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Tu me sauverais la vie toi ? [Acte III]

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
11 novembre 2006 à 12:26:40

A Lou.
A Marie.
A Alex.

Tu me sauverais la vie toi ?

- Troisième partie : "T´as l´air défoncé, man" -

La chaleur m’accable. Mon corps était parcouru de grosses cloques, et à mesure qu’elles éclataient, je me sentais fondre, me liquéfier. Bientôt, je ne serais plus qu’un liquide incolore sur le sol. Si ça se trouve, on fera un bon usage de moi. Si ça se trouve, on me mettra dans une seringue et on m’injectera dans des veines regorgeant déjà de substances narcotiques. Dans ce corps, je coulerais doucement, perçant le cœur pour dévoiler les plus intimes secrets. Imbibant le cerveau pour le déconnecter totalement. Je serais tellement aimé que pour ce corps, et bien, je serais sa mère, sa petite amie, son Dieu… Une fois dépendant, sa plus belle mort serait de faire une overdose de moi. Quand je serais plus grand, j’crois que je serais de l’héroïne.

Mais si ça se trouve, une femme de ménage va m’éponger avec une foutue serpillière. Et j’aurais l’air vraiment con à barboter avec les eaux usées. Et si le soleil me frappe, je vais me transformer en vapeur et je vais voler dans les airs. De plus en plus haut. Perçant les nuages, imbibant le ciel. Jusqu’à ce que je me condense, et ensuite redevenir une goutte. Une goutte qui tombera de très haut. Une goutte qui fera une descente infernale pour aller s’écraser brutalement sur terre. Un atterrissage qui va me projeter aux quatre coins du globe. Un choc qui va détoner dans mon esprit comme un canon de Pachelbel. Pas de quoi me reprendre au violon et faire des sanglots longs, et pas de quoi en faire un océan également. J’suis qu’une goutte après tout, même pas capable de faire déborder un vase… De toute manière, je m’en branle, moi, j’suis mort écrasé sur la face de la terre. Comme un moucheron sur un pare-brise. Ma colonne vertébrale de goutte sera toute écrasée dans un style accordéonnesque pour égrener une sinistre dernière note, bien loin des airs de musette.

_ T’as l’air défoncé.
Voici Alex. C’est ce que l’on peut appeler un compagnon de voyage. Un mec paumé. Un idéaliste. Le genre de personne infréquentable. Sauf bien sur quand l’on devient soi-même un paria. Sa voix résonne de manière discordante dans mes oreilles et j’ai l’impression d’avoir entendu une phrase du genre : « Ta mère suçait ». Je tente de lui répondre que ça baigne, que je vais bien, que je ne fais que planer comme à mon habitude. Sauf qu’à ce moment même où je prends conscience que tout va le plus parfaitement bien au monde pour moi, et bien, je meurs.

On dit qu’au moment de notre mort, notre vie défile sous nos yeux. Et bien, ce n’est pas entièrement vrai. Dans mon cas, seuls les derniers événements de mon existence figure sur cette dernière bande. Comme si une âme bienveillante avait supprimé des scènes au montage pour obtenir un ensemble trépidant. Parce qu’il faut bien le dire, ma vie avant de l’avoir rencontré et d’avoir chopé cette satanée maladie n’avait rien de passionnante.Un peu comme un texte de Frédéric Renouf.

Tout commence sur le plan d’une station service bien miteuse située en plein milieu d’un désert. Le bâtiment type que l’on trouve dans tout les road-movies moderne. Là, une voiture d’un rouge maculé de poussière se gare devant une pompe à main désuète. L’homme qui en descend, avec la barbe dévorant son visage, le jean totalement amoché, le T-shirt blanc jauni par la saleté, les traits émaciés et la chevelure abondante poussant anarchiquement sous un bob ridicule, et bien, c’est moi. Moi, dans le plus grand rôle de ma vie.

