´lut
Je vous propose ici le texte que j´ai fait dans le cadre de mon bac blanc de décembre (notre prof nous en fait faire deux de plus que ce qui est obligatoire, donc plus un oral il me semble). Même si la note que j´ai eue est en soi correcte mais pas transcendante (10,5/16, 14/20 au total pour les curieux), j´ai été plutôt content de ce texte. Et je suis d´ailleurs déçu que la prof m´ait reproché un manque de clarté alors que justement, le but était de sous-entendre un maximum de choses... Je vous donne pas le sujet car je l´ai pas tant respecté que ça, en fait.
(Ca a surpris quelqu´un?
) Ah si j´précise un truc : fallait "utiliser les procédés voltairiens" et "mettre en scène un Candide/Ingénu du monde moderne". Voilà qui explique quelques détails qui vous auraient probablement surpris sinon.
Je n´ai rien changé à part les fautes, juste au cas où.
(ah, et une remarque après l´avoir tapé : en fait, il est vachement court...^^)
Enfin bref, voilà le texte, enjoyez autant que possible les gens.
L’Aveugle
— Le chômage a encore baissé de deux pourcents ce moic-ci, c´est la neuvième fois consécutive, annonce le présentateur d´une voix enjouée, avec ce sourire si caractéristique des hommes sincères.
Cette nouvelle ravit au plus haut point Anthony, autrement connu sous le nom de L´Aveugle, bine que son acuité visiuelle n´ait pas chuté d´un millième depuis au bas mot deux décennies. Comment une simple phrase peut-elle susciter une telle joie? Parce qu´elle va permettre à L´Aveugle de faire taire une fois pour toutes ses détracteurs, qui prétendent que « Le monde est pourri et on y peut rien. » Il se fait en cet instant la réflexion suivante : « Au contraire, notre monde est magnifique et il n´en est de plus juste. Il est vrai qu´il y a quelques années encore je pouvais comprendre les doutes de certains, mais les grands nous ont entendus. Il fallait juste leur laisser un peu de temps pour comprendre, mais ils ont bon fond. » Guilleret, il s’habille sobrement avec un jean et un pull, puis sort, toujours avec le sourire. En chemin, il observe ces somptueux immeubles grâce auxquels tout le monde a un logement. Il ne prête nulle attention aux visages tirés qu’il croise, des visages comme celui que l’on a après une atroce journée de labeur harassant (alors que ce n’est que le matin), car sur ses yeux a été posé un voile rose inamovible. Une fois sa baguette achetée, il va pour s’en retourner chez lui. Mais, distrait qu’il est par ses pensées vagabondes, il en oublie de prendre la bonne rue.
Intrigué par l’insalubrité et le délabrement de l’endroit où ses pas l’ont mené, il cède aux instincts que la routine avait occultés et s’avance, prudemment toutefois. Le sol est jonché d’objets affreux qui déchirent son précieux voile, tels des lames aiguisées taillant impitoyablement dans la chair. Son nez, quant à lui, est assailli par une odeur forte et unique : la pourriture, mêlée à de la transpiration stagnante. Affolé, il tombe à genoux en s’écriant :
Par pitié! Le dix-neuvième a été aboli, ils l’ont dit! Que cesse immédiatement ce cauchemar!
Il se retourne brusquement au moment où une voix erraillée l’interpelle :
Oui, ça fait mal de tomber dans le...
L’homme s’interrompt et s’avance, ce qui permet à L’Aveugle de le dévisager. D’énormes cernes cerclent ses yeux, son visage a été rougi par l’alcool et ses ongles ont la couleur de ceux des cadavres. Ses habits ne peuvent même plus être considérés comme tels, tant ils sont usés. Une larme, longtemps retenue par le voile, peut désormais librement couler le long de la joue de L’Aveugle.
Tu n’es pas comme moi. Regarde-toi : tes vêtements, ta baguette, pourquoi viens-tu te lamenter ici? lui demande le misérable.
La raison voudrait que L’Aveugle reconnaisse ses torts, mais il ne le peut. Dans un sursaut de fierté humaine, il s’est fabriqué un nouveau voile, cependant plus terne que le précédent. Et il répond, avec une assurance inébranlable :
La question serait plutôt : pourquoi toi, tu te lamentes ici?
L’homme s’offusque, l’indignation le rend presque incompréhensible :
Comment? Mais regarde-moi : je n’ai plus que la peau sur les os et mes yeux pour pleurer!
Tu mens. Ceux qui n’ont pas de travail le font exprès. Tu devrais avoir honte d’accuser les autres des maux dont seule ta mauvaise volonté est responsable.
Machine implacable, L’Aveugle matraque de mots son adversaire agonisant :
Suis-moi, je te prouverai que je ne mérite pas ton mépris. Que tu le veuilles ou non, tu as été trompé.
