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Liste des sujets

High Voltage

SimRack-
SimRack-
Niveau 10
15 décembre 2006 à 21:45:07

Je ne me fais pas de souci pour la suite. Et je l´attend de pied ferme. ^^

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
16 décembre 2006 à 18:07:09

Ok ca fait plaisir ! Surtout ne perd pas espoir hein ca finira bien par remarcher (putain ca me soule). Ca serait trop con que je perde mon seul admirateur ! :-)

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
21 décembre 2006 à 13:40:59

Alors ? Réaction ?

Kenshinreturn
Kenshinreturn
Niveau 9
22 décembre 2006 à 22:06:11

High Voltage, VIVE AC/DC

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
24 décembre 2006 à 12:04:47

Non sans déconner ?? Merci je suis fan d´AC/DC, je sais parfaitement que c´est une de leurs chanson mais sinon t´as pas un avis à me donner ça m´intéresserait plus !

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
29 décembre 2006 à 13:51:19

Bon ben je suis profondément désolé mais je crois que tu vas devoir attendre que l´on prenne carrément l´adsl, ca sera plus simple ! Sinon je suis en train d´écrire la nouvelle dont je parlais il y a quelques messages et ça avance bien !

PS : donne des signes de vie !

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
08 janvier 2007 à 13:09:01

9

Au moment où Tom et Nancy commençaient à échanger leurs inquiétudes, Bobby tournait la poignée de la porte de la cuisine. Il poussa lentement le battant, dévoré par l’inquiétude, mais terriblement pressé de savoir. La pièce avait un air d’après tremblement de terre, divers objets jonchant le sol, les ampoules ayant explosé, mais à cet air était ajouté celui d’un film d’horreur, avec la classique - mais ayant toujours son petit effet - traînée de sang sur le sol ne présageant en général - au moins dans ces films - rien de bon pour le propriétaire de ce précieux liquide rouge. En conséquence, Bobby commença à voir les chances que sa mère soit encore en vie sérieusement diminuer.
Faisant lentement le tour de la cuisine, il vit à la base de la trace deux espèces de bâtonnets dont il n’arriva pas à déterminer la réelle nature tout d’abord. Puis il se remémora l’affiche d’un film qui l’avait marquée, Saw II, où les deux barres du chiffre romain étaient en fait deux doigts, et il constata une évidente ressemblance. Il se sentit pris d’une brusque nausée et alla se vider précipitamment dans l’évier avant de continuer son inspection.
En relevant la tête, il vit sur le plateau de travail de sa mère la cause du découpage qu’il avait sous les yeux : un couteau électrique. Bobby n’avait jamais aimé cet appareil car chaque fois que sa mère s’en servait, il craignait qu’il n’arrive ce qui était apparemment arrivé : qu’elle finisse par y laisser un ou plusieurs doigts. En l’occurrence deux, qui formaient sur le sol un absurde et macabre V de victoire qui n’avait pas lieu d’être.
Il n’avait aucun mal à concevoir que l’accident ait fini par arriver ce jour-ci, où toutes les machines semblaient leur en vouloir.Il ravala ses larmes, prit le peu qu’il lui restait de courage à deux mains et remonta la piste ensanglantée qui se dirigeait vers le salon. La porte était presque refermée, il la repoussa sans force alors qu’intérieurement il aurait voulu la défoncer.
Sa mère était étendue près de la télé, à sa droite, mais celle-ci n’avait pas l’air en cause dans sa mort. Elle avait le côté droit de sa tête étrangement noirci, comme s’il avait commencé à brûler, de même que la paume de sa main droite, s’aperçut-il après. Mais ceci ne lui avait pas été fatal, du moins à première vue, ce devait plus vraisemblablement être l’irrégulière dépression de son crâne sur l’arrière, comme si on l’avait assassinée avec un “objet contondant”, ainsi qu’on les nomme dans le jargon policier. Sauf que l’objet en question avait tout l’air d’être le rebord en marbre de la cheminée que, cruelle ironie du sort, sa mère aimait tant.
Le déroulement de la tragédie se mettait lentement en place dans sa tête, telles les pièces d’un puzzle. Au moment où la catastrophe avait débuté, sa mère était en train de découper quelques morceaux de viande, mais le couteau électrique en avait décidé autrement et préféré attaquer sa main, laquelle avait testé plus qu’il n’aurait fallu pour en être convaincue l’efficacité de cette tronçonneuse miniature ( c’était du moins l’effet que l’ustensile faisait sur Bobby ). Sa mère, qui avait bien évidemment dû croire en premier lieu à une maladresse de sa part, devait toutefois avoir rapidement déchanté. Voir ses doigts - en l’occurrence l’index et le majeur de la main droite - passer en deux secondes de leur emplacement habituel en bout de main à celui - nettement moins habituel - d’un carrelage de cuisine n’était pas une expérience donnée à tout le monde, ce en quoi Bobby pouvait aisément comprendre qu’elle avait du paniquer. Après avoir agité sa main en tout sens et constellé mur et carrelage de fines gouttelettes de sang, elle s’était certainement rendue compte de l’inutilité de ce qu’elle faisait et avait repris le dessus sur son esprit affolé.
Si l’on en croyait les divers indices, elle s’était dirigée vers le téléphone, dans le but d’appeler les urgences, ou peut-être Alan, mais l’appareil, dans un sadisme accompli - ou un hasard total -, l’avait laissée composer un numéro avant d’exploser une fois près de son oreille. Déjà plongée dans une scène totalement surréaliste, il était probable qu’elle n’aie même pas compris ce qui lui arrivait. Dans un sursaut de surprise totale, elle avait perdu l’équilibre, et sa chute l’avait précipitée à la rencontre du coin en marbre de la cheminée qu’elle aimait tant - mais non moins fatale - et elle avait perdu connaissance pour la dernière fois ; le choc n’ayant peut-être pas provoqué une mort instantanée, mais l’hémorragie en ayant découlé n’avait pas pu l’épargner.
Toute cette scène, sous la forme de rapides visions se succédant, n’avait pas pris plus de cinq secondes au terme desquelles il ne parvint plus à garder pour lui la rage et la tristesse mêlées et hurla.
“Nooooooooooonnnn !! !!!!”
S’il les circonstances n’avaient pas été ce qu’elles étaient, il aurait eu conscience que cela alarmerait Tom et Nancy, et les mettrait face à un cas de conscience épineux puisqu’il avait souhaité qu’ils ne rentrent pas à sa suite.
Mais il était à des kilomètres - des années-lumière, même - d’avoir de telles considérations, et ce fut tout juste si cette pensée l’effleura une fois que son cri mourut. Il éprouvait des sentiments que lui-même aurait eu du mal à expliquer, mais que l’on peut résumer sommairement en parlant de rage, de frustration, de tristesse et d’un immense vide éprouvés à peu près simultanément. Tant de choses qu’il n’aura pu lui dire, de moments qu’ils ne pourraient plus passer ensemble, d’affection qu’ils ne pourraient plus partager...
Rien que d’y penser, cela le rendait malade, et concourrait à diriger ses pensées vers une autre personne qui lui était autant chère : son père. Celui qui lui avait appris à faire du cerf-volant, chose parmi tant d’autre comme pêcher, jouer à l’ordinateur, qui l’avait emmené au cinéma voir les James Bond et autres que sa mère n’allait pas voir, et il aurait pu continuer longtemps. Qui, comme sa mère, l’avait aimé - Minute, pas encore l’imparfait, je suis pas sûr qu’il soit mort, bien qu’il ne parvint à être optimiste qu’à contrecoeur - tout simplement.
Mais, d’un autre côté, se disait-il, s’il se laissait envahir par la tristesse et le deuil, il finirait par être totalement inattentif et imprudent, et se ferait tuer bêtement comme cet enfoiré de Josh. Bien qu’il pressentît que ce serait une promesse difficile à tenir, il se fit celle d’essayer de ne plus penser - ou en tout cas le moins souvent - à sa mère. Décision difficile mais nécessaire s’il souhaitait ne pas réduire la moitié de ses pensées quotidiennes à des lamentations et des considérations diverses sur la vie et la mort, ou l’injustice de l’existence. Il s’accorderait bien sûr des pauses, ou plutôt, il le sentait déjà, des parts de sommeil à ces pensées, mais mieux valait tout de même les réduire à leur strict minimum.
Puis il repensa brusquement à ses deux amis - et oui, il en venait progressivement à considérer Nancy comme une amie ; que de changements en à peine une demi-journée, me direz-vous - restés dehors, et qu’il était largement temps de leur faire un rapport de la situation.

