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[Fantastique] Héritage Funèbre

heart-crusher
heart-crusher
Niveau 4
16 janvier 2007 à 20:52:26

Bonsoir :)

Voici une nouvelle que j´ai retrouvée au fin fond d´un tiroir, sur un vieux bloc-notes moisi. J´ai décidé après une relecture de la retaper un peu et surtout de l´achever.
J´attends vos commentaires ou vos critiques.

Titre : Héritage funèbre (provisoire)
Genre : Fantastique.
Influences : Lovecraft, Edgar Allan Poe, Stephen King.

---------------------------------------------

Il naquit quelque part par une belle journée d´été. Le plus important n´est pas au fond de savoir quand ni même où, mais comment. Quoique, tout bien compté les détails eux-mêmes ne sont pas non plus foncièrement indispensables. Ce que le lecteur qui parcourt ces quelques lignes doit savoir, c´est la chose qui a été mise au monde, ce qu´elle a engendrée, puis enfin ce qu´elle vous laisse : un héritage bien funèbre... Je n´ai pas la prétention de fournir ici une retranscription objective et complète des événements, seulement un compte-rendu vous livrant l´horreur que j´ai connu. Bien conscient que le passé referme les cicatrices, j´espère, lecteur, que vous serez plus enclins à croire votre humble narrateur plutôt que les rumeurs minimisant ces faits et décrédibilisant mon travail qui circulent depuis quelques temps dans les journaux - si tant est que ces choses puissent porter le nom de journaux - locaux.

Commençons par les formalités : je m´appelle Paul Howard, je suis d´origine américaine et vit ici en France depuis maintenant plusieurs années, dans un petit village isolé en plein milieu de la Bretagne qui vit principalement de ses paysans. D´abord gêné par le coutumes locales et surtout la langue - barrière bien difficile à franchir - j´ai petit à petit réussi à m´intégrer, avant d´être reconnu par les autochtones locaux comme l´érudit du coin. Il est vrai que dans mon pays natal j´ai souvent eu recours pour mes études à la philosophie et les autres sciences, et j´estime avoir une connaissance assez complète de notre monde, des lois qui le régissent et de l´être humain. Nombreux sont ceux qui viennent donc me voir, en proie à une quelconque inquiétude, dans l´espoir d´avoir une réponse à leur problème. Parfois un simple conseil sur la façon de conduire leur vie au jour le jour, parfois une aide médicale où même si mes capacités en la matière sont plus limitées que celui des médecins (cela dit le plus proche habite à plusieurs dizaines de kilomètres) je suis digne de confiance. Parmi ces personnes, le couple de monsieur et madame Sertie, Armand et Marianne.

Dieu l´a voulu ainsi pour les raisons que l´on connaît tous : porter un enfant est une épreuve terriblement difficile, neuf mois de souffrance terrible sont infligés à la femme. En voyant donc cette chère Marianne s´agiter ainsi, j´ai cru bon de ne pas m´inquiéter et ai rassurer son mari, en proie à une angoisse somme toute normale. Outres les nausées habituelles, Mme Sertie connaissait quelques problèmes d´ordre psychologique qui nous firent tressaillir, moi et son mari. Elle craignait la venue de son enfant, sans pouvoir véritablement expliquer pourquoi. Sans doute cela était-il lié à la pauvreté du couple et à l´appréhension à l´idée d´élever un premier enfant, de lui inculquer une éducation, une morale dans un village sans école. Je rassurai mon amie et promis de mettre tout en oeuvre pour que l´arrivée de cet enfant se passe sans problèmes. Malheureusement je ne parvins pas à l´apaiser, et son état empira rapidement puisqu´elle semblait ensuite vouer une haine envers le garçon (puisque c´était un garçon) qu´elle portait. A ce sujet je garderais toujours en mémoire cette longue nuit d´hiver ou Marianne était intenable, tiraillée par ce ressentiment incompréhensible venu du fin fond de ses neurones malades, et où son mari et moi avons été obligés de la tenir cloué au fond de son lit pour l´empêcher de rouer de coups son ventre dans le but avoué d´en finir avec cette progéniture qui l´inquiétait tant ! Visions horribles que de voir Armand en larmes, hurlant à sa femme d´arrêter ce méfait, la giflant sans relâche pour tenter de lui faire reprendre raison, et moi d´empêcher cet homme accablé de commettre un acte répréhensible ! Le mal de cette femme était donc très clairement bien plus grave que tout ce que j´imaginais jusque-là, et j´envisageais de l´emmener dès le lendemain à l´aube voir un confrère spécialisé dans les maladies psychologiques. Je fus pris de court par l´arrivée du bébé, en avance, qui a sans doute dû comprendre qu´il n´était guère à l´abri dans le placenta de sa mère. Les ennuis malheureusement n´étaient pas terminés, et cette période que je jugeais si terrifiante était en réalité bien tranquille comparé à ce que j´allais connaître.