L’homme, d’un pas lourd, l’emmène dans un dédale de rues sombres. Ils croisent quelques pauvres hères en chemin, les uns en train de pleurer, les autres en traind ‘essayer d’oublier leur situation. Ils arrivent finalement dans un vieux bâtiment délabré, et l’homme dit à L’Aveugle :
—Vois comme nous sommes nombreux. Chaque jour des femmes, des enfants, des vieillards nous rejoignent. Ose me dire que ceci n’est qu’une mascarade.
Chaque syllabe déchire le voile, mais il tient encore bon.
— Mais comment est-ce possible? Les logements sociaux, les...
— On te ment! s’écrie l’homme, repris par les autres.
— Comment? Pourquoi? Qui peut organiser cela? Pourquoi les grands ne font-ils rien pour vous aider?
— Parce qu’ils sont rongés par le vice! Nous ne les intéressons nullement, car nous n’avons aucun pouvoir et pas d’argent à leur donner.
— N’y a-t-il donc que cela qui compte? demande L’Aveugle en pleurant à moitié.
— Oh oui, répond l’homme. Un humain doit avoir de l’argent, sinon il est inférieur.
Le souffle destructeur de la vérité a fini de faire éclater le voile qui obstruait la vue de L’Aveugle. Il voit désormais la réalité telle qu’elle est, sans déformation aucune. Il peut désormais laisser couler toutes les larmes que cette tristesse lui inspire. Après être resté prostré plusieurs minutes, il réagit enfin. Il donne sa baguette, et c’est démuni de la moindre pièce qu’il s’en retourne chez lui pour pleurer.
Si vous non plus y´a certains passages que vous comprenez pas, dites-le. Qu´on voie si c´est ma prof qui a l´esprit trop étriqué (comme je le pense) ou si c´est juste que mes métaphores sont incompréhensibles (ce qui, au vu de ma capacité de dialogue avec les humains, est également fort probable
)
Petit joueur, j´ai eu 17 à ce sujet
Seul reproche qu´elle m´a fait, il FAUT donner un nom à son perso Oo Un truc vital en somme...
Je lirai ça quand... voilà quoi ![]()
Au passage, je l´ai moi aussi fait se planter de rue et tomber sur la misère de sa ville. Les gands esprits se rencontrent ![]()
Hein ? Des métaphores incompréhensibles
où ça des métaphores ? Je sais pas si je suis passé à coté d´un second degré mais en tout cas je vois pas ce qu´il y avait d´inaccessible dans ce texte...
Sinon et bien je crois que ta note est justifiée
c´est pas un style transcendant, c´est pas du tout grand Az´, mais ça reste pas mal...
Sinon question fond je suis en total désaccord, mais avec un sujet pareil, pour un leibnizien, c´était obligé ^^
Voilà j´ai rien de plus constructif à ajouter... Bonne continuation...
Enfin quand je dis métaphores, je veux dire au sens large quoi. Des trucs qui n´ont pas de sens au premier degré, des sous-entendus :
"Par pitié! Le dix-neuvième a été aboli, ils l’ont dit!" (manque un tiret là, j´viens d´prendre OpenOffice et y´a trop de trucs automatiques à la con)
==>La prof a pas compris. Pourtant c´est une référence claire au siècle de Victor Hugo, donc...des Misérables. Autrement dit, notre brave gars a cru ce que la télé disait, à savoir : y´a plus personne dans les rues et les seuls y sont par mauvaise volonté, alors qu´en réalité rien n´a changé. Pour moi, c´était clair.
Bref, merci d´vot´ lecture.
Ash´==>Si t´as eu 17, poste ton texte. ![]()
A l´occaz´, faut que je le tape
"autrement connu sous le nom de L´Aveugle, bine que son acuité visiuelle" Search for the error
![]()
Ca, c´est une faute post-retapage.
T´imagines bien que j´ai pas écrit ça sur la copie. ![]()
Si moi, j´imagine bien.
Mais toi, on s´en fout.
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Ben il est bien ton texte !
Pour le dix-neufième, on ne pense pas directement au XIXe siècle, mais après 1/4 de seconde de réflexion, il apparaît que cela ne peut être que ça, même si pour moi ça ne sonne pas très correct. Donc ta prof est conne.
Merci d´ta lecture, et merci d´me rassurer.
J´me modérerai la prochaine fois, puisque visiblement elle adore nous bassiner avec ses "le texte littéraire doit être lu sur plusieurs degrés!", mais quand nous on essaye d´en faire elle comprend pas. :/
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Petit retour de deux minutes, juste le temps de lire un texte ^^
Pas mal, même si par rapport a ce que t´as donné du sujet, je trouve que ton personnage me fait pas tant penser que ça a Candide, pareil pour les procédés voltairiens (même si ça se voit quand même).
