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Liste des sujets

Moussa 1.2

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
27 février 2007 à 19:25:16

C’était en hiver, saison qui ne tapis plus que les rêves de neige, saison des glaires verts et épais, saison des grosses écharpes laides et irritantes que mamie a tricoté et saison où les immeubles saucissonnés dans leurs guirlandes rutilantes paraissent encore plus pourris, encore plus déplorable. Vincent Moussa habitait l’un de ces immeubles.
C’était un jeune homme assez singulier pour ainsi dire, il avait une passion étrange. Le moindre fait d’évoquer cette passion faisait se dresser les cheveux du sérieux M. Moussa, provoquait des ulcères à Mama Moussa cette fanatique de gospel et déclenchait des hilarités interminables chez les camarades de classe de Vincent qui n’avait rien d’autre que la culture hip hop dans leurs caboches ; la passion de Vincent était des plus douteuses, il aimait le défunt rock.
Penché sur son bureau, rien qu’à la faible lueur de sa lampe de chevet, il méditait son exercice de mathématique. « Morbleu ! Cette mégère n’aura de cesse de nous broyer les méninges, se dit il en pensant à son professeur.
La logique arithmétique lui faisait défaut, ses équations bizarroïdes et ses formules incoercibles le laissaient prostré et la tête grosse comme une pastèque, il n’y comprenait rien !
Il se massa les yeux pour en nettoyer la lassitude qui s’y était niché et s’adossa sur sa chaise pour souffler un peu. Il regarda son chat qui dormait profondément sur son lit.
« Tu ne t’en fais pas au moins toi noiraud, dormir jour et nuit à te rassasier de rêves doucereux, c’est ça la vie féline, sale bête ! Si nous pouvions échanger nos places.
Soudain des bruits de pas dans sa chambre, le fit tressaillir.
- Ola, maître oisif, comment va ? S’écria-t-on.
Il se retourna, devant lui ce tenait un petit être aimable avec des petits yeux miroitants de malices, un sourire chaleureux et un corps tout fin dans une plaisante robe rouge. C’était sa petite sœur, fraiche comme une pomme, elle s’appelait Marie.
- Maitre oisif ! S’interloqua Vincent. Mais qu’est ce que tu fais là ? Tu viens encore rire à mes dépends, c’est cela ? Avoue !
- Non, non, fit Marie
Alors Vincent, minaudant, lui demanda ce qu’elle voulait.
- Et bien, trois fois rien, répondit-elle. C’est seulement que notre tyran de papa m’a ordonné de m’adonner à des activités « constructives et intelligentes » au lieu de « m’abrutir devant la télévision ». Et lui, il ne s’abrutit il pas non plus à rester des heures durant sur un fauteuil miteux à écouter de la musique de chasse ? (Marie avait toujours eut l’adorable conviction que la musique classique était lié à la chasse) Je pense qu’il devrait se remettre…
- Viens en au fait, sans ambages, je n’ai pas que ça à faire, Marie !
- Ah ! Et bien j’ai pensé que… Venir dans ta chambre pour lire un livre, ce serait un moyen qu’il me fiche la paix une bonne fois pour toutes, s’élança-t-elle avec affairement.
- Alors ça a gambergé dans ta petite tête et tu t’ais di que forcément se serait un moyen pour qu’il te « fiche la paix une bonne fois pour toutes », dit il d’un ton satirique qui fit rire sa petite sœur. Bien sûr que tu l’aura la paix, mais moi… je peux rêver ! Non, file dans ta chambre, tu vas encore faire le zouave, la dernière tu as même mis le feu à ma poubelle.