Alors que je me dirige vers l’entrée du commerce pour quémander mes quelques litres d’essence histoire de continuer ma fuite dans le nouveau Mexique, la porte s’ouvre, grinçant sur ses gonds, comme si elle avait prévu mon arrivée. Mais ce n’était pas un vendeur bienveillant qui se trouvait derrière. Non, le vendeur était déjà mort et son corps était étalé dans l’arrière boutique. Celui qui le remplaçait, ce n’était rien d’autre que la sinistre silhouette de ce milicien qui aurait sa place dans un western spaghetti. Il se tenait froidement en face de moi, le pan de son manteau écarté, la main posée sur la crosse en nacre de son revolver. Une cigarette se consumait au coin de sa bouche dont les lèvres formaient un rictus triomphant.
_ Je t’attendais mon cher.

Dame_Mistie
Dame_Mistie
Niveau 10
11 novembre 2006 à 16:14:55

Ouuuuh ! J´ai pas tout suivi. Alex on l´a déjà rencontré ? *penser à tout relire*

C´était sympathique ce voyage dans les méandres du cerveau d´un gars défoncé ^^

Ben non pas plus de commentaire, je laisse ce soin à Carnavale :o))

Zz_Cdb
Zz_Cdb
Niveau 5
11 novembre 2006 à 19:14:29

J´aime bcp les 4 premiers paragraphes. :ok:
J´ai pas compris les 2 derniers par contre

Negatum
Negatum
Niveau 10
11 novembre 2006 à 20:00:03

C´est toujours excellent, toujours aussi bien mené mais il manque le petit truc qui nous faisait pamer dans la premiére et dans la seconde partie. Vers la fin, ça devient vraiment bizarre, car on a l´impression que ça ne fait rien au narrateur, qu´il est indifférent de retrouver celui qui a quand même tuer son (ex-)amour.
Mais, finalement, j´ai hate de voir comment ça se finiras (il y a que trois acte, je crois, non?). Alors je vais joyeusement demander la suite :-)

charly_owl
charly_owl
Niveau 7
11 novembre 2006 à 20:09:26

hmm ça me donne le goût de foncer lire les 2 actes précédant! Rendez-vous dans 3 jours après ma lecture! (ouhlà c´que je suis drôle parfois!)

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
13 novembre 2006 à 05:30:40

Alex ne viendra que par la suite dans le récit.
Et pour Negatum, éffectivement, il ne ressent plus grand chose actuellement, puisqu´il est passif, se contentant de regarder ces évenements de sa vie. Vous avez du mal avec l´enchainement, on dirait... :-)

chris12
chris12
Niveau 9
14 novembre 2006 à 23:12:45

mouais alex doit se cacher quelques parts dans une des fics de Soul... ^^

Interressant, donc si j´ai bien compris le "Tout commence" est le début de la fin :fou:

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
16 novembre 2006 à 12:14:34

Rideau. Trois coups. En avant la musique.

Erzengel surgit là où l´on ne l´attend pas. Habile transition sur le mode elliptique : nous avons terminé l´acte II sur un événement d´un tragique consumé, on s´attend à un débordement furieux de violence et de rage, une quête désordonnée du bourreau au chapeau, et c´est sur un passage d´une force intégrale qui surplombe de loin les deux actes précédents par son style fluide et débarrassé des rares impuretés qui parsemaient parfois le texte auparavant. Flamboyante, la métaphore du liquide, à la fois intériorisation d´une substance chimique et image d´une âme meurtrie par la perte d´un être cher, âme loin de chercher ou l´action ou la réaction mais plutôt dénué, égaré, dans une dramatique passivité... C´est un peu le calme odieux qui vient suivre la tempête et ce calme ne déçoit pas, au contraire, il renforce l´émotion, et rend le héros plus subtil. Ce n´est pas un Schwarzenegger ou un Stalonne (ou un Bush ^^?) qui à l´attaque directe va répondre immédiatement par la force, par une égale violence, parfaitement inutile.

L´absence est incompensable pour cet homme, et je parle bien d´un homme, non d´un héros. Un homme qui finalement continue de faire ce qu´il fait de mieux : fuir, tant qu´il en est encore tant. Fuir un châtiment, un compte à rebours, qui attend tranquillement, effrayant, au coeur de ses entrailles, sous sa propre chair. Fuir une réalité, celle de sa solitude, absolue désormais. Fuir une douleur multiforme, fuir un devoir, fuir une forme de lui-même qu´il n´accepte plus dans un monde qu´il ne comprend plus (l´a-t-il jamais compris ?) et qui le chasse. La tension entre le bien et le mal n´a jamais été aussi fluctuante. Qui l´empêche d´être le double du cow-boy ? Qui peut l´amener à prendre ses responsabilités ?

