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Knights of Utopia

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
03 novembre 2006 à 23:13:43

Bonjour à tous. Ceci est un de mes premiers romans véritablement écrit avec de la volonté d´aller plus loin. Avant, j´écrivais des histoires d´héroic-fantasy, en faisant un "brain-storming" de toutes les données de mon cerveau en écrivant ça et là des petits bouts de texte mais j´ai décidé d´écrire un vrai texte cette fois ci.

La première partie est assez courte mais je n´avais pas envie de lancer un pavé pour débuter. Merci de lire et de commenter, je serais ravi d´avoir vos avis car je sens vraiment dans ce forum une quantité débordante de qualités, et ces personnes qui sait pourraient m´aider à progresser.

So it is :

Les ténèbres se dissipent peu à peu... L´obscurité totale qui régnait commençait à perdre du terrain. Du noir brut, on passait lentement à une couleur plus nuancée, plus claire. Les quelques zones encore totalement dans l´ombre s´effritaient et se désagrégeaient comme une brume qui se lève. Une grande tâche lumineuse faisait soudain son apparition, en plein milieu. Absolument insignifiante au début, elle commençait à grandir, à grandir. Elle contaminait tout autour d´elle, faisant ressurgir la lumière ici, là où l´obscurité régnait depuis si longtemps... Il faisait grand jour à présent. Une vague réchauffante de lumière vint inonder les yeux d´un homme allongé par terre. Il était totalement aveuglé et la douleur accompagnait cet aveuglement était telle que l´homme gémissait, n´ayant pas la force de crier. Pourtant si il le pouvait, il crierait. Il crierait de tout son corps, comme pour essayer de remettre en marche ses membres, qui ne lui répondaient plus. Le flash de lumière qui avait chassé l´obscurité imposante de pupilles fermées depuis trop longtemps commençait lui aussi à se dissiper. Les contours de quelque chose commencèrent à se dessiner devant lui. Il n´arrivait pas encore à discerner ce que c´était mais il n´allait pas tarder à le savoir. D´autres silhouettes vagues firent leur apparition. L´atmosphère était blanche, le blanc aveuglant de la lumière. Mais des couleurs commencèrent à investir le monde autour de lui. Ca s´assombrissait. On repassait au gris, puis au noir à certains endroits. L´homme commença à prendre peur, il ne voulait pas retomber dans l´obscurité, alors dans un geste brusque, pour tenter de ne pas sombrer de nouveau, il redressa le torse, et tout autour de lui lui apparut aussi soudainement que lorsque l´on sors la tête de l´eau.
Une ruelle. Une ruelle sombre. Très sombre. Un sol de pierre grise, dont la froideur lui envahit le corps lorsqu´il commença à reprendre possession de ses sens et de ses membres. Ces derniers le picotaient affreusement. L´homme agita ses bras pour essayer de faire partir les fourmis mais la douleur le foudroya. De toute évidence, il ne s´attendait pas à ça. Ses yeux étaient brouillés par de chaudes larmes apparues lors du flash qui accompagna son lent réveil. L´homme essuya délicatement ses joues mouillées et leva les yeux au ciel. Pas de ciel ici. Un plafond noir. Enfin il ne savait pas si c´était un plafond, il n´arrivait pas à discerner une limite au firmament ténébreux qui s´élevait au dessus de son crâne. Autour de lui, rien qui puisse lui donner un indice sur sa position. Par terre gisaient des gros morceaux de pierre, des espèces de gros pavés de pierre blanche, comme ceux qui ornent les murs des citadelles ou des temples. Juste devant lui s´élevait un mur, qui de toute évidence était fait lui aussi en pierre blanche. L´homme leva les yeux pour voir jusqu´où ce mur s´élevait mais il fut surpris de voir qu´il s´arrêtait très vite, le sommet étant en ruine. Une poussière blanche recouvrait le sol mais aussi les murs. Pas moyen pour l´homme de voir à plus de trois mètres autour de lui, et il ne savait toujours pas d´où venait la lumière qui lui permettait de voir ce satané mur. Où était-il ?
A cette question assez simple en apparence vint se succéder une autre, plus complexe : que faisait-il là, et surtout, qui était-il ? Il puisa dans ses dernières ressources pour se lever, au grand damne de ses jambes encore endolories. Il avait pensé et agi comme un animal : tout d´abord connaître l´environnement autour de lui, et ensuite passer à l´action. Dans son cas, il fallait se mettre à réfléchir. Il ressentait une sensation assez étrange de vide au plus profond de sa tête. Il essayait de se souvenir, de n´importe quoi, d´un nom, d´un visage, d´une date, de quelque chose, mais non rien du tout, le trou béant. Comme lorsqu´on essaie de puiser de l´eau dans un puit à sec. L´homme était perdu. Il ne savait absolument pas qui il était, où il était, ce qu´il faisait là... Il ne savait pas quel visage il avait. Comment pouvoir prendre une décision dans ces conditions ? Lorsqu´on n´est qu´un fantôme, sans identité, où trouver la motivation et les raisons pour chercher une réponse à toutes ces questions? Et surtout, où trouver la force ? Car il était totalement épuisé. Dormait-il ? Etait-il assommé ou quelque chose comme ça ? Il pouvait aussi bien être là depuis une semaine que depuis trois siècles, rien n´aurait changé. L´homme contempla ses mains. Elles étaient affreusement maigres. Les phalanges s´étiraient et partaient en tout sens comme des tentacules, et au niveau des articulations apparaissaient des horribles bulbes. Les veines terreuses ressortaient autant que les os et donnaient l´impression de gros vers qui se seraient enracinés dans la main du malheureux. L´homme n´arrivait pas très bien à voir dans cette satanée obscurité, mais il avait l´impression que ses mains étaient rouges. Pas d´un rouge synonyme d´une râpure ou d´une blessure, un rouge bien vif. Mais ça pouvait être son imagination, il était tellement fatigué, tellement faible... L´homme contempla le reste de son corps. Ses jambes étaient presque aussi maigres que ses bras. Son mollet et sa cuisse étaient couverts de petites coupures et, ça et là, de grosses plaies noires. L´homme ne serait pas surpris qu´elles fussent infectées, dans un lieu aussi malpropre et aussi insalubre. Intrigué sur l´aspect que pourrait avoir son visage, il se passa les mains dans les cheveux. Ils n´étaient ni longs ni courts, mais impossible de deviner leur couleur. Puis soudain, alors qu´il tâtait dans la zone qui relie la tête au cou, une très vive douleur le foudroya net. A un endroit, sa peau était creusée, un trou dans son cou. Du sang coagulé avait refermé la plaie qui lui paraissait assez énorme, mais c´était encore à vif, et maintenant qu´il avait touché, la douleur ne quittait plus la zone. Lorsqu´il regarda à l´endroit précis où se trouvait sa tête lorsqu´il était allongé, il remarqua effectivement une large flaque de sang, séchée depuis bien longtemps. Bon sang mais depuis combien de temps était-il là ?

