J´ai écrit ce texte à 4h du matin grâce à une inspiration aussi soudaine qu´inatendue. Il me laisse d´ailleurs une impression assez bizarre à chaque relecture. Je vous laisse juger. ^^
Bonne lecture!
£njoy (ou pas)
Rêvons au orphelins
L´église de la rue nous enseigne que le plus fort l´emporte.
La bible des orphelins!
Nombreux sont ses disciples qui ont tout perdu.
Peut-être n´ont-ils jamais reçu, ne serait-ce qu´une once d´amour?
Grand-père est mort ce matin, son sang entache mes mains ...
J´observe la porte d´entrée qui va-et-vient au gré du vent, jamais plus il ne la refermera. Les fleurs du jardin faneront bientôt et leurs douces fragrances iront le rejoindre. Je confirme, grand-père est mort ce matin. Son regard inerte est posé sur les portraits de grand-mère, une dernière emprise sur la vie avant de partir. Je ne peux qu´être ravi de son décès! Au bonheur, il me donne accès! Bien sûr les policiers viendront ainsi que ma famille que j´abhorre et s´ensuivront les querelles et questionnements! En fait, cela ne représente que du temps, des moments dûment consacrés à tout ce sang. Une preuve concrète que même séché et étendu sur le parquet, il peut encore rapporter. Je t´aimais grand-père et ton départ me déprime, mais ta mort m´est bénéfique. Le vent souffle dehors et le ciel s´apprête à pleurer ta perte. S´il existe un Dieu, c´est en enfer qu´il me jettera! Mon aïeul gît en bas de l´escalier, empalé funestement sur un tisonnier!
Je me complairai à dire qu´il a trébuché ...
Que je suis lâche!
Je n´ose plus le regarder!
Mon coeur est maintenant celui d´un meurtrier!
Les premières sirènes se font entendre, il s´agit d´ambulanciers. Je ne suis pas fou même si la folie m´emporte. Tout était planifié! Les fragrances subtiles de l´héritage caressent mes narines depuis des lustres. Le sourire du notaire et cette paperasse maintes fois signée comblent mon esprit de silhouettes obscures. Il n´y a plus rien que ces monstres qui sont mes proches puissent faire maintenant! L´air frais du nord attend ma venue et je le rejoindrai sur les ailes de la mort.
Que je suis lâche!
Je n´ose plus le regarder!
On entre chez moi sans prévenir! Quel manque de bienséance! Mais il sied si bien à ces hommes sans expression qui campent sur le pas de ma porte. Mon visage affolé ne semble guère les surprendre, mais c´est un jeu auquel je dois jouer. Perdre signifierait ma propre fin! L´un d’eux s´esclaffe tandis que l´autre m´emmène à l´écart. Le visage de ce dernier démontre une fausse sympathie, malheureusement immanquable pour cet homme qui contemple chaque jour l´oeuvre de la faucheuse. Chacun vit son calvaire et le sien est de côtoyer la mort, les pleurs ... et les meurtriers! J´ai peine face à son sort auquel je pourrais mettre fin si aisément. Un cadavre de plus s´écrasant contre le sol de ma demeure ne pourrait blesser davantage ma conscience. Et malgré leur pouvoir de guérison, ces doux salvateurs du morbide ne peuvent soigner le mal qui jouit en moi. Il y a de ces maux que même la plus subtile des connaissances ne saurait éradiquer.
Ma main se porte à ma nuque que je caresse doucement. Des larmes bataillent le long de mes joues. La peur me saisit tout à coup! Je crains que ma tristesse soit réelle! Certes, elle ne rendra mon jeu que plus vrai, mais elle se veut un appel aux remords! Un cor qui retentit dans la plaine des regrets. Qu´importe! Je les chasserai! Il me faut fuir ce combat qui ne peut connaître de dénouement. Ce sont mes aveux que cette peine apportera ou encore ma mort qu´elle déclenchera!
Un bruit sourd à la fenêtre me ramène à la réalité. Un oiseau gît sur le rebord du carreau. Un signe cadavérique de malheur! Heureusement, le mal qu´il annonce s´est déjà produit, dû moins, je le souhaite. Je lève les yeux et croise ceux de l´infirmier. Son sourire me répugne et je n´ai qu´une envie, oublier et partir au loin respirer l´air du nord qui m´attend! Son comparse a cessé de rire et le dégoût se lit sur son visage. Cela pique ma curiosité et je me sens poussé vers le cadavre de grand-père. L´horreur au bas de l´escalier! J´observe ce pour quoi il s´est tu! L´horreur innommable qui saura me marquer! La simple idée que je sois indirectement responsable de cette vision me torture déjà. Là, tout en bas! Un chat! Deux chats! Un macchabée qui leur sert de repas! Son visage entièrement dévoré. Ils n´ont pas chômé ces vils félins. J´admire presque leur entrain, mais je suis écoeuré! Il y a encore une heure, il était entier, il était vivant, il était mon grand-père. J´entends encore ses pas et le claquement de sa canne en cerisier. Ces bruits résonnent en moi comme un procès à ma conscience. Je ne distingue plus les infirmiers ni ce qui m´entoure. Il n´y a que la sirène des policiers que je perçois faiblement. Les chats de feu grand-mère gambadent dans mes pensées. Leurs museaux ensanglantés brillent dans la pénombre omniprésente. Toujours ce scintillement se promet d´éclairer mon esprit, il ne me laissera point de répit.