C’était parfaitement vrai, d’ailleurs la moquette gardait toujours les stigmates du passage d’un épais coulis de plastic en fusion : un gros trou calciné. Marie tenta de contenir, les mains devant sa bouche, le rire que lui provoquait l’allusion à cette mémorable bêtise.
- Mais voyons, mon p’tit frère adoré, ce n’était qu’un excès de zèle, dit-elle évasivement.
- Un excès de zèle ! S’égosilla-t-il. Mais tu as faillit tous nous faire rôtir comme des brochettes ! Sors d’ici !
- Et si je suis muette. À partir de maintenant je ne ferais plus de bruit, sage comme une image, quand je marcherai on ne m’entendra pas, quand je parlerai on ne m’entendra pas, et quand je pe…, enfin je serai silencieuse.
Elle fit signe de fermer sa bouche comme une fermeture éclair.
Il n’y avait rien à faire, Marie n’était pas décider à décamper et Vincent qu’il aurait bien du mal à avoir le dernier mot.
Il se mit à genou devant elle et yeux dans les yeux, joua de l’emphase:
- Marie, Marie, ma chérie, tu es la sœur que je préfère (et la seule soit dit en passant), que serais je sans toi ? Je perdrai toutes saveurs, je serais une poubelle sans ordu… euh. Je serai une mer sans poisson, je serai un vampire édenté…, je serai, je serai… un cœur qu’on aurait pressait de toute ses forces et essoré de sa liqueur la plus fruité.
Les yeux Marie pétillaient, elle était redoutablement sensible aux flatteries, Vincent voyant que son plan fonctionnait reprit :
- Mais, s’il te plait, conjura-t-il, laisse moi seul, j’ai besoin de la plus grande attention pour mater ce fichu problème. C’est très important si demain ma copie est encore blanche, la mégère va m’incendier et tu n’auras plus de ton frère… qu’un triste tas de cendre.
Marie lui répondit par le langage des signes, alors il débrailla la braguette imaginaire qui lui cloué la bouche. Ayant désormais retrouvé l’usage de la voix, elle se mit en condition pour porter le coup de grâce, elle ouvrit grand ces yeux félins, et toussa gravement pour dégager sa voix la plus cristalline:
- Aller, si’teu plait mon frérot, tu sais… je t’aime très fort, dit elle en clignotant des paupières.
S’en était trop, la petite avait encore une fois charmé son frère, il accepta.
Il la regarda du coin de l’œil pendant qu’elle fouillait dans les rayons de sa bibliothèque de peur de voir ses livres partir en confettis, Vincent n’exagérait pas on pouvait s’attendra Marie et en plus il y tenait à ses bouquins.
Marie se retourna et présenta son choix comme un trophée, une bd à la couverture taché par du café.
- Je vais lire ça ! Annonça-t-elle.
- Parfait ! Fameux livre ! Je travaille maintenant, bonne lecture, du bruit et c’est la porte !
Et il se replongea dans son exercice. Il le relut une fois, une autre et une autre encore. Sa sœur lisait tranquillement assise sur la moquette. Son chat impassible n’avait bougé d’un poil depuis plus d’une heure. Sa tête bouillonnait. Il referma son livre et posa sa tête contre ses bras pour somnoler. Abandon. Demain son professeur le haranguerait avec cruauté.
Au bout d’un moment, on entendit la voix de Mme Moussa qui demandait à ses enfants de venir car le diner était prêt.
Vincent se leva, mais sa sœur restait assise.
- Tu viens ? Demanda-t-il.
Elle releva la tête, et lui adressa un sourire captieux.
- Je finis mon livre et j’arrive, ne m’attends pas, répondit elle.

