Nouveau texte, one shot, très dense, je sais.
Bonne lecture.
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Condamné à errer dans ce désert, le désert des pensées qui ne se retrouvent pas. Condamné à laisser les marques de ses pas, jour après jour sur le sable qui ne s’effrite jamais, sur le sable qui brûle, qui brûle la plante de ses pieds. Maudit –mais pas assez pour mourir –, écroué, dans la prison insondable qui ne se trouve pas ici, et pas non plus ailleurs, gardant ses souvenirs dans les cages pleines du tourment, et les regardant, une fois et puis deux fois, une fois et puis encore une fois, jusqu’à pleurer une première fois, et une autre première fois. Ici, ce qui est ultime, ce qui est la fin, ce qui est la fin de la détresse et la fin de la joie –tout ce qui est Mort ! – n’existe pas. Et si il doit exister, alors il est souffrance, pas autre chose. Et si il n’y a pas assez de souffrance, il est répétition, car l’enfer, celui qui est éternel, c’est la répétition. D’un mot qui fait recracher les vieux mensonges ; d’une voix, rebrûlant le cœur et les tympans, accusant la fin d’un amour que tu n’as pas tenu ; d’un geste, le geste de trop, claquant la peau et croquant ton espoir, encore. Vois le une fois et revois le encore, car tu ne l’as pas assez vu, et ne t’en es pas assez repenti, et parce que le chagrin qui t’a amené ici ne t’a pourtant pas tué.
Mais l’espoir existe aussi, quelque part. Parmi les dunes, éparses, se cachent des portes. Nées du hasard, et propices à l’éphémère. Elles ne surgissent pas, ne se montrent pas à ce qui est péché, et ne veulent pas l’aider. Un intrus, cependant, les fascine, et les habille. Il leur fait vêtir la noire robe de l’ombre, -l´ombre d´un espoir! - quand il devient plus clair et plus fort. Le ciel s’ouvre, ses yeux s’ouvrent, et les portes montrent leurs gonds. Alors, il s’avance, voir les ombres qu’a fait cracher le soleil, et si lui brûle, il continue, à marcher, marcher, mais le soleil s’en va, le soleil s’en va, le soleil s’écrase. Et la porte aussi. Il est trop tard.
Et cela recommencera demain. Et cela recommencera après demain. Parce que l’espoir existe, mais l’espoir est un leurre. Parce que la souffrance, c’est faire croire en la victoire.
Parce que le désert, est son âme, et que son âme, est trop noire.
Aussi noire que le sable est blanc.