Réveillez-vous ! crache Erzengel. La réalité n´est pas faite de Supermen et de soldats emplis d´un optimisme béat. La réalité c´est qu´on a peur, c´est qu´on est lâche et qu´on ne fait par devoir que ce qui est de près ou de loin propre à nous amener un réconfort personnel. Non pas que le désintéressement ou l´acte gratuit soient des utopies (je ne saurais trancher), mais plutôt qu´en un certain degré atteint de civilisation, (dans cette histoire, parfaitement aboli à travers une vision tragique et somme toute terriblement pessimiste sur l´avenir de l´homme - si avenir il y a -) les valeurs occidentales, profondément chrétiennes et ensuite humanistes, tel que l´amour de son prochain, la générosité, le don de soi, n´existent en réalité que par instants ponctuels de conséquences résiduelles (on pensera à la belle scène de sacrifice qui conclut l´acte II => l´acte en soi est magnifique mais à quoi aura-t-il servi ? Rien. C´est peut-être parce que c´est inutile que c´est encore plus beau. Le sacrifice deviendrait, à l´instar de la danse, une gestuelle humaine, un don de son propre corps, offert au noble domaine de l´esthétique : en un mot, le sacrifice, c´est le corps fait oeuvre d´art, oeuvre d´art où le sang perd de sa matière pour devenir uniquement une peinture).

Dans ces contrées littéraires, on approfondit tout le cynisme et la gouaille qui font le style si particulier du Erzengel. Jubilatoire, le décalage humoristique entre la tristesse d´un homme d´état décadent qui se fait à l´image de la société qu´il méprise néanmoins et l´absurdité surréelle de ses impressions intérieures, aussi glauques que symboliques, combinée à la vulgarité populaire et rafraîchissante des amateurs de sensations extrêmes, les piqués, les drogués, tous les expatriés et autre laissés-pour-compte d´une société élitiste et abusivement marginaliste, des laissés-pour-compte en qui le héros trouve finalement une nouvelle forme de communauté, de famille - qu´on sent fragile néanmoins -.

L´influence grandissante de l´illusion (promesse plus certaine de la désillusion) à travers les hallucinations d´une drogue pas assez dure pour faire oublier la drogue plus puissante que l´amour constitue (surtout quand on l´a mortellement blessé), et la dimension éminemment cinématographique du fond et de la forme (sens de la mise en scène, mise en abyme du héros dans un rôle à travers un rôle, sa vie vécue comme un mauvais film, etc...) donne à la réalité un caractère encore plus sombre et désespérant. L´homme, anti-héros, ne communique plus (il comprend mal les phrases qu´on lui adresse, les déforme : "j´avais compris : "Ta mère suçait"), ne s´évade plus qu´en lui-même et même ne se comprend plus ; il n´a peur que pour lui, peur bien sûr du néant (ce à quoi renvoie l´image du liquide, état fuyant de la matière, à l´instar du héros lui-même), peur de sa propre décadence, sa propre dégradation (n´a-t-il pas peur d´être mêlé aux poussières et autres déchets d´une quelconque technicienne de surface ?) . C´est là qu´il touche, qu´il nous rapproche d´une forme plus extatique de ce que nous serions en cas de crise humaine.

On pourrait presque pressentir le plaidoyer pour une Afrique ravagée par un chaos aussi bien politique que sanitaire. Mais là, j´ai peur de toucher un peu à l´extrapolation alors je m´arrêterai là et, bien sûr, fidèle au poste, attendrai tranquillement la suite probablement enivrante des événements. L´immédiate rencontre avec le cow-boy trompe encore une attente classique ; et l´on n´est même pas sûr qu´il y aura vengeance. Avec le Erzengel, à quoi peut-on s´attendre ? Et encore une fois...

Que nous restera-t-il ?

A voir prochainement :-) .
Très bonne continuation !

