J´aimerais commencer cette mini-préface par un accès de rage! Quand j´ai écrit la suite de ma nouvelle: "Mike, espèce d´idiot!", j´étais heureux! Le résultat était plaisant...et voilà que le blasphème informatique surgit! Il se nomme en quatre lettres et s´appelle Bugg!
C´est un sortilège qui permet aux gens les plus zens (je n´en fais pas partie cependant) de piquer une colère noire lorsque, votre texte terminé, le pc choisit de redémarrer pour une raison que nous, internautes amteurs, avons bien du mal à comprendre!
Bref! Petit coup de gueule!
Venons en à mon texte!
Le titre peut paraître bizarre, en effet, mais il a une signification pour moi que je suis (sur ce forum) le seul à pouvoir comprendre! Excusez-m´en!
Dans l´univers de ce mini-roman tout chaud sorti du grill, les créatures étranges se cotoient tous les jours avec normalité! Vous comme moi sommes focalisés par Harry qui s´étonne quand il aperçoit Dobby pour la première fois... rien de tout ça ici!
Je serai donc très direct à chaque fois qu´un protagoniste rencontre quelques créature!
Voilà, c´est à peu près ce que j´ai à dire!
bonne journée, amis écrivains!
***
Chapitre un
Je baillai. Il y avait de quoi dans cette ambiance chaude et étouffante. Le bar était vide de monde- ou presque, si on omettait de compter les quelques elfes qui échangeaient à voix basse des paroles inaudibles. Le feu crépitait dans l’âtre, consumant avec douceur les quelques dernières bûches des réserves de Mr Graham. C’était un chic patron, familier et causeur mais –gardez ça pour vous- pas spécialement travailleur. Il avait toujours des papiers à classer, des factures prétendait-il, mais lorsque par hasard j’avais ouvert la porte de son bureau, je l’avais trouvé à dévisager paresseusement, depuis la fenêtre entrouverte, la rue inondée de passants. Je remplissais bravement mes heures à plonger les mains dans une vaisselle éreintante. Croyez-le ou non mais parmi les copeaux de bouffe qui marinaient dans l’eau que le lavage appliqué rendait grisâtre, on trouvait parfois des dents, du vomi séché (collé à même le verre bien souvent) ou encore de la morve juteuse quand un rire imprévu s’emparait de quelque client enrhumé. Et pourtant ce boulot était plaisant. Si on y réfléchissait, beaucoup de tâches désagréables pouvaient paraître plaisantes, et si ces quelques lignes objectives résumant les miennes vous dégoûtaient jusqu’à la nausée, penser à ces soldats qui s’affrontaient au loin dans le froid ou aux esclaves héréditaires assouvis avant même leur naissance était un bon moyen de s’attendrir sur ma position.
Il m’arrivait de discuter avec les clients. Car il passait de drôles d’oiseaux dans ce bar! Des elfes à la langue fourbe aux nains rieurs, en passant par les centaures qui se lamentaient dans la chaleur d’un alcool artisanal de l’hiver dont ils maudissaient les méfais en brandissant les poings.
-Garçon! Une chope!
-Oui m’sieur!
Le gobelin entama ses ablutions. Sa peau était verte et ridée. De petits yeux porcins scrutaient, enfoncés dans leurs orbites, les différents endroits de la pièce. Le spectacle du foyer le fit sourire.
-Nouveau dans le coin? Demandai-je.
-Ouais mon gars!
Son énorme nez s’écrasait contre le verre à chaque fois qu’il le portait à ses lèvres. C’était plaisant à voir.
-Il faut être fou pour voyager par un temps pareil! Poursuivis-je. J’imagine que c’est pour affaire que vous êtes venu à Bourg!
-Pas exactement! C’est plus sérieux que ça!
La conversation était passionnante, et le gobelin à la langue bien pendue répondait à toutes mes questions. Il avait enfilé treize chopes et je connaissais déjà pas mal de choses sur son compte. Pas que je les aurais racontées à qui que ce soit. C’était lui le bavard, pas moi! Je serais muet comme une carpe!
Il s’appelait Antoine. Antoine le Gobelin. Il venait de l’ouest comme représentant de son espèce à un congrès qu’il présiderait dans trois jours. Il ne m’en dit pas le thème, j’en conclus qu’il s’agissait d’une histoire importante.
Nous en vînmes bientôt au repas. Je lui proposai du riz à l’entrecôte pour un mi-tarif qu’il accepta. Il me parla de son pays natal, sans radoter heureusement, et de sa famille dont il se languissait depuis les premiers jours de son odyssée.
-Puisse mon exemple servir de leçon aux imprudents ! Dit-il comme si une foule attentive le lorgnait. Ne quittez jamais votre berceau familial, restez chez vous….cultivez-vous et vos cultures et élevez vos morpions! Hein, Benjamin? Hips !
-Oui Antoine!
Il se leva et éructa si bruyamment que les quelques convives assis aux autres tables s’en indignèrent. -Quelle grossièreté, répugnant! Grommelèrent les nains (dont l’exemple n’était pas plus reluisant en fin de compte!)- Une telle sauvagerie que chez ces créatures verdâtres, pernicieuses et fourbes qu’elles sont! Braillèrent les Elfes.
Antoine ne les entendit pas et ce fut une chance, car on ignore toujours quelles réactions on peut avoir lorsqu’on est saoul. Il se leva de son tabouret et souhaita me réserver une chambre.
-Une plume, et de l’encre ! Hips ! Je vais régler ces fo…formalités de zuite !
-Non ! Répondis-je. Paie-moi et va dormir. Il n’est pas loin de minuit! Les affaires claires aux matins clairs !
-Comme zu veux ! Allez bonne nuit ! Hips !
Il tituba sur les marches de l’escalier. Puis ses pas pressèrent sur le parquet, la porte de sa chambre claqua. Cinq minutes avaient passé que je l’entendais ronfler bruyamment.
« Eh bien, que voilà un curieux personnage ! Pensai-je.
A ce moment, la porte s’ouvrit devant deux hommes de grande taille. Un courant d’air frais emplit la pièce et le feu dans la cheminée sembla s’étouffer.
Ces hommes (à supposer qu’ils en fussent) étaient cagoulés et leurs longues épées argentées pendaient à leur taille. L’un d’eux s’avança vers moi !
-Eh toi ! Aurais-tu vu un gobelin du nom d’Antoine ?
Les autres grommelèrent quand le meneur eut prononcé ce nom.
« En effet pensai-je, un bien curieux personnage… »
A suivre…
