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Sujet d'invention: article de journal

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
31 octobre 2006 à 20:47:38

Bon ben voilà, notre prof nous a demandé de faire un article de journal vantant et persuandant le lecteur de se mettre au fantastique. Une copine m´a passé le sien pour que je corrige les fautes. J´ai lu et je trouve ça magnifique alors je poste :-d . Donc si vous pouviez mettre vos critiques, fautes repérées, améliorations éventuelles etc.

La nouvelle Fantastique,
Aux frontières du réel…

Le fantastique , dont l’influence est due à l’allemand Hoffmann, apparaît en France en 1830.Il met en scène des évènements surnaturels surgissant brusquement dans un cadre réaliste ;l e récit baigne donc dans une hésitation permanente entre le rationnel et l’irrationnel. Il résulte de cela une hésitation fantastique, fondement même de ce genre littéraire. Les deux pôles de cette hésitation sont gouvernés par le narrateur, qui soumet son lecteur à la subjectivité de sa narration en le manipulant par une focalisation interne, et le lecteur lui même, qui est à la fois irréductible au rationnel et imposé à la raison, d’où son inquiétude.
Tout naturellement, la nouvelle fut le champ d’expression du fantastique grâce à la brièveté de sa composition. En effet, le fantastique déstabilise son lecteur par l’ambiguïté même de ses récits qui se jouent aux frontières du réel et de l’imaginaire. Ainsi, pour que le lecteur puisse jouir de cette ambiguïté dans toute son intensité, le récit se doit bref afin de ne pas durer plus longtemps que ne dure l’hésitation elle-même. Auquel-cas, le fantastique, vidé de toute son essence, n’aurait plus à mes yeux grand intérêt…
Mais quel est donc l’intérêt du fantastique ?m e direz vous. Soit, après vous avoir défini le genre de ma plume la plus objective, permettez –moi de vous entraîner de façon moins scolaire dans le monde fragile et incertain d’Edgar Poe ,de Maupassant ou de Prosper Mérimée et dans leur étrange registre des effets et des émotions.

Tout d’abord, par un vocabulaire affectif, par des images percutantes et par des tournures hyperboliques, le fantastique suscite chez son lecteur l’angoisse, la peur voire l’épouvante grâce aux grands auteurs comme Balzac, Gautier ou Nodier. Ils jouent subtilement avec les frontières de l’expliqué et de l’inexplicable en les mêlant l’une à l’autre et en les faisant danser au rythme de l’incertitude du lecteur qui permet de faire vivre le récit.
En effet, le fantastique est un des rares genres littéraires où le lecteur est actif. Il partage l’hésitation fantastique avec le narrateur et la nourrit tout autant que ce dernier. Je peux même m’avancer à dire que le récit fantastique n’est vraiment complet que lorsque le lecteur et le narrateur communient dans l’incertitude pour donner lieu à l’hésitation fantastique dans toute son intensité.
De plus, le lecteur est transporté dans ce monde trouble et incertain où tout n’est que doutes et étranges coïncidences. Ce monde met en scène des personnages complexes et ambigus dont les pensées, perverses ou insensées, finissent parfois en actes et dont les actes peuvent n’être que fantasmes… Le lecteur voyage à travers les paysages intérieurs tantôt d’un jeune et innocent officier Espagnol refusant de s’avouer qu’il est amoureux du diable (Le Diable amoureux-Jacques Cazotte), tantôt d’un tueur schizophrène persuadé d’entendre battre dans ses oreilles le cœur de sa victime (Le Cœur Révélateur- Edgar Poe Le lecteur se laisse peu à peu prendre aux illusions que les narrateurs mettent en scène par la subjectivité de leur propos ,aussi irréels soient-ils, s’éloignant ainsi pendant un court instant de sa propre réalité.
A cela s’ajoute l’exploration de l’ambiguïté des profondeurs humaines par le récit fantastique. Car, dans cet univers, l’homme est en prise à ses propres mystères. Edgar Poe, par exemple, met en scène chez ses personnages une certaine agitation de l’esprit pour en montrer toute la profondeur et la complexité; il apparaît comme le précurseur de l’analyse moderne de la psychologie. Il les présente toujours dans un perpétuel état de crise où ils oscillent vertigineusement entre leur raison et leur folie. Prenons par exemple le narrateur du Chat Noir (œuvre qu’il à écrite en 1843).Poe nous raconte que dans sa jeunesse, le personnage était doux, vertueux et affectueux envers son entourage. Puis, tout au long du récit, ce dernier bascule progressivement dans le vice jusqu’à devenir un être vil, cruel et détestable. En proie à une dépendance malsaine à l’alcool, il cède peu à peu au plaisir jouissif de faire du mal à ceux qui l’aiment. Poe nous décrit ici l’esprit de perversité qui est en chaque être humain, ce désire insondable de l’âme de se torturer elle même, de violenter sa propre nature et de faire le mal pour l’amour du mal .Le fantastique nous tend donc un miroir pour que nous puissions y voir tous les dilemmes amers et malsains qui déchirent les abysses de la nature humaine…
Mais nous savons vous et moi que nous n’avons pas le temps de lire des livres tout à loisir. Cela tombe bien car la nouvelle fantastique est un récit bref et facile à lire. En effet, nous la lisons avec la même facilité qu’avec laquelle nous nous égarons dans les frontières troubles entre le réel et l’imaginaire.
Il est néanmoins tout à fait compréhensible de ne pas apprécier à tous moments les descriptions démesurées et cinq cents pages d’un réalisme à toute épreuve(sans vouloir offenser M.Flaubert…).Cela vous arrangera peut-être de savoir que les héros des récits fantastiques ont en commun une totale absence d’épaisseur psychologique .Parodiques et caricaturaux, ce sont des synthèses de personnages. Ils ne sont définis que par leurs symptômes et ne fournissent d’indications sur leur passé et leurs désirs qu’en fonction des besoins de l’histoire. La nouvelle fantastique est minimaliste, elle élimine tout détail dans la mesure où il ne sert pas l’histoire. Ainsi, le décor (localisation conventionnelle attachée aux thèmes du genre : lieux clos, caves, manoirs gothiques…) et les personnages, sont allégoriques et symboliques. Le récit est également coupé de tout contexte historique .Mais cela ne gène en rien la lecture puisque chaque nouvelle obéit à une logique interne. Le lecteur ne se sent donc pas assujettit au réel.
Je tiens d’ailleurs à préciser que les Romantiques (Balzac, Gautier, Nodier…), grands lecteurs du genre et souvent traducteurs des récits anglo-saxons, adoptent le récit fantastique comme une forme de libération de l’imaginaire et un instrument de contestation du conservatisme politique et culturel de leur époque. Vous pourrez ainsi jouir de la dimension satirique implicite présente dans plusieurs célèbres nouvelles fantastiques. Je vous invite par exemple à lire « À s’y méprendre… », un des nombreux Contes Cruels du compte de Villiers de l’Isle Adam. Il décrit dans ce récit un café d’hommes d’affaires en le comparant à une morgue. La portée allégorique de cette description est employée à des fins satiriques, dénonçant une société sans âme.