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
02 mars 2007 à 08:44:19

up

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
04 mars 2007 à 12:41:06

up

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
05 mars 2007 à 19:12:18

Est ce qu´on est obligé d´écrire de la merde, ou d´avoir des éléments d´intrigue et l´élément perturbateur des les premières lignes pour qu´on daigne nous commenter nos textes dans ce forum?

Amir_
Amir_
Niveau 9
05 mars 2007 à 19:24:59

Non! Mais certaines personnes n´aiment pas poster quand elles ne savent pas de quelles manières commenter.
J´avais lu le début de la première version y a longtemps, et me souviens avoir aimé -sans avoir posté, pardon -. Celle ci me plait toujours, le ton un peu ironique du début m´a fait sourire, et on lit sans se forcer.
Le truc c´est que c´est un peu court forcément, ce genre de textes est plus agréable a lire en gros blocs, pour bien cerner l´intéret de la fic. Donc la suite serait bienvenue, si ce comm pas très fouillé te pousse a la poster :)

Amir_
Amir_
Niveau 9
05 mars 2007 à 19:28:59

Ah oui juste un détail: fais attention, il y a quelques fautes ( tu t’ES diT que forcément Ce serait un moyen ) que j´ai pas toutes notées, mais relis toi juste un peu mieux; et j´ai noté un oubli de mot ( tu vas encore faire le zouave, la dernière FOIS tu as même mis le feu à ma poubelle. )
Voilà.

titouan77
titouan77
Niveau 7
05 mars 2007 à 19:35:26

T´as de la chance, c´est ma soirée des commentaires.
Y´a très peu de fautes d´orthographe, quelques oublis de mots, mais bon, rien qui empêche la fluidité.

Par contre, le langage de tes personnage fait très, très, trop soutenu.
Moi je parle comme ça à une fpetite fille, elle s´enfuit en courant.
Non mais sérieusement, ça me parait trop compliqué pour un langage oral.

Pour ce qui est de la narration, j´accroche assez, le style est bon (malgré parfois un peu de grandiloquence). En lisant, on reste calme, on voit la scène, avec la petite fille malicieuse qui gagne toujours.

Donc, c´est un beau tableau quotidien mais qui mérite, selon moi, un remaniement des dialogues.

Amir_
Amir_
Niveau 9
05 mars 2007 à 19:40:06

Toujours sympatique, et certaines remarques font sourire. Mais attention, tu as tendance a mettre beaucoup de "et" que tu pourrais remplacer par des virgules en peu de lignes. Ca alourdit le texte par moments.
Toujours beaucoup de fautes, et celle la m´a choquée: "si tu aurais été voir ": si tu avais... Je t´en prie fais plus attention, parfois c´est très gênant!
La petite histoire du père est un peu molle. Tu devrais lui donner plus d´intéret, ou alors l´introduire d´une meilleure facon. Elle arrive trop vite, le lecteur ne s´y attend pas, et je me suis un peu ennuyé sur ce passage.
N´hésite pas a poster la suite, à moins que tu n´attendes d´autres lecteurs. J´essayerai prendre le temps de la lire. :)

titouan77
titouan77
Niveau 7
05 mars 2007 à 19:44:42

Plus de fautes que dans la première partie. La parole du père parait déja plus naturelle que celle des enfants avant.
Par contre, je trouve que tout ce long passage n´est pas très bien introduit dans le contexte. T´aurais peut être du rajouter quelques lignes.

L´histoire est toujours sympathique, sans prétention, mais plaisante à lire.

Donc continue, on s´attache bien à cette famille normale.

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
05 mars 2007 à 19:56:29

Ouai je sais pour la partie du père , un peu mollassonne , faut que je la retravaille. j´essayai d´introduire les causes du comportement rude du père, mais j´ai fait sa vite fait aujourd´hui, alors que le reste du texte je l´avait écri depuis longtemps alors c´est un peu moins bien.

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
05 mars 2007 à 20:00:35

mais pour les dialogues un peu soutenu c´est pour créer un décalage. Je trouve que « Morbleu ! Cette mégère n’aura de cesse de nous broyer les méninges
Ca casse directe par rapport au statut du personnage, enfin je trouve ça marrant. Mais depuis que j´ai posté ,j´ai réécris le premier passage et j´ai un peu adouci le style.

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
08 mars 2007 à 09:37:49

:up:

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
08 mars 2007 à 17:58:26

Sa vaisselle lavée, Mme Moussa revint dans le salon. Un verre d’eau lui fit plus facilement avaler son bonbon. Une grosse pile de linge l’attendait. Elle installa sa table à repasser et l’atmosphère ne tarda pas à devenir lourde de jets de vapeur.
Autant elle mangeait autant elle travaillait, Mme Moussa. C’était le genre de femme qui bornait sa vie au travaille sans prendre un temps pour soit même. Toute la journée elle astiquait de fond en comble les maisons des autres pour récolter une misère et le soir venu quand elle rentrait chez elle totalement désinfecté elle devait encore entretenir son logis. Ménage. Ménage. Ménage. Nettoyer la cuisine, astiquer les carreaux, récurer les cuvettes. Même ses propres rêves étaient hantés par la propreté, elle y voyait défiler des verres absents de trace de calcaire et des dessous de meubles sans la moindre peluche de poussière.
Néanmoins, elle ne se plaignait pas de sa condition, c’était une femme assez simple qui prenait la vie comme elle venait et sans se poser de questions.
Elle regardait Vincent, son livre reposait sur ses jambes, il restait statique, la tête ailleurs.