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 04 novembre 2006 à 14:03:36

Hello !

Voilà voilà,je vais essayer de faire un comm´ constructif ( c´est pas gagné... :hum: )

Tout d´abord,ton texte se lit très facilement,c´est fluide,et je n´ai pas remarqué beaucoup de fautes,voire pas du tout !

Bon début,j´attend la suite.Bon,je sais,c´était pas hyper constructif,mais bon... :ok:

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
04 novembre 2006 à 14:05:27

Merci d´avoir lu, la suite est pour bientôt :ok:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
04 novembre 2006 à 14:27:38

Pas mal, bon style plutôt étoffé avec un vocabulaire ma foi plus que varié, nan bon texte. :-) Quelques problèmes de cohérence temporelle par moments il me semble, mais rien de bien grave. :) Awaiting the suite, et bienv´nue su´l´forum vu qu´tu m´as l´air d´un nouveau. :-)))

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
04 novembre 2006 à 14:54:56

Lentement, l´homme s´avança dans la pénombre. Il avançait tout droit, appuyé sur le mur, n´ayant pas la force de tenir debout tout seul. Ses jambes étaient incroyablement faibles et malgré son extrême maigreur, elles avaient bien du mal à supporter tout ce poids. A tâtons dans le noir, l´homme finit par s´engager dans une autre voie, toute aussi délabrée. Les morceaux de murs jonchaient le sol, avancer tout droit devenait mission impossible car parfois, c´était de vrais blocs de plusieurs tonnes qui bloquaient la circulation. L´allée où l´homme marchait désormais était très longue, il n´en voyait pas la fin. De part et d´autre de la voie, des hauts murs, eux aussi en piteux état, totalement délabrés. Mais au fur et à mesure qu´il avançait, il remarqua que les murs contenaient parfois des grands orifices, et parfois même des entrées. Il ne s´en était pas rendu compte, mais en réalité c´était des maisons. Des petites bâtisses de pierres qui s´enchaînaient le long de la route, qui s´incrustaient parfois même dans le corps même de la muraille. Ces maisons étaient malheureusement tout aussi détruites. Les portes et les vitres avaient disparu, laissant place à de larges trous béants dans les façades, qui donnaient l´impression de grands visages creux sculptés dans la roche. Une ville fantôme. Une cité morte, en ruines, privée de ses habitants ou d´un quelconque signe de vie. L´homme ne comprenait toujours pas pourquoi il faisait noir, cette ville n´était donc pas à ciel ouvert ? La voûte céleste était toujours plongée dans le noir, mais il ne faisait pas nuit, il en était persuadé. Toutes les hypothèses lui vinrent à l´esprit : une ville enterrée, prise au piège par une éruption volcanique ou après que le Soleil ait subitement implosé... Il commençait sérieusement à avoir peur et à s´impatienter. Mais pire que toutes les questions qui lui déchiraient l´esprit, il avait faim. Très faim. Une faim que seuls ceux qui n´ont pas mangé depuis des mois peuvent connaître. Une faim vitale, que le meilleur repas ne saurait combler par le goût mais uniquement par le fait que ça soit quelque chose d´avalable. Son ventre criait famine, lui déchirait l´abdomen. Son ventre sec et flasque était en feu. Il ne tiendrait plus très longtemps. L´homme errait seul dans cette longue avenue, boitant à cause d´une plaie sur la jambe gauche qui lui paraissait à un stade d´infection assez avancé et se tenant le ventre, en massant les quelques replis de peau qui osaient encore recouvrir son squelette. Et cette affreuse douleur dans le cou qui ne disparaissait pas.

