Ce texte n´est qu´une allégorie, le fruit d´une journée de deuil.
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Je veux écrire pour ne pas mourir seul ; je veux écrire pour laisser mon empreinte sur la marque de vos pas ; je veux mourir pour rester éternel ; je veux vivre pour ne jamais aimer que ce qui est immortel.
Je veux aimer pour savoir ce qu’est l’amour ; je veux pleurer, pour écraser la douleur sur le grain du papier ; je veux voir, pour écrire de tout ce qui se voit là où je ne serai jamais ; je veux comprendre, pour comprendre ce qu’il y au-delà de la plume.
Je veux que tu me fasses l’amour, et que de ma plume renaisse le plaisir ; je veux te haïr, pour déchirer ton corps en un mot et une ligne ; je veux être le plus grand des fous et le plus grand des sages, et engloutir ces deux monstres entre mes lettres pour les réunir sans fin ; je veux vivre dans le ciel, et vivre entre les rêves, pour qu’enfin en un poème, je puisse voir devant moi hommes et utopies unies.
Loin de moi il y a les hommes, qui partagent la vie entre amour et plaisir ; parfois près de moi il y a la muse qui me dit que le plaisir est vain sans son soupir, et que si je m’écarte d’elle, je me perdrai dans les ténèbres, et qu’elle retrouvera le chemin de son monde, seule ; parce je suis le prisonnier et le bourreau à la fois, qu’elle est mon tortionnaire et mon prisonnier.
Entre mes mains sèche la plume qui revit au printemps quand revient l’ange à la besace d’or. Et quand revient le printemps, je voyage, je vois, j’entends, j’écoute et je goûte des choses qui ne sont pas de ce monde.
J’écris des choses que je ne saurais dire, je ne lis à haute voix que pour ma muse, je ne ris que pour elle, je ne pleure que pour elle, c’est devant elle que je vis. Tout n’est que pions en échec et roi en garde-fous. Ephémère tu es, éternelle est ma muse, devant elle tu te casses, tu te brises, tu te fêles et tu tombes, comme un amour blessé qui n’a pas su voler.
Je suis seul et je suis libre, seulement condamné par le bourreau que j’aime. Je n’attends plus personne, car nul ne m’attend. Et si tu veux vraiment m’attendre, alors cherche parmi les ténèbres, sous les ombres, dans les longs couloirs noirs, où je rôde peut-être l’hiver.
Alors, regardez sous vos pieds, peut-être trouverez vous des mots qui n’appartiennent qu’à moi.
Et à ma muse.
Ils sont inscrits dans la pierre froide qui jamais ne s’érode, sous les tempêtes et sous la neige, vous les verrez toujours, chaque jour, que vous passerez par ici.
Mais n’essayez jamais de voir qui les a écrits.
Car je ne suis qu’une ombre.
L’ombre de ma muse qui brille sous les arbres printaniers.