- Bah qu’est ce qui se passe mon chou ? Demanda-t-elle. T’es tout pâlot et t’as le regard vide. Ca ne va pas ? Tu veux un câlin ?
- Oh, non c’est rien Mama, c’est juste que je suis fatigué. Et puis tu sais bien que je suis trop vieux pour les câlins, je n’aime plus ça.
- Il n’y a pas d’âge pour les câlins tu sais, et quand on se sent tout triste, il n’y a rien de mieux, insista t’elle.
- Non ça ira, vraiment.

Vincent le remarquait, les bonbons de paradis artificiel modulaient aussi les réactions de sa mère.
Ses instincts maternels se développaient jusqu’à ce que ça en devienne étouffant. Elle était à l’affut, et demandait tout le temps à ses enfants si quelque chose les tracassait. Après elle voulait les consoler, les serrer tout près de son cœur pour leur faire entendre qu’il ne battait que pour eux.

Vincent se releva, il embrassa sa mère, elle lui conseilla de bien se mettre sous sa couette pour éviter d’attraper froid. Puis ce fut au tour de son père.
- Je t’aime très fort mon fils, dit-il avec une lueur de tristesse.
Vincent ne répondit pas, il se méfiait des bonbons. Avant de sortir de la chambre, il frotta les cheveux de sa sœur. Elle geignit.
- Bonsoir p’tite teigne, dit-il.
Puis il regagna sa chambre et son lit douiller.

Il avait beau essayer, il ne trouvait pas le sommeille. Il se tournait d’un côte et d’un autre, il était angoissé, il n’avait pas réussi son exercice et il aurait beau expliquer à Mme Guennec que ce n’était pas de sa faute et qu’il avait tout tentée pour le faire, elle ne le croirait pas et il allait encore en prendre plein la tête.
Ah, la sournoise elle avait bien changé depuis le début de l’année. Il se rappelait les premières fois où il l’avait vu, petite femme blonde platine, la peau détendu avec son costume turquoise et son foulard autour du cou ; elle souriait tout le temps, elle donnait des surnoms niaiseux à ses élèves et elle leur offrait aussi des bonbons à la fin du cours. Mais ceci c’était pour mieux les terroriser une fois le premier mois passé, maintenant elle les raillait de tous les noms et à la place des caramels et des sucreries elle refourguait des heures de colles à tirelarigot. Néanmoins elle avait ses petits favoris qui avaient le droit à un traitement de faveur mais Vincent n’en faisait pas parti, loin de là.
Le jour suivant ne se présentait pas sous les meilleurs auspices, çà allait être une bien vilaine journée, Vincent en frémissait.
Comme il aurait voulu être une star du rock : plus d’école, plus de profs, plus de contraintes. De la liberté à perte de vue. A lui la vie à cent à l’heure. A lui les concerts de folie avec la foule en délire. A lui l’argent à foison. Et les filles. Et les fêtes. Et il en profiterait pour se venger de ce professeur en écrivant une chanson qui l’humilierait.
- Ha ! Ha ! Vengeance, se disait il.
Le rêve. Ce serait génial, extra, la vie serait si belle. Mais ce n’était qu’un rêve, rien de plus rien de moins, il devrait malheureusement se contenter de sa triste vie pour le reste de… sa vie. A quoi bon continuer à être s’il n’y a aucune chance de réaliser ses rêves.

