Bon normalement j´ai pas le droit de poster ce texte comme il est pas de moi mais chuuuut
L´ampoule, ou comment faire d´une banalité - changer une ampoule - un mélodrame poignant
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L´ampoule
Parfois, les idées tournent comme dans un manège dans ma tête, tournent de plus en plus vite, et finissent pas éclater. Je ne saurais dire exactement pourquoi, ni même la raison qui justifie ce que ces idées on formés, mais, elles l´ont fait : j´eus envie de changer mon ampoule. Je sais que cela n´aurait pas été très correct, ni même compréhensible, mais, cette ampoule au plafond, comme centrée sur une immense toile, me parlait, me fixait, alors, je ne pus m´empêcher de lui offrir ce qui lui était dû, ce que je me devais de lui offrir : la changer. Quel était réellement le prix à payer pour me soumettre ainsi à mes pulsions, et aux siennes ? Cette ampoule m´obsédait, me fascinait tant, et voilà que je devais la changer. Ce fut pour moi le début de la fin, pour elle également.
Je pris un support solide qui me permettrait d´accéder à mon icône, et, comme si que le bonheur atteignit son paroxysme, je pleurai. Je ne pouvais plus faire marche arrière, j´étais en face d´un trésor, d´une ampoule fixée au plafond. Toute cette beauté m´aveugla, et je restai là, bouché bée, à la fixer, sans oser bouger, sans rien penser. Toute sa splendeur me traversa l´esprit, et, quand toute sa magnificence sembla perdre de son éclat, mon esprit sembla regagner mon corps. Sans même oser y penser, ma main parcoura délicatement les formes rondes, si parfaites de l´ampoule. Je profitai de cet instant, je savais au plus profond de moi que cela ne durera pas, je fis tout pour prolonger ce moment d´intimité. L´ampoule semblait continuer à me fixer, je fis de même, et ce partage de regard était un échange très intime, mais j´eus peur de perdre encore la raison à ce moment. Je ne pouvais me résilier à me laisser aller trop facilement, et l´ampoule me rappelait d´elle-même à l´ordre. Oui, tout était de ma faute, tout ce que j´endurai était entièrement dû à ma propre conscience.
J´étais, en vérité, perdu; déjà enfant, les ampoules me fascinaient, j´établis très vite une collection, regroupant une bonne centaine d´ampoules différentes. Mais, il m´en fallait plus, toujours plus. Je trouvais par-ci par-là de quoi remplir cette collection, tout allait vraiment pour le mieux. Mais, un jour, le voisin, jaloux, pris un marteau, et réduisit les ampoules en poussière, littéralement. J´étais trop jeune, et tétanisé pour défendre mon trésor, je n´avais plus que mes yeux pour pleurer. Depuis ce jour, les ampoules m´obsédent autant qu´elles me paraissent anodines.
Je continuais de caresser l´ampoule, observant mon propre relfet. J´étais hideux, hideux de colère de d´obsession. J´étais à deux doigts de prendre un marteau, et de réduire en poussière cette ampoule. Les cauchermars me hantaient de plus en plus, j´eus l´impression de devenir ma propre phobie. Je savais que je ne pourrais jamais faire de mal à une ampoule, mais je me sentais de plus en plus perdu, et cette ampoule, en renvoyant mon reflet, renvoya toute ma stupidité, et ma colère.
Je devais changer cette ampoule, autant que je voulais la détruire...