L´enfance du petit, prénommé Henri, se passa merveilleusement bien, au-delà de toutes les espérances de ses parents (et notamment de sa mère qui bien vite oublia ses actes peu glorieux). Pour ma part, étant chargé de son éducation, j´estimais qu´il faisait preuve de capacités intellectuelles surprenantes, et ce dès son plus jeune âge. Il lisait les thèses des Anciens alors à peine âgé de dix ans, et réfutait leur thèses avec une rigueur à faire trembler n´importe quel philosophe actuel passé douze ans. Je trouvais cet enfant étonnant à plus d´un titre, parfois même j´avoue avoir été effrayé par une telle débauche d´esprit dans un corps encore si petit et fragile. Je prédisais alors à cet enfant un avenir glorieux, et invitais ses parents à l´envoyer à Paris d´ici quelques années pour des études poussées auprès de professeurs que je jugeais comme étant plus compétents que moi en la matière. Tout ne se passa donc pas comme prévu. Non content d´exprimer son opposition face aux thèses des philosophes, il semblait être attiré vers les sciences les plus rares, j´entends par là les sciences dites ésotériques. Ou pouvait-il bien avoir entendu parler d´elles ? C´est là le plus étonnant : pas un seul de mes livres ne traitait de ces sujets, et il était tout le temps sous ma coupe dès qu´il s´agissait de lui faire découvrir des oeuvres. Je décidais de ne pas en parler à ses parents, inutile de créer des ennuis là ou il n´y en a sans doute pas. Cette passion étrange s´amplifia avec les années, Henri semblait de plus en plus distant avec moi, me snobant souvent, me ridiculisant parfois, il était toujours sombre et torturé, je ne retrouvais plus l´enfant curieux, si bien que je fus rapidement dépassé, sans pouvoir y faire grand chose, et dès lors je demandais à parler à Armand.

- C´est à propos de votre fils, lui dis-je en essayant de ne pas paraître paniqué, pourtant je l´étais.
- Qu´y a t-il ? Il vous pose problème ? Son comportement vous déplaît ? me répondit mon ami.
- Bien qu´Henri semble un peu distrait, il ne s´agit pas de ça... Voyez-vous mon ami, il éprouve une certaine attirance pour des sciences que je qualifierais de moralement déviantes...
- C´est-à-dire ? me questionna Armand, une lueur d´inquiétude dans le regard. Cela aurait-il un quelconque rapport avec son attitude un peu, disons, disparate ?
- Probablement, oui, certainement, même. Croyez-moi, je tâcherais de le remettre dans le droit chemin, et de trouver les livres qu´il consulte, puisqu´il a de toute évidence trouvé quelque part un ancien manuel occulte.

J´étais assez anxieux, mais néanmoins confiant dans ma tâche, et je n´en venais pas encore à regretter que Marianne n´ait pas réussi à tuer son enfant in-utero avec ses poings cette fameuse nuit....

WiiStars
WiiStars
Niveau 7
17 janvier 2007 à 01:10:12

Bonjour, sur une note plus perso j´ai dût m´absenté pour quelques jours, mais me revoila!

Bon parlons du texte... :) Bon j´ai aimé!
Mais j´ai quand même quelques commentaires à dire :
Je le dis assez souvent, je trouve que ça manque de dialogue. Je crois que je n´ai vu que 1 ou 2 fautes, texte extrêment bien "orthographié" (C´est un mot ça?! :rire2: ) Le reste est bien, mais je crois que tu t´améliora, et là tu produira un texte merveilleux.