Au bout d´une heure, l´homme arriva sur une grande place, qui coupait la grande avenue et donnait naissance, sur la gauche à une nouvelle voie, toute aussi déserte, et sur la droite un gigantesque escalier de marbre blanc, d´au moins deux cent marches, qui montait vers ce qui s´apparentait à un niveau supérieur de la cité. Au milieu de la place, une grande fontaine, à sec bien évidemment, où dominait une imposante statue, faite elle aussi de marbre, ou du moins ce qu´il en restait. En effet, la statue était décapitée et son bras droit, qui s´élevait au ciel, était manquant. Tout autour de la fontaine, parmi les continuels morceaux de pierre et de murs se trouvaient probablement les membres amputés de cette pauvre sculpture. L´homme, par instinct, décida de s´engager sur l´escalier, sachant que cela lui demanderait un effort surhumain. Chaque marche était un vrai supplice. Sa tête tournait, il ne fallait surtout pas qu´il regarde derrière lui sinon, c´était la chute assurée. Son cerveau fumait, il divaguait totalement. Les distances se voyaient fortement allongées et, alors qu´il était à mi-chemin, il avait la désagréable impression de n´avoir parcouru qu´une dizaine de marches. Découragé et abattu, l´homme courba le dos et s´assit lentement sur une marche. De là il voyait assez bien l´étage inférieur. Dans la parfaite continuité de l´allée qui commençait à la fontaine, il avait une vue panoramique, bien que plongée dans les ténèbres de la ville. Des maisons, des murs, des tours parfois, tout en pierre blanche et tout détruit. Quelle sorte de cataclysme avait bien pu frapper cette pauvre cité ? Comment s´était-il retrouvé dans un endroit si lugubre, si désolé ? Pourquoi...? Pourquoi...?... ... Un fracas incroyable se fit entendre. L´homme sursauta, le bruit l´avait tiré de son récent sommeil. Aussitôt, il chercha à voir d´où venait ce bruit. Il distingua au loin un grand nuage de fumée, même si l´obscurité l´empêchait de parfaitement voir. Il était persuadé qu´à l´emplacement même du nuage se trouvait une petite tour quelques instants auparavant. Sans doute s´est-elle écroulée, son ossature ayant cédé à un poids trop lourd et trop instable... Etait-ce donc son destin ? Finir ici, mort de faim, dans cette ville en ruines qui s´écroule et qui se meurt ? Il n´avait plus la force plus le courage... Rien... Mais il fallait quand même qu´il atteigne le niveau supérieur. Il ne savait pas pourquoi mais il sentait que la sortie était proche, la sortie était là haut. Comme une âme traversant les épreuves pour accéder au paradis, l´homme puisa dans ses toutes dernières ressources pour grimper la centaine de marches qu´il restait à parcourir. Il y était presque, la sortie était toute proche. La libération, enfin il allait pouvoir sortir d´ici. Plus que trente marches. Il rampait comme une larve, s´arrachant la peau sur les marches aux bords tranchants, dégradant un peu plus l´état de son corps. Désespéramment il essayait d´attraper la marche suivante, puis la suivante, en se hissant à la force des bras, alors qu´il lui aurait suffit de marcher. Mais ses jambes étaient mortes, il ne les sentait plus. Enfin, il allait sortir de là. Il ne restait que deux marches, et il aurait enfin l´accès au salut. Il se hissa dans un dernier effort, et s´écroula sur le sol plat du deuxième niveau. Totalement épuisé, il resta là, allongé sur le dos une bonne dizaine de minutes, en respirant de longues bouffées d´air âcre et poussiéreux. Il y était parvenu.

L´homme se redressa doucement, de manière à ne pas trop faire souffrir son dos endolori d´avoir eu comme support un sol froid et dur pendant il ne sait combien de temps. Il regarda autour de lui. Des murs, des maisons, tout en ruine. De l´obscurité, de la froideur, du silence... Rien. Non, la sortie n´était pas ici. Le niveau supérieur était identique au niveau inférieur, et l´homme vit avec désespoir un autre escalier blanc qui menait lui aussi à un autre niveau supérieur. Devant lui se trouvait une longue et large avenue, qui elle pénétrait dans la structure même du mur qui crée le dénivellement entre les différents niveaux et creusait ainsi un véritable tunnel. L´homme, totalement découragé, ne pu s´empêcher de verser une larme. Il y croyait tellement... Il en était sûr... Non il ne sortirait jamais d´ici, il était condamné à mourir là, parmi les ruines et la poussière, dans le noir et l´oubli. Peut-être quelque part la vie suivait son cours, qui sait... Que ce soit une centaine de niveau au dessus ou en dessous de lui, il n´en savait rien, mais peut-être bien que la vie existait. Mais lui était seul dans ce lieu de mort et de chaos, seul, oublié de tous. Peut-être avait-il quelqu´un qui l´attendait... Une famille, des amis, qu´en savait-il, et quelle importance ? De toutes façons son esprit était vide comme une coquille vidée de son oeuf, il ne se rappelait de rien... Aucun sentiment, aucun nom, rien. Il n´avait plus qu´à mourir ici, et personne ne s´en rendrait compte... Mourir pour abréger les souffrances, mourir pour tout finir... Mourir pour oublier... Et puis, en mourant, il était sûr de trouver une sortie à cet enfer. Et, plongé dans ces sombres pensées, il ne remarqua même pas qu´une gigantesque créature s´approchait lentement de lui, tapie dans l´ombre.

