Voilà je réecris une ultuime fois cette histoire, si ce coup ci elle ne plait toujours pas je stop. J´ai changé le mode de narration et essayé de donner un coup de fouet au reste. Mais j´ai l´impression que ce que j´écris est chiant.
SVP! SVP ! SVP ! Commentez moi et donnez moi des conseilles.
1-Une saison à vous mettre le cafard.
L’hiver était tombé doux, oubliant une part de sa magie. Les nuages, de vrais passoires, laissaient filer les raies du soleil, et à mon triste regret dans les rues on ne voyait rien des jeux hivernaux, ni bataille de neige, ni bonhomme de neige, ni luge.
A la télévision, les prévisions météo avaient pourtant étés claires, « pas de neige cette hiver, mettez vous bien ça dans le crâne ! », mais mon insouciance d’enfant me dominait. Chaque matin j’ouvrais grand mes volets en espérant voir mon quartier recouvert d’un délicieux glaçage, cependant qu’elle n’était pas ma peine lorsque je constatais que celui-ci était toujours aussi fade, noyé dans des nuances de gris et de bleu.
Pour un j’en aurais presque oubliait que c’était l’hiver si mes sinus n’étaient pas bouchés de morves, si des glaires vertes et épaisses ne me collaient pas aux bronches et si mon bloc d’appartements n’étaient pas lardés de guirlandes rutilantes.
Ah, au fait, je ne me suis pas présenté, je me nomme Vincent Moussa et à cette époque je n’étais rien de plus qu’un petit être perdu dans les méandres de mon quartier.
J’étais penché sur mon bureau, méditant mon problème de math à la lueur d’une lampe de chevet.
« Morbleu ! Cette mégère n’aura de cesse de nous broyer les méninges, me dis-je en pensant à mon professeur. »
En effet la logique arithmétique me faisait très grand défaut, ses équations bizarroïdes et ses formules incoercibles me laissaient prostré et la tête grosse comme une pastèque, c’était fou, je n’y comprenais rien !
Je me massai les yeux pour en nettoyer la lassitude qui s’y était niché et m’adossai sur ma chaise pour souffler un peu. Au même moment, j’entendis des bruits de pas étouffés derrière moi.
- Ola, maître oisif, comment va ? S’écria-t-on.
Je me retournais vivement. Devant moi se tenait un petit être aimable dans une plaisante robe rouge avec des yeux miroitants de malices et un sourire chaleureux. C’était ma petite sœur, fraiche comme une pomme, elle s’appelait Marie. Mais ne vous fiait pas aux apparences, c’était un vrai petit démon.
- Maitre oisif ! Mais où vas-tu chercher des choses pareilles ? M’interloquai-je. Et puis déjà, qu’est ce que tu fiche ici, je t’ais déjà dit que je ne veux plus que tu viennes fouiner dans ma chambre !
- Mais je ne fouine pas, fit Marie.
Je lui demandai alors ce qu’elle voulait.
- Et bien, trois fois rien, répondit-elle. C’est seulement que notre tyran de papa m’a ordonné de m’adonner à des activités « constructives et intelligentes » au lieu de « m’abrutir devant la télévision ».
Elle est bien bonne c’elle là, tu ne trouves pas ? Lui il reste la moitié de son temps sur son fauteuil miteux à écouter de la musique de vieux, et il ose…
- Abrège !
- Très bien ! J’ai pensé que si je venais lire un livre dans ta chambre, au moins il ne pourrait pas m’accuser de flemmarder.
- Je vois, aussitôt ça à gamberger dans ton petit cerveau et tu t’ais di que naturellement, ici, il te fichera la paix une bonne fois pour toutes, dis je d’un ton caustique. Bien sûr que tu l’auras la paix, et tu en auras même assez pour me souffler la mienne. Non ! Files dans ta chambre et enfermes-toi y à double tour. Je te connais par cœur, tu vas encore faire le zouave et tout saccager ! Je ne veux plus ! Je ne veux plus ! Plus jamais tu ne rentre dans ma chambre ! Ce que tu as fait la dernière fois me reste encore au travers de la gorge.
Difficile de ne pas s’en souvenir, elle avait mit le feu à un paquet d’allumette et surprise par la combustion soudaine et féroce, elle avait jeté le tout dans la poubelle. La fumée toxique nous avait aussitôt chatouillait les narines, et des coulis de plastique en fusion s’étaient répandus sur ma moquette. C’est alors que mon père avait surgit avec son extincteur pour tout éteindre. Plus d’un mois après, ma chambre et mes vêtements sentaient toujours le roussi. Ma sœur avait vraiment un don pour les bêtises de grandes ampleurs.
Elle contint un rire avec ses deux mains.
- Mais voyons, mon p’tit frère adoré, ce n’était qu’un excès de zèle, dit-elle évasivement.
- Un excès de zèle ! M’égosillais-je. Mais tu as failli tous nous faire rôtir comme des brochettes ! Sors d’ici !