Saaaaaalut je suis de retour avec l´adsl tenez vous bien !! ! Je vais enfin poster le texte régulièrement et j´attends de nouvelles réactions !

WiiStars
WiiStars
Niveau 7
08 janvier 2007 à 15:58:10

Encore une fois, execellent chapitre! La suite!! Continues, c´est super, j´attends avec beaucoup d´impatience la suite :ok:

WiiStars
WiiStars
Niveau 7
08 janvier 2007 à 19:49:25

Un mot : SUPER. J´adore! vivement la suite :-))) Content d´être un nouveau fan :) La suite.!

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
08 janvier 2007 à 22:26:33

Il pensa qu’ils pourraient avoir fortement besoin de faire du feu, et essaya de se rappeler où pouvait bien se cacher un briquet. A la cuisine, bien sûr. Non, à la cuisine, c’était les allumettes, peu fiables et trop faciles à perdre ou à bousiller. Son père par contre, qui avait pour péché de fumer et promettait à qui voulait l’entendre qu’il était en train d’arrêter, devait bien posséder un briquet dans son bureau. La pièce était située juste à côté du salon, et Bobby n’avait pas pour habitude d’y entrer, car bien que son père ne lui ait pas strictement interdit, il le sentait plus ou moins, et jusqu’ici il n’avait jamais rien eu de particulier à y faire. Le bureau ne communiquait heureusement pas avec le salon, car il ne tenait pas spécialement à revoir sa mère dans l’état qu’elle était maintenant. Il pénétra donc dans l’antre de son père, qui était en fait tout ce qu’il y a de plus banal et fonctionnel, à part le bureau, une pièce quasi de collection, sublime, tout en bois, brillant de l’entretien régulier qui lui était donné.

Il passa derrière le meuble et examina précautionneusement les tiroirs. Il ouvrit tout d’abord celui situé en haut à gauche, procédant méthodiquement. Ce n’était que crayons, gommes, feuilles, stylos, bref rien d’utile dans leur cas. Suivant, en dessous : dossiers de travail, classeurs, non, toujours rien.
A droite, celui du haut : bric-à-brac personnel du genre punaise, agrafes, ciseaux, ah, des cigarettes et enfin un briquet. Pas un petit briquet de supermarché, attention, un vrai briquet en argent, lourd, massif et impressionnant. Un ours imposant et majestueux était gravé d’un côté, de l’autre était représenté le logo de la marque souligné du nom, Williams Lighters. Nom plutôt banal mais n’illustrant en rien la qualité du produit, que son père possédait certainement depuis de nombreuses années mais n’en paraissant pas moins “comme neuf” et en parfait état de marche.
Plus qu’un simple moyen d’allumer un feu, Bobby savait qu’il serait utile soit parce que son père serait content de l’avoir s’il n’était plus possible de revenir à leur maison, d’autre part, dans le pire des cas, il serait un objet lui rappelant son père qu’il pourrait garder aussi longtemps qu’il le souhaitait. Mais il se demandait également quel réconfort pourrait lui apporter un briquet, aussi précieux fusse-t-il, lorsqu’il lui apprendrait la mort de sa femme, s’il ne le savait pas déjà. S’arrachant à ses pensées, Bobby décida de sortir de ce bureau ; s’il traînait trop, Tom et Nancy finiraient immanquablement par s’inquiéter, aussi respectueux de sa volonté qu’ils puissent être.

Il avança donc jusqu’au couloir, puis décida de monter dans sa chambre, il possédait en effet quelques objets susceptibles de leur être utiles. Il grimpa l’escalier marche après marche, lentement - d’habitude il les montaient au moins deux par deux, mais il n’avait pas le coeur à courir dans une maison aussi silencieuse. Arrivant sur le palier, luttant contre les flash-backs qui tentaient insidieusement de l’envahir, il se dirigea vers la première porte à droite et pénétra dans sa chambre. Cette pièce était intacte car, contrairement à la plupart de celles qu’il avait visitées depuis ce matin, il ne s’était trouvé personne à l’intérieur entre le Grand Dérèglement et le moment où il avait coupé l’électricité dans la maison. Elle était donc comme il l’avait quittée le matin, le lit encore défait, la fenêtre ouverte - c’était le début de l’été, et les élèves commençaient sérieusement à penser aux vacances, ce qui exaspérait les profs obsédés par le bouclage de leur programme, mais partir en vacances était maintenant le dernier de leur soucis - les vêtements au pied du lit ; bref, tant de choses ordinaires paraissant maintenant étrangement détachées de la réalité.

Mais il n’était pas ici pour faire le plein de souvenirs nostalgiques et se rappela ce qu’il venait chercher. Il ouvrit le placard situé contre le mur de gauche et commença à fouiller. Bobby dénicha rapidement ce qu’il voulait : une boussole - peut-être trop scout mais on ne savait jamais -, une paire de jumelles, pour distinguer à l’avance ce qui les attendaient, ce ne serait pas de trop, ainsi qu’un couteau suisse, qui avec toutes ses fonctions, finirait bien par leur servir… Pistolet à billes : euh, non il n’en voyait pas l’utilité. Bon. Faisant le tour de ce qui pourrait manquer, il pensa soudain qu’au cas où ils ne pourraient pas stopper l’électricité à partir d’un compteur, une pince coupante pourrait bien leur sauver la vie. Il prit donc son sac à dos et y fourra ce qu’il avait commencé à rassembler, puis il redescendit au garage.