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
16 novembre 2006 à 12:16:13

[...] et c´est sur un passage d´une force intégrale [...] que débute ce troisième acte.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
16 novembre 2006 à 12:16:41

tant qu´il est encore TEMPS * (honte)

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
18 novembre 2006 à 17:16:40

Il aurait pu me tuer, là, maintenant, m’abattre froidement en plein milieu du désert où personne ne risquerait d’entendre quoi que ce soit et encore moins de me retrouver un jour. J’irai probablement rejoindre les vieux cadavres qui croupissent déjà dans les plaines alentours. Après tout, on dit bien que si le terrain est si aride et désolé, c’est bien pour en faire un cimetière gigantesque. Mais non, rien de tout cela n’arrive. Au contraire, dans sa grande clémence, il m’invite poliment à le rejoindre à l’intérieur.C’est vrai qu’il n’y aucun mérite à tuer un homme désarmé aussi facilement. Il devait probablement en éprouver d’avantage en tuant une femme.

J’accepte son invitation, plus sous la crainte du colt encore caché dans son étui qui ne me laisse pas d’autres alternatives qu’autre chose. Et c’est ainsi, qu’autour d’un café brûlant fraîchement versé, il m’explique la facilité avec laquelle il m’a retrouvé. Il avait eu vent de mon dernier meurtre en date, à savoir un milicien qui m’a laissé en héritage son véhicule et son arme. Ouais, fallait préciser que la voiture que j’avais prise dans le garage de ma défunte amante était tombée en rade au bout d’à peine trente kilomètres, à croire qu’elle avait hâte de rejoindre sa propriétaire…Ainsi, au volant de l’Impala de ce type, j’avais continué ma fuite sans autre préoccupation que ma survie. Mais cette dernière suivait tout de même un plan logique. En effet, il était facile pour un homme de son expérience de suivre mes traces et de prévoir ma direction. Et comme cette station service était la seule sur des centaines de kilomètres, l’arrêt était indispensable. Je dois admettre qu’il est fort dans son domaine, dommage que ce soit après moi qu’il en veuille.

_ Une cancerette ?
Il me désigne la feuille emplie de tabac qu’il est en train de rouler entre ses doigts. Je refuse, mine de rien, je tiens encore à mes poumons, et puis, ce n’est qu’enrichir l’Etat que d’être accro à ceci. On se demande pourquoi ils font des campagnes anti-tabac d’ailleurs. Une culpabilité envers les malades peut être. Pourtant le cancer, ça doit rapporter pas mal avec les médicaments et les chimiothérapies. Sans parler des pompes funèbres par la suite et autres activités annexes. A croire qu’on s’inquiète de notre santé et que l’on nous souhaite une vie saine et prospère à la disgrâce d’un circuit économique qui était une bonne source de revenus… Déjà qu’avant, avec le Sida, ils avaient une véritable mine d’or puisqu’il n’existait pas de vaccin miracle et que le malade était abonné à des médicaments coûteux pour soi-disant ralentir le virus, ou des conneries du genre. Et maintenant, ce genre de traitement ne se trouve que sur le marché noir depuis que la grande chasse aux sidaïques est ouverte.

_ Ta copine était coriace, tu sais…
Il m’explique alors avec quel acharnement elle a tenu son revolver. Une vraie tigresse développant toutes les forces qu’elle possédait. Elle aurait même pu s’emparer de l’arme si le cowboy n’avait pas eu l’idée de s’emparer de son couteau et de donner un coup puissant à l’index retenant le percuteur. Mais, même avec le doigt à moitié tranché, le nerf mis à vif et le sang salissant la crosse, elle résistait toujours, opposant une forte résistance. Il lui en a fallu du temps pour parvenir à détacher la phalange en transformant sa lame en levier. Et une fois sa tâche terminée, il pouvait de nouveau jouer de la gâchette. Il ne se priva pas, logeant une balle qui fit éclater le visage de son adversaire tel un fruit mur.

_ Et maintenant, ça va être ton tour.
J’aurais pu lui demander pourquoi. Pourquoi il accomplissait de tels actes ? Pourquoi il faisait partie de ces affreuses milices ? Pourquoi s’obstinait-il à me poursuivre ? Et le tout avec un accent mélodramatique, mais non, en fait, je m’en foutais de sa vie. Qu’il écrive un livre si elle est si importante que ça !

