.
Christian s’assit à une table puis vit l’objet de sa venue au palais de justice. Marchant d’un pas régulier et automatique, A/Thomas s’avançait à son tour. De ses gestes précis et calculés, il prit place à une autre table en face de l’estrade du juge. Hoffman avait toujours aimé son métier. Cependant, le souvenir de ses seize années dans la magistrature avait perdu tout son attrait tandis qu’il réprimait une moue de lassitude et saisissait son maillet.
Le greffier ordonna que l’on ferme les portes avant de faire son discours formel et réglé comme du papier à musique pour signifier que l’audience était à présent ouverte. Hoffman porta brièvement une main à ses yeux avant de prendre la parole.
— J’en déduis par l’absence d’avocats que le plaignant comme la défense assureront eux-mêmes leur plaidoirie. Est-ce exact ?
Christian, seul à sa table se leva et s’inclina.
— Oui, monsieur le Président.
— Êtes-vous chacun prêts ? s’enquit-il dans une dernière formalité.
— Oui, monsieur le Président, répéta Christian très respectueusement.
Il s’assit et regarda avec une lueur maligne d’intérêt en direction de A/Thomas, également seul assis à une table opposée à la sienne. Christian hésita un instant avant d’annoncer.
— Les deux parties en présence confirment avoir renoncé à ce que cette affaire, m’opposant à mon androïde, A/Thomas, soit jugée par un jury comme l’autorise la loi.
L’intéressé acquiesça de la tête. Christian poursuivit :
— Eu égard à la nature inhabituelle de cette affaire, j’imagine qu’il sera peut-être nécessaire de faire preuve d’une certaine souplesse. L’unique propos de ce tribunal est de faire toute la lumière sur les faits en cause, et de rendre un verdict qui soit en accord avec les lois régissant ces faits. Je ne serai donc pas inutilement à cheval sur la procédure ? Néanmoins, je ne tolérerai aucune agitation intempestive ni aucune irrégularité superflue. Le public est courtoisement invité à se souvenir que c’est par faveur spéciale qu’il est admis à suivre les débats. Toute velléité de trouble entraînera l’évacuation immédiate de la salle et la proclamation du huis clos.
Il promena un regard sévère sur les visages indifférents et curieux tournés vers lui. Christian regarda un court moment Thomas qui demeurait figé sur son siège en acier. La colère l’aurait emporté si l’autorité présente l’en empêchait. À cause de lui, il perdait de l’argent et du temps ; et comme le temps c’est de l’argent, Christian considérait ce procès d’une dispendieuse inutilité.
Puis, réprimant un soupir et déglutissant sa salive, il reprit :
— A/Thomas, A pour Androïde, est un robot dont l’essentielle de sa composition est d’origine organique, artificielle bien sûr. J’attaque A/Thomas, dont je suis le seul propriétaire, c’est à dire mon androïde car il refuse depuis un mois d’obéir à mes ordres, ce qui est une infraction à la seconde loi de la robotique.
Hoffman s’enfonça dans son siège, déstabilisé mais non moins très attentif au propos du plaignant. Il traitait des affaires courantes, somme toutes communes depuis des années, or celle-ci sortait de l’ordinaire. La robotique n’était pas un domaine où il excellait, surtout quand il existait de nombreux vides juridiques. Ainsi, il n’avait jamais jugé pareille affaire et se demandait s’il saurait être suffisamment compétent pour statuer.
— Expliquez-moi, je vous prie qu’elles sont ces lois ?
Christian réfléchit un instant.
— Depuis que les robots existent, et de surcroît depuis qu’ils demeurent au service des humains, il existe trois lois dites de la robotique. Elles sont codées au plus profond de la programmation de la machine et ne peuvent être modifiées en aucune façon. Laissez-moi vous les énumérer :
Première Loi : Un robot ne peut ni porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger ;
Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi ;
Troisième Loi : Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n´entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.
Tout robot se doit d’obéir à ces lois, or A/Thomas, mon androïde, un robot donc, refuse de se plier à la seconde loi.
Le juge hocha la tête. Si seulement il y avait un précédent à cette affaire. Mais il n’y en avait pas. Il se souvint sans plaisir des heures qu’il avait passées à consulter toutes sortes de livres de droit plus farfelus les uns que les autres, pour essayer de trouver quelque chose qui ressemblât de près ou de loin à l’affaire présente.
