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Mirage

Saternathe
Saternathe
Niveau 5
03 avril 2007 à 21:08:20

Rafik et moi avancions doucement dans les pentes sableuses depuis deux jours. Après notre rencontre à Messalem, nous avions décidé, au vu des récentes disparitions survenues dans le désert, de faire route ensemble jusqu’à Sédine. Cette collaboration par raison devînt rapidement une amitié solide et sincère, les nombreuses anecdotes de Rafik meublant agréablement la monotonie de notre traversée. Car le voyage se faisait monotone. Chaque dune ne faisait en définitive que dissimuler une sœur jumelle, et sans Rafik, il est certain que je me serais égaré dans ce vide immense. Je philosophai ainsi sur les aspects traîtres des sable, quand une silhouette blanche apparue brusquement devant nous. Cette silhouette avait du être un homme, mais son visage décharné et émacié n’affichait plus aucune émotion, ses muscles flasques et chétifs ne le portaient plus. Il se traînait au sol devant nous, épuisé. Ne sachant comment réagir, je me tournai vers Rafik. Il était pâle comme la mort. Livide, il me fit signe de s’écarter au plus vite de s’écarter. Nous entraînâmes donc nos chameaux loin de l’inconnu, de l’autre côté de la dune, puis nous continuâmes notre route jusqu’à un point d’eau. Durant ce trajet aucune parole n’avait été échangée, si bien que je mis à croire que ce souvenir d’un homme n’était qu’un mirage. Le soleil se coucha, et Rafik proposa d’établir notre camp près de l’oasis. J’acceptai, et après quelques efforts, un feu était allumé, et nous installés autour. Je demandai alors à mon ami, qui semblait connaître les lieux bien mieux que moi, ce qu’était ce monstre que nous avions croisé plus tôt. « Ce n’était pas un monstre, s’exclama t-il en riant à ma grande surprise, juste un fueleg, une de ces tribus nomades pillardes, qui tracent à travers le désert ». Il avait retrouvé toute son assurance, et je n’osai pas lui poser d’autres questions. Il redevînt le bon fêtard que j’avais rencontré à Messalem, me fit boire une fiole d’un de ses vins les plus goûteux, et me conta une histoire sur un homme qui avait perdu son chameau, qui m’amusa beaucoup. Ensuite, il s’endormit d’une seule traite, me laissant seul rêvasser au lointain. Je devais le réveiller deux heures plus tard pour son tour de garde.

Alors que la nuit était déjà avancée, je frémis en discernant à la lueur du feu une forme claire s’approcher de nous. Je reconnus immédiatement l’homme aperçu dans l’après-midi. Il avançait de sa démarche alambiquée et tortueuse, semblant réclamer de l’aide. Néanmoins, comme je sentais le traquenard, je l’avertis que s’il tentait de s’approcher plus encore, je l’en empêcherais. Pour donner de l’assurance à ma menace, je saisis un tison dans notre feu de camp, et le brandit bien haut. Il ne me répondit pas, me fit un signe d’apaisement, et continua sa progression maladroite. Je prévoyais le piège, et lançai le tison sur l’inconnu. Sans savoir si je l’avais atteint, je le vis s’enfuir en sans demander son reste. Fier de ma réaction, persuadé d’avoir éconduit un éclaireur d’une bande de brigands, j’éveillai Rafik comme convenu, lui contai mon aventure. Il sembla soulagé et rassuré, il me remercia chaleureusement. Son sourire était aussi brillant que les liserés dorés de son manteau. Nous bûmes une gorgée de vin pour fêter notre victoire, et il m’expliqua que nous n’avions maintenant plus rien à craindre. Les fuelegs n’agissaient que par petits groupes, et après un tel échec, ils ne s’attaqueraient plus guère à nous. Je m’endormis d’un sommeil tranquille et rassuré.

Je ne me réveillai que lorsque le soleil me frappa de sa dure chaleur. A peine mes yeux ouverts, je constatai que le camp n’était plus : le feu était éteint, nos chameaux n’étaient là, et Rafik lui-même avait disparu. Je compris que les fuelegs avaient profité de la nuit pour nous voler, que mon ami n’avait pas pu les empêcher, et avait du être emmené comme esclave. Pauvre Rafik ! Que n’avais je dormi d’un sommeil moins lourd ! Je décidai hâtivement de suivre au plus vite les traces de nos chameaux pour rattraper les bandits. Mal m’en prit. Au bout de quelques heures, une tempête violente effaça les derniers résidus. Je m’étais bien trop éloigné du point d’eau pour le retrouver. J’errai donc assoiffé pendant longtemps, lorsque je retrouvai soudain l’inconnu quelques mètres devant moi. Je me mis à sa hauteur en quelques enjambées, et le brutalisai pour qu’il m’indique la route à suivre pour retrouver mon compagnon. Il m’observa hébété, prit une inspiration douloureuse, puis hoqueta d’une voix rauque et désincarnée :
« Il m’a fait le même tour il y a une semaine. J’ai tenté de vous prévenir, mais vous ne m’en avez pas laissé l’occasion »
Je portai mon regard sur son corps agonisant vêtu d’un habit blanc déchiré, et compris alors que mon vrai ami n’était pas le plus doré. Tandis que les paroles du mourant s’envolaient dans le sable du désert avec une nuée de regrets, je poussai un cri de rage qui n’eut aucun écho.

scarfy777
scarfy777
Niveau 3
04 avril 2007 à 21:49:54

pas mal comme txt; une chute bien trouvée, même si je suis pas sur d´avoir bien tt compris lol.

par contre une faute à apparue au début, ça gâche un peu...

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