Les outils de bricolage n’étaient heureusement pas dissimulés, et il n’eut aucun mal à dénicher une pince. Puis, alors qu’il se retournait dans le but de sortir du garage et de rejoindre ses deux compagnons de fortune qui devaient êtres morts d’inquiétude, il aperçut contre le mur du garage les trois vélos de la famille. Tout d’abord, il les regarda simplement du regard de celui qui les y voit tous les jours et n’a donc aucune raison de s’étonner de leur présence. Soudain, il comprit l’intérêt évident qu’il présentaient : dans un monde sans électricité ne cherchant à les tuer de diverses manières toutes moins réjouissantes les uns que les autres, soit ils devraient se trouver une 2 CV, soit ils devraient se déplacer par tous les moyens ne l’utilisant pas, et le vélo lui apparaissait comme une solution excellente pour éviter tout contact avec l’électronique tout en se déplaçant à une vitesse raisonnable. Machinalement, il allait se précipiter sur la commande d’ouverture du garage lorsqu’il se rappela qu’il n’y avait plus d’électricité - et heureusement pour moi, parce que j’ai encore trouvé un moyen de me faire tuer bêtement. Il se précipita dans le couloir et sortit en ouvrant violemment la porte d’entrée, ne pensant pas le moins du monde qu’il aurait pu assommer un des deux. Ceux-ci se précipitèrent à sa rencontre, le pressant immédiatement des questions qu’ils avaient du se poser dans les cinq ou dix dernières minutes.
“- Ca va Bobby, il t’es rien arrivé ?
- On commençait à être morts de trouille, t’aurais pu faire signe merde, ça fait une demi- heure que t’y est retourné !

Digérant tout d’abord la nouvelle - une demi- heure !! -, car il ne pensait certainement pas être resté autant de temps, il se dit que s’il en doutait, il voyait confirmées ses craintes au sujet du danger de laisser revenir les souvenirs, c’est-à-dire les revivre trop intensément, et de rester figé dans la contemplation de ce qui les faisaient revenir. Le temps lui avait paru nettement moins long qu’il ne l’avait été, et ce genre d’incidents, bien que minime aujourd’hui, pourrait sans doute se révéler problématique par la suite si cela venait à se reproduire.
- Non, c’est bon, vous inquiétez pas, tout s’est bien passé. J’ai trouvé pas mal de trucs qui pourront nous servir.”
Devant leur moue dubitative, il ouvrit son sac, leur montra ce qu’il avait recueilli et ils approuvèrent, bien que Tom ne se garda pas de charrier gentiment son copain sur l’utilité de la boussole.
“Hé, mon gars, tu veux te la jouer façon Castor Juniors ou quoi ?
- Castors Juniors ou même Davy Crockett si tu veux, perso je m’en fous si ça peut nous aider !
- Sir, yes sir ! fit Tom en imitant si bien le marine claquant ses bottes qu’ils éclatèrent tous de rire. Une fois qu’ils se furent calmés, Bobby reprit la parole :
- Bon, sans dec’, je voulais vous dire un truc important. Dans mon garage, y’a trois vélos. Ça vous dirait pas une petite balade à bicyclette, les gars ? dit-il avec un imperceptible clin d’oeil à l’adresse de Nancy.
Ils se révélèrent particulièrement enthousiasmés, comme l’avait prédit Bobby - ou peut-être juste voulu, on se rendait vite compte qu’il y avait une différence essentielle entre ces deux types de prédictions.
“C’est super, dit Nancy, ça nous permettra d’éviter de marcher, et surtout d’aller beaucoup plus vite !
- Ouais, et en plus ils nous iront très bien, enchaîna Bobby. Je suis plus grand que Tom, je prendrais celui de mon père, Tom prendra le mien, et toi tu prendra celui de ma mère.” A cette idée, il faillit laisser transparaître son émotion mais parvint à garder un visage impassible. Mais ils sentaient bien que ce n’était qu’une façade, et que s’ils posaient trop de questions, il risquait de craquer. Ils remballèrent donc leurs “Et au fait, qu’est-ce qu’il lui est arrivé ?” et acquiescèrent vigoureusement lorsque Bobby leur demanda de les suivre jusqu’au garage afin de sortir les vélos par le couloir, la portail mécanique étant hors service. Passant dans le couloir, ils ne purent réfréner leur envie de tourner la tête vers la porte de la cuisine, assez discrètement pour que Bobby ne le remarqua pas - ou fasse semblant de ne pas le remarquer -, mais cette indiscrétion morbide ne leur appris rien de nouveau, car la porte avait été soigneusement refermée. Ce moment rapidement passé, ils entrèrent dans le garage à la suite de Bobby. Les vélos, appuyés contre le mur en face de la porte, leur convirent parfaitement après quelques réglages. Ainsi, il fallut revoir à la baisse la hauteur de tous les vélos, mais heureusement, rien qu’ils ne savaient faire. Une fois ressortis dans la rue par le couloir, ils firent un ou deux tours sur la route, déserte à leur exception près. Puis vint le moment de décider de la destination à prendre. Bobby n’osait pas imposer à nouveau un lieu, maintenant qu’il était allé chez lui. Tom, le moins chanceux - ou du moins celui qui aurait le plus de mal à savoir comment allaient ses parents -, n’habitait pas à Carson mais à Stafford Mill, un petit bled à quelques kilomètres d’ici. Bien sûr, il était maintenant possible d’y aller grâce aux vélos ( il n’y avait pas plus de quarante kilomètres ), mais par les temps qui couraient, même cette petite distance pouvait se transformer en vrai calvaire.

Au moment où Nancy allait se décider à prendre la parole pour dire qu’elle souhaitait aller chez sa mère (elles vivaient seules depuis qu’elle avait quitté son mari, devenu violent après la perte de son emploi dans une usine locale ), Bobby lui coupa involontairement la parole pour exprimer l’idée qu’il venait d’avoir. Même si elle pouvait sembler dangereuse, elle lui apparaissait comme la meilleure solution.
“J’ai une idée. Je pense que le mieux serait que l’on se sépare ( regards effarés de Tom et Nancy ). Moi, je vais tout seul au boulot de mon père pour voir comment il va, et vous, vous allez chez Nancy.
- Tu es sûr que ce n’est pas trop dangereux que tu y ailles tout seul ? s’enquit Nancy.
- Eh ben... pour être honnête, si, peut-être mais je préfèrerais si c’était possible. Je ne veux pas vous obliger à venir voir ce qui a pu arriver ou ne pas arriver à mon père, vous comprenez ?” Bien que tous les deux eussent bien compris qu’il ne souhaitait pas qu’ils viennent avec eux, ou tout simplement qu’il avait envie d’être seul, ils acquiescèrent.
“Ok, mon gars, on fait comme ça, dit Tom avec un léger manque de son entrain habituel dans la voix - ce qui par ailleurs n’avait rien d’étonnant à part le fait qu’il ne l’eut pas quitté plus tôt.
- Merci, vous êtes vraiment très sympas de ne pas avoir refusé. On pouvait voir que cette parole était sincère car il en avait presque la larme à l’oeil, qu’il effaça rapidement en prétextant une saloperie de poussière.
- De rien, mon pote, fit Tom avec un clin d’oeil, on est les seuls survivants d’cette foutue ville, faut bien qu’on soit solidaire !”
Ils rirent un peu à cette réplique, mais pas trop car cette blague quasi-anodine révélait quand même une part de leurs peurs, celle de savoir combien de gens étaient encore en vie autour d’eux. Retrouvant son sérieux, Tom pensa à une question cruciale à côté de laquelle ils avaient failli passer.
“Elle est bien bonne ton idée, mais faudrait ptêt’ben qu’on décide où on va se retrouver, maintenant que les bons vieux portables peuvent plus fonctionner sans tenter de vous cramer la gueule ?
- Putain oui, t’as raison, j’avais failli oublier ! Il réfléchit quelques instants avant de proposer un lieu. Ben, vu que Nancy habite à la sortie de la ville, on n’a qu’a se retrouver vraiment à la sortie, à côté du panneau de la ville, ok ?
- Ouais, je pense que ça peut aller. Qu’est-ce t’en dis, hein, toi ?
- Ben, d’habitude il y a énormément de voitures là-bas, mais le trafic à l’air nettement moins chargé depuis quelques temps. T’as pas regardé Bison Futé avant de partir ? Ah là là, t’es pas sérieux, Tom !

