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Le Seigneur du Vide

Negatum
Negatum
Niveau 10
01 novembre 2006 à 20:28:22

Petit conte (pseudo?) philosophique, j´essaie cette fois un nouveau style, pour voir si ça prends. :p)

Pas beaucoup de blabla cte fois-ci Prenez garde au pavé qui arrive, forumeurs :-)

Enjoy oopa :)

Conte

LE SEIGNEUR DU VIDE

Il était une fois dans un royaume lointain, un Roi et une Reine qui vivaient au sommet d’une tour.
Cette tour était faite du granit blanc le plus pur, et elle s’élevait dans le ciel telle une lame plantée dans le sol. Elle possédait des milliers et des milliers de couloirs, de chambres, de salons et de pièces, tous différents, mais en même temps tous semblables.
La Tour n’avait ni fenêtre ni porte, et seule la terrasse au sommet permettait de voir l’extérieur. Autour d’elle se trouvait le Désert du Vide, là ou il n’y avait rien, ou presque rien. Juste une étendue sablonneuse de touts cotés, et ce jusqu’à l’horizon.
Du haut de leur tour de granit, le Roi et la Reine s’ennuyaient. Sans enfants, sans sujets, ils ne régnaient que sur ce qu’ils pouvaient voir. Autrement dit, leur royaume n’était qu’une tour plantée dans un désert, vide l’une comme l’autre de tout habitant. Seul le silence demeurait dans le Royaume du Vide, comme on l’appelait en ces temps reculés.
-A quoi bon être Roi quand on n’a personne à diriger ? s’emportait parfois le souverain, hors de lui. Partons d’ici, ma Reine !
-Tu sais bien que c’est impossible, rétorquait alors sa femme. La Tour n’a pas de fin ni de sortie. Le Roi ne peut pas fuir son propre pays.
Et le souverain de se plonger de nouveau dans ses tristes pensées.
Les années passèrent. Le Roi devint de plus en plus acre et la reine de plus en plus triste. Ils savaient maintenant en se levant le matin que la journée serait exactement la même que la précédente. Plus aucun espoir ne les animaient, et de toute façon, que pouvaient-ils espérer, maintenant ?
Et puis un jour, alors que le Roi, après une colère particulièrement forte, parcourait au pas de course une infinité de pièces et de couloirs, il vit un lieu qu’il n’avait jamais aperçu auparavant, même après cette éternité d’ennui.
Cette salle était peinte entièrement en noir. Seize torches brûlaient ardemment sur les murs, dégageant une fumée épaisse et nauséeuse. On avait du mal à distinguer l’ensemble, mais il sembla au Roi que cette pièce était incroyablement grande et spacieuse. Au centre, il y avait une table, deux chaises, et un homme assis en tailleur sur l’une d’elle
C’est ce dernier élément qui surpris le plus le Souverain. Un homme, dans cette tour de granit et de solitude ?
Il avait les cheveux noirs et longs qui lui descendaient jusqu’aux épaules. Il était vêtu d’un manteau d’obscurité qui le recouvrait presque entièrement. Et ses deux yeux bleus se perdait dans la pénombre.
Il se releva lentement. Face au souverain, il ne manifesta aucune surprise. Il se contenta de sourire.
-Bonjour, dit-il d’une voix incroyablement douce.
Le Roi, stupéfait, ne dit mot. Après une minute de silence gêné, il finit par articuler.
-Qui êtes vous ?
-Peu importe mon nom, répondit l’autre, sans se départir de son sourire. Je suis content d’avoir pu trouver quelqu’un dans ce labyrinthe.
Il regarda la couronne sur la tête du Roi avec insistance.
-De plus, quelqu’un qui se trouve être le Seigneur du Vide.
-Le Seigneur du Vide… répéta le Roi avec rancœur. Vous pouvez toujours parler, j’ai compris depuis longtemps que je ne suis le Seigneur de rien.
Les yeux de l’homme pétillèrent.
-Rien, c’est déjà quelque chose.
-Depuis quand êtes-vous là ? demanda le Roi. Comment êtes vous rentré ?
-De la même manière que vous. Je suis là depuis le Début, et je serais toujours là à la Fin.
-Foutaises ! Je ne vous avait jamais vu depuis la naissance de l’Eternité.
-Je ne vous avais jamais vu non plus, Majesté.
Silence. L’homme sourit de plus belle devant l’air furibond du Roi, puis engloba la salle de son regard.
-Il est beau cet endroit, tout de même. Je viens toujours ici, quand je suis las de chercher.
-Chercher quoi ?
-Vous
Le Roi, exaspéré par toutes ses réponses mystérieuses, respira un grand coup et tenta de réfréner sa colère. Sa joie de voir un sujet avait été gâché alors que, pour la première fois de sa vie, il était vraiment un roi.
-Et pourquoi vous me cherchiez ?
-Pour vous proposer un marché.
-Lequel ?
Cette fois-ci, ce fut au tour de l’homme de prendre son inspiration.
-Je propose que vous et la reine vous quittiez le royaume du vide.
Le Roi recula, sonné. Jamais il n’avait osé imaginer pouvoir fuir ce monde de solitude et de granit, de pouvoir se séparer de ce désert de désespoir. Son esprit fut parcouru d’un millier de sensation allant de la méfiance au bonheur le plus absolu.
L’homme en face de lui continuait d’un ton docte.
-En échange vous…
-Peu importe, s’écria le Roi. Si ce que vous dites est vrai, j’accepte sans hésiter.
Alors pour la première fois, le sourire disparut du visage de l’homme.
-Comme vous voulez. Que Dieu vous garde.
Et le roi se retrouva seul. Son interlocuteur n’était plus dans la pièce. Soudain songeur, il se demanda si il avait bien fait d’accepter sans savoir ce qui était demandé en retour. Il s’approcha d’une des flammes, et la contempla longuement. Puis, il remonta chez lui, joyeux et soucieux à la fois.
Le lendemain, la reine était enceinte.
Et neuf mois plus tard, une princesse était née.

