Un petit poème en prose... ( mais pas une poésie
)
Bonne lecture
___
Solitude
Il y a dans le désert un homme qui marche seul, et laisse sur le sable la trace de ses pas.
Il y a sur son visage une immense lassitude, mais ses traits qui se dessèchent n’émeuvent plus personne, car personne ici ne le regarde.
Sur tout l’horizon qui s’étend autour de lui, rien d’autre que le sable, et le ciel sans nuages pour effacer le soleil.
Dans sa tête aride, tournent et dansent des pensées au goût de mer, avec sous les vagues des hommes qui s’empiffrent de pléthore de plats, gorgés de saveurs qui attisent la salive et font pleurer les papilles.
Dans le désert désolé, il n’y a rien que lui, le sable et le soleil ; pas d’envie ni de caprice, pas d’utopie ni de désirs, l’homme qui se trouve là n’a qu’un rêve et qu’une soif : partir.
Il traîne sur les dunes, qui montent et qui tombent, suit ce qu’il croit être le nord, trouver une terre qu’il estime familière.
Mais sans qu’il ne le sache, il tourne.
Tôt ou tard il trouvera, la trace de pas, pensera une fois qu’un homme passe par là.
Alors un long instant, il oubliera la soif qui mutile sa raison, se mettra en quête de l’inconnu qui marche, suivant les épitaphes qu’il a pensé déchiffrer.
Il suivra l’inconnu, qui n’est autre que lui-même, se cherchera lui même, ne se rejoignant jamais.
Et puis les pensées se chargeront d’espoir, et puis de nouveaux plats s’ajouteront aux hommes qui se baignent dans la mer.
Une boucle sans fin, dans un lointain désert, qui s’achèvera enfin, quand s’achèvera la faim.
Il y a dans le désert un homme qui marche seul, et laisse sur le sable la trace de ses pas.
Ne l’interrompez pas, ne le rejoignez jamais.
La lumière vous aveugle, le sable vous affame.
Vous vous retournerez alors, et perdrez votre chemin.
Un jour, apparaîtront des pas.
Ce sont peut-être les siens, ce sont peut-être les vôtres.
C’est une chose qui vous importe peu.
Car le Noir vous emporte déjà.