Cette fois ils partirent d’un rire franc, auquel Tom ajouta, lorsqu’il se fut calmé :
- Mais dites donc, c’est qu’elle commence à faire des blagues la demoiselle ! Comme quoi les miracles ça existe ! Il lança un coup de coude amical dans les côtes de Nancy, et en remit une couche. Putain, je crois que je vais me convertir!”
Pendant qu’il riait aux éclats, Bobby eut une pensée qui lui traversa l’esprit, mais qui parut étonnamment juste. Ces deux-là, ils sont faits pour s’entendre. Qu’est-ce qu’y faut pas pour rassembler les gens, quand même !

Merci, merci, encore merci de me soutenir !

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
09 janvier 2007 à 12:55:54

Merde alors ça passe pas l´italique... j´avais pas fais gaffe !

Sinon n´hésitez pas à balancer des commentaires, je suis toujours intéressé de savoir ce qui vous plaît ou pas !

Darkanange
Darkanange
Niveau 5
10 janvier 2007 à 08:26:20

La suite?
Sinon, c´est très bon comme texte, bravo!
"un petit bled à quelques kilomètres d’ici"
"( il n’y avait pas plus de quarante kilomètres )"
Quarantes kilomètres c´est chaud à vélo quand même, mais sinon, tu dis quelques kilomètres et après quarantes, c´est un peu beaucoup pour quelques kilomètree, je trouve.

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
10 janvier 2007 à 13:16:20

Chapitre 2

1

Au moins se quittèrent-ils temporairement de bonne humeur, ce qui était un atout non négligeable pour une séparation de ce type, même si elle ne devait normalement pas durer excessivement longtemps. Cela pourrait éviter des problèmes du genre de ceux que les personnages rencontre sans cesse dans les films d’horreur : “Bon, on se donne rendez-vous au point A dans une demi-heure, ok ?” et puis par la suite, quand le héros - où le personnage qui vit le plus longtemps, mais les deux sont le plus souvent confondus, comme par hasard - revient au point, merde alors, y’a plus personne. Pendant ce temps, nous avons bien évidemment subi les conséquences sanguinolentes des choix affligeant des personnages secondaires. “Oh, ben tiens, si j’allais visiter cette cave obscure et humide qui sent bien la bête crevée en solitaire ça pourrait être marrant !” . Lesquels personnages secondaires sont donc trucidés bien consciencieusement par quelque bébête hautement improbable, à l’exception du héros et de la pin-up de service qui s’en sort on sait pas trop comment.

Ceci, bien entendu, dans la plupart des films moyens du genre, sauf dans quelques exceptions - la plupart d’excellents films - où personne ne s’en sort, ou du moins les héros restent coincés dans une situation carrément critique dont le meilleur des scénariste ne pourrait les sortir de façon crédible, ca que l’on peut voir dans The Thing, chef-d’oeuvre culte de John Carpenter ou bien dans divers films de zombis, cultes eux aussi.
Après cette petite tirade cinémato-critique, Bobby se dit qu’il ferait peut-être bien de se magner le cul. Il voyait Tom et Nancy au coin de la rue, lui faisant signe. Il leur avait dit de partir devant, pour qu’il puisse vérifier quelques trucs, excuses semi bidon si l’on considérait que c’était mentalement qu’il voulait faire le point.
Il monta sur son vélo - ou plutôt celui de son père -, s’y cala bien, et appuya sur les pédales. En même temps que la sensation d’isolation, de solitude et de désertion de la ville, il en ressentait un autre bien moins à propos dans une situation pareille mais qu’il ne réfréna pas : la liberté.
Plus de bourreau, plus de collège, plus de profs, plus de voitures qui vous klaxonnaient dessus lorsque vous vous rendiez au même collège... Plus personne, en fait. Il faut croire qu’on a eu un petit paquet de chance pour survivre aussi longtemps. A part ce connard de Josh, on a vu personne de vivant depuis qu’on est sorti du collège. Mouais, ça doit être ça, décida-t-il.

Le travail de son père était dans la direction opposée à celle de la maison de Nancy, ce qui avait été une raison supplémentaire dans la décision qu’il avait prise. Il était situé non loin du collège, à tout casser cinq cent mètres, ce qui permettait à son père de venir le chercher quelquefois à la sortie des cours. Mais Bobby, après avoir commencé à mieux connaître - à son détriment - Josh Carter, avait déclaré qu’il préférait aller au collège en vélo. “Ça me fera pas mal de faire un peu de sport” avait-il un jour annoncé à ses parents, ce qui les avaient profondément étonné en raison du caractère peu sportif de leur fils, mais ils n’avaient pas songé que cela puisse être en raison des brimades qu’il subissait d’un la part d’un certain Carter lorsque ce dernier le voyait descendre de la fourgonnette de son père, puisqu’ils n’en étaient pas le moins du monde au courant.

Cependant, ce matin, il y était allé à pied car il aurait (normalement) dû passer la nuit chez Tom, ce dont ils auraient volontiers parlé la moitié de la journée s’il n’y avait pas eu cette catastrophe. Enfin, ça nous aura au moins permis de mieux connaître Nancy, pensa-t-il amèrement, non à cause de la fille mais car cette connaissance avait également en prix à payer la mort de sa mère, ce qui lui paraissait profondément injuste et intolérable.

Merde, s’il faut que la moitié, non : la quasi-totalité même, des gens crèvent autour de vous pour que vous vous rendiez compte que quelqu’un que vous pensiez être une chieuse est en réalité sympa, intelligente et même marrante, c’est une putain de connerie quand même !
Il aurait pu encore disserter longtemps sur le côté profondément illogique et même absurde de la vie à l’échelle humaine, si la cloche de l’église n’avait pas soudain retenti. Il était déjà midi, mais au moins, se dit-il, c’est encore un des rares trucs qui fonctionne à l’électricité qui va continuer de marcher correctement. Il ne pensait pas les machines assez intelligentes pour dérégler l’heure, et puis de toute façon même si c’était le cas, il n’y voyait aucun intérêt évident. Cette sonnerie l’ayant interrompu dans ses pensées, il se rendit compte que cela faisait encore quelques minutes de perdues à ne rien faire de constructif. Il appuya cette fois-ci d’un coup décidé sur ses pédales et se mit en route.

