Ca n´a rien a voir avec "une masse de rêve si ce n´est que c´est le même auteur...
C´est plus court et c´est pas le même style.
Dites moi ce que vous en pensez... merki
Bad Days
« Non c’est pas vrai. Ca ne peut pas être vrai. Voilà, c’est une blague. Ca doit être une blague. Sa mère me fait une blague. Mais non, elle ne peut pas rire de ce genre de choses … »
David était couché sur le dos les bras écartés son téléphone dans une main, prêt à tomber. La conversation avec la mère de Paul s’était terminée une demi-heure auparavant et il avait appris que son meilleur ami était mort, renversé par un chauffard qui avait pris la fuite. Ses pensées se bousculaient dans sa tête depuis la fin de l’appel, allant du désespoir à la dénégation en passant par a haine pour ce connard de chauffeur Ses petits yeux noirs étaient fixés sur l’affiche du concert de ska, volée avec Paul et punaisée au plafond. Il ne voyait pourtant rien tellement son esprit était accaparé par cette terrible nouvelle. De même le morceau rapide et joyeux des Kargol’s sortait de sa tête aussi vite qu’il y était entré.
Depuis une demi-heure il était couché sur son matelas dans sa petite chambre, son cahier de maths grand ouvert sur la table basse qui lui servait de bureau. Et depuis une demi-heure sa petite sœur tambourinait à la porte pour connaître la cause des cris et des sanglots qui emplissaient l’appartement. « Barre toi Camille ! j’suis pas d’humeur » cria t-il en lançant sur la porte le premier truc qui lui passa sous la main, à savoir un bouquin d’annales de maths en vue du bac 2008. Il monta le son de son petit poste, offert deux semaines plus tôt par Paul pour son anniversaire, et replongea dans ses pensées.
« - Mais qu’est ce qu’il a Maman ? demanda avec insistance Thomas qui venait de renter de l’école.
- Rien, j’ai rien ! » hurla David en sortant de sa chambre.
Son regard parcouru la pièce faisant office de salon. Le sol jonché de détritus et des jouets de sa sœur ne lui donna encore moins envie de rester.
- Qu’est ce qu’il y a fils ? le questionna sa mère, affalée dans l’unique fauteuil de la salle, une bière a la main.
- Paul est mort voilà ce qu’il y a !
La nouvelle laissa la famille sans voix, et David en profita pour s’en aller.
Il en avait marre de cette vie, marre de cette maison pourrie qui partait en morceau, marre de cette mère constamment bourrée et incapable d’élever ses enfants, marre de cet immeuble délabré et de ses escaliers puant la pisse, marre de ces profs de merde qui osaient le juger, marre de ce père inconnu qui se manifestait uniquement sur son compte bancaire et surtout marre du destin qui lui avait donné cette vie de chien et qui avait maintenant le culot de lui prendre son meilleur ami. Il prit les escaliers, l’ascenseur étant comme toujours en panne, sans cette fois se boucher le nez et descendît d’un pas lent les centaines de marches qui l’amèneraient du cinquième au rez-de-chaussée.
En sortant du bâtiment il déboucha à l’air libre au milieu des poubelles jamais enlevés de sa cité « de transit » qu’ils disaient. Un transit qui durait déjà depuis neufs ans, date à laquelle ils avaient été virés de leur ancien appartement pour « défaut de paiement ». Il passa sans les voir à côté d’un groupe de jeunes au crane rasé et aux blousons de cuir qui lui lancèrent : « Salut l’bridé ! » Quelques jours plus tôt il aurait foncé, avec son ami Paul, droit sur ces fachos sans se préoccuper des conséquences. Mais dans les circonstances actuelles ils se contenta de répondre « Ta gueule, connard » sans grande conviction.
Tout dans ce qu’il voyait lui rappelait son ami défunt : les bandes de fachos qui les avaient maintes fois roués de coups, les magnifiques damiers tracés à la peinture noire sur les murs, les affiches de makina arrachées… Et c’est en pensant à lui que David arriva devant le petit épicier du coin.
« Une bouteille de Vodka, ça fera 9 euros 50, lui dit l’homme imposant planté derrière sa caisse. Tu veux pas un peu de jus d’orange avec ? C’est pas très bon tout seul. »
David enfonça ses mains dans les poches de son pantalon troué et en ressorti un tas de pièces de cuivre, amassées en faisant la manche, après la sortie du lycée.
