Bon, bah alors, voilà la nouvelle en entiere...
L’écran devient noir et le générique commence à défiler sur la musique angoissante qui a rythmé tout le film. Georges attend de voire passer le nom de son acteur préféré avant de se lever. Quel homme magnifique ! Quel comédien hors paire ! Ce rôle lui allait a merveille. Georges se retrouve bientôt hors du cinéma.
La soupe cuit à feu doux et des bulles viennent éclater à la surface. Une douce odeur se répand jusqu´au salon où Jean Jaques fume sur le canapé. Il relie le lettre de son nouvel employer, patron d’une grande boite qui réclame ses services. Il se lève et avance vers le frigo.
Pourquoi Georges s’est-il tant identifié à ce personnage, au bourreau plutôt qu’aux victimes ? Bien sur, il était formidablement joué par Samuel Frelon, mais cela doit venir d’ailleurs … Peut être était-ce l’état d’esprit du personnage, sa profonde mélancolie. Georges est stoppé dans sa vie. Il est rentré chez Internate Consulting il y a quinze ans en sortant d’une petite école de commerce... Rapidement, il a gravit les échelons, mais depuis longtemps, il stagne. Il a rencontré Catherine, il y a douze ans, ils se sont mariés deux ans plus tard. Il a découvert il y a quelques mois qu’elle le trompait, qu’importe… ça fait longtemps qu’il ne l’aime plus. Georges se rend compte que, comme Samuel dans le film… il s’ennuie.
Jean Jaques ouvre le frigidaire et en sort une bière bien fraîche. Il la décapsule et quelques gouttes giclent sur son peignoir Merde. Il se faufile dans la salle de bain, essais de passer de l’eau sur la tache, elle persiste. Finalement, il enlève son peignoir et le fourre dans le lave-linge. Nu devant le miroir, il s’observe. Dommage qu’il ait prit du bide, il était plutôt beau… C’est sûrement dû au célibat se dit-il et enfilant un caleçon. Grâce à son régime soupe il redeviendra l’athlète qu’il était. Il fixe sa bière un instant et la vide dans l’évier.
George s’arrête dans un bar et commande un croc monsieur et une limonade. Vingt et une heure ! Il a dit à Catherine qu’il rentrerait à vingt trois heures. Elle a eu un sourire rayonnant et amoureux comme elle ne lui en fait plus depuis longtemps. Par respect pour elle, il ne peut pas rentrer avant. Alors que faire pendant ces deux heures ? Aller chez un copain Il en a un qui habite le quartier des philosophe, c’est a deux pas. Ou alors… une idée lui traverse l’esprit. Pourquoi ne pas faire comme Samuel dans ce film : tuer son spleen en tuant…
Jean Jaques ouvre une boite de miam-miam® pour Socrate qui sort de sous la table de la cuisine pour repaître son appétit de labrador. Il attrape ensuite une assiette à soupe et vide le contenu de la casserole dedans. Il lape une cuillère de liquide grumeleux. Trop fade ! Ça manque de frittes et de viande saignante. Il vide le pot de sel dans la soupe. C’est bientôt l’heure d’aller travailler, mais il lui reste quelques minutes. Il avale finalement sa soupe et conclu son reps par un pot entier de glace… tant pis. Il va jusqu´à sa chambre, ouvre l’armoire, enfile un T-shirt et un jean. En fouillant pour retrouver sa veste, il tombe sur un pantalon de sport. Tiens, demain, il ira courir autour du lac du quartier des philosophes, c’est à côté. Le jogging, au moins, ça lui ferra perdre son bide.
George pense au sourire de Samuel lorsqu’il enfonce son couteau dans le ventre de cette bourgeoise dodue. Qu’il doit être bon de transpercer ce morceau de graisse pure. Quel plaisir ! Quelle jouissance suprême. La dureté du couteau dans la mollesse d’un ventre. Georges sort son laguiole de sa poche et commence à jouer avec. Un cadeau de sa belle mère, il l’a toujours sur lui, mais ne s’en est jamais servi… Alors, toutes les possibilités de son esprit peuvent se concrétiser ! Georges demande l’addition. Il se sent l’âme de Samuel Frelon. L’âme d’un tueur.
Jean Jaques enfile sa veste, vérifie le contenu de sa sacoche. Oui, tout y est, il peut aller bosser. Il siffle Socrate, lui caresse la tête et l’embrasse pour le prévenir qu’il part. Il a une pensée pour son ex, elle détestait Socrate. Enfin, il sort, ferme la porte à clé. En remettant le trousseau dans sa poche, il tombe sur un morceau de papier glacé. La photo. Il la regarde fixement, longtemps, s’imprègne des moindres détailles. Soupire. Il range la photo dans sa poche intérieure, il ne vaudrait mieux pas qu’il la perde aujourd’hui.
Georges sort dans la rue. Il est décidé à enfin s’amuser. Cette nuit sera la plus belle de sa vie, il ne sera enfin plus lui. Pour quelques heures, Georges ne s’ennuiera plus. Georges est transformé. Ce soir Georges est son idole. Il se dirige vers le parc Sigmund Freud.
Jean Jaques avance dans le parc sombre. Il a toujours adoré cet endroit. Il pense qu’il y emmènera ses enfants s’il en a un jour. Il sent l’odeur du sable humide en traversant le bac. Son regard se pose sur une pelle rouge oubliée. Son esprit vagabonde un peu. Il regarde autour de lui et décide de s’asseoir sur ce banc vert.
Le nouveau Georges a les yeux qui brillent. Il se trouve à une dizaine de mètres d’un banc. Un homme est assis dessus. Quel imbécile ! Etre dans un parc la nuit, et dans le quartier ou le terrible Georges Frelon se trouve. Georges sort la lame de son laguiole et s’avance vers le banc.
Jean Jaques entend du bruit derrière lui. Ta terre crisse. Il a un petit frisson mais reste immobile. Une ombre grandit autour de lui. Encore quelques seconde et ce sera bon.
Maintenant !
Paw ! Georges s’étale sur le sol, son couteau à la main, une balle lui a transpercé la tête de part en part. Il lui est enfin arrivé quelque chose d’extraordinaire. Georges sourie avant de s’éteindre.
Jean jaques range son arme sans sa sacoche et se lève. Il se penche sur George, la photo a la main. C’est bien lui. Il sort du parc d’un pas léger. Il parcourt la rue Leibniz, ouvre la porte d’un immeuble puis, une boite aux lettres bleue dont il sort une enveloppe kraft. Il plonge la main dedans et en sort une liasse de billets. Dix miles euros, le pied. Son employer ne l’a pas arnaqué… Tueur à gage est vraiment le plus beau métier du monde.