2

A partir de la maison, il devait y avoir à peine plus d’un kilomètre pour rejoindre le travail de son père, peut-être un et demi. Malgré la force qui le poussait à pédaler vite car, tout comme pour sa mère, il éprouvait le besoin vital de savoir, il préféra garder ses forces pour le moment. Il était totalement inutile de se crever pour ce genre de parcours, et étant donné que la situation avait l’air stable, malheureusement, il valait mieux s’économiser pour la suite, se rendre à la plus proche centrale électrique par exemple. Il pédalait donc avec une poussée régulière mais certainement pas aussi rapide que celle des jours où il partait en retard - heureusement plutôt rares - et où il se défonçait pour être à l’heure. Maintenant, tout ceci lui paraissait profondément ridicule. Dans le peu qu’ils avaient appris jusqu’à maintenant à l’école qu’est-ce qui allait lui servir ?

Il n’avait même pas été capable de se remémorer son cours de techno sur le système électrique d’une maison et avait dû se rabattre sur son instinct - un bouton rouge est toujours un bouton à utiliser en cas d’urgence - pour survivre à une mort certaine. Ses - maigres - connaissances en français, anglais, espagnol et j’en passe étaient carrément inutiles ; peut-être à la limite celles de svt, même si ça lui faisait mal au coeur (il militait en effet activement contre cette matière) qui pourraient servir s’il devait finir par vivre dans un quelconque coin de forêt. Ils n’avaient pas osé évoquer le sujet, ou bien n’y avaient pas pensé, mais ils devraient finir par de faire une raison : sans électricité, une maison, et même une ville, ne servait à rien. Il pensait, déjà nostalgique, que dans seulement quelques mois Carson serait une ville fantôme, un peu comme dans le fameux jeu vidéo Silent Hill, le côté monstres en moins. Quoi que, les diverses machines ayant fait un carnage avaient tout de monstres, une fois animées d’une froide et mécanique envie de tuer. Pourquoi ? Comment ?

Il pensait au fond de lui qu’ils ne le sauraient sans doute jamais, et peut-être valait-il mieux. En effet, quelle effroyable vérité pouvait se cacher derrière tout ça ? Avec toutes les histoires de machinations et de conspirations qu’il avait pu lire ou voir, il en venait à se méfier de tout. Non, il n’était pas non plus parano, mais bon, on vivait une de ces époques... il avait l’impression que bien trop souvent on ne savait plus quoi penser de rien. Tous les nouveaux médias avaient-ils apporté plus de vérité, plus de mensonge, ou une part égaler des deux ? C’était typiquement le genre de choses qu’il pensait déjà auparavant impossible à savoir, alors maintenant...

Décidément, en solitaire, je suis pas tenable, se dit-il soudain, se rendant compte qu’il avait failli foncer droit au milieu d’un rond-point au lieu d’essayer, plus raisonnablement, d’en faire le tour. Ce qu’il fit, prenant la deuxième sortie, et s’apercevant qu’il était déjà tout près du magasin. Il devait lui rester au plus cent mètres à faire. Il savait bien sûr exactement où la boutique était située, mais ne l’apercevait pas encore.
Au bout de cinquante mètres, il vit le panneau annonciateur qui dépassait perpendiculairement, avec inscrit dessus “Hobson Handiwork”. Sa boutique était assez réputée - autant que pouvait l’être un magasin de bricolage -, et l’affaire fructifiait de façon convenable, suffisant en tout cas à les faire vivre tous les trois à l’abri du besoin.

Désolé pour les détails kilométriques lol...
Encore un nouveau fan que j´accueille avec joie ! Bienvenue et bonne lecture !

Darkanange
Darkanange
Niveau 5
10 janvier 2007 à 21:18:22

Suite? :D
Super!
Suite?! :D

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
11 janvier 2007 à 13:16:36

Il était maintenant à une vingtaine de mètres, et voyait la fourgonnette de son père garée sur le côté. Arrivé devant, il posa vite le vélo contre un mur et, gardant tout de même un minimum de prudence (qui avait sauvé sa vie, et celle de Tom, un nombre suffisant de fois pour une matinée), il jeta un coup d’oeil à travers la vitrine avant de rentrer. Etrangement, un tel endroit que Bobby aurait cru dévasté par un tel outillage n’avait subi quasiment aucun dégât, à part les ampoules, mais il avait pu voir que celles-ci pouvaient être bien plus meurtrières qu’on ne le soupçonnait. Ce qui avait pu sauver la vie de son père, à première vue, était le fait qu’il n’ouvrait qu’au environ de neuf heures, comme l’indiquaient les petites pendules noires en carton (les gens normaux étaient rarement pris de la furieuse envie d’acheter un marteau ou une boîte de clous avant cette heure-là).
A l’ouverture, environ un quart d’heure / vingt minutes avant que la catastrophe ne se produise, les clients n’avaient certainement pas commencé à affluer, et par conséquent son père avait tout juste allumé le magasin mais n’avait dû brancher rien de plus dangereux qu’une cafetière. A moins bien sûr qu’il ne se fut trouvé juste sous une ampoule, ce qui n’aurait vraiment pas été de chance car, le magasin étant assez bien exposé au soleil, il ne regorgeait pas de spots qui vous ruinaient les yeux et faisaient monter la température de vingt degrés.

Comme pour confirmer la supposition plus que probable qu’il ne lui était rien arrivé, il ne voyait aucun signe de désordre majeur ou, comme pour sa mère, de vastes traînées de sang. Une fois satisfait de cet examen superficiel, il pénétra dans le magasin, déclenchant le carillon dans son dos, ce qui le fit légèrement sursauter car il ne s’y attendait pas du tout, mais il n’était pas électrique, son père préférant le charme du bon vieux carillon à tubes que le sommet de la porte cognait. A cette heure de la journée, le soleil étant au-dessus des maisons, le fond du magasin était un peu sombre, mais cela n’empêcha pas Bobby d’en faire le tour d’un pas décidé.

Comme il s’y attendait, il ne trouva rien - pas de cadavre dans les allées ni dans la remise. Puis il s’intéressa de plus près au bureau derrière lequel son père était assis. C’était pour la majeure partie tout un tas de feuilles, de lettres, de post-it, mais il y en avait une qui dépassait singulièrement au-dessus des autres sur laquelle un petit texte avait été griffonné à la va-vite.