Bref, j´attend une suite! :)

heart-crusher
heart-crusher
Niveau 4
17 janvier 2007 à 13:21:34

Bonjour, et d´abord merci pour ton commentaire !

C´est vrai que les dialogues sont souvent peu nombreux dans mes écrits, et souvent bâclés... Mais ici on a affaire à un journal, il s´agit donc plus de narration que de dialogues, néanmoins je prends ça en compte !

La suite arrivera prochainement, à vrai dire je dois corriger pas mal de trucs dans l´ébauche originalle...

heart-crusher
heart-crusher
Niveau 4
17 janvier 2007 à 21:08:17

J´étais assez anxieux, mais néanmoins confiant dans ma tâche, et je n´en venais pas encore à regretter que Marianne n´ait pas réussi à tuer son enfant in-utero avec ses poings cette fameuse nuit...

Il fallut néanmoins attendre qu´Henri atteigne les vingt ans pour que tout bascule subitement. J´avais beau tenter de le raisonner, de lui expliquer pourquoi l´ésotérisme pouvait s´avérer dangereux, lui ne voulait plus rien entendre, il avait fait son choix.
- Tu deviens, lui-dis-je tristement, le pion de forces qui te dépassent totalement, et qui dépassent le commun des mortels. Cet attrait pour la magie conduira inévitablement à ta perte.
Ses yeux cernés par la haine se posèrent sur moi - son seul regard rougeoyant me pétrifia tant il semblait empli de fureur - et il me lança d´un ton virulent et acerbe que malheureusement je lui connaissais désormais bien :
- Puis-je encore être considéré comme un mortel ? Tu es un parfait novice en la matière et ne vois ces sciences que de ton point de vue matérialiste ô combien limité.
- Penses donc un instant à tes pauvres parents, pourquoi ne pas vouloir suivre leur chemin au lieu de sombrer ainsi dans la haine ? le questionnais-je.
- Je n´ai de relation qu´avec des entités qui te sont inconnues et ai définitivement oublié mes géniteurs qui peuvent bien mourir dans l´instant.
- Et bien crois-moi que je ferais tout pour te sortir de là, te sortir de ces forces manipulatrices...
- Je ne le sais que trop bien, et sais aussi que tu échoueras, comme tous les hommes qui tenteront de se mettre en travers de moi.

J´ignorais encore ce qui se tramait derrière tout ça, mais n´allait pas tarder à le savoir, puisque bientôt je décidais de le suivre une nuit en retranscrivant ses moindres faits et gestes sur un petit carnet. Pour l´instant je laissais Marianne et Armand loin de tout ceci, inutile de les affoler plus qu´ils ne le sont déjà. Peut-être allais-je enfin savoir d´où (voir de qui) il tirait cet enseignement décadent.