« Pas d’sous ! J’aurais même pas de quoi payer la Vodka. Tiens voilà 8 euros trente, dit il en déposant sa monnaie sur le comptoir. Tu m’avances le reste ?
- Tu rigole ? Je te l’offre tu veux dire. T’aura même une bouteille de jus en plus.
- Merci Joe. »
Il sortit avec ses deux bouteilles en quête d’un endroit ou boire tranquille. Il opta pour le petit parc en face du collège de son frère. Voilà la seule satisfaction que lui apportait sa vie : l’amour de ses frère et sœur, de sa mère et de ses amis. Et aussi peut être ses maigres réussites scolaires qui renforçaient encore ledit amour.
S’asseyant en haut du toboggan il ouvrit sa bouteille en ruminant sa haine vis a via du chauffard qui lui avait enlevé son seul ami. Le seul élève de sa classe de terminale qui avait osé lui parler, le seul qui s’était approché de lui, malgré ses poux, son odeur et sa silhouette rachitique. Le seul qui l’avait aimé lui, petit gars de la cité, pauvre et mal nourri. Le seul qui l’avait invité chez lui pour partager un goûter tant apprécié. Le seul qui l’avait sortit de sa solitude accablante pour lui donner une once de joie de vivre. Le seul qui lui ait jamais souhaité son anniversaire ou offert un cadeau de noël. Son seul ami, le seul…
Il hurla sa rage à la face du monde, ou plutôt à celle du pauvre chien errant qui passait par là et il but d’un trait le quart de la bouteille d’alcool pur qu’il tenait à la main. Et il traita de même la fin de la bouteille sans ouvrir la brique de jus d’orange.
« Putain, chui où ? » dit-il d’une voix pâteuse. Il sentait la chaleur du soleil sur son visage mais son mal de crane l’empêcha d’ouvrir les yeux. Il passa les mains sur sa figure et sentit une substance collante et gluante accrochée à ses cheveux sales. Puis il se souvint : la mort de Paul, le connard qui l’avait renversé, l’épicier, la vodka, le toboggan, les voitures ayant subis sa vengeance, le gros con qui l’avait fait chier sur qui il avait pété sa bouteille, le toboggan de nouveau et puis plus rien. Il avait du s’endormir et lorsqu’il ouvrit les yeux il s’aperçut qu’il avait du tomber aussi. Il se douta du fait qu’il avait vomi. Il fallait s’y attendre de la part de quelqu´un qui buvait occasionnellement quelques bouteilles de vin limonade avant les concerts et qui avait bu une bouteille de vodka pure en moins d’une heure. David se leva, non sans peine et il regagna son domicile en titubant légèrement.
Voila donc je posterais la suite plus tard si il y a des commentaires... Allez lire une masse de rêve aussi c´est bien même si c´est long... ![]()
J´ai lu ton texte et je dois dire qu´au départ je n´étais pas très chaud pour le lire. Cependant j´ai accroché, j´ai pas vu de fautes (d´ailleurs je fais pas vraiment attention) a part "vis a via du chauffard". Tu retranscris bien l´atmosphère de la banlieue, j´aime bien et je lirais peut-être la suite.
Sur ce bonne continuation.
J´ai lu, malgrès un titre qui ne m´attirait pas particulièrement.
Et finalement, je trouve ça super pour l´instant. Je trouve qu´on ressent bien les emotions du personnage, sa tristesse, sa solitude, sa galère.
Malheuresement, je trouve que certains "details" collent pas. Pas d´incoherences, mais juste que certains trucs passe mal. Par exemple :
"Il monta le son de son petit poste, offert deux semaines plus tôt par Paul pour son anniversaire, et replongea dans ses pensées."
Je trouve ça un peu abusé le fait qu´il fut offert par Paul justement ...
Peut-être voulais-tu justifier le fait qu´il soit trop pauvre pour se l´être payé lui-même ou par sa mère, ou que tu voulais montrer à quel point les 2 personnages étaient super proches. Peut-être les 2 à la fois. En tout les cas, je pense que c´était pas necessaire de preciser que ce poste avait été acheté par Paul, voilà.
Je sais je chipote un peu. ^^
J´ai hâte de voir comment tu vas continuer ton histoire. ![]()
Runi : merci tout simplement
Pezzou (quel joli pseudo !) C´était en fait le but recherché, a savoir que David est trop pauvre pour s´achetter quoi que ce soit et aussi le fait que Paul était super proche et en quelque sorte son bienfaiteur. Il lui était donc doublement indispenssable ! c´etait pour accentuer encore sa peine !