- Et bien je ne le ferais plus, promis.
- Encore heureux ! Mais on se demande ce que tu feras à la place.
- Laisses-moi rester et tu verras.
- Tu vois ! Tu as déjà l’intention d’anéantir ma chambre.
- Mais c’était une blague, j’te jure que je ne vais rien faire.
- Mais tu es incapable de te tenir en place et en plus tu jacasse sans arrêt. Et blablabla, et blablabla, et blablabla. Tu es Invivable ! In-vi-vable.
- Si c’est que tu veux, je resterais muette. A partir de maintenant je serais sage comme une image. Et il n’y aura plus de blablabla, et de blablabla, et de blablabla.
Elle fit signe de fermer sa bouche comme une fermeture éclair.
- Je veux que tu sortes ! Je veux que tu sortes !
Elle faisait claquer ses mâchoires l’une contre l’autre en fermant sa bouche, imitant quelqu’un qui essayerai de parler les lèvres cousues.
Rien à faire, la petite chameau ne voulait pas déguerpir, c’était mon autorité et ma force de persuasion qui était en jeux, il fallait réagir.
Je se mis à genou et yeux dans les yeux je jouai de l’emphase:
- Marie, Marie. Ma petite chérie, la sœur que je préfère (et la seul soit dit en passant), tu es la rose dans mes plaines de pissenlit, que serais-je sans toi ? Rien moins qu’un moins que rien, un taudis humain sans doute. Une voiture sans moteur, un vampire édenté, une poubelle sans ordu…euh… un caisson de basse sans guitare électrique …, un, un…, un petit colibri déplumé.
Mon plan semblait fonctionner à merveille, elle était redoutablement sensible aux flatteries, ses yeux pétillaient, il ne suffisait plus que de lui dire adroitement de fiche le camp et le tour était joué.
Je repris :
- J’ai besoin de toute mon attention pour mater ce fichu problème. C’est vachement important, si demain ma copie est encore blanche, la mégère va m’incendier et tu n’auras plus de ton frère, qu’un triste tas de cendre. Alors je t’en prie, sors de ma chambre.
Elle me répondit par le langage des signes, j’ai dû lui débrailler sa braguette imaginaire. Ayant retrouvée l’usage de la parole, la maligne se mit en condition pour être le mieux écouter possible: elle ouvrit grand ces yeux félins et toussa gravement pour dégager sa voix la plus cristalline.
- Je me demande quelque chose ? Que pourrais bien dire papa, si il savait que c’est toi et non le chat qui a mit fin à son mixer chérie.
- Tu ne vas pas tout de même pas faire ça ! C’est moi qui ais accusé le chat pour te protéger.
J’en avais la berlue, elle était vraiment gonflée.
- Je vais me gêner.
Pas un gramme de remords, je le menaçai alors d’aller immédiatement la dénoncer comme cela je n’aurais aucuns problèmes. Mais elle avait plus d’un tour dans son sac.
- Oh tu peux y aller, mais ensuite quand il m’appellera, je lui raconterais ma vérité. Et il me croira, moi, tu sais très bien qu’il ne résiste jamais longtemps à mon charme, dit-elle en minaudant.
J’étais dépassé, j’ai donc du donc accepter à contre cœur qu’elle reste dans ma chambre, encore une fois je la laissais me marcher sur les pieds.
- Oh, merci frangin ! J’te jure je ne ferais pas de bruit, compte sur moi !
Elle n’en manquait pas une pour me faire grincer des dents.
Après avoir fouillée et mit en désordre toute ma bibliothèque, elle se retourna avec une bd à la couverture taché par du café, encore un souvenir de ces bêtises.
- Je vais lire ça ! Annonça-t-elle.
- Parfait ! Fameux bouquin ! Je travaille maintenant, bonne lecture, du bruit et c’est la porte !
Puis je me suis replongé dans mon exercice. J’ai lu et relu l’énoncé, mais pas une lueur de réponse ne scintilla dans mon esprit. En fin de compte ca ne servait à rien de continuer à chercher, découragé, je refermai mon livre et posai sa tête sur mes bras en croix. Puis au bout d’un moment, ma mère nous appela car le dîner était prêt.
Mon père lisait son journal, assit à la table. C’était un homme assez petit mais ses traits étaient sévères, il avait des yeux de fumés sous de larges sourcils broussailleux, ses joues étaient creuses comme des cavernes et ses cheveux un peu grisonnants, courts et disciplinés.
- Où est ta sœur ? Me demanda t-il tandis que je m’asseyais.
- Elle finie son livre, puis elle arrive. Tiens la voilà, répondis je.
Elle prit place à la table.
- Poulet rôti et petit pois ! S’exclama ma mère de son accent saucé en entrant dans la pièce. Vous allez vous régaler, c’est moi qui vous le dis.