A moitié triste, il se rappela les explosions de lumières pour se consoler. Bam ! Boum ! Fssh ! Hé !
La belle rouge, hé ! La grande bleu et puis c’elle là la magenta. Il avait trouvé ca si beau, ça avait fait un grand fossé de couleurs dans sa vie monotone et il n’en revenait toujours pas. Comment son père pouvait il rester insensible à de telles choses ? Comment la loi pouvait elle les interdire ? Et dire qu’il n’en reverrait peut être plus jamais, le monde était vraiment mal adapté à Vincent Moussa. Il fallait qu’il trouve comment on fabrique des explosions pareilles, et qu’importe les lois, ils les feraient péter à tout va dans les rues. Ca, ça serait cool. Puis se faisant, au rythme des pensés qui deviennent des rêves, ses paupières s’alourdirent, et il s’endormit la tête peinte d’éclats lumineux.

Le lendemain matin, il se réveilla comme une fleur car son réveil n’avait pas sonné. Pensant qu’il était tôt, il en profitait pour s’étirer et repenser à ses rêves lyriques faits de chevaliers et d’amour incessants. Puis il se pencha et regarda l’heure, ce fut comme un coup de poing dans le ventre et il vit aussitôt apparaître les yeux de Mme Guennec brulant de rage. Il était déjà tard et si son réveil n’avait pas sonné ce n’était parce qu’il s’était réveillé plus tôt que d’habitude mais parce qu’il avait oublié de le remettre l’alarme en route le soir précédant. Il sauta de son lit et tituba de fatigue jusqu’à la salle de bain. Il se lava mollement au lavabo en regardant le papillon de nuit qui se débattait dans la coque qui protégeait le néon. Il se donna un rapide coup de peigne, histoire de ne pas trop ressembler à un homme de Cro-Magnon puis il se rut dans la cuisine où il s’enfonça dans le gosier une banane et un bout de pain rassit.
Quelques minutes plus tard, il sortait de son immeuble et s’enfonçait dans la brume et le froid. Il ne voyait pas plus loin que le bout de son nez et il grelottait terriblement sous sa mince veste en laine.

Il marchait lentement pour ne pas se taper en pleine face un poteau ou un passant.
- Alors là c’est la fin des haricots, se dit Vincent, non seulement je n’ai pas fais mes exercices et je vais arriver en retard. Ce soir je ne reviendrais pas chez moi vivant, la vieille va me tuer. Peut être que je ferais mieux de sécher.
Et pendant qu’il marchait il se posait le pour et le contre, d’un côté il allait se faire tuer par son père si il ne venait pas en cours et de l’autre c’était Mme Guennec qui l’attendait la fourche entre les mains.
- Oh malheur ! Je souhaiterais ne jamais être nait.

Et bientôt il passa sous l’ombre oppressante de grands barreaux noirs, derrière il y avait un gros bâtiment de briques rouges, ses fenêtres étaient des yeux jaunes et terrifiants et son porche d’entrée, une grosse bouche écarlate aspirant la brume en attendant de dévorer la jeunesse.
Il entra dans le collège, les couloirs étaient déserts et ses pas résonnaient sourdement. Il monta un escalier, pénétra un autre couloir. Et là dans un sombre renfoncement, l’attendait une porte bleue.
Derrière, il reconnaissait la voix de l’institutrice, sèche et grinçante, rien que de l’entendre il en avait la chair de poule. Il pouvait encore faire marche arrière et revenir chez lui, en vérité ça valait mieux, il s’était finalement décidé à prendre la poudre des d’escampette quand des bruits de pas se firent entendre. Il jeta un œil, c’était le proviseur qui faisait sa ronde, si il le remarquait alors il lui demanderait ce qu’il fiché à trainer dans les couloirs, et il n’avait pas intérêt à jouer au plus malin avec lui, car il les trouvait au premier coup d’œil les petits garnements et au final, c’était toujours lui qui riait le dernier. Tant pis, il n’avait plus d’autre choix, il frappa à la porte, le cœur serré.
- Entrez, fit-on.
Il ouvrit, et les trente petites faces ainsi que celle du professeur se retournèrent immédiatement sur lui.
- Tiens-le voilà celui là ! Dit-elle.
- Euh… Oui c’est moi, chevrota Vincent d’un air penaud.
- Et bonjour c’est pour les chiens ?
- Excusez-moi. Bonjour. J’ai eu une panne de réveil.
- C’est comme tes pannes de cerveaux, ça t’arrives souvent. (L’ensemble des visages explosèrent de rire) Aller va t’asseoir.