Bobby,
J’espère que tu as pu t’en sortir. Si tu lis ces mots, c’est que tu auras surmonté à coup sûr beaucoup de dangers pour arriver ici. Joseph et moi, nous nous en sommes sortis sans blessures, mais il n’en était pas de même pour tous ceux qui hurlaient dans la rue. Juste après que les lampes du magasin aient explosé, un énorme carambolage a commencé dans l’avenue. Soit les gens sont tous fous, soit les voitures ne répondaient plus, nous sommes nous dit après coup. Mais sur le moment, dans la panique, nous n’y comprenions rien. Une fois que les voitures eurent arrêté de se rentrer dedans, nous avons décidé de sortir pour voir si nous pouvions aider les gens pris dans l’accident. C’est alors que quelques voitures ont commencé à exploser, d’énormes boules de feu terriblement impressionnantes. Nous ne savions plus quoi faire, c’était atroce. J’étais en train de me demander pourquoi les gens n’essayaient pas de sortir quand j’ai compris : ils étaient tous enfermés dans leurs voitures ! Ceux qui étaient faiblement blessés se battaient désespérément avec leurs portières pour sortir, et c’est là que nous avons compris que quelque chose n’allait pas. Une femme tapait contre sa vitre, complètement hystérique, car le feu approchait de sa voiture et elle ne pouvait pas sortir. Mais nous n’osions pas non plus nous approcher de peur d’êtres tués par une explosion. Nous n’avons rien pu faire, ou plutôt rien fait, et elle est morte sous nos yeux. C’était horrible... Joseph à voulu, lui, tenter de sauver quelqu’un d’autre, une fille dont la mère était inconsciente et probablement morte, qui se débattait à l’arrière de la voiture.

Il fonçait vers cet endroit lorsqu’il a été fauché par une voiture déboulant de la petite rue en face, celle qui est si pentue. J’été tout d’abord consterné, puis hors de moi à l’idée qu’il ait pu se faire tuer aussi bêtement. Je me suis rué sur le conducteur de la voiture meurtrière, pour m’apercevoir qu’il n’y en avait pas. Je n’y comprenais rien, lorsque j’ai vu que le frein à main n’était pas enclenché. Tu sais, c’était ce nouveau modèle à frein à main électronique. Eh bien, il faut croire qu’il s’était enlevé tout seul. Quelle mort stupide ! Lorsque j’ai compris que je ne pouvais rien faire pour lui ni pour les autre, je suis retourné dans le magasin, et après avoir réfléchi, j’ai écrit ce mot. Je vais essayer de me rendre à la maison car je suis mort d’inquiétude pour ta mère.
J’espère te revoir bientôt. Je t’aime.

Bobby fut totalement remué par la lecture de cette lettre. Son père avait donc survécu, du moins au début, il avait cherché à aller chez eux. Bien qu’il ne puisse s’empêcher d’être fortement déçu que son père n’ai pas cherché à se rendre tout d’abord au collège qui était bien moins loin, il pouvait comprendre son choix ; mais cette réflexion était balayée par une autre d’une importance bien plus grande. Si son père s’était rendu à la maison, pourquoi ne l’y avait-il pas attendu ? N’avait-il tout simplement pas atteint la maison ? Sinon, où avait-il bien pu se rendre ?

Toutes ces questions tourbillonnant dans sa tête le rendaient malade. Il y avait tellement d’endroits où son père avait pu se faire tuer entre le magasin et la maison, et tellement d’autres où il avait pu aller après s’être rendu dans la maison et avoir constaté avec terreur la mort de sa femme. Bien qu’essayant de rester optimiste, Bobby voyait difficilement comment il allait pouvoir retrouver son père sans avoir plus d’indices que cette lettre. Il n’était pas Sherlock Holmes, et dans la vie, les coïncidences fortement improbables qui pullulent dans les films n’existaient quasiment pas.
Etant donné que si son père avait atteint la maison, il n’y avait pas laissé de mot - ce qui aurait été possible au vu de la détresse qu’il aurait pu éprouvé en retrouvant sa femme en piteux état-, et il ne s’y était pas fait tuer par les fils qui avaient tenté de le transformer en passoire, il lui paraissait de plus en plus évident qu’il était mort sur le chemin, de quelque façon comme Josh ou encore Joseph, le seul employé du magasin et ami de son père.

Cette considération le désespérait profondément. Bien qu’il n’ait aucune preuve de la mort de son père, le fait qu’il soit encore en vie signifierait qu’il ne soit pas passé par leur maison, et la seule raison que Bobby voyait était qu’il s’était fait tuer. Bien sûr, la vie et l’homme en général sont tellement imprévisibles que la plupart des suppositions que l’on fait sur les agissements d’une personne sont totalement fausses, mais dans ce cas précis, Bobby pensait que l’évidence ne pouvait plus être écartée : il y avait de très fortes chances pour que son deuxième parent soit décédé lui aussi, et plus probablement de mort violente au vu de l’augmentation subite du taux de mortalité que Carson subissait depuis ce matin.

Merci encore, Darkanange (mais où sont passés WiiStars et Sim_Rack ?)

Encore une fois, pourrais tu expliciter ce qui te plaît ou pas dans mon texte (sans vouloir trop insister ) ?

Darkanange
Darkanange
Niveau 5
11 janvier 2007 à 17:37:06

EH bien, ton héros un peu trop inhumain, enfin je trouve, il pense fortement, même si il essaye de ne pas y penser, que son père et mort et... et c´est tout. Certes il a vu beaucoup d´atrocités depuis ce matin fatal, mais tout d´même, j´pense qu´il pourrait s´arreter et pleurer un p´tit coup nan?
Sinon, l´ambiance, le style, l´originalité, tout y est. Bon c´est pas le comm à la Ostramus mais c´est d´jà ça :).

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
11 janvier 2007 à 19:18:03

3

Bobby ne savait plus quoi faire. De toutes les situations problématiques qu’ils avaient rencontrées aujourd’hui, celle-ci était de loin la pire. D’un côté, il éprouvait toujours le même besoin irrépressible de savoir, mais de l’autre, il ne voulait pas non plus inquiéter ses deux amis en les faisant attendre trop longtemps à la sortie de la ville. Ils n’avaient pas prévu une heure à laquelle ne plus attendre l’autre partie du groupe, et ceci ennuyait particulièrement Bobby. Il décida donc de rebrousser chemin vers leur maison en suivant le chemin le plus probable qu’avait pu suivre son père. Il avait certainement évité les grandes rues, avenues et autres boulevards pour passer par de petites rues plus tranquilles. Mais il y en avait tellement ! Il désespérait sérieusement de pouvoir jamais revoir son père.

Suivant son idée, il prit la première petite rue sur la gauche. Celle-ci était déserte, sentant la pisse dont on pouvait voir les traînées foncées sur les murs. Quelques vieux journaux et détritus voletaient et roulaient au gré de la petite brise qui se transformait en courant d’air en s’engouffrant dans la ruelle. Il accéléra légèrement, ne souhaitant pas s’attarder dans ce lieu de désolation. L’entrée opposée débouchait perpendiculairement sur une autre rue de taille supérieure mais à la circulation très réduite, ce n’était donc pas les voitures accidentées qui encombraient la route. Il jeta un coup d’oeil de simple prudence (si salvatrice) et prit à droite, dans la direction de la maison.
Cette impression si insistante d’être seul dans une ville fantôme le tenaillait à présent. Il pensait qu’il aurait même été rassuré de se sentir épié, tellement la ville sentait la mort et l’abandon. Il ne jeta même pas un coup d’oeil aux occupants des voitures parsemant la route de temps à autre, mais il gardait l’oeil aux alentours pour ne pas manquer la présence possible de son père.