____________________________

Azerty :d) Oui je suis nouveau, je lis les fics de ce forum depuis peu mais je connais assez bien le modérateur alors j´espère pouvoir réussir à mon tour avec ma première fic.

linkalink
linkalink
Niveau 10
04 novembre 2006 à 16:10:53

Wouah, il veut se faire pistonner par le poilu :o))
Bon bah j´ia lu aussi. c´est aps mal du tout, malgré quelques problèmes dans la concordance des temps et une ou deux incohérences et répétitions. Enfin, j´attend la suite ma grosse pomme!

Force-impur
Force-impur
Niveau 10
04 novembre 2006 à 16:42:16

Salut à toi jeune auteur.
J´ai lu tes 2 partiels et j´avoue que j´adhère totalement à ton style ! le début est certe peut-etre un peu brouillon, mais ça ne fait que mettre ton style d´écriture que j´admire vraiment.^^

désolé pour ce commentaire pas très constructif mais ce qui m´a vraiment le plus frappé dans tes textes c´est la façon dont tu rédige les choses :)

Continue comme ça et... la suite^^

:)

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
04 novembre 2006 à 17:25:33

Merci à vous pous vos commentaires :ok:
La suite sera pour demain probablement.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 04 novembre 2006 à 20:07:43

2è partie d´aussi bonne qualité que la première !

Quelques passages maladroits,comme par exemple : " *malgré* son extrême maigreur, elles avaient bien du mal à supporter tout ce poids " .

Il serait plus logique de mettre " du fait de" plutôt que " malgré " .

Après,quelques fautes d´orthographes,comme tout le monde,on peut pas l´éviter,mais je veux la suite !! ! ><

Bon courage !

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
05 novembre 2006 à 17:58:28

Je posterai la suite demain sans aucun doute :ok:

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
08 novembre 2006 à 17:11:05

Désolé de l´attente pour les rares qui attendaient vraiment la suite :-p

___________________________

La bête en question avançait très lentement, elle semblait ramper. Tapie dans l´ombre, il était impossible de la distinguer, seuls ses deux grands yeux blancs étaient visibles dans l´obscurité. Au ras du sol, elle se dirigeait tout droit vers l´homme, déjà évanoui. Enfin la créature se plaça dans le rayon de lumière d´origine inconnue qui éclairait une bonne partie de la zone autour de l´homme. La bête s´avéra être un chien. Un énorme chien. Aussi gros qu´un cheval. Son pelage était d´un blanc aussi pur que les ailes d´un ange, mais sur son dos et sur ses pattes se trouvaient d´énormes taches d´un vert émeraude. Ses poils étaient longs et soyeux, son museau allongé et sa queue d´au moins deux mètres de long qui donnaient l´impression de traverser l´air en le tranchant lorsqu´il avançait. Sur le haut de sa tête avaient poussé deux longues oreilles de cette même couleur verte magnifique, qui pour le moment étaient rabattues le long de son cou, où le pelage était plus dense et plus long, comme la crinière d´une jument. C´était un animal absolument magnifique, qui inspirait le respect mais aussi la crainte, car sa gueule renfermait de longs crocs, heureusement cachés lorsque la bête refermait sa bouche, de la taille d´un doigt, et au bout de ses longues et minces pattes se trouvaient cinq griffes d´un blanc d´ivoire. L´animal se rapprocha très lentement du corps gisant de l´homme. Il semblait avoir un peu peur de ce dernier, à la manière d´un charognard craintif, ne sachant pas encore avec sûreté si la bête qu´il s´apprêtait à dévorer était bel et bien morte. La bête arriva enfin à côté de l´homme, et de son museau se mit à renifler dans le cou de ce dernier. Il renifla le corps en entier. Puis, il donna un rapide coup de langue sur le bras de l´homme, au niveau du poignet, et, apparemment satisfait, lécha l´ensemble du bras, de l´épaule aux doigts. A la lumière, la rougeur éclatante de ses mains était assez surprenante. Un rouge sang, vif et puissant, qui semblait inspirer du dégoût au chien. Lorsqu´il eut fini son travail, qui s´apparentait plus à du lavage qu´à du déjeuner, le chien se retourna lentement, fit dos à l´homme et marcha en direction de l´escalier qui menait au niveau supérieur. Mais soudain, il s´arrêta, abaissa sa longue queue soyeuse, la fit passer en dessous de l´homme, et, aussi incroyable que cela puisse paraître, souleva le corps inerte du blessé, avec une extrême facilité. La queue était certes imposante, mais l´impression était due au long et doux pelage, la chair qui composait la queue ne pouvait pas supporter un poids aussi conséquent... Mais malgré tout, l´animal arriva de cette manière à hisser l´homme, et lentement le fit glisser sur son dos, sans ébouriffer le pelage, toujours aussi lisse et soyeux. La manoeuvre était dangereuse, car étant donné la taille assez impressionnante du chien, une chute, dans l´état où il était déjà, se révélerait mortelle. Mais l´animal était totalement serein, comme si il avait fait ça des dizaines de fois déjà. Avec sa queue (avec laquelle il pouvait très bien toucher son front), il ajusta la position de l´homme afin qu´il soit installé le plus confortablement possible. Allongé sur le ventre sur le dos, une jambe et un bras de chaque côté, l´homme ne risquait pas de tomber. Toujours évanoui et d´un air de plus en plus maladif, il paraissait mort tant sa respiration était lente et silencieuse. A terre, à l´endroit où gisait l´homme quelques instants auparavant, une nouvelle flaque de sang s´était formée. Ce sang provenait en grande partie de son énorme plaie dans le cou, qui s´était malheureusement rouverte et commençait à libérer beaucoup de sang, dont une partie vint tacher le pelage pur du chien. Avec l´homme bien calé sur son dos, l´animal recula pour retourner dans la zone d´ombre, et se mit soudainement à courir, en direction de l´escalier menant au troisième niveau.

