Bon, je post ici une petite fiction, mais je vous préviens c´est un premier jet, une courte nouvelle, rien de grandiose donc^^
ABUSEE.
L´horloge sonna neuf heures alors que les rayons du soleil pénétraient déjà la chambre. De petites particules de poussières apparaissaient et voletaient sous le regard de Marie. Elle était assise sur son lit. Dans cette toute petite chambre, il n´y avait pas grand chose d´autre que le lit, la table de chevet avec une lampe, un coupe papier et quelques lettres dessus. Elle semblait fatiguée et triste, les coudes sur les genoux, les mains croisées sous le menton, à regarder fixement les fameuses particules.
"Ce sont des parties de moi." se dit-elle en pensées. "Je m´effrite... Oui, c´est bien cela, je deviens cendres, poussières... Je me consume."
Un homme allongé à coté d´elle s´étira puis, doucement, se dressa et commença à lui caresser le dos et à l´embrasser sur la joue.
Elle fît mine de rien, une larme commença à couler sur son visage érinté.
"Comment va ma chérie ce matin ?" lui dit-il avec un grand sourire.
On entendait aucun bruit. Ils étaient seuls dans l´appartement depuis que la mère était partie, et le silence était devenue monnaie courrante. Le soleil commençait déjà à taper, il faut dire que la chambre se situait sous le toit, au dernier étage de l´immeuble.
La fille se leva alors d´un coup. Elle fit quelques tours dans la petite salle, en faisant grincer le parquet, puis lui lança un regard foudroyant : "Je ne supporte plus cette situation, j´en ai marre, marre, marre ! ça va durer encore combien de temps tout ça ? Hein ? Combien de temps ?" Elle tremblait un peu tout en disant cela, et ses yeux s´étaient réellement remplis de larmes.
Lui, il souriait, impassible devant cette crise de colère. Peut-être n´était-ce pas la première. Il se leva aussi. Il faisait bien une tête de plus qu´elle. Il lui dit alors : "je suis désolé chérie, mais tu as une dette envers moi. Tu sais très bien que la seule façon pour toi de me la rembourser, c´est..." Elle le coupa : "ne dis pas ce que c´est, ça me répugne encore plus d´en parler que de le faire, j´ai tellement honte. Tellement honte !" Elle reprît alors ses allers-retours dans la salle, énervée, tremblante comme une feuille, avant de finalement s´assoir par terre, contre la porte. Lui, il la regarda pendant quelques secondes sans compassion, avant de finalement se mettre à contempler le ciel par la fenêtre. Il devait sans doutes penser à ce qu´il allait faire de son dimanche après midi. Il ne travaillait jamais le dimanche, sauf urgence. Mais il y avait rarement des urgences dans le commerce qu´il entretenait. Tout se faisait calmement, discètement, tout était très bien organisé.
Mais tout à coup, après quelques minutes d´un silence pesant, Marie se leva, décidée comme jamais, et se dirigea vers la table de chevet. Lui faisait mine de ne pas la voir et continuait de faire son programme de la journée mentalement, en regardant par la fenêtre. Elle prit alors le coupe papier. Il ne la regardait pas, il était de dos, paisible. Elle hésitait. Et puis au bout de quelques secondes, elle agit. Elle finit par lui planter le coupe papier dans le dos, à plusieurs reprises, en pleurant, en criant, comme si ce geste avait été pensé, rêvé des milliers de fois, et que la délivrance venait enfin. Celui-ci était déjà allongé au sol. Il la regardait, tout étonné. Il commença à suffoquer, sa bouche était gorgée de sang. Le parquet perdit vite sa teinte au profit d´un rouge qui se repandit rapidement dans toute une partie de la salle. Au bout de trente longues secondes, le corps arrêta de produire des gémissements pour s´éteindre à tout jamais. Marie, elle tremblait d´autant plus, elle pleurait. Elle pleurait de joie, de soulagement, de tristesse, tout cela à la fois. Elle lâcha le couteau, s´habilla rapidement, et puis avant de quitter l´appartement, se retourna une dernière fois sur le cadavre, et dit : "Tu as toujours été, tu es le plus grand des salauds... Je te deteste et je te detesterais toujours, papa."