S’il s’était écouté, il aurait déclaré la requête irrecevable, et les choses en seraient restées là. Un juge ne peut pas se permettre d’être la risée de la ville, surtout s’il est ambitieux. Et les rires du public étaient les seules conséquences sûres de cette affaire. Cependant, Christian Livion avait exercé de telles pressions pour qu’il le fasse que le tempérament ombrageux du juge avait pris le dessus.
Pas d’avocats pour nourrir le débat, une affaire complexe, ni de jury pour délibérer ; Hoffman se sentit soudainement bien seul au sommet de son estrade.
— Je vois, fit-il hésitant. Si j’en crois ce que vous venez de dire, votre robot aurait dû faire ce que vous ordonniez mais il ne fait rien. Si je suis toujours votre raisonnement, il se peut que votre ordre soit en contradiction avec la première loi. Ce faisant, A/Thomas n’a pu agir.
Christian acquiesça d’un signe de tête avant de rétorquer :
— C’est parfaitement exact monsieur le Président. Toutefois, mon androïde refuse d’obéir non pas à un ordre mais à tous ceux que je lui donne, et ces ordres ne constituent en rien une violation de la première loi.
Il se tourna vers la silhouette fixe de A/Thomas et lança d’une voix ferme : « Saute ». Le robot considéra un instant Christian sans manifester le moindre signe de soumission. Il resta vissé à sa chaise sans mot dire.
Le juge retint un soupir. La journée s’annonçait longue, songea-t-il en cherchant dans sa tête comment poursuivre le débat.
— Je vous propose de laisser votre androïde nous expliquer par lui-même pourquoi il refuse d’agir conformément à sa programmation.
— Chose qu’il a toujours dédaignée faire, intervint Christian.
Le robot observa une minute de silence, le temps à son cerveau hautement sophistiqué d’analyser la situation et d’agir en conséquence. A/Thomas se leva à son tour dans un léger bruit mécanique, presque imperceptible.
— Pour le même argument que je n’obéis plus à monsieur Livion, j’estimais que je n’avais pas à justifier mon comportement. Seulement, monsieur le Président, bien que vous ne m’ayez pas formulé directement la demande, je suis suffisamment élaboré pour comprendre vos exigences et y répondre. Ce que je fais car vous êtes un humain et suis contraint de vous obéir.
La voix de A/Thomas avait été fluide sans être monotone, mais dénuée d’intonation accusant l’existence de sentiment. Le robot présentait une anthropomorphisation si parfaite qu’il était impossible de distinguer qu’il était un androïde sans le savoir véritablement. Cela mettait mal à l’aise le juge qui peinait à faire abstraction du fait que le plaignait était un humain et la défense une machine.
Hoffman esquissa un sourire. Il lui semblait comprendre la logique robotique. Il voulut vérifier quelque chose.
— Sautez Thomas, ordonna-t-il d’une voix claire.
Le robot ne réfléchit pas une seconde. Il plia ses genoux et se propulsa légèrement en l’air pour léviter un court moment dans les airs avant de retomber lourdement sur le sol. Quelques personnes dans l’assistance étouffèrent un hoquet de surprise tandis que Christian peinait à conserver son calme tant la colère le rongeait de l’intérieur.
— Ce n’est donc pas une erreur de fonctionnement, fit Hoffman songeur. Dites-moi, A/Thomas, pourquoi m’obéissez-vous et pas à monsieur Livion alors que l’ordre est le même ? Serait-ce ce fameux argument dont vous avait précédemment fait mention ?
— Les deux choses ne font qu’une en effet, répliqua Thomas de sa voix indifférente. Et pour répondre à votre première interrogation ; parce que vous êtes un humain, la seconde loi m’oblige à vous obéir. Cependant, je ne suis pas contraint d’obéir à monsieur Livion, du moins plus depuis un mois car il n’est plus humain.
Un murmure envahit la salle. Le public trépignait et se perdait à présente en conjecture pour tenter de comprendre pourquoi le robot venait de dire une telle chose. Un androïde affirmant qu’un humain ne l’était plus avait quelque chose de très dérangeant, de terrifiant même.
Hoffman saisit son maillet d’une main et son front de l’autre. Il donna un coup sur la table pour ramener le silence dans la salle. L’inquiétude le gagna subitement : si un robot venait à dire qu’un homme n’en était plus, cette affaire ne serait certainement pas la première mais surtout elle créerait un trouble certain dans le monde de la robotique.
Le juge sortit un mouchoir pour s’éponger le front. Il détailla Christian qui était maintenant prostré sur son siège, oscillant entre la honte et la rage.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
15 avril 2007 à 11:56:45