Comme tous les soirs, Henri, passé minuit, se rendit dans une vieille bicoque abandonnée située à quelque pas du village. D´après mes recherches, voilà plusieurs générations qu´elle est abandonné, après la mort d´un vieillard tout à fait respectable mais sans progéniture. Un peu apeuré, je l´avoue, je suis ce jeune homme sombre qui marche d´un pas rapide. J´en viens à regretter le Henri si curieux, si cultivé, si intéressant et prometteur, celui qui lisait les oeuvres rapportées des paroles des Anciens de l´Antiquité et qui réfléchissait rationnellement sur le monde qui l´entoure, en suivant mon enseignement. Et le voilà qui maintenant était tombé aux mains de quelque secte dédié au culte du Malin, et qui marchait vers, peut-être, leur lieu de rendez-vous. Il rentra dans la bâtisse par la porte de devant. Je m´approchai doucement de la fenêtre de derrière : cette demeure ne devait comporter tout au plus que deux pièces, il convient donc d´être particulièrement prudent. Je m´accroupis, posai mes mains contre le rebord, et lentement releva la tête. Personne. Mes suppositions par contre s´avéraient exacts : il n´y avait qu´une seule pièce, assez exiguë, avec une table et une chaise. Et un petit trou dans lequel Henri venait de s´engouffrer, au milieu de la pièce, creusé à même la terre assez meuble par ici. Je dessinai rapidement sur mon calepin un croquis de la pièce puis pris mon courage à deux mains et descendit dans ce trou. En-dessous, une grotte. Plusieurs boyaux. Une odeur de rance. J´avançais, lentement, la peur commençait à s´insinuer en moi, mon cœur battait bruyamment dans ma poitrine et je sentais un frisson parcourir mon corps en sueur. Alors que je m´apprêtais à suivre Henri, voilà que j´entendis un bruit : pas de doute, il revenait sur ses pas ! Soudain pris de panique, je me cachai dans le boyau suivant, en priant Dieu pour qu´il ne vienne pas vers moi. Sans doute m´entendit-il là-haut puisque Henri remontait bientôt le trou en direction de la maison, et sortit de celle-ci. Quelle aubaine : il avait vraisemblablement oublié quelque chose, ou rentrait tout simplement chez lui. Peu importe ce que me réserve le futur, je n´aurais peut-être plus jamais la chance de pouvoir parcourir cette grotte, alors il fallait agir, et vite ! La poussière entrait dans mes narines, aussi préférais-je ne pas courir pour éviter de suffoquer, et j´explorais, à l´aide de mes mains et des quelques torches disposées ici-et-là, ce lieu si intriguant. Plus j´avançais et plus mon cœur s´emballait, plus ma respiration était saccadée, et plus déglutir était difficile, mais je devais continuer ! Après quelques minutes, me voilà au fond de la grotte. Je découvris l´innommable : un livre de magie noire, interdit dans nos contrées, et il suffisait de le feuilleter pour découvrir tout un tas de rituels formulés dans une langue inconnue aux caractères évocateurs et tout à fait caractéristiques des rassemblement sectaires. Je posai le livre par terre, mon carnet à côté, et recopiai rapidement quelques lignes. Quelle horreur ces croix renversées, ces boucs, ces monstres venues des Enfers ! Je manquais de défaillir quand je reconnus le bruit de la porte de la maison. Revoilà Henri ! Ni une ni deux, horrifié, je me relevai et couru en direction du boyau ou plusieurs minutes auparavant j´avais déjà échappé au jeune homme. Le temps pressait, et essoufflé je parvins au boyau, au moment même ou de nouveau un mouvement de panique m´emplit tout entier : mon carnet était resté près du livre !

__tony_montana
__tony_montana
Niveau 10
20 janvier 2007 à 00:30:29

Alors, ça tombe bien puisqu´en ce moment je découvre Lovercraft !
J´ai donc lu les deux posts. J´ai bien aimé mais il apparaît assez vite un problème : tu passes trop vite sur la jeunesse de Henri. En quelques paragraphes, il naît et devient un homme de 20 ans. Du coup, on a pas vraiment peur dans le passage dans les cavernes.
Il faudrait, je pense, rallonger le début et rajouter des passages sur Henri pour bien montrer comment il devient de plus en plus... maléfique. C´est la même chose pour la cabane : cela arrive trop vite. Bref, à mon avis, il faut adopter un rythme plus lent dans le déroulement des évènements importants, par exemple en en incorporant d´autres plus anodins entre eux.
Bon, je ne veux pas non plus avoir l´air de te dire comment faire, la peur n´est pas mon domaine :)
Mais sinon c´est bien ! Je n´ai relevé qu´une ou deux fautes et quelques confusions dans la concordance des temps.
Donc j´attend la suite, et pourquoi pas une éventuelle refonte du début ? XD je ne veux pas non plus te dire quoi faire, ce n´est que mon avis !

heart-crusher
heart-crusher
Niveau 4
20 janvier 2007 à 18:22:00

J´ai tendance à toujours aller trop vite dans la narration, c´est un problème dont je me suis rendu compte, en fait je veux vite passer à des scènes qui me paraissent plus intéressantes à écrire, et c´est bien dommage !
Merci pour ton commentaire bien éclairé, je vais je pense suivre tes conseils et modifier le début en profondeur.

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