Mais enfin !m e direz-vous, une succession d’évènements étranges, des personnages fantasques et un récit bref…autant lire une énième fois un conte merveilleux, nous saurons au moins à quoi nous attendre !
Je vous répondrai alors qu’il y’a un énorme fossé entre Merveilleux et Fantastique. En effet, dans le merveilleux, le surnaturel est attendu dès l’incipit et il est admis par le lecteur. Ce n’est pas le cas de la nouvelle fantastique dans laquelle les éléments surnaturels sont dérangeants et déplacés. Ils sont opposés aux règles admises par le récit, le lecteur n’est pas informé de leur arrivée dans l’incipit. Ce qui est heureux, car autrement le récit perdrait toute sa saveur. Ce serait comme vous donner le nom de l’assassin dans le premier chapitre d’un roman policier!
Contrairement au merveilleux, le fantastique rompt l’ordre normal des choses, menace la cohérence de l’univers et ne dit jamais qu’il est une fiction.

Le récit fantastique vous passionnera car il veut jouer avec vous. Dans ses nouvelles, la vérité se dérobe sans cesse, le monde visible n’étant qu’une apparence. Face aux évènements mystérieux, les auteurs vous donneront des indices, libre à vous de choisir ceux qui vous conviennent. La fin répondra en partie au mystère, mais seulement en partie…

Voilà ,c’est maintenant que prend fin notre voyage à travers les mystères impénétrables de la nouvelle fantastique. Vous n’avez pas peut-être pas percé tous ses secrets …et c’est bien ici que réside toute sa beauté. Car, vous l’avez compris, il n’y à pas de réelle définition du fantastique. C’est un mirage insaisissable qui ne prend vie que lorsqu’il est lu…

Evidance
Evidance
Niveau 8
31 octobre 2006 à 21:56:54

A la base c´est le genre de truc qui m´endorment les "dissertation" (le pire c´est que je suis en hypokhagne je sais :honte: ) Mais je trouve que c´est pas mal fait pour ne pas dire très bien. Par contre le je genre avis perso dans le scolaire c´est à éviter sinon l´objectif est assez bien remplis c´est à dire nous donner envie de lire du fantastique mais en ce qui concerne les non adeptes du langage soutenu ça peut parraitre assez rébarbatif.En somme un bon écrit :ok:

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
31 octobre 2006 à 22:12:12

Merci de ta réponse Evidance :ok: :coeur:

Notre prof nous a demandé de donner un avis perso, c´est pour ça qu´elle a mis le "je". Et c´est vrai que le style est très ( trop?) soutenu mais c´est du scolaire, ça devrait passer :-d .

Merci encore :-)

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
02 novembre 2006 à 23:15:49

:hum: up

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