Dager, la vie d’un Arkmo
La troupe s’arrêta. L’homme de tête se pencha légèrement. Leur but était proche.
-Forcez le pas !
Les guerriers se mirent donc au pas de courses, à travers les immenses arbres de la forêt de Noria, célèbre pour ses gigantesques arbres Garn mesurant plusieurs centaines de mètre, et dont le tronc pouvait facilement abriter une cité de plusieurs millier d’habitants. Ces donc à travers ses mastodontes de bois que les êtres accélérèrent, sautant entre les branches proche pouvaient avoir un diamètre de dizaine de mètre, et empruntant les ponts reliant les autres. La lumière traversait de plus en plus difficilement les ramures à mesure que le groupe descendait dans les bas-fonds de la forêt.
Une trentaine de minute après ce semblant de halte, le groupe se trouva en un point surplombant un campement. Construit sur deux branches d’un arbre Garn, il était composé d’un peu plus d’une centaine de tente. Des hommes en parcouraient les allées, illuminé par d’étrange lueur bleuté. Malgré le calme apparent, ils étaient armés de longues épées, et quelques arcs traînait ici ou là.
-Archer, à mon signal murmura l’étrange chef des guerriers.
Il expira un grand coup. Il allait vivre l’aboutissement de six jours de quête ! Posant la main sur son fourreau, comme pour vérifier si son arme était encore là, il susurra :
-Feu…
Une trentaine de flèches acérées furent décoché, sifflant dans le profond silence de la forêt et perçant l’air avant de toucher leur cible.
-A l’assaut !
Tous les hommes, jusqu’à présent cacher dans les hautes branches, se levèrent et se ruèrent vers leurs ennemies en vociférant des cris de guerre, lances en avant. Les habitants du campement réagirent assez vite, mais pas suffisamment pour éviter de se faire massacrer. Les lanciers attaquants étaient extrêmement habiles, et leurs épées n’arrivaient pas, ou peu, à les toucher. Au milieu de ce combat, un homme se démarquait. Plus grand que ses congénères, le chef de ces mystérieux attaquant était un véritable maître dans l’art du combat. Il manipulait un sabre composé d’une lame aussi blanche que la glace la plus pur, et dont le fil était d’un bleu irisé, d’une garde de saphir pour la plus grand part couvert d’un long ruban d’un blanc pur. Gravé dans le pommeau de saphir, une tête de tigre observait le combat. Ses mains étaient protéger par de simple cordelette, du même bleu irisé. Quatre cadavres était à ses pieds, leur sang couvrant le torse nue et imberbe de l’homme. Son pantalon -blanc également- bouffant était resserré au niveau des chevilles par des bottes de la même couleur. Un seul se battait désormais contre lui, les derniers de ses congénères étant jetés du haut de l’arbre. Poussant un hurlement, son gourdin levé bien haut, il se jeta sur lui. L’homme blanc fit un pas sur le côté et lança son sabre, le rattrapant par le ruban qui se déroulât, il atteint sa cible à un mètre de distance.
Les assaillants mirent un genou à terre, en demi-cercle autour de lui. Rengainant son arme il se retourna vers eux.
-Maître Dager, aucun Ténébreux n’as survécut. Les Arkmo sont encore victorieux.
Arkmo, telle était le nom de ce peuple. Ils sont apparentés au humain, mais quelque point, outre leur caractère les sépare. Tout d’abord, leurs visages sont fins, et leurs traits sont d’une grande beauté. Leurs corps sont sveltes mais solide, ce qui d’ailleurs ne les affaiblit aucunement. Leurs oreilles sont également particulières, se terminant en de légères pointes. Certains disent que du sang elfe, peuple aujourd’hui disparu, ne survivant que dans les légendes et les contes, coulerait encore dans leurs veines. Leur culture est basée sur le culte de Gaïa, la Mère Nature, renforçant encore leur attirement pour la forêt.
Quant aux Ténébreux, rares sont les êtres autres que les Arkmo à en avoir entendue parler, et même ces derniers ont peu de renseignement à leur sujet. Ce serait des humains retourner à l’état « sauvage ». Ténébreux n’est d’ailleurs pas leur véritable nom, mais il leur fut donné lorsqu’ils devinrent suffisamment dangereux pour en parler régulièrement, à défaut d’autres noms. Une des raisons de ce choix fut que les Ténébreux vivaient sur le sol ou dans les branches basse, et ne voyaient que rarement la lumière du soleil depuis la canopées des Garn, principalement occupé par les Arkmo. Autre cause, leur couleur de peau approche généralement du noir, rares sont les Ténébreux à la peau blanche. Et ce nom convient également à leur caractère. Agressifs, violents, noirs, tel est leur esprit. Aucune hiérarchie ne leur est connue, et il ne semble pas vénérer un quelconque dieu.
-Relèvent-toi mon frère, et rentrons fêtez notre victoires auprès du Roi.
Ainsi, la longue marche du retour commença. Au fur et à mesure qu’ils remontaient vers les ville, les branches des Garn devenaient moins nombreuses mais plus épaisse, la lumière revenait petit à petit en de mince rayons touchant le sol à de multiples endroits. Trois jours plus tard, la troupe ayant prévu de s’arrêter dans la communauté de Skala, ils firent un léger détour vers l’ouest. Les plaisanteries s’éteignirent, les voix se turent, les mots mourrant dans la gorge de leur propriétaire lorsque devant leurs yeux se dressèrent les restes détruit d’une ville fantôme. Un soldat brisa le pesant silence de mort :
-Mais…Qu…Qui a bien pu faire une chose pareille ?
-C’est une horreur !
-Toute la ville est rasée !
Dager serra les poings. Il observa les chairs calcinées des corps et les maisons en ruines.
-Fouillez la ville ! Cherchez des survivants !
Au même instant, un cri strident déchira le silence…
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