Ahem. Décadence.
L´amour rend dingue.
£njoy (ou pas)
Décadence
- Je ne puis réclamer le calme puisque je suis artisan de ma propre décadence.
Yohan-Kiefa
Je cherche en vain une fenêtre, mais aucune ne se présente à moi. L´air de la campagne me manque et la simplicité de ses fleurs me rend nostalgique. Les vaches qui pâturent dans les prés dorés de pissenlits. Les routes de graviers qui mènent vers la rivière où quelques enfants tardent à rentrer. Un peu plus loin, les sentiers verdis. Et toujours plus loin, les montages et le soleil qui s´y couche au crépuscule. Les vieillards sur les terrasses du village où j´ai grandi. Fumée et fragrances garanties parmi les contes et légendes de leur passé qu´ils prennent plaisir à raconter. L´incarnation de la paix entre deux collines et trois moulins.
Il me semble impossible ce matin de réclamer le calme, puisque je suis artisan de ma propre décadence. Il me semblait évident que j´étais trompé, qu´on se jouait de moi. J´étais un simple outil qui soulagea quelques maux, un remède facile qu´il suffisait de consommer. Un phare dans la nuit peut-être ou une ombre bienfaisante. Une main qui réconforte ou un souffle qui console. Un obstacle aux malheurs ou à jamais une voix qui promet. Malheureusement, toute médecine se voit un jour dépassée. Bonne ou mauvaise, elle fera partie du passé. On m´a trahi, si je puis le dire ainsi. Je suis honteux, car remplacé et supplanté par un baume nouveau. Il s´agit d´un amour illusoire auquel mon coeur a voulu croire. Que j´ai été naïf! Que mon coeur souffre désormais! J´en suis responsable, car j´ai cru possible l´improbable! Pourtant, on m´a mis en garde! Pourtant, on m´a crié gare! Au mal, aux mensonges, aux sentiments illusoires! Je pourrais demander pardon et me répandre en excuse. Seulement, j´ai la prétention d´accepter ma peine toute simple comme seul et unique châtiment.
J´ai flanché sous ton regard qui me rend hagard. J´ai caressé ta peau jusqu´au petit matin et embrassé chacun de tes gestes. La nuit nous rendait fou, la nuit nous rendait sain, comme un baiser sur ton sein. Ta chevelure noyait mon visage dans un océan noir et apaisant tandis que ton coeur battait au creux de ma main. De simples moments, de courts instants que je me remémore encore. Il se lèvera et se couchera bien des lunes avant que ton image s´estompe. Tes sourires l´ont âcrement gravé dans mon esprit. Une damnation sans prière, si ce n´est une douleur sans frontière. Mon amour pour toi vînt trop rapidement, nourri par les promesses de tes yeux, le goût de tes lèvres. Sache me pardonner, car je t´ai aimé et t´aimes encore. Un jour, bientôt, demain, peut-être, tu quitteras mon coeur et je ne souffrirai plus. Je te hais, je t´abhorre, oui je t´aime encore.
Puisses-tu un jour comprendre, le mal que tu engendres.