Pour l´histoire du 19°, elle a pas compris quoi ta prof ? ´fin je sais pas, c´est facilement compréhensible. J´avais certes pas pensé a victor hugo, mais j´avais bien vu l´allusion a la misère du 19° siècle.
Enfin voila, sinon je trouve que t´as deja fait mieux
. Mais bon, normal qu´on fasse pas toujours aussi bien que l´on pourrait le jour d´un ds.
Je pense que cette prof avait une idée très précise de ce qu´il fallait faire (idée d´ailleurs très bien retranscrite par une autre personne) et elle n´a donc vu que ce qu´elle cherchait...dommage. Elle a l´esprit beaucoup trop étriqué pour une prof de français.
D´un autre côté, ça doit la gêner de voir que je m´en fous un peu de ses contraintes (genre quand je mets "Le monde est pourri et on y peut rien", pour moi la négation doit absolument être supprimée dans cette phrase...et bah non, elle veut la mettre :/ )...si un sujet m´inspire, j´vais pas me brider pour un pauvre point (voire deux) quand même.
Faut j´en profite, y´aura que des dissert´ l´année prochaine...(d´ailleurs ça m´énerve je suis dans la dernière année avec la Poésie...qui sera remplacée par le Roman l´année prochaine. Inutile de dire que j´aurais largement préféré ce thème^^)
Et j´ai oublié (honte à moi
) : merci de ta lecture et de ton commentaire, bien sûr. ![]()
Lol, de rien.
Pour les dissert de philo l´année prochaine, t´inquiete pas, c´est pas les même qu´en premiere. Moi je m´amuse ^^ si ça marche tant mieux, sinon tant pis.
Mais bon, le prof a la dernière qu´on avait fait qui lit deux intros, celle d´une autre et la mienne et qui sort :
vous voyez la, elle suit bien la méthode tout est très clair et on voit bien les phases etc.
Il passe a la mienne :
bon alors la, c´est totalement l´opposé, elle fait ce qu´elle veut. Mais c´est très bien aussi.
Le pire dans l´histoire c´est que j´avais essayé de suivre une méthode.
Donc voila toute ce hs pour dire que c´est mieux les dissert de philo que celles de français.
Et c´est pas juste, le roman c´est mieux que la poesie
je te souhaite de pas passer dessus au bac ^^
Lu, j´ai trouvé ça pas mal, pas transcendant sur j.v.com mais niveau bac je pense sincérement que tu méritais mieux ![]()
Désolé de casser l´ambiance de joyeuse déconnade mais moi j´ai trouvé ça nul. D´un autre côté, j´avais également trouvé Candide nul, et toutes les subtilités qu´on voulait bien nous faire trouver dans le texte ne sont apparu à mes yeux que comme une pitoyable utilisation de l´ironie. Là, ton texte n´est même pas ironique, attaque un sujet extrêmement original (youhou la misère ! Comme si on en parlait pas assez dans les journeaux ou la télé) fin, bref. La note de 10 sur 14 est justifié dans le cadre d´un bac. En un temps aussi réduit et avec un sujet aussi minable, en fin de compte, ton texte ne s´en sors pas si mal. Il n´a aucun intérêt litterraire ni scénaristique mais bon, c´est pas ça qu´on demande, faut juste montrer qu´on sait écrire (raison pour laquelle ta prof veut que tu marque bien les négations).
Bonne chance pour ton bac !
:/
Enfin d´un autre côté si on me demande de faire du Voltaire-like j´y peux rien, hein. :/ Ceci dit t´as raison, j´l´ai raté. Mais dans tous les cas, j´étais obligé de faire découvrir un "mal de notre siècle", j´aurais bien choisi la stupidité ou les humains, mais je suis pas sûr que ça serait bien passé...
"(raison pour laquelle ta prof veut que tu marque bien les négations). "
==>Là par contre ça n´a pas de sens. Si je mets les négations dans 99% du texte, ça se voit clairement que lorsqu´elles sont occultées y´a une raison, nan? Tu fais pas parler un paysan de la même manière qu´un noble ou un politicien, ça m´paraît logique...
Tu prêches un converti Az´ !
Bien sûr qu´on ne fait pas parler deux personnes de la même manière, bien sûr que les négations peuvent faire lourd dans un texte. Ouai, comme mal de notre siècle, c´est vrai que c´est l´un des premiers trucs qui vient à l´esprit : la misère. C´est tellement large en plus.
Enfin bon, dans tout les cas les textes de bac blanc ne font jamais des merveilles. Ils font toujours des sujets qui briment la créativité (rien à voir avec les magnifiques sujets que nous vous avions pondu pour le JVWC2007). J´ai personnellement abandonné l´idée de poster mes textes de bacs après le monumental flop de Nuit du 4, le chât ment-il.
Pourtant je le trouvais bien aussi... ![]()