La reine était tout heureuse. Elle jouait sans cesse avec son enfant dans les milliers de pièces et de salles, sans jamais se lasser. Le roi, lui, passait son temps à parcourir les étages inférieurs, dans le but de trouver une hypothétique sortie qui lui permettrait de s’évader, lui et sa famille. Il n’avait pas revu l’homme depuis leur rencontre dans la pièce noire.
Un jour, à la terrasse, le roi rumina.
-Toujours rien. Je me demande si cet homme ne m’a pas trompé…
-Oublie-le, lui répondit la reine, son enfant dans ses bras. Tu cherchais une sortie, nous avons trouvés une raison de vivre : Elle.
-Elle, encore elle, toujours elle ! Ce que je veux, c’est sortir, moi ! s’écria le roi en se retournant vers sa femme.
Devant les cris de son père, la petite princesse se mit soudain à pleurer. La reine tenta vainement de la calmer, et le roi, furieux, retourna au balcon.
Ce qui vit le sidéra.
A la place du désert qu’il avait quitté du regard quelques secondes plus tôt se trouvait un paysage rayonnant de vie.
Partout, quelque chose à voir, quelque chose de particulier. A l’est, des montagnes dont le sommet se perdait dans la brume, au sud, une forêt touffue frémissante face au vent, a l’ouest, des collines herbeuses ou gambadaient des cerfs –oui, des cerfs !- et au nord, un fjord, ou l’océan croisait le fer avec les titanesques blocs de glace.
Tout cela avait surgi de nulle part, alors que la princesse criait. Et alors le roi compris que l’homme avait tenu sa promesse.
Cette terre qu’il voyait n’était plus le Désert du Vide.
Ce royaume n’était plus le Royaume du Vide.
Le Royaume du Vide avait disparu.
Ils l’avaient quittés, tout les trois.

