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Liste des sujets

Le temps d'un baiser

Amir_
Amir_
Niveau 9
21 novembre 2006 à 23:05:15

Première partie d´une courte nouvelle parlant de ce foutu amour :-)

___

Dans tout le continuum né depuis l’éternité, dans l’interminable et inaltérable spirale du temps que n’arrête ni la mort ni la vie, une seconde se perdit. Une seconde, parmi les galaxies cyclopéennes dévorant le vide interstellaire, une seconde, parmi les astres, et les étoiles, et les poussières d’étoile, disparut. Dieu, ses anges et ses archanges, ses livres et ses mondes, furent, une extraordinaire seconde, privées de leur existence, s’arrêtèrent, comme la note qu’un pianiste démesuré aurait oubliée.
Elle mourut, passa, continua, comme la longue brise d’un été, puis laissa réapparaître le monde, noyée à nouveau dans le flot de l’infini qui ne connaît ni fatigue ni douleur. Et fut oubliée, car nul ne remarqua son absence. Dieu, dans son infinie sagesse, ne bougea pas de son trône. Astres et lumières de l’espace, restèrent impassibles, continuant du haut de leur puissance invisible à se mesurer à tout le cosmos. Les planètes, esclaves impuissants des masses sidérales, reprirent leur trajectoire, nullement troublées par la terrible défaillance quantique qui venait de frapper le monde. Le monde tourna, tourna, tourna. La Terre tourna, ses villes tournèrent, le ballet se perpétua, identique depuis son introuvable commencement, dans le grincement cataclysmal de l’engrenage astronomique.
Les millénaires et les millions d’années avaient déroulé leurs empreintes depuis des milliards de secondes, il continuerait jusqu’à la seconde où Dieu déciderait d’y apposer son propre pied.
Mais Dieu, dans toute sa grandeur, ne connaîtrait jamais la raison de l’interruption de sa Création, pas plus qu’il n’en connaissait l’existence.
Mais moi, je la sais pourtant.
Car bien que sous mes doigts ne s’agite que la plume d’un oiseau de passage, je vois des choses que Lui ne peut voir, et fais des choses que Lui ne peut concevoir.
Cette seconde qui n’exista pas fut le temps nécessaire à un baiser.
Douce et simple, sucrée et délicate, tendre mais pas trop, juste assez éphémère pour vouloir être retrouvée. Voici la pièce toute étroite, où s’éparpillent livres et lignes, sous un pied de chaise ou par dessus la lampe, volant dans l’air chaud venu du printemps qui s’anime dehors. Des pages et des pages, par ce qui semble être des milliers, se prélassent dans le velours du tapis, couvant leurs idées en attendant que leur auteur ne vienne les ramasser, et les continuer. Le bric-à-brac là-bas est grand et riche, et si il semble l’œuvre du plus fou des fous, il paraîtra au poète l’œuvre du vrai artiste, celui dont l’œil pétille devant un visage, celui dont l’esprit part vers des mondes bien seuls en croisant la simple forme d’un objet. Mais l’artiste n’est il pas fou ? Peut-être les grands le sont ils, mais cet enfant là, assis auprès d’un autre enfant, est plus rêveur que fou, pour imaginer la réalité de ce que j’ai énoncé. Mais ne brisons pas ses souhaits, ne brisons pas ses fantasmes, et ne dépeignons pas la triste réalité de ce qu’il est vraiment, continuons plutôt à nous approcher, de lui et de l’extraordinaire seconde qui s’approche à grands pas, et ne reviendra pas.
Figures proches dans l’espace, mais encore trop loin du désir. Mais l’on devine que celui-ci existe, quelque part, enfoui au fond d’un cœur qu’on a longtemps martyrisé, qu’on a écorché jusqu’à être percé, qu’on a voulu voir percé parce qu’il était trop pur, pour être parmi eux, eux tous. Le désir –non, appelons le « amour ! » – se dissimule aussi, sous de profondes et ténébreuses couches d’attente, attente d’être éclaircies, irradiées, pour révéler, enfin, dans toute leur splendeur, ce qui est abyssal, ce qui est brillant, ce qui rutile d’amour et veut être poli.
Cela, ça ne se dévoile encore que par de simples détails : par un œil qui suit, avec une timide lueur encore inappréciable, le tracé de la plume qui court dans les doigts de l’écrivain ; par de brefs regards qui se croisent et se décroisent, espérant l’invisible approbation de l’autre – invisible à nos yeux – ; par des mots murmurés trop bas pour parler de ce qui se dit sur les toits ; et aussi, plus rarement, par les doigts d’une main qui montent trop haut pour signifier l’ennui, mais encore trop bas pour dire de se taire. Voyez tout cela, mais ne dites encore rien, car vous ne savez rien encore, nul ne vous a raconté l’histoire de cette petite seconde de trop dans la grande roue du cosmos ; devinez, simplement.

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
21 novembre 2006 à 23:12:44

J´ai lu et je veux bien connaître cette histoire mais je peux pas vraiment commenter vu que je suis un peu loin de ces styles à la limite du philosophique.
Ca m´a parut un peu lourd parfois mais encore une fois, ça doit être parce que je ne sais pas apprécier ce genre de texte.

J´attends la suite quand même.