Sa vitesse, en prenant compte le fait qu´il portait un être humain, très maigre certes, habillé était tout bonnement stupéfiante. Il fendait l´air comme une lame, le vent plaquait ses longues oreilles et sa longue et gracieuse queue voletait dans son sillage. Il était si léger et si rapide qu´il semblait voler, flotter dans les airs. Il courait gracieusement, silencieusement, sans faire aucun bruit, passant au dessus des morceaux de roche éparpillés sur le sol poussiéreux. Le chien escalada très rapidement le grand escalier de marbre qui menait au niveau supérieur, et qui était au moins deux fois plus long que celui que l´homme avait gravi tout seul auparavant. Le chien mit une dizaine de secondes. En haut de cet escalier, le paysage était le même, quoique les zones de lumières comme celle où s´était écroulé l´homme juste avant que l´animal ne vînt le chercher étaient un peu plus présentes. Sans s´arrêter, le chien tourna à droite, accéléra un peu la cadence. Il courrait le long du vide entre les deux niveaux. En bas, on pouvait apercevoir les toits balafrés des maisons en ruine. Il devait bien y avoir une trentaine de mètres. Au moindre faux geste, le long de cette route chaotique et encombrée, c´était la chute assurée. Mais le chien avançait toujours, sans paraître gêné par cela. Par deux fois, le chien passa devant un grand escalier, semblable aux autres, qui menait lui aussi au niveau supérieur, mais le chien ne s´était pas arrêté et continuait tout droit. Au bout d´une dizaine de minutes passées à galoper toujours tout droit, le chien tourna subitement à gauche, et s´engagea dans une petite rue, qui semblait plus délabrée que les autres. Jusqu´alors, les maisons étaient en ruines, mais on pouvait encore les reconnaître. Ici, l´ensemble de la rue était détruite. Il n´y avait plus rien, sinon un amoncellement de rochers et de cailloux. La voie était manifestement bloquée. Mais le chien ne s´en souciait pas, il fit un bond magnifique et survola ainsi une bonne dizaine de mètres de rocaille et de ruines. Il rattérit gracieusement sur ses pattes et continua aussitôt sa course, grimpant sur les gros rochers, sautant, courrant, volant. Ces obstacles ne représentaient absolument rien pour lui. Enfin, il arriva à la fin de l´avenue, qui pénétrait au sein même du grand mur entre là où ils étaient et le niveau supérieur. Le tunnel était effroyablement sombre, à peine on y entrait qu´on était plongé dans l´obscurité la plus profonde. Ce passage aurait fait hésiter n´importe qui tant sa fiabilité était douteuse, mais le chien ne stoppa pas sa course et s´y engagea. Dès lors, plus rien, le noir complet. Seuls brillaient encore dans l´ombre les deux yeux écarlates de la bête. A eux seuls, ils semblaient offrir assez de lumière au chien pour voir devant lui. Le tunnel était long, très long, on n´en voyait pas le bout. Il n´était d´ailleurs pas droit. Parfois, par l´opération du Saint-esprit, le chien tournait, alors que dans cette obscurité monochrome on ne verrait même pas ses propres pieds. Il faisait également très froid dans ce tunnel, mais l´épais pelage du chien devait lui suffire pour négliger ce facteur. Enfin, au bout d´une demie heure passée dans cet effroyable boyau, l´animal émergea. Ici, l´environnement était bien différent. Tout d´abord, les battisses étaient bien moins détruites, certaines n´avaient même que quelques fissures isolées, et les portes et les vitres avaient parfois repris leur place. Il faisait jour, même si ici encore, on ne pouvait dire d´où venait la lumière, car le ciel était gris, comme englouti sous les nuages, mais ce n´était pas un ciel sinon un possible plafond faisant office de firmament. Il faisait aussi plus doux, le sol avait cessé d´être glacial comme la mort et parsemé de trous, de cassures et de pierres. Le sol était toujours gris et poussiéreux mais plus de trace des morceaux de roche éparpillés auparavant. On voyait loin à l´horizon, et à part des toits et des