Dix-sept années passèrent.
Au bas de la tour, le monde se créait peu à peu. Les montagnes étaient devenus plus grandes et plus magnifiques encore. La forêt s’était étoffée, et on pouvait parfois voir des milliers d’oiseaux s’élever dans les cieux. Le fjord apparaissait plus gigantesque encore. Et, dans les collines, il y avait désormais des hommes, un petit village d’humanité.
Bien entendu, ni le roi ni la reine ne pouvaient descendre les rejoindre. Mais voir leur suffisaient. Entendre l’affairement des hommes, caresser les oiseaux, observer le calme glacé du fjord, respirer le vent frais venant des montagnes, n’étais-ce pas cela ,le bonheur ? La terrasse était devenu le symbole de leur joie.
Mais même à l’intérieur même de la Tour, tout avait changé. Les pièces devenait plus grandes, plus aérées, plus éclairées. Les murs ocres se tapissaient d’espoir blanc.
Et la princesse avait grandi, elle aussi. Elle avait beaucoup pleurée et beaucoup ri depuis sa naissance. Ses cheveux d’or dansaient face au vent, et elle pouvait passer des heures a se promener dans les couloirs de la Tour, marchant parfois, courant toujours, virevoltant entre les couloirs et les pièces.
Dix-sept ans s’écoulèrent ainsi.
Et puis, un jour funeste, le roi et la reine payèrent leurs éternités, et ils partirent définitivement du royaume des vivants.
Quand la princesse les découvrit, elle ne fut pas surprise. Cela faisait des années qu’ils vieillissaient, et elle savait qu’ils n’en avaient plus pour longtemps. Pourtant, voir ses parents étendus sur la terrasse, face au monde qu’ils avaient crée, l’ému. Elle se jeta sur les cadavres du roi et de la reine, et leur demanda, la voix chargée de larmes :
-Oh, papa, maman… Pourquoi êtes-vous mort ?
-Ils ont sacrifié leurs vies pour gagner leurs bonheurs.
La Princesse se retourna. Sur la terrasse, à coté d’elle, se trouvait un homme aux long cheveux noirs et enveloppé dans une longue cape d’obscurité. Malgré ses tentatives pour se détourner, la princesse vu que lui aussi, il pleurait.
-Que voulez-vous dire ? Qui… Qui êtes-vous ?
L’homme prit son inspiration, et il lui raconta tout. Comment l’Eternité s’était formé. Comment la Tour avait été construite. Pourquoi le roi et la reine y sont entrés, et pourquoi ils n’ont pu en sortir. Comment le roi avait accepté son offre. Comment, au lieu de fuir le Désert du Vide, la Princesse l’avait transformé. Et pourquoi enfin ils étaient morts.
-Maintenant que tu sais tout, dit l’homme, tu dois partir, loin d’ici, loin de nous. Tu dois quitter cette tour.
-Mais… Mais pourquoi ?
L’homme la prit par les épaules.
-Princesse, votre père m’avait demandé qui j’était, et je ne lui avait pas répondu, parce que je n’avais pas pu. Mais maintenant, je peux vous le dire. J’étais la Tour.
Les larmes coulaient maintenant de ses joues sans retenue.
-J’étais la Tour. Votre père était un Roi. Mais, quand votre père a accepté mon offre, je suis devenu un homme. Et quand il l’a accepté, il est, lui aussi, devenu un homme.
Soudain, il prit la princesse dans ses bras maigres et pantelants.
-Et vous aussi, Princesse. Maintenant que vous le savez, vous n’êtes plus une princesse. Vous pouvez quitter la Tour. Vous pouvez me quitter. Car désormais, vous êtes une femme.
Et soudain, dans le creux de la tour, une porte apparut. Et elle s’ouvrit.
La femme se dégagea de l’étreinte de l’homme, et partit en courant, descendit les étages, traversa la pièce noire ou son père avait rencontré l’homme. Les torches s’étaient éteintes.
Elle franchit la porte, continua, continua, jusqu´aux collines ou l’humanité resplendissait. Et là, elle se retourna.
La tour s’écroulait.
Les larmes aux yeux, la petite fille entendit alors le vent lui murmurer :
-Il est temps pour moi d’accompagner votre père et votre mère, mes compagnons d’éternité. Que la chance vous accompagne. Et que Dieu vous garde.

