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Dead Can Dance ?

__tony_montana
__tony_montana
Niveau 10
07 février 2007 à 17:59:14

~ Dead Can Dance ? ~

D´étranges plantes masquaient la lumière. Certaines ressemblaient à de gigantesques champignons, d´autres n´étaient que des arbres aux feuilles larges et pointues. Il n´était pas en ces lieux question de jour ou de nuit, tout n´était que pénombre, et les sens de Walter n´étaient guidés que par les hurlements incessants qui, derrière la barrière de végétation, semblaient pareils à un murmure du vent.
Il parvenait à discerner quelques couleurs sur les plantes luxuriantes, et s´il avait fait plus clair dans les environs, la forêt aurait sûrement dévoilé un fourmillement de teintes acidulées et éclatantes. Mais seule cette obscurité régnait. Elle n´était pas sombre au point de tout faire paraître noir, non, tout était vert foncé, et les marais se drapaient d´une brume jaunâtre.
Au loin, une étrange ruine attendait Walter, un gigantesque dôme fissuré et qui semblait s´être enfoncé dans la boue omniprésente. Il y avait également ça et là quelques amas de pierre ou des gravats.
Walter s´enfonçait toujours plus dans la jungle, chacun de ses pas se voyait arrêté par un branchage, un talus ou un arbre couché. Par moments il pataugeait dans une mélasse de terre et d´eau épaisse, dans laquelle se bottes restaient coincées et émettaient un répugnant bruit de succion lorsqu´il les en arrachait.
Il ne voyait pas très loin, car un dense brouillard cachait tout à une dizaine de mètres devant lui. Seul la silhouette massive du dôme lointain transparaissait.

Walter croisait de temps à autres des cadavres emmêlés dans les racines des arbres, dont on ne distinguait plus grand-chose d´humain. Certains avaient les membres arrachés, d´autres étaient répartis sur plusieurs mètres. Chaque fois qu´il en croisait un, il prenait bien soin d´en détacher son regard et de fixer ses yeux droit devant jusqu´à ce qu´il l´ait dépassé.
Ces corps oubliés semblaient être là depuis un certain temps, mais ne s´étaient pas vraiment décomposés. On aurait dit qu´ils étaient restés inchangés depuis leur mort, mais la nature les avait tout de même recouverts. De certains ne dépassaient qu´une main ou le front d´un épais buisson ou de la vase. Quand il en trouvait un dont l´aspect n´était pas trop répugnant, il étudiait ses vêtements. Il lui était vite apparu qu´ils étaient tous semblables : tunique et pantalon de toile épaisse, bottes, casque de métal. Ils tenaient des fusils à baïonnette et certains portaient un masque à gaz.
Parfois, un spectre se détachait d´un de ces cadavres et accompagnait Walter pendant un moment avant de s´en retourner à sa prison. La forme changeante et translucide flottait sans bruit, suivait Walter en le dévorant des yeux. Son visage restait figé dans une expression de souffrance abominable, souvent accentué par une peau arrachée ou des trous profonds.

Une fois, ce fut une section entière de soldats qui marcha aux côtés de Walter. Ceux-ci étaient différents : leur équipement était au complet, aucun n´était blessé. Les rangées d´hommes semblaient avancer vers une nouvelle guerre, leurs fusils dressés vers les nues, la tête haute et les visières de leurs masques à gaz rivés vers le devant. Le chef de section qui marchait seul à la tête du groupe avait un sabre accroché à sa ceinture. Dans sa main, un pistolet indiquait aux soldats la direction à suivre.
Ce groupe de fantômes avait marché au-dessus des marais, insensible aux arbres qui les traversaient. Puis, il avait disparu brusquement, laissant seul Walter.

Walter ne se souvenait plus vraiment où il allait. Il n´arrivait pas à aligner ses pensées, il avait l´impression d´être le spectateur d´un voyage étrange. Il se rendit soudain compte qu´il cherchait quelque chose. En effet, ses yeux balayaient la forêt et s´arrêtaient sur tous les cadavres découverts. Ensuite, il ressentait comme une frustration et poursuivait son pénible chemin.
Il ne ressentait aucune fatigue ni lassitude alors qu´il marchait sans doute depuis des jours sans arrêt. Il éprouvait seulement une impatience dont il ignorait l´objet. Son corps lui paraissait comme étranger. Ce n´était pas le sien. Ou bien il n´en avait pas. Peut-être était-ce cela qu´il cherchait ? Il ne le savait pas. Il errait, comme une âme en peine, dans ce vieux champ de bataille parsemé de charognes meurtries.
Il commençait même à regretter la présence de ses compagnons fantômes, alors qu´ils l´avaient pourtant effrayé au début.