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
10 mars 2007 à 15:57:57

:up:

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
12 mars 2007 à 18:38:24

:up:

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
13 mars 2007 à 21:00:39

:-((

Il se frayait un chemin parmi les tables. Il sentait sur sa peau, le poids lourd des regards. Tous ces élèves, il les voyait rigides, droits, ennuyeux, gris. Des vingt sur vingt. Des cahiers sans ratures, sans griffonnages. Des stylos plumes qui ne fuyaient pas. Des sourires narquois. Pas une lueur.
Il souleva sa chaise pour ne pas la faire crisser contre le sol. Il s’assit, sortit son cahier, sa trousse. Avec un peu de chance, un tout petit peu de chance, il se dit que Mme Guennec avait déjà vérifiée les exercices.
- Bon sortez vos cahiers et montrez moi ce que vous aviez à faire pour aujourd’hui.
Vincent tomba des nues. Mais après tout, peut être qu’il pouvait encore s’en sortir. Il s’adressa à son voisin de droite.
- Eh toi, tu n’aurais pas fait ton exercice par hasard ?
L’autre ne répondait pas.
- C’est parce manque de pot j’ai rien compris. Trop compliqué. Toi t’as réussi ?
Pas de réponse.
- Eh tu m’entends ? Si t’as réussi, tu peux me le passer ? Faut absolument que je montre quelque chose à l’autre sinon je suis mort, tu comprends ? Eh ! Tu m’écoute ! Ho ! Ho !
Son voisin se retourna.
- Médiocre, dit il sans ton.
Vincent ne répliqua pas. Dans la classe, on ne l’aimait pas, ou bien on se fichait éperdument de lui, ce qui était bien pire. Il s’apprêtait à demander à son autre voisin mais ne le fit pas, il n’obtiendrait jamais rien de ces gens là, il le savait. Dans l’entrefaite l’institutrice avait déjà vérifié la moitié de la classe, et elle n’avait pas fait de reproche à ses élèves, ils étaient tous en règle. Le moment fatidique approchait à grande enjambée. Vincent aurait voulu être à des milliers de kilomètres d’ici, à l’autre bout du monde même.
Les mains crochues de Mme Guennec s’appesantissaient sur la tête d’un petit élève. Frêle et tout rose comme un bonbon. Petit Bob tremblotait comme une feuille morte. Lui aussi il était détesté. Il le sentait jusqu’au bout de ses doigts osseux. Vincent se mettait à sa place.
- Je ne comprends pas, Bob, ta feuille est blanche Où est ton exercice ? Demanda-t-elle calmement, laissant bouillir son venin.
Bob baragouina quelque chose d’inaudible.
- Tu peux parler correctement, s’il te plait ! Est-ce que moi je m’adresse à toi en marmonnant dans mes moustaches ?
- Pas compris, répéta t’il faiblement.
- Qu’est ce tu n’as pas compris, vas y je t’écoute, c’est l’exercice c’est ça ? dit-elle avec douceur ce qui eut l’air de rassurer Bob.
- Oui ! répondit il un peu plus confiant en lui.
- Comment ça se fait, Bob ? Dis-moi comment ça se fait que tu n’ais pas réussi ! Attends je te relie la question : « Combien de vache le fermier Dupont devra il faire abattre pour préserver son troupeau de l’épidémie ? ». Tu devais te servir des informations données dans l’énoncé pour répondre. C’est pourtant simple ! Tu es débile ou tu as des lacunes en français, peut être ? Dis-moi, qu’est ce qu’il y a de compliqué là dedans ?
La voix de l’institutrice devenait à chaque phrase, à chaque mot, plus agressive. Bob était pétrifié de peur, il ne répondait pas. Elle répéta la question.
Que pouvait dire Bob ? C’était le genre de question c’était le genre de question auxquelles on ne peut répondre, le genre de question cruelle qui fait baisser les yeux des élèves et les déconcertent complètement.