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
01 novembre 2006 à 21:01:59

C´est écrit dans un style remarquable que tu maîtrises ma foi plutôt bien. Par contre, la morale (puisqu´un compte philosophique comporte, il me semble, une morale ou en tout cas quelque chose s´en rapprochant) m´est restée invisible. :/ Ca m´énerve, j´comprends rien aujourd´hui. :o))

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
01 novembre 2006 à 21:09:12

Je pense que l´histoire repose sur cette phrase : "Ils ont sacrifié leurs vies pour gagner leurs bonheurs" que je n´ai pas comprise... Mais le style est net, sans bavure, un bon bloc de phrases soignées et agréables à lire. :ok:

Via_Veritas
Via_Veritas
Niveau 2
01 novembre 2006 à 22:11:59

Un style qui se veut celui d´un conte mais malheureusement enfantin et qui, bien que fluide -car simple- n´a pas la magie des contes. Des descriptions sommaires -comme il faut- mais maladroites, car simplistes et inappropriées -l´homme a les cheveux longs, etc...-. Tu aurais du appuyer le côté surnaturel de la tour, mettre en valeur le vide, avec une précision qui aurait pu donner une ambiance angoissante.
Je vais paraitre pédant excusez m´en, le début m´a rappelé la bibliothèque de Babel, de Borges, dans l´impression grandiose que dégage la tour.
La morale également me parait un peu creuse, j´ai l´impression que tu avais une idée -ce royaume du vide etc- mais ne savais comment l´exploiter dans une histoire. Ce n´est que mon avis pour ça, peut etre éclaireras tu ma lanterne.
En fait j´aurais bien vu le style du Pont pour cette nouvelle, enfin c´est une remarque un peu bête.
Bref, avis plutôt négatif, je pense que tu dois encore travailler pour réutiliser ce style.

Negatum
Negatum
Niveau 10
01 novembre 2006 à 23:40:17

Merci à vous trois pour les commentaires :-) :
Quelques précisions tout de même, pour répondre à vos divers remarques:
La morale est que la vie ne peut être belle si il n´y a pas d´achévement au bout. y a quelques trucs symboliques que j´ai essayé de faire ressortir, tels que le desert- l´incarnation de la vie, ect... Mais ce n´était pas le but véritable du texte, qui était simplement de raconter une histoire.
Pour le style, je n´ai pas voulu aller trop loin dans les descriptions, justement pour éviter de perdre la magie que je voulais créer, mais qui n´a pas forcément pris (du moins pas pour Via Veritas (il me semble que t´a un autre nom, nan? :o)) )).
Pour l´idée en elle-même, et bien je vais avouer que je ne savais rien de l´histoire même au moment ou j´ai commencé à écrire. Je voulais juste au départ écrire un contre, et puis j´ai lancé le truc de la tour, et c´est parti tout seul :o))
Je pense que je ferai tout de même une réecriture, pas forcément pour la poster içi, mais juste pour voir comment je pourrais le remanier.

Merci donc à Az´ et a Mutako pour leur comms... plutot positif :o)) ?
Et merci à Via (ça suffit, snon je met VV :nah: ) pour le comm´ négatif qui, je l´espére, me permettra de m´améliorer.

Voilou :)

Negatum
Negatum
Niveau 10
03 novembre 2006 à 13:38:50

:up:

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