Voici une petite nouvelle humoristique de moua!
J´espère qu´elle pourra vous offrir un petit moment de détente dans ce monde de brutes!
Mike a toujours eu le don de me déranger aux moments les plus inattendus. La dernière fois, j’ai quitté précipitamment la douche, me suis enveloppé d’une serviette et quand j’ai décroché le téléphone, il m’a avoué de sa voix rauque et énervante qu’il faisait un essai pour voir si la communication téléphonique fonctionnait correctement.
Si ces quelques lignes ont pu vous dégoûter de ce gars, je suis comblé! Depuis ce fameux coup du téléphone, le côtoyer est devenu un véritable moment de souffrance. Quel pot de colle, je vous jure!
Il faut aussi souligner que Mike est un grand admirateur de chiens. Pas n’importe lesquels ; seulement les plus moches, ceux qui bavent, qui pissent, chient et dégobillent partout dans l’appartement. Tout compte fait, ce n’est pas le pire des défauts! Une fois habitué aux odeurs de pets d’animaux, et lorsqu’on a le réflexe de garder une serviette à portée de main, ces petites bêtes sont de loin les plus charmantes qui soient. C’est une question de principe! C’est tout! Et comme en principe, ce gars ne va pas tarder à sonner à la porte de mon appart’ (qui faisait face au sien) pour s’inviter à dîner, prétextant que son four l’a lâché, vous me pardonnerez si, ce soir, je tire une gueule jusque par terre.
Ce con n’a évidemment pas vu la sonnette. Il a commencé à tabasser la porte comme si la pauvre avait massacré toute sa famille (et ses chiens, parce que là, il cognait encore plus fort que d’habitude).
Je me suis empressé de lui ouvrir. Il s’est incrusté en murmurant un bonjour à peine audible, et j’ai refermé la porte derrière lui (non sans avoir remarqué les nouvelles traces de coups). Fort heureusement, Hercule a épargné mon juda. Bordel ! Un de ses chiens a chié devant l’entrée. Seigneur, puisse-t-il marcher dedans en sortant. Ton fidèle serviteur, Morris Clark te le demande.
-Fait froid, hein Morris ?
-Ouais Mike ! T’es allé marcher par ce temps ?
-Hé, tu les connais mes Rougnounous (c’est ainsi qu’il appelle ses chiens). Il faut les sortir ces petites bêtes là. Sinon, leur peau vieillit plus vite, et ils attrapent des croûtes aux yeux et…
-…Et leur bave n’est plus limpide, hein ? Qu’est-ce qui t’amène? (Question dont je connais déjà la réponse mais bon !)
- Ce putain de four m’a encore lâché ! Problème d’alimentation je crois.
-Bah ouais…mais je vends pas de fours moi! Qu’est-ce que j’y peux ?
Il m’a regardé de son air à la con… j’ai eu envie de rire mais je me suis retenu.
-Allez ! Sois sérieux, t’aurais pas une p’tite place à ta table pour un vieux pote comme moi ?
- Mais bien sûr ! Viens donc, mets-toi à l’aise ! (mon sourire est plus mielleux qu’une panse d’ours)
Il s’est affalé sur une chaise, l’air épuisé. Avec un peu de chance, il ne parlera pas !
J’ai ouvert mes armoires, fait semblant de passer une main pour chercher un peu de bouffe à cuire pour ce mendiant des dimanches. J’ai eu le choix entre des Miracoli, du riz, y’a aussi des patates dans l’évier mais elles me sont réservées, de la soupe en boîte, un steak, de la saucisse, des haricots, des choux, voire des frites. Que choisir ?
-Chui désolé Mike mais j’ai plus rien!
-Je vais aller chercher deux ou trois trucs chez moi alors!
-Non ! Non ! Ca va ! J’avais mal regardé, il reste une boîte de riz ! (Tout sauf de la bouffe de chez lui !) Nature ou sauce tomate ?
-Sauce tomate ! (Rien que pour me faire chier)
-Ca roule ma poule!
Il m’a causé de ses chiens pendant un quart d’heure, j’ai fait semblant de l’écouter :
-Oui Mike, oui Mike (oui gogol, oui gogol ! Cause toujours gogol!)
Enfin, j’ai servi le riz à table. (Et jeté un bout de viande aux chiens pour faire diversion et épargner son repas)
Le reste de la soirée s’est bien passé, à part qu’il a foutu de la sauce tomate jusque sur mes tentures et qu’un de ses chiens a chié sur le seuil de ma porte. Quelle plaie!
Il s’est levé, m’a embrassé, rassemblé son armée canine et est sorti.
-Eh Morris ! M’a-t-il lancé sur le palier. Bonne soirée !
-A demain !
-Hein?
-Non rien!