
Voici une nouvelle fic que je viens de commencer. Bon, je vais essayer de la faire en quelques chapitres seulement pour pouvoir espérer la finir un jour !
- Je n´ai pas peur de te l´avouer, j´ai tué ton frère.
Elric émergea lentement de ses pensées.
- Comment ? Tu oses venir jusque chez moi, me déranger en pleine nuit et m´annoncer… çà ?
Incrédule, Elric enfouit sa tête dans ses mains. Il était abasourdi. Son frère n´avait jamais été quelqu´un qu´il avait porté dans son cœur, mais pourtant cet aveu faisait resurgir tout le peu d´amour fraternel qu´il avait pu éprouver pour Varg.
Olaf soupira et se leva. Sa main glissa vers le pommeau de son épée. Il regarda avec insistance les cheveux blonds d´Elric. Ce dernier leva la tête, ses yeux rougis par le chagrin laissant échapper un mince filet de larmes.
Les deux hommes, dont l´un était deux fois plus âgé que l´autre, se toisèrent un moment. Le regard ténébreux et sûr d´Olaf était surmonté de broussailleux sourcils couleur d´écorce. Le visage presque encore juvénile d´Elric était entouré d´une cascade blonde.
Alors qu´Olaf se retournait, engoncé dans son épaisse armure, Elric commença à comprendre. Pourquoi Olaf était venu avec une telle escorte. Pourquoi il était aussi lourdement équipé. Pourquoi il semblait plus nerveux que jamais, toujours sur ses gardes.
Lui tournant toujours le dos, le guerrier lâcha :
- Il fallait que je te le dise.
- Pars.
Olaf soupira et se dirigea vers la porte, chaque pas faisant vibrer le sol. Lorsqu´il fut dehors, Elric entendit les chevaux partir au galop. Il se précipita à sa fenêtre. Le groupe d´une vingtaine de cavaliers se divisa à l´orée du bois. Cinq d´entre eux partirent à l´ouest avec Olaf, tandis que les quinze autres prirent la direction du Rocher du Corbeau, la haute colline qui se dressait au nord-est de la maison d´Elric.
Cela ne faisait désormais aucun doute. Olaf était venu visiter Elric et s´en était allé. Il était venu voir son fils une dernière fois. Du moins, l´espérait-il.
Elric pensa à Saria et à Otherf. Ils étaient en sécurité, à l´abri. Personne ne savait où ils se trouvaient. A part Sigmund. Mais Sigmund était digne de confiance.
Elric n´avait plus une minute à perdre. En vitesse, il ouvrit la trappe qui menait à la réserve. Il déblaya un gros coffre en bois ouvragé des peaux de bêtes qui le cachaient. Il enfila la cotte de mailles qui s´y trouvait. Il mit ses bottes, ses jambières. Il passa sa cuirasse sur son torse et sa coiffe de mailles sur son crâne. Il se vêtit ensuite de son casque et attacha une épaisse ceinture à sa taille. Il prit un bouclier rond aux couleurs de son clan et le mit sur son dos. Juste à côté du coffre, dans un rangement en métal se trouvaient trois lances et une épée encore dans son fourreau. Il s´en empara et retourna en haut en vitesse, non sans avoir refermé la trappe.
Elric commençait à bouillonner de fureur. Elle n´était pas tant dirigée vers Olaf, que vers ses hommes. Il savait que son père n´avait pas tué Varg de sa main. Mais il devait le venger.
Il retourna à la fenêtre et scruta la colline au loin. Il discerna vaguement des silhouettes bouger à son sommet, mais il était trop loin pour en être sûr. Il savait cependant que c´était là-bas qu´ils attendaient. C´était le seul endroit à des milles à la ronde d´où on pouvait voir toute la vallée.
Un plan avait déjà germé dans l´esprit chaotique d´Elric.
Il se recouvrit d´une peau d´ours blanc et sortit par la porte de derrière. La neige tombait dru et le vent soufflait fort. Juste à côté, sous un abri renforcé attendait Vaagmar, son fidèle et immaculé destrier. Recouvert de la peau d´ours et chevauchant une monture entièrement blanche, il serait invisible, même aux yeux des guetteurs les plus expérimentés d´Olaf.
Elric enfourcha Vaagmar et le talonna. Il partit au galop vers la forêt juste à l´est du Rocher du Corbeau.
Au loin, les sapins se dressaient tels les pics d´une haute montagne. Elric, portant sous un bras son épée et ses lances, se baissait au maximum, afin que d´une certaine distance, on ne voie qu´une forme blanche traversant une étendue blanche sous la neige.
En cet instant, l´esprit d´Elric s´était apaisé devant le but qu´il s´était fixé. Cela n´allait pas être simple. Mais il avait un atout : il connaissait toutes les tactiques de ses adversaires pour les avoir utilisées. Il se doutait donc qu´à l´entrée de la forêt se trouveraient sûrement deux postes d´observation de trois hommes au moins, bien camouflés, et disposés de façon à ce qu´ils se voient mutuellement.
Semblant prendre par à la quête d´Elric, la neige tombait de plus en plus fort, le rendant ainsi totalement invisible.