Le dôme loin devant ne semblait pas se rapprocher. Walter n´en tira aucune frustration. Ce n´était donc pas cela qu´il cherchait à atteindre. Mais que voulait-il ?
Tout à coup, une sorte de lumière s´illumina en lui. D´abord elle l´aveugla, mais il s´y habitua et put comprendre. Il commençait à se rapprocher de son but, il le savait. Ces yeux qui ne lui appartenaient pas tombèrent sur un cadavre mutilé. Il glissa jusqu´à lui et eut l´impression de s´insinuer en lui. Lorsqu´il s´y fut confortablement installé dans une position qui lui paraissait idéale, sa vue se brouilla et il plongea dans les ténèbres. Il avait trouvé ce qu´il cherchait, il pouvait enfin accéder à la paix. Au repos éternel.

__tony_montana
__tony_montana
Niveau 10
20 février 2007 à 18:04:49

:up:

watcha_68
watcha_68
Niveau 10
21 février 2007 à 21:02:15

Je suis désoler de devoir te le dire mais ........ j´ai rien lu. Par contre, en anglais on dit : "Can Dead Dance ?" et non "dead con dance ?" Mais bon, ça c´est juste histoire de faire chier le monde.

Voila..... je lirais certainement cette histoire demain car la, a 21 heure et crever comme je suis, je vais juste aller me coucher et (enfin, peut etre pas) lire pour la enieme fois le seigneur des anneaux.

Negatum
Negatum
Niveau 10
22 février 2007 à 18:09:30

Quelques impressions (Allez, faisons revivre le forum, commentons!):
-Le début est bizarre, en fait. Il manque une phrase "paf dans ta gueule" si je puis me permettre, le genre de phrase qui t´oblige à lire jusqu´à la fin tellement elle est intriguante. Là, ce n´est pas le cas, tu commence directement par une description et une phrase banale.
-J´ai quelques regrets au niveau du style. Les images que tu invoque sont vraiment forte et violente, et aurait pu nous marquer si le texte avait une musicalité et une "âme". Mais ça, ça viendra avec le temps, je pense.
-L´histoire est... Bizarre. En fait, tu ne fais que décrire froidement ce qui se passe autour de Walter, y a pas de vrai début, tu décris ensuite un groupe de soldat et puis paf, le héros meurt. Soit il y a un sens caché et j´ai pas tout suivi, soit y a rien à comprendre. C´est dommage, car l´ambiance qui m´a un peu fait penser à la guerre du vietnam (jungle+soldat) aurait pu donner quelque chose de plus interessant.
-Il y a quand même quelque point positif: L´impression de vide dans la tête de Walter est bien retranscrite, on dirait qu´il y a un esprit. Certaines descriptions sont bien construites.
Dans l´ensemble, c´est pas si mal, mais les défauts, ainsi que les nombreuses tounures lourdes et surtout le vide de l´histoire, entache un peu l´ambiance. Ben... C´est tout :o))
Voilou ^^

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
22 février 2007 à 18:19:09

Un amateur de Dead Can Dance sur ce forum? Keupain :coeur:

__tony_montana
__tony_montana
Niveau 10
27 février 2007 à 17:40:06

Merci pour ces (enfin ce) commentaire !

Je sais qu´en anglais on dit Can Dead Dance mais là c´est pas la même chose. :)
Sinon Epitaph , je voudrais juste savoir si tu penses bien à la même chose que moi...

Autrement Negatum, merci d´avoir lu et je vais prendre en compte tes remarques. Au niveau de la phrase paf dans ta gueule, ben... je vois pas trop qu´est-ce que j´aurais pu mettre mais je vois ce que tu veux dire.

wiza_gab2
wiza_gab2
Niveau 10
27 février 2007 à 22:27:10

Dead Can Dance, super bon groupe^^

__tony_montana
__tony_montana
Niveau 10
25 juin 2007 à 00:12:46

:up:

__tony_montana
__tony_montana
Niveau 10
28 juillet 2008 à 00:59:29

:up:

J'ai réécrit ce texte, dont j'ai toujours aimé l'idée que je m'était faite de ce qu'il fallait que je fasse. Bien que ce que j'ai fait là ne soit qu'un peu plus proche de l'idée que je m'en était faite lorsque j'ai décidé la première fois de faire ce texte, j'espère avoir livré une version un peu moins lourde.

~ Dead Can Dance ? ~

D´étranges plantes masquaient la lumière. Gigantesques champignons et arbres aux feuilles larges et pointues.
Ici, il n’était pas question de jour ou de nuit, seules comptaient la pénombre et l’humidité.
Les pas de Walter n’étaient guidés que par des hurlements incessants. Hurlements étouffés par la végétation, transformés en chuchotements déments.
Dans l’obscurité ambiante, les plantes luxuriantes se paraient toutes d’un vert sombre froid et hostile. S’il avait été possible de diriger une lueur sur les végétaux, la forêt lui aurait dévoilé un fourmillement de teintes acidulées. Mais seule régnait la pénombre.
Walter passa près d’un marais, dont la surface ne semblait être qu’une ouverture sur l’infini d’un noir absolu. Mais une brume jaunâtre les recouvrait parfois. Il y avait également, ça et là, quelques amas de pierre, vestiges de constructions anciennes.
Au loin, une étrange ruine attendait Walter. Un gigantesque dôme fissuré à demi avalé par la boue, omniprésente dans la forêt.