Negatum
Negatum
Niveau 10
21 novembre 2006 à 23:52:41

Vu que je t´ai foutu un gros vent sur msn (du à une partie serré de Warcraft 3 (Que j´ai perdu d´ailleur (pas de chance, je recommencerai la prochaine fois (je suis encore loin du record de parenthéses? Oui? j´arrete alors))), je vais me faire pardonner en corrigeant ce texte.
Alooooors...
Bon, déja, c´est, je trouve, beaucoup moins confus que tes textes les plus récents. Cette fois ci, j´ai reussi à suivre de bout en bout, sans souci. Bon point donc, tu auras un chocolat si tu es sage (ouais, j´ai mangé des mashamallow ce soir, fête et joie et bonjour chez vous!). :o))
Le passage avec les galaxies est trés bien, sans être magnifiquement beau, mais il est bien retranscrit. En revanche, j´ai trouvé le passage avec l´ecrivain un peu plus... bizarre.
Certaines tournures me paraissent en revanche... Inaproprié... Je dirais que tu utilise un vocabulaire un peu trop exact pour le type de texte. J´aurais plutot misé sur un truc plus brumeux, plus... magique peut-être. Mais ça, ca dépend énormément des gouts de chacun.
Petit défaut? Je trouve dans certain point que le narrateur (toi?) est un peu prétentieux, voir mégalomane sur les bords. TU te prétens artiste, avec les feuilles en bazar, le génie de l´inspiration, tout le bataclan, même si c´est en partie vcrai ça ne t´autorise pas à t´autoproclamer :p)
Autre défaut, mais cette fois ci tellement personnel que tu n´a pas à y faire gaffe, c´est que je n´apprécie pas trop les phrases profondes voire "moraliste" que tu nous donne, pour moi ça doit plus être sous-entendu, mais ça, c´est le genre qui veut ça, donc bon...

Voila, dans l´ensemble, j´ai plutôt aimé, mais y a quelques trucs qui me rebutent (ce n´est pas une raison pour en prendre compte, surtout si les autres trouvent ça bien). Je sais pas trop si je continuerai ma lecture ou pas, ça dépendras de la suite, certainement :o))

Voila, bonne chance pour la suite ^^

charly_owl
charly_owl
Niveau 7
22 novembre 2006 à 00:03:40

heu.... c´est philosophique, ouaip... subtil mélange d´amour et de complexité des mots. Très agréable à lire, mais ça relève un peu de mazochisme intellectuel (allons je blague). Non sérieux c´était très bien. Court, mais ça disait ce que ça avait à dire, en laissant un point de fuite qui ramène la fin dans le vague et dans l´infini. Très bon.

Quelle profondeur dans la tête de cet Amir!

DeathSayan
DeathSayan
Niveau 9
24 novembre 2006 à 04:42:03

C´est trop philosophique que ça devient lourd. Les descriptions j´ai l´impression ne sont là que pour faire joli et tes comparaisons sont à la limite du supportable... Franchement c´est lourd... On sent que ça a du potentiel mais n´essaye de faire un truc du genre "le mec qui a voulu écrire une nouvelle parlant d´une girafe et sa relation avec le flan au caramel"

Continue et un peu d´action :)

Amir_
Amir_
Niveau 9
26 novembre 2006 à 17:37:07

Plop.
Désolé pour deathsayan. Et pour ta comparaison sache qu´elle est quelque peu vexante. Et non pas d´action dans la suite.
Charly, merci, je suis content d´avoir réussi sur toi. Mais juste une chose ( même si tu en parles avec ironie mais tout de même ), penses tu que le texte reflète bien mes pensées ( ou du moins assez bien ) ou parait il vraiment trop alambiqué?
Sorry srphirothn, je vais essayer de faire la suite quand je serai dans le bon état d´esprit.
Neg, merci mais cesse de penser que quand je mets en scène un écrivain ( ce qui est, je te l´accorde, souvent le cas ), il s´agisse nécessairement de moi. De plus, tu as loupé un élément, puisque toutes ces feuilles en bazar et le tralala ne sont qu´un reve, une illusion du gamin, comme le précise indirectement le "mais cet enfant là, assis auprès d’un autre enfant, est plus rêveur que fou, pour imaginer la réalité de ce que j’ai énoncé. Mais ne brisons pas ses souhaits, ne brisons pas ses fantasmes, et ne dépeignons pas la triste réalité de ce qu’il est vraiment". J´hésitais d´ailleurs à le préciser car je voulais que le lecteur le devine, malheuresement le texte est trop court à ce stade pour que ce soit possible. Et puis, qu´un écrivain amateur n´ait pas l´ambition de réussir quelque chose de vaste et de bien, je trouve ca dommage, il faut garder un espoir pour écrire, et je serais hypocrite si je ne disais pas que j´aie envie d´égaler un jour les auteurs que je respecte, sur ce forum ou édités. Ce reve se réalisera t il, c´est une autre histoire, de travail et d´acharnement.
Et si tu le peux, précise moi ces phrases moralistes, car je ne me suis pas rendu compte de leur présence, et tout comme toi je déteste la morale lorsqu´elle n´est pas sous entendue ( bon a part si le texte "veut" ca, comme La Fontaine pour citer l´un des plus célèbres ).
Merci à vous tous.

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