Voila merci pour les ptits details c´est toujours utile ! ![]()
Donc voila c´est la suite...
« Mais tu été où ? on s’est inquiété nous ! lui cria son petit frère sur un ton de reproche.
- J’était au parc devant ton collège. Je me suis endormi, désolé. »
A ces mots il éclata en sanglots et se réfugia dans les bras ouverts de Thomas et Camille.
« Il faut que je dorme. Je suis crevé, pleurnicha le jeune homme »
Ses deux frangins insistèrent pour l’accompagner et ils s’endormirent tous les trois sur le lit de fortune de David, étroitement sérés l’un contre l’autre.
Lorsque David se réveilla son frère n’était plus là. Seule sa petite sœur dormait encore, pelotonnée contre lui. Il se leva en se dégageant doucement de son étreinte, éteignit le morceau des Kargol’s qui tournait en boucle et sortit de sa chambre. Il regarda l’heure sur la montre que Paul lui avait prêtée et il se remit à pleurer. Pourquoi lui ? Il avait rien demandé ! Il était toujours heureux, toujours gai. Et pourtant Dieu sait que sa vie n’était pas simple. Il était 19 heures quand David demanda à sa mère où se trouvait son frère. Elle lui répondit d’une voix pâteuse qu’il était allé chercher à manger. Il pesta contre sa mère, son incapacité et son alcoolisme et partit vers le leader price le plus proche. Il avait parfaitement confiance en Thomas, ainsi il ne s’inquiéta pas outre mesure.
Il pénétra dans le magasin et fila vers le rayon alimentaire. Il prit quelques boites de thon, des pattes, et du fromage, les mit dans ses manches et partit, une baguette de pain à la main vers la caisse. Le magasin était bien équipé de cameras mais il savait parfaitement où elles étaient placées et il avait appris à les éviter. Il paya son pain et rentra chez lui où il trouva son frère et sa sœur dévorant avidement un paquet de bombons sûrement piqués dans un quelconque magasin. Ils mangèrent tous les trois, le ventre de sa mère étant déjà remplis de bière et ils allèrent se coucher après avoir beaucoup pleuré. David resta une bonne heure sur son lit à se demander pourquoi c’était son ami et non un de ces connards de fachos ou de bourgeois qui s’était fait renversé. Ne pouvant pas trouver le sommeil il alla prendre une douche et se changea avec la seule tenue propre qu’il avait, encore une fois offerte par Paul et il alla se coucher pour cette fois ci tomber dans les bras de morphée.
Bzzzz Bzzzz Bzzzz Bzzzz Splach ! Son portable arrêta de vibrer et il se leva pour aller en cours. Sur le chemin il eut tout le temps de se demander pourquoi il allait toujours au lycée avec la vie pourrie qu’il avait et il repensa aux allocations familiales perçues par son alcoolique de mère, aux patrons qui refusaient de l’embaucher par ce qu’il n’avait pas d’ « expérience professionnelle » et aussi sans doute à cause de sa pauvreté apparente et de son type asiatique. Mais surtout il pensa à la fierté dans le regard de son frère quand il disait « eh ouais mon frère est en terminale ! Scientifique en plus ! » Et il sut pourquoi il y allait.
Cette journée s’annonçait des plus moroses, Paul avait eu le droit à deux lignes et demie dans le journal local et le proviseur avait pris sa classe à partie en racontant un ramassis de conneries dont un « J’en ai vu plein dans ma carrière moi, des élèves mourir. » et bien d’autres imbécillités. Le proviseur refusa d’autoriser une quête pour acheter des fleurs en disant que les élèves risquaient d’en profiter pour s’enrichir. A cette phrase la tension de David fut à son comble et il dut se contenir pour ne pas frapper ce sale connard de bourgeois de merde. Certains élèves de sa classe firent donc une quête clandestinement, quête à laquelle David ne participa pas, certain du fait que personne ne donnerait rien à un pauvre affamé comme lui. Il s’en voulut énormément d’avoir acheté la bouteille de Vodka la veille, n’ayant plus rien à donner pour la couronne. Le proviseur organisa une simple minute de silence qui ne suffit pas à David pour exprimer le dixième de sa peine sa peine
Après l’enterrement où David fut rejetés comme à l’accoutumé par ses camarades, ils revinrent au lycée et vers quatre heures il monta au troisième étage du lycée dans un état pitoyable proche de l’apoplexie les yeux rouges et les joues couvertes larmes. Il n’avait même plus la force de pleurer tellement cette journée l’avait épuisé.