tours, rien ne semblait se détacher réellement de cet endroit, malgré tout vierge de tout habitant. Le chien s´arrêta un moment, comme jouissant de ce confort retrouvé, s´assura que la personne qu´il transportait n´avait pas malencontreusement décédé. Mais non, son coeur battait toujours. Il repartit aussitôt, s´engageant dans une petite ruelle claire où les maisons étaient en état fort convenable, puis continua le long d´une large avenue boisée. Car, grand changement avec la zone précédente, il y avait désormais des arbres et de la végétation. Des herbes mortes avaient proliféré un peu partout, dans les fissures, les jardins, remplaçant les belles fleurs et arbustes, aujourd´hui morts faute de jardiniers. Malgré tout, les arbres avaient apparemment survécu au cataclysme qui a tout anéanti ici, même si la plupart étaient nus ou à l´agonie. L´avenue débouchait sur une large place où se trouvait une gigantesque statue d´un assez bel homme aux cheveux longs écrasant un adversaire vaincu, au visage laid et grossier, et dont l´écu portait le symbole d´un poing dressé. L´homme aux cheveux longs avait le regard vif, fixant l´horizon, le bras gauche armé d´une longue épée pointant le ciel, sur le bras droit tendu était posé un aigle impérial, les ailes prêtes pour un envol. La statue, magnifiquement réalisée et d´au moins huit mètres de haut, n´avait pas été entretenue depuis bien longtemps. La place donnait sur quatre rues, le chien en prit une, continua tout droit, puis arriva enfin le long d´un quai. Le quai longeait un long et large fleuve, presque à sec. Au fond du lit emmuré gisait un vulgaire ruisseau, seul vestige de l´ancienne rivière qui, lorsqu´on voyait le niveau maximal de l´eau symbolisé par la présence de fossiles d´algues et d´une ligne indiquant le plus haut niveau que le fleuve ait jamais connu. Cette ligne se trouvait à facilement dix mètres au dessus du sol. Aujourd´hui, tout cela était à sec... Quel triste paysage. Le chien passa au dessus du ruisseau grâce à un large pont en pierre donc il manquait un bout, du côté droit. Arrivé sur l´autre rive, il gravit immédiatement un large escalier blanc qui le mena dans une sorte de petite bute dans la ville, un peu moins construite, où subsistaient encore quelques espaces verts. Les jardins étaient plus fréquents, les arbres également, certains paraissaient même en parfaite santé. Les maisons étaient blanches et froides. Un silence de cathédrale à glacer le sang régnait et bourdonnait aux oreilles de l´animal, qui commençait probablement à fatiguer un peu. Le chien commença à ralentir. Il se dirigea vers un petit jardin parsemé de mauvaises herbes mais où subsistaient quand même des petites fleurs jaunes, des pissenlits. Il s´arrêta, renifla le parterre d´herbe, puis très délicatement consentit à déposer l´homme à terre, en enroulant autour de lui sa longue queue. L´homme, toujours évanoui mais toujours vivant, fut allongé dans l´herbe. Alors, le chien renifla une nouvelle fois le corps gisant, puis, il chatouilla à l´aide de sa queue le cou du blessé. On croirait alors que le bout de la queue libérait une aura, une aura pure, semblable à de la fine poudre, qui flottait dans l´air, virevoltant autour du visage de l´homme. Comme par magie, ce dernier se mit alors à remuer les paupières, et à doucement ouvrir ses yeux. La première chose qu´il vit, ce fut ce long museau penché au dessus de lui. Effrayé, l´homme agita ses mains maigres et rouges devant sa tête, comme pour se protéger. Il essaya de reculer allongé, mais il n´avait plus de force. Bouger ses bras lui demandait un effort colossal. L´homme émit un petit gémissement, la gorge trop sèche pour parler réellement. Le chien s´étonna de la terreur qu´il inspirait subitement à l´homme baissa la tête, et alors une voix s´échappa subitement de sa gueule, une voix douce et harmonieuse, inspirant la confiance et la pureté : "N´aie pas peur, je ne te veux pas de mal. Je suis là pour t´aider"