- Bah répond, imbécile ! Hurla-t-elle totalement ahurie en frappant sa main fripée contre la table.
Vincent bondit de peur. Noire de peau, il était à ce moment aussi pâle qu’un kangourou albinos.
- Je sais pas, dit finalement Bob.
- Tu ne sais pas ! Tu ne sais pas ! Toi tu ne sais rien ! Mais moi je sais des tas de choses, tu n’es rien d’autre qu’un gros fainéant. Tu ne fiches rien en classe et tu t’étonnes de ne rien réussir. Ecoutes moi, maintenant je ne rigole plus, tu va suivre mes cours et tu vas les suivre d’une oreille attentive. Sinon je vais te resserrer les boulons et crois moi, tu en baveras ! dit-elle avec un rictus effroyable.
Pauvre Bob, dans un sens c’était vrai, il ne suivait aucuns cours si ce n’était celui physique-chimie. Il flânait, s’ennuyait à mourir. Parfois Vincent le regardait, il était dans les nuages, les yeux perdu loin derrière les fenêtres. Et avec son visage tout rose et tout rêveur au milieu de toutes ces faces mornes, les instituteurs l’avaient dans le collimateur, ils le rabrouaient à chaque fois qu’il s’égarait. Vincent se disait que dans la tête de petit Bob et la sienne, il y avait certaines choses qui se ressemblaient.
Mme Guennec se retourna vers la classe et reprit :
- Bien, le prochain qui n’a pas fait ses devoirs, il est foutu !
Les yeux de Vincent s’exorbitèrent. Dans la panique les idées les plus folles lui vinrent à l’esprit, il pensa à simuler une crise d’épilepsie ou à déclencher une mutinerie, mais les deux idées lui paraissaient absurdes.
L’instructrice vérifiait maintenant la table derrière lui.
Vincent avait le visage en sueur, il était tellement angoissé que son estomac l’élancé, il en avait envie de vomir.
Plus que quatre élèves, trois, deux, autour de son voisin. Une ombre effrayante se posa sur le bureau de Vincent, il ne voyait pas Mme Guennec, elle était placée derrière lui les bras croisés.
- Montre-moi tes exercices s’il te plait.
Sa phrase eut comme l’effet d’un pique dans le cœur de Vincent.
- Attendez madame.
- Ton exercice devrait déjà être devant moi, grogna t’elle.
Vincent d’une main tremblante feint de chercher son exercice dans un porte document, il observait chaque feuille une par une.
- J’attends !
Il sursauta, son porte document tomba parterre renversant toutes ses feuilles.
- Il a vraiment du mal, siffla t’elle.
Son cœur battait la chamade, il ouvrit son cahier et tourna les pages.
- Mais qu’est ce que tu fais ?
La ruse était si mondaine que prit de désespoir il décida de s’élancer, il n’y avait pas d’autre moyen :
- En fait, je n’ai pas trop eut le temps de…C’est mon chien qui avait faim… Et comme…
Mais là comme par miracle, sur la dernière page écrite de son cahier, précédé par des calculs était marqué : Il faudra que le fermier amène vingt vaches à l’abattoir pour enrayer l’épidémie.
- Voilà il est la mon exercice ! dit il précipitamment.
Tous se muscles se décontractèrent, il souffla un grand coup, il ne se posait même la question de savoir comment est ce que les réponses étaient apparus.
L’institutrice prit le cahier entre ses mains.
Vincent était soulagé, son cœur ne s’était pas encore remit et battait encore très fort.
« Schrrrch ! » Mme Guennec avait arrachée sa page.

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
16 mars 2007 à 17:11:57

tralalala :o))

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
20 mars 2007 à 18:13:04

:up:

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
25 mars 2007 à 11:49:17

:up:

bolterlourd
bolterlourd
Niveau 6
31 mars 2007 à 11:30:10

:up: :up: :fou:

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