Elle servit tout le monde, puis hormis Marie, on mit tous sa serviette dans son col.
« Marie serviette ! » Fit mon père, ma sœur obéit sans même protester. En voyant cela je regrettai de ne pas avoir hérité de son autorité.
La télévision reposait sur le buffet avec des tas de bibelots difformes. Mon père l’alluma. On ne parlait plus, silence absolu, les informations étaient sacrés, il ne fallait pas en perdre une miette.
Ici, le diner avait toujours des ressemblances avec une scène d’automates, les yeux étaient rivés à la télévision, les fourchettes remontaient jusqu’aux bouches puis les mâchoires et les tempes se contractaient et se relâchaient à un rythme régulier, on avalait puis on recommencé toute l’opération.
Ma mère mangeait goulument, de tous c’était-elle qui avait le plus grand appétit. D’ailleurs, l’appétit, elle l’avait tout le temps. Chaque mois, on se rassemblait tous devant la balance et on était un peu plus étonné des proportions que pouvait prendre son ventre. Il était énorme ! Quand elle venait chercher Marie à l’école primaire, beaucoup d’enfant pleuraient de frayeur en la regardant passer, c’était pour dire. Certes elle était opulente, mais dans chacune de ses rondeurs ce n’était pas de la graisse, c’était de l’amour. Je peux vous le dire, elle avait un cœur gros comme ça ma mère.
Je n’avais plus très faim, je jouais avec mes légumes et ma fourchette. Cependant je n’avais pas d’autre choix, je devais tout finir, avec mon père on ne discutait pas, c’était un homme stricte.
Il venait d’une autre époque, démodé et racorni, il semblait venir tout droit de ce tableau brodé qui pendait derrière lui. Celui-ci représentait un berger centenaire conduisant ses moutons à travers les plaines.
Je divaguais sur mon père quand, tout à coup, mes pensées se brouillèrent, un sifflement strident me lécha les oreilles. Je n’eus pas le temps de me retourner vers la fenêtre que deux autres se succédèrent. Je fus ébahi.
« Boum ! Boum ! Boum ! »
Trois puissantes explosions, une rafale de tonnerre, puis d’immenses sphères de lumières rouge, bleue et verte jaillirent dans le ciel pour retomber en millions de strasses lumineuses s’éparpillant entre les immeubles.
- Ahurissant ! Fis-je les yeux grands ouverts.
- Ouah ! Génial ! s’écria Marie.
Un nouveau sifflement, un jet de lumière jaune fluo serpentant dans le ciel avant d’exploser en une fougueuse fontaine de paillettes violettes. Et ça continua, toujours plus grandiose, ça pétait, ça pétaradait, ça grondait et après s’embrasaient des légions de couleurs frémissantes dans le ciel poudreux. Marie accourut à la fenêtre pour voir le spectacle, ma mère, intriguée, la rejoignit mais trépidait à chaque éclatement.
Quand à moi, j’étais cloué à ma chaise, le spectacle m’éblouissait, je n’avais jamais rien vu d’aussi fort, d’aussi puissant et d’aussi magique que ces explosions de folies. Ca me prenait au cœur, ça fulminait dans ma poitrine, à demi terrifiait et à demi ébloui, j’en avais le souffle coupé.
C’était comme une joie d’enfant qui s’enflammait, comme un éclair de génie qui frappait aux portes de mon imagination.
Je me retournai vers mon père pour partager avec lui mon excitation, mais j’en restai coi quand je m’aperçus que celui-ci ne quittait pas des yeux sa télévision. A chaque éclatement son visage s’illuminait de milles couleurs puis redevenait terne, il était totalement indifférent au spectacle. Je fus très attristé du comportement de son père à ce moment. Il y eut encore deux, trois explosions, mais elles n’eurent plus le même effet sur moi. Et bientôt, on vit des clignotements bleus et rouges sillonnant les rues, les sirènes de police s’activèrent chassant le spectacle comme une alarme aurait chassé un rêve.
- Oh, ça vous secoue ! Fit ma mère en se passant une main sur son front.
- Mais qu’est ce que ça pouvait bien être ? Demandai je songeur.
Mon père détourna son regard de la télévision, l’air vitriol. Je me rappelle encore très bien de ce qu’il avait dit alors.
- C’est la fête ! Et aller qu’on rigole, et aller qu’on saute de joie! S’exclama-t-il. Pendant que vous y êtes, descendez dans le quartier et allez les encourager. Vous rirez moins quand la police vous tombera dessus. Tout ça c’est malsain. Ceux qui ont fait ça, il faut les envoyer en prison c’est tout ce qu’ils méritent. Maintenant je veux du calme, est ce que c’est clair !
On baissa tous les yeux devant son autorité, et la verve qui, il y avait encore une minute, entrainait la pièce fut réduite au néant. Il n’y avait plus un bruit, seulement la voix du bonhomme en costume dans la petite boite métallique.