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Niveau 10
09 novembre 2006 à 22:23:18

Et bien, j´ai lu! j´ai beaucoup moins aimé que la première partie, j´aurais préféré que l´homme reste seul plus longtemps. Tu fais pas mal de répétition, surtout de "bête" au début et de "chien" ensuite. Il y a aussi deux ou trois mauvaises césures et toujours un problème de concordance des temps.
Mais bon, je veux quand même lire cette suite ^^
Surtout qu´après ce que tu m´as dit, je pense que ta fic a de grandes chances de se bonifier :-d

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
01 décembre 2006 à 22:44:14

Je ne sais pas si la suite intéresse encore quelqu´un, mais la voila quand même :

Pour l´homme éveillé, le fait que cet énorme chien menaçant ait une voix et puisse parler ne le rassurait pas le moins du monde. Effroyablement surpris, le blessé tenta une bonne fois pour toutes de s´enfuir en se hissant sur ses jambes maigres et frêles mais elles s´écroulèrent presque aussitôt après. Le chien, qui s´était assis, à la manière d´un petit chat dans son panier, regardait la triste scène se dérouler sous ses yeux. II laissa échapper un long soupir et répéta :"N´aie pas peur je te dis... Je ne vais pas te dévorer...". L´homme fixa la bête, faisant plonger ses yeux bouffis et sales dans les pupilles d´un blanc écarlate de l´animal, qui lui souriait gentiment. L´homme se calma un peu, il passa une longue minute à regarder celui qui l´avait bel et bien sorti de l´enfer. Alors, il lâcha un mot, le premier qu´il eut dit depuis son réveil il y a maintenant une bonne journée. La voix qui traversa sa gorge lui arracha la chair asséchée et déshydratée dont il était constitué : "Qui...Qui es-tu...?". Alors l´homme s´arrêta, bouche bée. Il venait d´entendre sa voix pour la première fois. Savoir qui l´on est est déjà bien difficile, mais quand on est amnésique, on doit passer par une phase de réapprentissage de soi-même, l´entreprise est longue, douloureuse et pleine de surprises. Là par exemple, l´homme fut agréablement surpris d´entendre une voix douce et longue, un peu semblable à celle du chien. Ce dernier sembla ne pas avoir entendu la question. Il leva la tête au ciel, renifla un peu autour de lui et se gratta l´oreille. Puis il s´arrêta net, comme transpercé par une lame, sembla écouter lentement les paroles de quelqu´un, puis murmura un petit "Bien...". Alors, il se redressa lentement, renifla une nouvelle fois l´homme à terre puis lui dit :
"Mange ça..."
De sa patte blanche, il semblait montrer les nombreux pissenlits qui parsemaient le petit jardin dans lequel ils s´étaient arrêtés. L´homme jeta un vif coup d´oeil aux pissenlits quelques peu décharnés qui ne donnaient pas vraiment envie, en cueillit un et le regarda un certain moment. Alors, l´animal renchérit : "Mange je te dis, ça ne te fera que du bien...". Alors l´homme mangea. Le pissenlit n´avait pas très bon goût, mais ses pétales étaient sucrés et juteux. Le jus lui rafraîchit un peu la gorge.
"La pluie atteint peut-être encore ces contrées sinistres, ajouta le chien qui fixait maintenant le ciel désespéramment gris, si de l´eau tombe, c´est dans ces fleurs que tu la trouveras."
Le pissenlit avait fait un bien fout à l´homme, qui en cueillit un deuxième, puis un troisième, et les fourra tous trois dans sa bouche. Il avait envie de poser un milliard de questions à cette étrange créature, mais aucune ne lui vint à l´esprit. Pour l´instant, il fallait manger, rien de plus.
"Pour ta question de tout à l´heure, tu as visé juste, car mon nom est la seule chose dont je puisse te faire part... On me nomme le Pardon. Je guide les âmes écorchées le long de leur long chemin de l´expiation..." L´homme resta muet. Pour lui, ça n´était pas une réponse valable... Les âmes écorchées ? Que voulait-il dire par là ? Comme si il avait lu dans ses pensées, le chien répondit immédiatement à sa question :
-"Je sais que ça n´est pas vraiment la réponse à laquelle tu t´attendais, mais sache seulement que je ne suis pas ici par hasard, et toi non plus. Chacun a son rôle à jouer dans la nature, j´en ai un et j´accepterai de faire ce qu´on me demande jusqu´à la fin des temps. Mais toi aussi tu as un rôle à jouer. Un rôle d´une importance capitale. On m´a envoyé te chercher, et je suis bien content de t´avoir trouvé en premier...
-En premier ? demanda timidement l´homme, occupé à vider le parterre de tous ses pissenlits. Comment ça ?
-Je ne suis pas le seul à te chercher... On a également envoyé une autre personne. Mais celle-là n´a pas des intentions aussi bonnes que les miennes à ton égard. Si tu avais eu le malheur de croiser son chemin avant que je ne te trouve, c´est par la racine que tu mangerais ces pissenlits..."
L´homme trouva l´expression amusante. Il imagina que cela signifiait "mourir". Sa mémoire personnelle, concernant les noms, les personnes, les relations, avait totalement disparu, d´où ce grand miroir blanc à l´intérieur du crâne qui lui reflétait uniquement ses réflexions lorsqu´il essayait d´y jeter un coup d´oeil. En revanche, sa mémoire des mots, de la langue, était presque intacte. C´était bien le seul vestige de sa vie antérieure, qu´il aimerait décidément bien connaître...
"Pouvez-vous me dire simplement... ce que je fais là et quel est mon nom ?" demanda l´homme persuadé que sa requête ne saurait aboutir.
Le chien en effet répondit de la tête par la négative et ajouta :
"Désolé mais je ne puis rien te dire du tout sur toi. Tu aimerais savoir qui tu es, c´est compréhensible, mais ne t´en fais pas, tu trouveras très rapidement réponse à tes questions..."
Il regarda encore une nouvelle fois le ciel, qui apparemment le fascinait littéralement, puis se pencha vers l´homme.
-"Alors ça te fait du bien ? demanda-t-il
-Beaucoup oui... fit l´homme. J´ai l´impression de n´avoir rien avalé depuis des années... Même si un vrai repas me conviendrait un peu mieux...
-Ca viendra, ajouta l´animal. Pour l´instant, il faut qu´on sorte d´ici, et on ferait mieux de ne pas trop traîner, l´autre risque de nous retrouver avant... Allez grimpe, on continue..."
