One-shot, sur l´amnésie, le crime, le pourquoi de l´amnésie, le comment du crime.
Ahem.
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Amnésie d’un homme qui ne veut plus se souvenir, qui divague entre deux mondes sans aucune ouverture. Souvenirs, et leurs actes achevés, sans retour et sans rancune, actes que l’on regrette et approuve sans en changer un mot, fatalités aux noms choisis pour revenir encore et encore. Autre côté, autre monde, l’avenir, plein de « peut-être » et de « sûrement », pour des projets qui toujours, stagneront dans leur suspens. On l’espère, on le prie, comme une foi aveugle qui avale notre vie. Des amours qui naissent avant même d’exister, des vieillesses qui ternissent d’abord l’âme avant d’achever le corps, un ami qui nous quittera soudain par ses petits mots tout juste assassins. Et puis, juste une seule dernière chose : la Fin, qu’on sait là bas au delà de tout, bien gardée derrière une montagne de terreurs aux cavernes sans trésors. Juste devant le vide aux frontières connues par les convictions des hommes de foi, qui ne veulent pas voir le vide.
Lui, l’homme d’Amnésie, a le passé comme un avenir, une vie retournée dans un sens impossible, un prisonnier sans motif qui cherche la raison, de sa condamnation. Sa mère, sans visage, agence sa face parmi des faces sans sens ; introuvable, inarrachable à la foule, qui tombe, tombe, tombe, sur son monde. Des frères aux noms comme des Stradivarius, des notes aux accents exotiques qui viennent de trop beau pour être de son existence. Mais l’homme cherche creuse, fouille et recreuse, quêtant l’enfoui qui brille pour éclairer sa mémoire, sans la savoir –où trop lâche pour la savoir ! – pillée emportée, en un quelque part sans porte pour s’ouvrir. Son avenir se trouve dans les deux sens, unis en un même mot sur une horrible carte : Terra Incognita.
Ses trésors sont des indices qu’il brandit haut et fort, peints des couleurs de la terre ou de la mer, qu’il plante sur sa carte comme les drapeaux d’une nation qu’il vient de conquérir ! Il sait alors où aller, enrichi de cette nouvelle perle qui dissipe les ténèbres de sa mémoire. Armé d’une seule envie, fort d’une nouvelle victoire, il se fait le conquérant de sa conscience, homme qui cherche partout ce qui se trouve en lui !
Un homme que l’on découvre un vieil ami, une ville où les nuits ont les portes closes à triple tour, une maison qu’on dit celle d’une enfance, à l’innocence coupable de ne plus revenir. Une mère morte, une femme colorée de bleus, un père mort jeune en pleine santé ; qui est ce passé que l’on cherche, de quoi a t il eu honte pour ainsi disparaître, n’as tu pas oublié parce que tu le voulais, trop couard face au jugement du Dieu que tu as, toujours, ignoré ?
Amnésie d’un homme qui ment à ses souvenirs.
Amnésie d’un homme qui craint le futur.
Amnésie d’un homme qui ne peut, oublier ses souvenirs.
Criminels.
Criminels.
Criminels.
Qui Quand Pourquoi Comment ? Des questions dont le souvenir a gorgé les réponses de sang. L’homme d’Amnésie devient devin de lui même, rappelé du passé, prisonnier de l’avenir fatal mais surmontable, génie qui trouve à s’échapper de la justice des hommes qui enferment ses actes sous des barreaux de fer.
Un canon noir, à la balle d’argent. Chasser le loup-garou ; qui a chassé la forme inhumaine de ses souvenirs, quand la coupe de souffrance est devenue trop pleine, qui disparaîtra avant de mordre encore.
Et que, dans la lumière des mémoires retrouvés, sonne seul le carillon de la justice divine.
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