Mais il n’y avait décidément rien. Le trajet lui paraissait nettement moins long qu’à l’aller, et il sentait qu’il se rapprochait bien trop rapidement de la maison. Il y avait tant de possibilités que son père ait du s’échapper par une ruelle pour fuir un quelconque danger que sa recherche apparaissait peu à peu désespérément vaine. Les entrées et sorties d’impasse, de ruelles et autres recoins sombres défilaient à droite et à gauche, mais il savait inconsciemment qu’il n’aurait pas le temps - ni peut-être la vie sauve - pour tout inspecter.
Il ne lui restait plus qu’à espérer que son père n’eut pas dévié de la rue dans laquelle il roulait, bien qu’il doutait de vouloir le revoir s’il devait être dans le même état que sa mère ou pire. Cette rue prenait fin à cinquante mètres de là où il se trouvait - renseignement pris sur un panneau avertissant d’un cédez le passage -, et atterrissait sur une avenue de taille nettement supérieure. Elle était jonchée de cadavres tout le long, tous dans des postures étranges et macabres, et Bobby craignait d’apercevoir celui de son père au milieu des autres. Il s’aperçut alors avec horreur que la plupart des corps appartenaient à des enfants en âge d’aller à la maternelle, peut-être au primaire.

Puis l’explication lui apparut soudainement, brutale et claire. Les enfants étaient sûrement ravis de partir en excursion, probablement pour visiter le seul musée de la ville, un musée d’histoire naturelle. Mais les bambins, bien que se sentant rarement concernés par ce genre de visite, devaient tout de même pleinement apprécier le fait de pouvoir sortir de leur classe. Ainsi étaient-ils morts heureux, eux, pensait amèrement Bobby. Puis il se réprimanda d’avoir de telles pensées. On meurt rarement heureux. Peut-être au moins n’avaient-ils pas souffert, mais la encore, pour la plupart des gamins, rien n’était moins sûr. Alors qu’ils traversaient le passage piéton destiné à cet usage, puisque l’école était située juste à côté, comme le prévenaient les nombreux panneaux Attention enfants !, la catastrophe avait du se produire. Bobby se représentait parfaitement la scène : les enfants traversant de façon insouciante, causant un supplément de stress à l’instituteur les accompagnant, leur façon si particulière de rire sans arrêt, la gaîté et la joie de vivre émanant de ces petits visages... puis la mort, brutale et sans compromis.

Les conducteurs arrêtés devant le passage, irrités par leur retard déjà grandissant ou attendris à la vue de tous ces bambins, avaient bien du essayer de freiner. Mais cela n’avait pas suffi. La voiture démarrant d’un coup, ils avaient du se dire fugitivement qu’ils avaient fait une erreur, puis ils avaient constatés, stupéfaits et terrifiés à la fois, ne comprenant pas ce qui leur arrivait, que le fait d’appuyer sur la pédale de frein n’avait aucun effet. En réalité, la voiture n’avait qu’à les déverrouiller électroniquement, et elle se transformait en char d’assaut partant écraser les enfants rigolant encore sur le passage. La scène avait été particulièrement horrible, les enfants se faisant faucher, renverser, écraser par les voitures devenues incontrôlables.
Certains s’étaient fait rouler dessus à plusieurs reprises, et ils étaient littéralement coupés en deux. L’un d’eux était décapité; un autre avait une jambe dans une position invraisemblable, bref, c’était un horrible carnage. Bobby, écoeuré à la limite de l’évanouissement, retrouva suffisamment ses esprits pour penser à dégager de là vite fait. Il appuya un grand coup sur les pédales, esquiva quelques corps en les évitant soigneusement du regard, et continua sa route. Il ne lui restait environ que cinq cent mètres à remonter dans la rue pour arriver chez lui lorsqu’il vit son père plus loin, face contre terre.

Il fonça, et arrivant à sa hauteur, s’arrêta en dérapant. Il se sentait déjà empli d’un profond désespoir, car il n’avait aucune chance d’avoir survécu. Son corps était criblé d’éclats de métal provenant de l’explosion d’une voiture toute proche, de laquelle il ne restait qu’une vague carcasse carbonisée.
Tout à sa hâte de savoir comment allait sa femme, il avait commis l’imprudence de courir trop près des voitures, ce qui avait causé sa mort. Bobby hésitait à retourner le corps, car bien que portant les mêmes habits que son père ce matin, il aurait pu se produire une effroyable et cruelle coïncidence. Il se décida brusquement, et renversa le corps sur le dos.
Il se sentit tout à coup empli d’une joie sans pareille, et il exulta.
Ce n’était pas son père !! !

Mais la réalité, glaciale et immuable, lui tomba dessus comme une chape de plomb. C’était bien son père. Légèrement défiguré qu’il était, il avait facilité le désir impérieux de Bobby de voir quelqu’un d’autre, n’importe qui sauf Alan Hobson. Néanmoins, il dut se rendre à l’évidence, c’était bien le visage tant adoré et redouté à la fois à l’instant où il l’avait retourné, même sous les éraflures et les entailles qu’avaient causées les éclats de métal. Bobby tomba à genoux, pleurant tout en levant son visage vers le ciel.
“NOOONNN !! !!! Pourquoi, mais pourquoi ?! Il hurlait à s’en déchirer la voix, puis elle se brisa brusquement et il en fut réduit à un quasi murmure. Pourquoi autant de cruauté ? Je suis seul maintenant, je n’ai plus personne...”
Il ne pensait plus du tout à Tom et Nancy, qui l’avaient soutenu comme ils pouvaient jusque-là, mais il allait devenir une épave s’il se laissait envahir par le chagrin. Cette pensée raviva le souvenir de sa mère, lorsque après avoir eu son corps trop longtemps sous les yeux, il s’était déjà promis de ne pas se laisser envahir par une tristesse, ou même une dépression destructrice. Cette fois-ci, c’était différent : il était sûr de n’avoir plus personne de sa famille en vie. Il baissa la tête comme pour débuter une prière, et se mit à sangloter sur la dépouille de son père.

Tu vas être content, un peu d´émotion larmoyante ! ;)

Eh oui, je sais, je suis une brute inhumaine et sans coeur...
Mais je l´assume ! Non, je déconne...

Sinon ce qui me ferait plaisir si ça ne t´ennuie pas ça serait de dire quels passages précis tu as aimé, genre "quand machin dis ça" ou "quand l´autre fait tel truc".

Je sais, je suis exigeant.

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
13 janvier 2007 à 09:41:45

4

Lorsqu’il releva la tête, il s’aperçut avec horreur qu’il s’était endormi sur le corps tellement il était fatigué par les évènements trop nombreux qui s’étaient enchaînés. Honteux de ce semi dégoût qu’il éprouvait, il ne se releva pas moins rapidement. Trop de pensées se bousculaient dans sa tête pour qu’il parvint à réfléchir correctement, lorsqu’une prit le devant de la scène : combien de temps s’était-il écoulé ? Il ferait mieux de se dépêcher s’il voulait les rejoindre avant qu’ils ne commencent à s’inquiéter trop sérieusement, et qu’ils ne se retrouvent pas en se cherchant chacun dans des directions différentes. Abandonnant tout de même à contrecoeur son père - même mort, son statut ne s’en trouvait pas changé aux yeux de Bobby -, il se remit lentement en route, suivant toujours l’avenue, qui menait directement jusqu’à la sortie de la ville. Durant le trajet, il eut du mal à se concentrer et faillit plusieurs fois rentrer dans des voitures immobilisées ou rouler sur des cadavres anonymes, bien qu’il craignît de finir par apercevoir quelqu’un d’autre qu’il connaissait.

Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ? se demandait-il, Comment pourront-ils saisir l’ampleur de mon malaise que j’ai jusque là tenté si habilement de dissimuler ? De toute façon, il faut que je leur parle, sans quoi je ne tarderai pas à devenir fou, et à être un vrai fardeau pour eux. Puis il se rendit soudain compte que ce qu’il disait était profondément injuste : d’accord, il avait perdu ses deux parents, mais il y avait de grande chances que la mère de Nancy n’ait pas survécu, et le cas de Tom serait également problématique. La distance pour aller à Stafford Mill était d’environ quarante kilomètres, et à moins que la ville où était située la centrale électrique alimentant Carson fut sur cette route ou après le village de son copain, cela leur ferait un grand détour supplémentaire. Tout en réfléchissant, il franchit machinalement un rond-point, prit à gauche, et força inconsciemment l’allure.

Il ne ressentait même plus le vélo comme une bête machine avec laquelle on se déplace, mais faisait corps avec lui, ne pensant pas que ce moyen de locomotion n’était pas naturel, au contraire, il lui semblait nettement plus simple que la marche, maintenant que les rues étaient désertes. Cette sensation le réjouit brièvement, mais pas assez pour lui faire oublier la profonde morosité dans laquelle baignait son esprit. Soudain, au coin du virage, il aperçu le dos du panneau sur lequel était inscrit, comme c’était la tradition, WELCOME TO CARSON. Eh oui, c’était comme ça, on aimait afficher une hospitalité de bon aloi, même si elle sonnait maintenant terriblement faux.

En se retournant, Bobby vit ce que pourrait voir quelqu’un arrivant dans la ville : une ville qui avait subi un cataclysme majeur, du genre tremblement de terre étant donné les voitures bloquées et les panaches de fumée. Il se serait bien évidemment lourdement trompé, car ce qui s’était produit, de quelque nature que ce soit, était nettement plus meurtrier qu’un “simple” séisme, même d’une ampleur terrifiante. Si l’on en croyait l’étendue que cela avait eu dans la ville, Bobby était de plus en plus convaincu qu’il en était de même pour toutes les villes environnantes, et peut-être même pour... le monde entier. Cette pensée le fit frissonner, n’osant seulement imaginer ce que pouvait donner un tel désastre dans d’énormes villes comme New York. C’avait du être affreux, une hécatombe à côté de laquelle la bombe larguée sur Hiroshima, toute dévastatrice qu’elle fut, devait faire pâle figure. Puis il changea son raisonnement et se mit à réfléchir sur qui avait pu survivre, et ses conclusions le firent sourire.

Si on y prenait la peine d’étudier la situation, les seules personnes qui pouvaient survivre étaient celles qui étaient un premier temps chanceuses, puis débrouillardes comme eux - mais pour encore combien de temps -, ou bien tout simplement celles qui n’avaient pas l’électricité. Ironie du sort, la célèbre sélection darwinienne du plus fort venait donc de jouer un tour particulièrement savoureux aux populations “civilisées” pour ne laisser vivre que les plus pauvres, ou du moins celles qui possédaient le style de vie le plus ancien. Bobby pensait aux nombreuses tribus africaines que l’on se complaisait à filmer pour comparer leurs moeurs étranges aux nôtres et finalement, même si ce n’était pas forcement le but premier du documentaire, se dire que l’on était tellement mieux chez soi, loin de la condition de vie de ces pauvres pays “en voie de développement”, terme un tant soit peu pompeux pour ne pas dire qu’il étaient dans une situation carrément catastrophique.

Et le plus marrant dans tout ça, c’est que la plupart de ces tribus sont justement tellement reculées qu’en plus de ne pas en subir les effets, elles n’en sauront probablement jamais rien et continueront à vivre comme si la “civilisation” n’avait jamais existé que pour les harceler, les massacrer et les réduire en esclavage un temps, puis pour finir par disparaître, bêtement, comme ça. En fait, c’est un peu un système d’épuration contraire à tous ceux qu’on a pu voir dans l’histoire, comme celui d’Hitler par exemple. C’est la revanche de la Nature sur l’homme, même si elle aura accepté un coup de main de la part des machines. Dans quelques années, ou dizaines d’années, les végétaux auront recouvert les villes, et elles ressembleront aux ruines de temples incas que l’ont peut voir dans les magazines.

Cette théorie, bien que lui paraissant absurde au premier abord, avait un certain charme. Les écolos qui ont survécu doivent être vachement contents, blagua Bobby. D’un coup, la situation lui paraissait totalement logique, bien que cruelle. “Un mal pour un bien”, disait souvent son père. Si seulement cela pouvait être vrai et qu’il ne soit mort que pour la survie de la planète... Mais en même temps si sa théorie était juste, il lui fallait considérer que ses parents devaient être éliminés, ce qui ne le réjouissait pas particulièrement, et il ne fallait pas non plus oublier qu’ils avaient failli mourir à plusieurs reprises, et que par conséquent ils étaient certainement eux aussi considérés comme des intrus dans le système. Bon, ben dans ce cas il nous reste plus qu’à aller vivre en pleine forêt, isolés de tout, au moins on risquera plus rien !

Car il pensait que même s’ils détruisaient la centrale la plus proche, ce ne serait que pour s’assurer une relative sécurité dans les environs ; il ne comptait pas retourner vivre à Carson qui, premièrement, serait chargée de trop de souvenirs pour y vivre en paix, et deuxièmement, considération plus terre-à-terre, la ville serait un vrai charnier de corps pourrissants, donc invivable et chargé de risques d’infections diverses. Mais son côté héroïco-chevaleresque lui soufflait que peut-être, en détruisant la source du problème, ils sauveraient des gens comme il s’était sauvé en éteignant le compteur.
Une fois de plus, il se laissait emporter par ses pensées et il faillit dépasser le panneau de sortie de la ville qu’il venait pourtant d’apercevoir il n’y a même pas une minute. Il pila à la hauteur de ce dernier pour faire une constatation terrible qui s’ajoutait à la trop longue liste de celles qu’il avait pu faire dans ce début de journée bien rempli.

Personne n’était là pour l’attendre à côté du panneau, qui vous souhaitait toujours aussi indifféremment la bienvenue dans l’accueillante ville de Carson.

PS : n´oubliez pas de réagir, pour que je sache au moins si vous êtes toujours là !

blazcowicz
blazcowicz
Niveau 10
15 janvier 2007 à 13:07:02

Eh ben alors ? Vous bousculez pas !

Darkanange
Darkanange
Niveau 5
17 janvier 2007 à 12:51:26

La suite?
TOujours aussi super!
La suite maintenant :P.

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