Mon coeur est maintenant celui d´un meurtrier!
La réalité me gifle violemment. Des gyrophares crient et tournoient au-dessus de moi! Des menottes coupent lentement ma circulation tandis que des policiers indifférents discutent derrière un grillage. La situation en est presque jouissive!
Je me complairai à dire qu´il a trébuché ...
J´ouvre les yeux et relâche un sanglot. Mon esprit qui divague encore! Il ne faut pas que cela se produise. L´infirmier me prend prestement le bras et m´éloigne de cette scène où repose un grand-père au visage dévoré. La sirène des policiers retentit dans la cour, cette fois, ils sont là. Réellement! Tout se passera comme prévu et bientôt j´admirerai les sapins et les grizzlys. S´il existe un Dieu, il me punira, mais tant que je ne vais à lui, je peux jouir de la liberté. Qu´importe! Car combien sont ceux qui ont défié ses lois? Je ne peux les chiffrer, même lui ne saurait les dénombrer!
Je prends la voie du mal qui me sera profitable et aucun ne saura entraver ma route.
Trois jours depuis la mort de grand-père ...
J´ai eu la joie d´apprendre que ses frais funéraires étaient réglés depuis longtemps. Je n´aurais donc à me servir dans l´héritage pour inhumer ce vieux sans visage. Il est près de trois heures de l´après-midi et je me vois choyé d´être si chanceux. Ma bonne étoile doit être certes malsaine, mais je serai le dernier à m´en plaindre! J´ai passé une journée complète à subir un interrogatoire qui n´a rien offert aux autorités. Je suis suspect, ils se sont exclamés! Possible, peut-être, oui et certainement. Mais les preuves leur échappent me laissant libre comme l´air. Je lève les yeux et affronte le regard sévère du notaire. Ma famille n´obtiendra rien, les papiers le certifient, affirme-t-il au travers de ses sourcils! Je ne peux que sourire et croire toucher l´écorce des arbres fiers et droits dans le nord lointain. Et cette question qui me vient tout à coup! Pourquoi là-bas? Le sud, les palmiers et cette abondance qui bronze sur les plages devraient plus que me combler. Le froid, les rochers et les grizzlys sont certes apaisants, mais ils sont durs, lointains, inaccessibles et ne m´apportent rien. Pourtant, cette contrée m´exhorte d´aller à sa rencontre. J´attribue ce désir à la même folie qui a tué grand-père et n´exclus donc pas le sud et la débauche sous les palmiers.
Une main frigide vient occire mes pensées, je prends le stylo qu´elle me tend et appose une dernière signature. Des voitures et des passants vont-et-viennent dans cette rue que j´aperçois à ma droite au travers du carreau. Je sens le parfum triomphant de la liberté. J´ai tué pour toucher le rêve de près. Que sont donc toutes ces valeurs que l´on m´a enseignées? Le bien rapporte peu et trop peu rapidement! Il me sera important de ne jamais oublier que ce mal que l´on proscrit peut offrir l´impossible. Si ce n´était de ma conscience qui ne sait se taire et du visage déchiqueté de grand-père qui me hante sans cesse, je pourrais me dire pleinement heureux.
Je me complairai à dire qu´il a trébuché ...
Qu´il est lâche!
Il me force à le regarder!
Mon coeur est maintenant celui d´un meurtrier!
Rêvons dans les Favelas
Des meurtres, du sang et des mensonges. Voilà les maîtres qui nous charment. La violence se fait reine partout en ce monde et je me prosterne à ses pieds.
Un jeune gamin tue son frère dans les Favelas. Malgré la nuit noire, ils l´ont tous vu ces enfants qui l´ont forcé. Un jour ce garçon se vengera! Il en tuera des centaines avant de pointer un canon sur ceux qu´il s´était promis. Et une fois fait, il ne se gênera point pour à son tour contraindre deux frères à s´entre-tuer.
L´église de la rue nous enseigne que le plus fort l´emporte.
La bible des orphelins!
Nombreux sont ses disciples qui ont tout perdu.
Peut-être n´ont-ils jamais reçu, ne serait-ce qu´une once d´amour?