Donc, en guise réponse, au lieu de palabrer sur le pourquoi du comment et autres futilités du genre, je lui jette ma tasse encore pleine de son contenu bouillant en pleine figure. Ses réflexes étaient fulgurants et il se protégea, avec rapidité, le visage avec sa main. Le café coulait le long de sa peau sans qu’il ne ressente une once de brûlure. Dans le même temps, il avait commencé à se lever et à porter la main sur son arme. Ce que j’avais anticipé. Brusquement, je pousse la table et bloque la main qui s’apprêtait à dégainer son pistolet. Les quelques secondes que j’avais réussi à obtenir de cette façon me permirent de sortir hors de ce bâtiment. La solution à cette situation se trouvait dans ma Chevrolet, à condition que je parvienne à l’atteindre à temps…

Negatum
Negatum
Niveau 10
18 novembre 2006 à 19:36:45

Cette fois-ci j´ai trouvé ça génial, ça rejoint la magie de l´acte I; je crois que cette fameuse "transition" est enfin passé, et que maintenant j´arrive à me replonger sans probléme dans l´histoire.
La suite donc, et vite si possible :-)

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
20 novembre 2006 à 01:32:18

Tu vas bien pouvoir attendre une petite semaine que je retourne chez moi :-)

UNRE4L
UNRE4L
Niveau 9
20 novembre 2006 à 15:59:24

Avoir dans ce topic une critique plus longue que la nouvelle en elle-même, est-ce bien raisonnable ? :sarcastic: :sarcastic: :sarcastic:

Dame_Mistie
Dame_Mistie
Niveau 10
20 novembre 2006 à 19:38:29

"J’accepte son invitation, plus sous la crainte du colt encore caché dans son étui qui ne me laisse pas d’autres alternatives qu’autre chose."

"autre chose" est en trop.

"Donc, en guise réponse"

il manque un "de"

Sinon écoute, j´admire le courage de la fille et je suis étonnée devant la vivacité du gars qui arrive à avoir les idées claires de manière à pouvoir se défendre alors qu´il a devant lui un homme armé.

Sur ce, je vais lire le commentaire de Carnavale.

Squall46
Squall46
Niveau 21
21 novembre 2006 à 22:55:31

C´est toujours pas mal, mais moi ce qui m´interpelle c´est plutôt les reflexes du mercenaire mis à mal par une tasse de café chaud.
Sinon il reste à lire la suite, voir où cette histoire va vraiment.

chris12
chris12
Niveau 9
22 novembre 2006 à 13:28:56

on peut considerer le mercenaire comme la grande Faucheuse... On ne lui echappe pas, et il est presque invincible... Enfin...

très bon chapitre, très bon commentaire :p

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
25 novembre 2006 à 18:55:18

C´est vrai que le commentaire de Carnavale est mieux que le texte, mais bon, on ne peut reprocher à cette critique d´être parfaite :coeur:

Merci encore une fois de vos lectures et de vos avis :-)

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
25 novembre 2006 à 23:31:20

Lorsque je pose la main sur la crosse du fusil à pompe que j’avais gentiment emprunté à un milicien, une détonation retentit, claquant dans l’air comme un coup de tonnerre, et le sable se soulève à quelques millimètres de mon pied droit. Avec une redoutable précision, il avait logé une balle dans le sol, dans l’unique but de me faire stopper net. Et il y était parvenu. Des sueurs froides me remontaient dans le dos et j’osais à peine me retourner pour devoir me confronter à ce monstre résolu. Ses principes obsolètes d’honneur m’avaient épargné une nouvelle fois, mais qu’en serait-il une fois que le duel sera amorcé ?

J’empoigne plus fermement mon arme entre ma main tremblante, et comme si elle m’injectait un courage qui m’est inconnu, je me retourne pour faire face à mon adversaire. Pour faire face à mon destin. Pour faire face à ma mort. Cette mort qui me braque avec un vieux six coups et que je braque en retour. Un silence pesant et funeste s’abattit autour de nous. Il me semblait que plus rien n’existait, à part les deux yeux du pistolero qui brillaient de détermination et de l’excitation que la situation lui procurait.