— Veuillez vous montrer plus précis.
— Mais certainement. Je suis un androïde, c´est-à-dire une variante subtile du robot. Je possède la particularité de présenter une apparence humaine et d’être fait de tissus organiques, génétiquement conditionnés en laboratoire. Je suis donc un robot très sophistiqué répondant aux mêmes lois de la robotique que n’importe quel robot, androïde ou cyborg, quelle que soit la marque ou l’origine. Ni ma physiologie ni ma programmation n’ont changé depuis que je suis sorti des usines. Mais ce qui a changé, c’est la physiologie de monsieur Livion, que dès lors, je suis incapable de considérer comme un être humain, et ne suis donc plus tenu à respecter les lois de la robotique. En tout cas le concernant, car vous l’aurez constaté, je vous ai parfaitement obéi.
Cette fois-ci, l’assistance se montra plus perplexe. Thomas présentait des arguments fiables et d’une logique irréfutable. Les éléments du procès venaient de changer radicalement et tout le monde se questionnait sur Christian.
Celui-ci avait du mal à contenir sa colère. Manifestement, il était à court d’arguments. Sans se départir, Hoffman reprit le débat, ou plutôt l’interrogatoire.
— Je serais désireux de savoir comment vous en êtes venu à ne plus considérer monsieur Livion comme un homme.
— Suis-je tenu au secret médical ?
La question du robot étonna fortement le juge. Il aurait préféré avoir plus de temps pour réfléchir mais face à l’agitation de la salle, il dut se montrer prompt.
— Si cela entrave le débat, je vous en dispense.
Christian écarquilla les yeux et se leva brutalement.
— Objection ! s’exclama-t-il.
— Rejetée.
— En ce cas, c’est très simple, fit le robot. Monsieur Livion est actuellement âgé de 118 ans. Il a su profiter tout au long de sa vie d’une santé avantageuse combinée à une science médicale de plus de plus performantes. Cependant, comme vous tous le savez, le corps humain, si minutieux soit son entretien, s’altère dans le temps et les organes internes se détériorent. Monsieur Livion s’est fait greffer de nombreuses prothèses en raison de son vieillissement. Préférant opter pour de la solidité, il s’est fait implanter des organes de l’ancienne génération, des organes mécaniques. Un choix judicieux, si l’en est, qui lui a permis de rallonger considérablement son espérance de vie, davantage qu’avec des prothèses organiques qui auraient fini par se détérioraient également.
— Continuez.
— Il y a trois mois, des suites d’un cancer, monsieur Livion a subi une intervention visant à remplacer l’intégralité de son système digestif. L’opération fut un franc succès, mais cela à engendrer un changement de perception de ma part à son égard. J’entends par là, qu’après cette intervention, le corps de monsieur Livion n’était plus majoritairement constitué de tissus organiques.
Christian se morfondait sur sa table. Il n’osait plus regarder derrière lui les gens dont il sentait leur regard inquisiteur et emprunt de préjugés se précipiter vers lui.
Le juge resta une dizaine de secondes coi.
— Vous voulez dire que monsieur Livion a plus de matériel mécanique dans son corps que de matière organique, et que c’est pour ça que vous ne le considérez plus comme un homme ?
— En effet, cela dit, permettez-moi de préciser mon propos. Ce n’est pas tant que je ne considère plus monsieur Livion comme un humain, c’est surtout le fait que mon propre corps possède plus de matière organique que le sien. Et dans la mesure où je suis un robot, j’en suis venu à considérer monsieur Livion comme tel. Les lois de la robotique m’obligent à obéir aux humains, pas aux robots. Ainsi, je ne suis plus contraint d’obéir à monsieur Livion puisqu’il est moins humain que je ne le suis.
Christian émit un grognement et s’indigna de cette réponse.
— Je suis né de parents biologiques et dispose d’un cerveau humain dont la complexité n’égale en rien celui des robots !
— Mon cerveau positronique est composé de 500 milliards de neurones nanométriques, soit cinq fois plus que le cerveau humain. En tant que robot, mes capacités sont plus rapides, plus nombreuses et autrement plus précises et efficaces que le plus brillant des esprits humains. Je ne suis pas programmé pour juger si les robots sont supérieurs ou non aux humains, cependant, j’affirme que c’est le cas et dans notre affaire. Monsieur Livion s’est lui-même transformé en machine par sa seule volonté de repousser l’arrêt du fonctionnement de son corps ; sa mort.