L´homme n´avait toujours pas assez de force pour se lever. Alors le chien le souleva à l´aide de queue, comme il l´avait fait auparavant. Il hissa le corps frêle et rachitique, l´installa bien sur son dos, puis repartit au quart de tour, en direction d´un second pont. L´homme fut assez surpris de la vitesse du chien et de sa capacité à négliger tous les petits obstacles qui lui barraient la route. Les mains accrochées à deux grosses touffes du pelage soyeux et les jambes crispées de chaque côté des flancs, il n´avait pas l´air très rassuré de ce moyen de transport. L´animal traversa le pont (qui passait au dessus du même ruisseau chétif) puis s´engagea dans une énième avenue sans vie. L´homme contempla longuement le paysage qui l´entourait. Un ciel gris, un horizon assez trouble, même si il arrivait à distinguer au loin, dans un axe de vision parfait, une grosse masse qui semblait monter vers le ciel, comme un énorme bâtiment dont le sommet se perdait dans les brumes éternelles. Le chien ne parut pas vouloir changer de direction, l´énorme bâtiment semblait être son objectif. Au fur et à mesure qu´ils se rapprochaient, la silhouette floue et indéfinissable devenait de plus en plus nette. Les contours se dessinaient lentement, le brouillard se retirait, laissant place à une véritable merveille d´architecture. La chose que l´homme croyait être une immense tour se trouvait être en réalité une porte absolument colossale, qui dominait toute la ville en ruine du haut d´un gigantesque escalier d´un bon demi milliers de marches de marbre, d´un blanc éclatant. L´idée d´une si gigantesque porte posée en plein milieu de nulle part parut à l´homme totalement étrange, mais il se rendit bien vite compte que la porte était creusée dans un mur, tout aussi énorme, qui semblait délimiter toute la ville.
"Mais c´est quoi tout ça ?" demanda en s´exclamant l´homme, totalement perdu. Où pouvait-il donc bien être ? Ils étaient maintenant arrivé au bas des marches de l´escalier qui semblait mener au ciel tellement il était grand. L´animal s´arrêta un instant. Il regarda derrière lui de nombreuses fois, puis renifla le sol. L´homme fixa l´énorme mur, qui, vu d´en bas, paraissait absolument titanesque. Il montait au ciel, transperçait la brume se perdait dans les abysses du firmament. Du moins c´est ce que croyait l´homme. En réalité, le mur s´arrêtait, devenant un lourd et imposant plafond d´un gris opaque et clair, qu´il croyait être un véritable ciel. Le plafond surplombait la totalité de la ville. C´était une incommensurable voûte d´ogive, dont la croisée principale était trop loin de l´homme pour être vue. L´escalier colossal s´étendait devant les deux voyageurs, terrifiant et fascinant. L´homme était persuadé que la sortie se trouvait en haut de ces marches et n´avait qu´une envie, les gravir les unes après les autres, sur le dos de ce destrier que rien n´arrête. Le calme et la sagesse de ce dernier le rassuraient par ailleurs grandement, car seul, il aurait totalement paniqué dans ce paysage gris et figé. Mais brusquement, alors qu´il reniflait le sol pour la énième fois, le chien sursauta. Il leva alors son museau, et regarda, effrayé, tout autour de lui. De toute évidence, il avait senti une présence. L´homme ne comprenait pas et s´étonnait de cet élan soudain de peur chez ce chien pourtant impassible jusque là.
"-Il est là... murmura-t-il doucement
-Quoi ? Qui ça ? Qui est là ? Lança l´homme de plus en plus apeuré
-Comment a-t-il pu nous rattraper si vite ? Nous n´aurions pas du nous arrêter si longtemps... Bon accroche-toi..."
Et l´animal démarra au quart de tour, si brusquement que l´homme aurait été projeté en arrière si il n´était pas solidement accroché à sa crinière soyeuse. Le chien s´engagea sur les hautes marches de l´escalier, les gravit à une vitesse impressionnante, ne paraissant absolument pas souffrir de la pente qui aurait éreinté n´importe quel homme au bout d´une vingtaine de marches. Sa vitesse foudroyante le faisait voler au dessus de l´escalier, dans une position d´éclair fendant l´air. On ne voyait plus ses longues et minces pattes tellement elles se déplaçaient rapidement. L´animal, vif, ne regardait pas derrière lui, même si il se savait suivi, voire poursuivi. Son seul objectif paraissait être la titanesque porte, ses yeux étant fixés dessus. L´homme, aggripé tant bien que mal au long pelage blanc du chien, ne comprenait décidément pas du tout ce qu´il se passait. Il jetait des regards furtifs en arrière, en essayant de garder l´équilibre dans sa position fort inconfortable. Ils devaient se trouver à la moitié de l´escalier. Leur hauteur permettait à l´homme d´avoir une vue panoramique sur la ville. Une ville grise, un peu moins en ruines que la précédente mais dans un état tout de même assez délabré. Les toits à demi effondrés, les maisons à deux étages mortes et vides, c´était tout ce qui ornait cette étendue balafrée sans fin et sans vie. Plus ils montaient, moins la vue se faisait nette. Ils devaient être bientôt arrivés au sommet des escaliers. Fixant le bas des escaliers depuis maintenant quelques instants et cherchant désespéramment à comprendre ce qui avait fait fuir si brusquement l´animal, il aperçu soudainement une ombre. Une ombre en contrebas, à environ quatre cent mètres en dessous d´eux. L´ombre flottait, allait à une vitesse ahurissante, encore plus rapide que le chien. D´ailleurs, l´ombre ressemblait étrangement à ce dernier. Elle possédait également deux longues oreilles et une grande queue fouettant l´air. L´ombre semblait se rapprocher. De toute évidence, le chien blanc et vert fuyait cette créature, qui pourtant faisait à peu près sa taille. Alors soudainement, d´une voix extrêmement calme et posée, l´animal murmura : "Il va nous rattraper..."

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
09 décembre 2006 à 19:48:54

Un dernier :up: de misère et je laisse coûler :)

Abdool
Abdool
Niveau 10
10 décembre 2006 à 16:00:26

Je lirai peut-être quand j´aurai le temps :ok:

SeigneurM
SeigneurM
Niveau 10
11 décembre 2006 à 13:39:23

Wahooo...d´la bombe...
Quoi que : ça fait un peu "long" :)
M´enfin, moi j´attends la suite avec impatience !

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
12 décembre 2006 à 18:05:26

En attendant je continue d´écrire, mais je ne sais pas si je continuerai à poster ici (à moins qu´une foule de fans déchainés me fassent changer d´avis... :sarcastic: ).

SeigneurM
SeigneurM
Niveau 10
15 décembre 2006 à 17:28:24

SIII !! ! JE suis la foule de déchainés !!

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