Walter s´enfonçait toujours plus dans la jungle, chacun de ses pas se voyant arrêté par un branchage, un talus ou un arbre couché. Par moments il pataugeait dans une eau marécageuse épaisse et gluante, dans laquelle ses bottes restaient coincées et émettaient un répugnant bruit de succion lorsqu´il les en arrachait.
L’obscurité protégeait le lointain des yeux de Walter, mais la silhouette massive du dôme le toisait toujours, par-dessus les arbres.

Walter croisait de temps à autres des cadavres emmêlés dans les racines des arbres, dont il ne distinguait plus grand-chose d´humain. À certains manquaient des membres. D’autres n’étaient plus que morceaux étalés sur plusieurs mètres. Chaque fois qu´il en croisait un, il prenait bien soin d´en détacher ses yeux, et regardait droit devant lui jusqu´à ce qu´il l´ait dépassé. Mais il lui était impossible de ne pas fixer quelques secondes le visage de chaque homme.
Ces corps oubliés semblaient être là depuis un certain temps, mais n‘étaient pas décomposés. Ils étaient restés inchangés depuis leur mort, mais la nature les avait recouverts de racines et buissons. De certains ne dépassaient qu´une main de la vase. D’autres étaient visibles sous le manteau de feuilles et de terre qui recouvrait le sol. Quand Walter en apercevait un dont l´aspect n´était pas trop répugnant, il en étudiait les vêtements. Il lui était vite apparu qu´ils étaient tous identiques : tunique et pantalon de toile épaisse, bottes, casque de métal. Ils tenaient parfois des fusils à baïonnette et certains portaient un masque à gaz. C’étaient des soldats morts au combat, tous figés dans des positions semblables. Recroquevillés contre eux-mêmes, ou comme fauchés en pleine course, les yeux grands ouverts de surprise.

Parfois, une forme changeante et diaphane se détachait d´un de ces cadavres et accompagnait Walter. L’ombre translucide flottait sans bruit, suivait Walter en le dévorant des yeux. Son visage restait la plupart du temps figé dans une expression de souffrance abominable. Mais certains de ces spectres avaient un visage paisible, des traits fatigués mais comme sublimés par les épreuves traversées.
Ces apparitions l’avaient d’abord effrayé, mais au fil du temps, il avait appris à les apprécier. Un peu de compagnie ne pouvait pas lui déplaire. Pas encore.

Une fois, ce fut une section entière de soldats qui se joignit à Walter. Ceux-ci étaient différents : leur équipement était au complet, aucun n´était blessé. Les rangées d´hommes semblaient marcher vers une nouvelle guerre, leurs fusils dressés vers les nues, la tête haute et les visières de leurs masques à gaz rivés vers un horizon qu’ils ne pouvaient voir. Le chef de section qui marchait seul à la tête du groupe avait un sabre accroché à sa ceinture. Dans sa main, un pistolet indiquait aux soldats la direction à suivre.
Ce groupe de fantômes avait marché au-dessus des marais, insensible aux arbres qu’ils traversaient. Puis, il avait disparu brusquement, laissant Walter seul.

Walter ne se souvenait plus vraiment où il allait. Il n´arrivait pas à organiser ses pensées, il avait l´impression d´être le spectateur d´un voyage étrange. Il réalisa soudain qu´il cherchait quelque chose. Ses yeux balayaient la forêt et se posaient malgré lui sur tous les cadavres. Ensuite, la frustration s’emparait de lui et il poursuivait son pénible chemin.

Il lui semblait marcher depuis des heures, peut-être des jours. Le temps semblait défiler à toute vitesse, et, l’instant suivant, se figer. Fatigue et lassitude lui étaient étrangères.
Il éprouvait seulement une impatience dont il ignorait l´objet. Son corps le gênait. Ce n´était pas le sien. Ou bien il n´en avait pas. Pas à proprement parler. Peut-être était-ce cela qu´il cherchait ? Il ne savait pas. Il errait, comme une monture cherchant son cavalier, dans ce vieux champ de bataille parsemé de charognes meurtries.
Il commençait à regretter la présence de ses compagnons fantômes.

Le dôme loin devant ne semblait pas se rapprocher. Walter ne s’en préoccupa pas outre mesure.
Ce n´était pas cela qu´il cherchait à atteindre. Mais qu’était-ce alors ?

Il eut soudain l’impression d’être illuminé de l’intérieur. D´abord il fut comme aveuglé, mais il s´y habitua et put comprendre. Il commençait à se rapprocher de son but, il le savait. Ces yeux qui ne lui appartenaient pas tombèrent sur un cadavre mutilé. Il glissa jusqu´à lui et eut l´impression de s´insinuer en lui. Lorsqu´il s´y fut confortablement installé, qu’il eut adopté une position qui lui paraissait idéale, sa vue se brouilla et il plongea dans les ténèbres. Il avait trouvé ce qu´il cherchait, il pouvait enfin accéder à la paix. Au repos éternel.

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