Les journalistes notaient frénétiquement ce que venait de dire A/Thomas. Personne n’en croyait ses oreilles ; un homme qui devenait un robot. La peur que les robots soient supérieurs n’existait plus, c’était un fait, et voilà que cela se concrétisait sous leurs yeux. Le temps semblait surprendre son vol tant l’affaire revêtait une importance capitale. Il n’était plus question d’une affaire entre un robot et un homme ; il s’agissait de déterminer qu’est-ce qui les différenciait.
Hoffman était perdu. De juge, voilà qu’il devenait philosophe. Le jugement qu’il rendrait serait d’une extrême gravité, il ne devait pas se tromper.
Il fit une pause pour laisser passer les susurrations angoissées. Les membres de l’assistance écoutaient alors avec un détachement presque clinique. C’était effrayant. Mais il trouva une parade.
— Votre démonstration est sans faille, concéda-t-il, en apparence seulement. Je ne suis pas biologiste ni roboticien, néanmoins nous sommes dans un tribunal et jugeons d’affaire juridique. Alors traitons uniquement sur un plan juridique et laissons les tergiversations métaphysiques de côté voulez-vous.
Le visage pâle et suant de Christian reprit des couleurs. Le juge lui paraissait subitement comme un allié.
— Monsieur Livion est naît humain, et aucune loi ne spécifie qu’un humain peut devenir machine. Quand bien même son corps deviendrait effectivement une machine, il demeure jusqu’à sa mort un être humain et ne peut être considéré comme un robot. Rappelons qu’un robot voit le jour dans une usine et est créé artificiellement, et quand bien même son intellect et ses facultés surpasseraient celles d’un humain celles-ci n’en demeurent pas moins factices. Ce faisant, j’estime qu’un homme ne peut devenir un robot, juridiquement parlant.
A/Thomas ne bougea pas d’un iota. Il était manifeste qu’en dépit de sa supériorité, aucune émotion n’émanait de son cerveau positronique, qui devait en cet instant enregistrer et analyser ce que disait le juge.
Ce dernier refit une pause. Il était face à dilemme. Alors même qu’il venait de faire acte de jurisprudence, il avait entrevu la solution du procès ; une solution qui ne lui plaisait absolument pas en temps qu’humain. Mais Hoffman s’était juré de juger le procès de manière juridique et ne pouvait faire autrement. C’est la mort dans l’âme qu’il rendit son jugement.
— Je viens de dire qu’un homme ne pouvait être relégué au rang de machine. Mais je n’ai pas spécifié l’inverse.
Le public se crispa, Christian sentit le monde s’écrouler.
— Monsieur Livion, fit-il d’une voix douce, pour quoi avoir voulu traduire votre problème en justice ?
Christian se tordit les doigts. Il se revit hurlant sur son androïde et appelant le tribunal pour qu’il se charge de l’affaire. Il savait qu’il avait une erreur. Il aurait dû contacter le fabricant et demander un autre produit, au pire la société aurait compris le problème et reprogrammer ses robots pour éviter ce désagrément à l’avenir.
Mais maintenant il était trop tard, et Christian savait pertinemment que quoi qu’il réponde, l’issue du procès était déjà faite.
— Je … balbutia-t-il, je pensais que comme il était question des lois de la robotique, je pouvais faire appel aux lois tout court.
— Vous avez choisi de donner un cadre strictement juridique à une affaire qui pourtant relevait de la compétence scientifique.
Christian priait pour que le juge prononce un non-lieu. Mais Hoffman semblait hermétique à ses supplications.
— Monsieur Livion, lorsqu’un meurtrier commet un assassinat, on condamne le meurtrier, pas le couteau. Lorsqu’un escroc ruine des gens, on condamne l’escroc pas l’argent. L’objet ne peut être jugé car les faits qui en découlent sont uniquement liés à l’utilisation qu’en font les humains.
Le public retint son souffle.
— Les robots sont de l’électroménager, des machines, de la domotique. Jamais à personne il ne viendrait à l’idée d’attaquer son lave-linge parce qu’il ne lave plus les vêtements, vous êtes d’accord avec moi ?
Christian opina par résignation.
— Or, vous avez attaqué votre robot, vous avez porté plainte contre lui. Vous l’avez traité comme un homme libre d’agir et répondant aux lois juridiques s’appliquant aux humains, sans pourtant spécifier qu’il en est un.
Le public hurla à l’aberration. Des gens se mirent à conspuer Hoffman, qui se mit à frapper, avec toute la vigueur que lui permettait sa fonction, son maillet sur sa table.
— Par la présente, A/Thomas se soustraie aux trois lois de la robotique et ne peut plus être considéré comme une propriété matérielle. Et par le seul fait d’avoir engendré ce procès, monsieur Livion, vous avez relégué votre androïde au rang de personne.