Autant j’avais su gérer mes situations précédentes avec une certaine hardiesse, autant là, j’avais envie de chier dans mon froc. Je veux dire, de m’écrouler au sol comme un bébé et de le supplier de cesser de me poursuivre. De me laisser en paix et de partir loin d’ici. Evidemment, la pitié ne risquait pas de percer la solide carapace du milicien. Ainsi, je sais qu’il me faut désormais combattre. Prendre mes couilles à pleines mains et les agiter bien haut pour lui montrer que je suis un homme avant tout. Ma main se crispe sur la crosse.Tout va se jouer sur celui qui est le plus prompt à appuyer sur la gâchette.

Et comme si cela ne suffisait pas, une migraine se mit à me vriller le crâne. Ressortant du plus profond de mon cerveau pour venir frapper contre mon front. Voilà des semaines qu’elle me suivait, refusant de se dissoudre sous l’effet confondu des analgésiques et de l’alcool. Cette fois, c’était tellement fort et tellement soudain que j’avais l’impression que mon crâne allait imploser sous cette pression épouvantable. Mon sang battait dans mes tempes comme de violents coups de grosse caisse.

Bam…
Bam…

Je voulais en finir là, maintenant. Tout cela devenait insupportable, autant que ça s’achève le plus vite possible. Si je parviens à le tuer, je pourrais me goinfrer des médicaments qui se trouvent dans la station-service. Si il me massacre, et ce sera probablement le cas, j’aurais plus à me plaindre puisque la migraine assaillant mon cerveau sera remplacé par une jolie petite balle.

Bam…
Bam…

Je brandis mon fusil dans sa direction et mes doigts effleurent la détente.

Bam…
Pan !

La balle sortant du canon du vieux revolver à la crosse en nacre vient fracasser la vitre de la portière arrière de le Chevrolet. Exactement à l’emplacement où se trouvait ma tête deux secondes auparavant. Si je suis encore en vie actuellement, c’est qu’un autre mal encore plus puissant que le milicien m’a assailli. En effet, juste au moment où j’allais presser la gâchette, une violente nausée s’est emparé de mon être. Tellement puissante que j’ai du me mettre à genoux et évacuer mes tripes en moins de deux. C’était ce qui m’avait sauvé la vie. C’était aussi la maladie, ce foutu Sida, qui grandissait en moi et m’affaiblissait chaque jour.

Ma tête faisait encore l’effet d’un marteau-pilon et mon ventre était parcouru de terribles crampes. Quitte à choisir, j’aurais finalement préféré que ce cowboy mette un terme à ma vie, à mes souffrances. Ce dernier s’approche de ma pauvre carcasse de sidaïque mourant à petit feu. Il me décoche un coup de pied dans les côtes qui me fait perdre les dernières forces qui me restaient, ce qui fait que je tombe presque paralysé au sol. Mon visage et ma chevelure s’imprégnant de tacos prédigérés, de sucs digestifs, de bile et de je ne sais quelle autre matière peu ragoûtante que mon estomac peut contenir.

_ Je m’attendais à mieux de ta part.
Et c’est avec dédain qu’il fait claquer les pans de son manteau et se retire. Putain, qu’est-ce qu’il pouvait m’énerver ce connard de cowboy charismatique. J’avais envie de lui foutre un peu de plombs dans le corps et de faire du trampoline sur son cadavre desséché jusqu’à ce que sa colonne vertébrale ne soit plus qu’une poussière d’ossements. Je me serais même contenté d’une réplique du style : « C’est ça, casse toi dans le soleil couchant en sifflotant tes airs de pédé ». Mais la seule chose qui sortit de ma bouche fut un nouveau flot de gerbe. Et inutile de vous le redire, mais combiné avec mes maux de tête, c’était insupportable.

Incapable de me lever, je me suis dit que j’allais rester au moins quelques jours à souffrir sous le soleil avant de rendre définitivement l’âme. Mais non, même pas. Le destin m’a apparemment réservé un autre sort. Peut être par sadisme de me voir souffrir un peu plus longtemps, peut être par pitié de mon pauvre être, ou peut être que tout simplement mes aventures étaient dignes de se poursuivre. Je m’évanoui avant même d’entendre les pas se rapprochant de moi.

antalarion
antalarion
Niveau 11
26 novembre 2006 à 00:08:42

Euh... tu passes du présent à l´imparfait! :(

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