Hier un Ange est tombé dans un champ d’automne,
Un oeil de cristal changeant ce monde trop morne.
Les brins déjà gris ne sont pas encore d’or,
Le vent nous chante mais reste encore trop fort.
Bien longtemps j’ai du t’attendre, petite muse,
J’ai scruté les âmes mais n’ai vu que la ruse.
L’une de ces perverties m’a mené à toi,
Toi qui est celui que je ne devinais pas.
Dans mes longs doigts de pécheur je tenais le monde,
L’amour fragile creusait ma paume toute ronde.
Et mes yeux t’ont croisé, et mes doigts se sont tus,
Devant ce temps gâché qui t’a tant attendu.
Les rêves que je chéris ont cessé leur danse,
Tu as volé l’amour et l’a pris par la anse.
Tu as fait danser et mes rêves et ma passion,
As mêlé tout cela et as brisé le rond !
Aujourd’hui un ange a embué mes larmes,
A séché le soleil et délaissé ma dame.
Une muse est éternelle, l’écrit immortel.
Moi un être perdu pleurant un coin de ciel.