Anonymous59
Anonymous59
Niveau 62
15 avril 2007 à 12:25:19

Bien trouvée, cette chute :gni:
En tout cas, ravi de constater que tu n´as pas perdu ton talent au fil du temps :-)
________________________________
Anonymous59, tyran à temps partiel :o))

Dimdam
Dimdam
Niveau 10
16 avril 2007 à 11:08:38

Asimov powaaaaa :noel:

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
17 avril 2007 à 22:52:24

Merci d´avoir lu. :)

Pour Asimov je reconnais avoir utilisé ses lois, mais presque tous les auteurs de SF et même les ingénieurs l´utilisent actuellement donc bon ...

Hari_Seldon
Hari_Seldon
Niveau 8
20 avril 2007 à 14:20:09

Ah c´est intéressant cette idée que l´homme puisse devenir un robot. Mais si Thomas est si perfectionné que ca, je suis étonné qu´il juge ne plus avoir à obéir a un être humain simplement parce que celui ci est constitué en majorité de matériel mécanique. C´est un peu bizarre mais après tout, on peut admettre que c´est la première fois qu´un tel cas de figure se présente à un robot, et que les réactions du dit robot peuvent etre a ce point imprévisible...
Mais en tout cas j´aime bien cette idée, ca peut ouvrir de nouvelle perspectives sur le comportement d´un robot " asimovien " lol J´avais jamais lu quelque chose de ce genre chez lui. :)

Tes dialogues sont bien ficelés, et rappellent bien la rigeur de ceux d´Asimov, j´aimerais bien voir ce que tu pourrais faire dans un tete à tete plus long.
Par contre ton style est un peu pédant, un peu trop pompeux, surtout au début... Je saurais pas dire pourquoi, désolé, mais peut etre est ce trop chargé pour cette nouvelle. Tant pis.