Arrivé au troisième étage, accoudé à la balustrade de la coursive surplombant la cour, il pensa à ce qu’il allait faire. Il se dit qu’il était égoïste et que sa mère allait lui en vouloir, elle sombrerait dans l’alcool et en mourrait probablement. Il pensa surtout à Camille et Thomas qui l’aimaient, il le savait, d’un amour sans bornes. Mais il se dit qu’eux au moins, ils avaient un père plus ou moins responsable qui s’occuperait d’eux quand sa mère serait partie en cure de désintoxication. Il hésita encore.
Puis il songea à ce lycée pourri qui aurait énormément de problèmes à cause de lui, à ce connard de proviseur qui l’avait accepté mais qui le regardait de haut, à ces profs de merde qui le jugeait sans cesse, à ces fachos de merde qui le faisaient chier, à ce monde de merde pourri par la racine, à cette vie merdique qui lui donnait envie de gerber, à ces crétins de sa classe qui se croyaient plus fort que lui. Et c’est en pensant à tout ça et surtout en voyant le proviseur prêt à passer sous lui qu’il prit sa décision. Il calcula son temps de chute probable en fonction de son poids et de la hauteur, attendit le proviseur, monta sur la balustrade et plongea la tête la première. « Monde de merde ! »
Un jeune adolescent d’à peine 17ans se suicide et entraîne la mort de son proviseur
Le jeune lycéen David Mallard, 17ans, élève de terminale S au lycée Clément Dupuy, venait d’apprendre la mort de son meilleur ami, tué la veille par un chauffard. Décrit par sa classe comme un jeune instable, issu d’un quartier défavorisé, le jeune homme s’est jeté du troisième étage de son lycée lundi après midi écrasant lors de sa chute son proviseur Mr Dupont qui passait en dessous. La mort tragique de deux élèves de leur classe et de leur proviseur à profondément choqué les élèves qui auront sans doute du mal à passer leur bac cette année.
«- Et voilà même dans le journal ils arrivent à me faire passer pour un dangereux psychopathe bon pour l’asile. Quel monde de merde ! J’ai bien fait de me suicider et puis je l’ai eu ! Oh les pauvres petits élèves qui ne pourrons pas passer leur bac, pauvrette ! Connard de journalistes de merde ! Et sa famille alors ils ne sont pas dignes d’être dans le journal ?
- Oh c’est bon t’énerve pas. Ils s’en sortirons tu les connais. Ici on est bien non ? On a tout le ska qu’on veut à disposition et en plus on a des fachos pour taper dessus ! On va en boxer quelques uns ?
- Ouais carrément on va es avoir cette fois ci !
- C’est clair ! On se met quoi ? Un petit « Specials » ?
Putain qu’est ce que sa faisait du bien d’entendre sa voix de nouveau ! Et c’est au son des saxophones, en fredonnant les paroles de son groupe préféré qu’ils partirent, batte de base-ball à la main, casser du facho.
“Rudy ! A message to you Rudy ! A message to you ! …”
iron Brain
Je tiens encore une fois à m’excuser pour les fautes d’orthographe potentielles.
Ce texte est librement inspiré d’un événement marquant c’étant produit cette année dans mon lycée. Aussi dédicacerais-je ce texte à Sophie, morte de la méningite. On pense a toi !!
"Il regarda l’heure sur la montre que Paul lui avait prêtée et il se remit à pleurer."
"et se changea avec la seule tenue propre qu’il avait, encore une fois offerte par Paul"
Tu l´as fait exprès j´en suis sûr.
En tout, c´est cool de voir que tu prends en compte mes remarques.
Ben en fait je l´avais dejà ecrit avant que tu me laisse le commentaire... et comme je deteste revenir sur ce que j´ai dejà écrit... ![]()
Très bon texte, je suis très content de l´avoir lu, ca m´a changé les idées.
Si tu pourrais continuer à écrire ca serait bien tu un style d´écriture assez développé.
Et bien oui je continue. comme par exemple une masse de reve ou second rêve...
L´action passe trop vite, il se suicide sur un coup de tête c´est pas très réaliste mais bon l´ensemble est plutôt bon,
Mr Dupont t´aurais pus trouver un autre nom nan ^^
il est vrai que c nom n´est pas très original mais enfin, il est c qu´il est... un nom de famille quelquonque. (et puis surtout j´ai pas des masses d´inspirarion pour les noms..) ![]()
merci pour tes commentaires... les visiteurs se font (très) rares...