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Le fantôme est donc de retour.
Rassurez-vous (pour ceux qui se souviendraient de son existence
), je n´ai pas abandonné Equilibre. Ces derniers-temps j´ai même de plus en plus envie de pondre un nouveau pavé.
Donc...
Mais je ne suis pas ici pour parler de ça, mais...des Contes Cyniques, bien deviné! Qu´est-ce donc que ce truc au titre si...étrange ou mélodieux, selon votre tempérament et/ou votre humeur. Et bien, il s´agit d´une espèce de recueil dont j´ai eu l´idée...y doit y´avoir une semaine ou deux. Avant tout, il faut bien prendre le terme "conte" dans un sens assez large : si le premier texte (très court au demeurant, la taille de cette intro quoi, ou p´têt un peu plus quand même
) adopte la forme classique, ce ne sera pas forcément le cas des suivants. Ce "recueil" donc, se propose de démystifier le conte classique. Pour donner une idée aux vieux de la vieille, "Le Bien triomphera" aurait parfaitement sa place ici. Sauf qu´il a déjà un topic.
Bref, je pense que j´en ai assez dit. La taille des contes sera très variable : autant le premier est très court (moins d´une page Word), autant les plus longs pourraient faire...deux à trois pages je pense, mais tout de même pas plus.
Voilà, j´en ai terminé.
J´en ai déjà un d´écrit (celui que je vais poster), et le rythme de parution des autres sera ma foi...très inégal je le sens. Comprenez que je peux très bien en poster trois une semaine et rien pendant un mois.
Voilà, the intro is finished, place to the texte.
Les Contes Cyniques
Un si noble sacrifice
Dans un royaume oublié, à une époque qui l’est non moins, était une magnifique princesse. Son père le Roi était doux et gentil, et il gouvernait ses sujets de sa bonne sagesse. Elle ne manquait de rien : elle pouvait obtenir ce qu’elle voulait, de multiples amants se pressaient à ses pieds. Mais malheureusement, un royaume voisin, dirigé par un être malfaisant et machiavélique, avait des vues sur la princesse. Une nuit, un groupe d’hommes débarqua dans le château. Les valeureux gardes du corps ne purent rien faire pour empêcher le drame : leurs têtes furent toutes empalées sur des piques alignées dans le couloir, et ils emmenèrent leur proie. Mais l’un des amants de la princesse apprit la nouvelle. Il était différent des autres : au fond de son cœur brûlait un âtre d’amour pur, dénué des nuances mauvaises qui dirigeaient ses pairs. Alors il décida de prendre sa vieille armure, sa lance, son épée et son cheval, et il partit à l’assaut de l’ennemi. Chevauchant des heures entières sans fatiguer, notre héros ne pensait qu’à sa belle. « Enfin, se disait-il, je pourrai conquérir son cœur, car il n’est pas un de ces lâches qu’elle préfèrera à moi ». Quelques jours plus tard, son fidèle destrier ne l’ayant pas lâché, il arriva aux portes du château maudit. Les hautes tours noires, les gibets exhibés comme de vulgaires spectacles, les corps pourris encore accrochés à leurs potences auraient fait fuir n’importe quel combattant, même aguerri, mais notre chevalier était plus que cela. Un sentiment noble l’animait, le poussait à aller délivrer sa belle. En haut de sa tour, celle-ci se languissait. Ces ignobles vauriens la méprisaient, lui crachaient à la figure sans se soucier de son rang et de sa puissance. Elle avait beau les maudire, leur promettre les Enfers, toujours ils ricanaient. Mais une lueur d’espoir apparut soudain : un homme, visiblement fou, arriva jusqu’à sa cellule par une corde. Sa puissante épée bénie trancha sans peine les barreaux de fer noir, et il put délivrer la princesse.
— Venez vite ma chère, il nous faut fuir avant qu’ils ne nous tombent dessus !
Elle acquiesça, et ils redescendirent par la corde grâce à laquelle le chevalier était entré. Mais en chemin, une terrible fièvre s’en prit au héros. Dans sa noble folie, il avait oublié les puissants sorciers du royaume qu’il était venu défier. De jour en jour, son état empirait et il fut bientôt presque incapable de faire le moindre mouvement.
Cependant les cavaliers noirs les rattrapaient. Un soir, la belle jeta un oeil à son amant, à celui qui s’était sacrifié pour elle. Si elle se dépêchait, ils pourraient atteindre son royaume d’ici à peu de temps, mais cela lui aurait demandé trop d’efforts. Au moment où elle laissait tomber le corps, celui-ci ouvrait des yeux incrédules. Le héros, dans sa noble quête, avait oublié de prendre en compte la nature humaine. Et lorsqu’elle fut de retour au château, le premier lieu où se rendit la noble dame fut son harem personnel, car tous ces jours d’emprisonnement avaient exacerbé son désir. Pas une seule seconde elle repensa à l’imbécile qui avait décidé, un jour, de mourir pour une femme qui se moquait éperdument de lui.