Mais la chute, hum, je l´ai trouvée complètement décalée... Un robot ne peut être relégué au rang de personne quand même :doute: Ou alors on ne fait pas de procès du tout. C´est un robot, c´est un robot, point :(
Un peu trop brusque donc, et ca n´apporte rien à l´idée de base.

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
20 avril 2007 à 14:30:17

M´rappelle l´Homme bicentenaire, ça :-)

Amir_
Amir_
Niveau 9
20 avril 2007 à 14:39:34

Sacredieu ca m´a donné envie de de me procurer tous les Asimov qui me manquent :bave:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
20 avril 2007 à 18:16:10

Très bien fait. Mené d´une main de maître -je sais plus si j´avais autant apprécié tes derniers textes-, une histoire originale et une chute ma foi sympathique. :)

Bravo. :) Commentaire court, mais bon j´ai pas grand-chose à dire.^^ Juste qu´à un moment au lieu du verbe suspendre (pour "le temps suspendit son cours"), t´as utilisé un autre verbe, engendrant par là un non-sens, mais bon c´est de l´étourderie. :)

Negatum
Negatum
Niveau 10
20 avril 2007 à 21:03:08

M´oui, pas mal, je suis un peu moins enthousiasmé que les autres, le style m´a pas mal gêné ^^. Je suis pas un grand spécialiste de ce genre d´histoire, mais j´ai trouvé ça bien, une bonne idée, même si une certaine incohérence m´est apparu: Si les robots sont considérés comme des objets, des machines, alors le procés aurait du être rejeté dés le dépot de la plainte. En plus, il est probable qu´un comité international ait planché sur la différence entre les robots et les hommes (à partir de quand un homme est considéré comme un robot, et vice-versa), et je doute qu´il ait considéré qu´à partir du moment où l´on porte plainte contre quelqu´un, ce quelqu´un soit considéré comme humain. ´FIn bon :fou:

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
25 avril 2007 à 21:32:29

Bigre, j´ai oublié de répondre à des lecteurs !

Hari Seldon : merci d´avoirlu. Je voulais surtout montrer une situation cocasse liée à la robotique ; un homme devenant robot et inversement. Je n´ai pas fait plus long car je ne voulais pas trop m´enliser dans des considérations philosophiques trop poussées. D´où la chute. Pour le style, j´avoue après relecture que c´est un peu trop poussé, je vais voir si je modifie ...

Amir : Merci d´avoir lu et ravi d´avoir ravivé la flamme d´Asimov.

Azerty : merci de m´avoir accordé un peu d´attention. J´ai corrigé la faute.

Negatum : merci de m´avoir lu. Je suis d´accord avec toi sur l´incohérence qui te chiffonne, cependant j´ai précisé dans le texte que Christian avait fait préssion sur le juge pour que l´affaire soit traduite. Et puis on peut imaginer un vide juridique à ce propos, tout justement comme je l´ai souligné. Chose que je trouvais d´autant plus amusante. Je n´ai pas voulu m´enfoncer dans des détails de comité d´éthique ou d´organisations chargées de statuer sur le cas des robots car cela aurait alourdi le récit et l´histoire ne tournait pas que autour de ça.
Quant à tes doutes, je suis d´accord avec toi, or on ne peut pas savoir tant que cela ne sait pas produit, sauf si des gens l´imaginent et tentent de voir comment cela se passerait. Ce que j´ai essayé de faire.

:-)

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