Voila une courte nouvelle dont je vous fait part 
J´espère qu´elle vous plaira, ou pas
Un Jeu Dangereux.
Un Jeu Dangereux.
La chaleur étouffante du bus me rend nerveux, et l´odeur crasseuse des touristes me donne la nausée. Voilà plus d´une heure que je suis assis là, à côté d´une vielle qui me toise sans arrêt d´un oeil méfiant, refermant l´étreinte sur son sac au moindre geste de ma part. Le paysage de la banlieu de Paris défile sous mon regard perdu, dévoilant une palette de couleur grisâtre triste. Brusquement, le bus freine, je m´arrête ici. Les gens me scrutent avidemment, j´ai l´impression que certains savent. Qu´importe, ils ne m´empêcheront pas. C´est pas à eux que la vie a daigné s´appitoyer sur leurs sorts. L´air frais du crépuscule me picote le visage et m´apporte par vague succéssive des relents de polution. Le bruit infernale des voitures résonnent en moi férocement et me fait mal à la tête. D´un pas rapide, je traverse l´avenue et pénètre dans ma résidence. Quatre à quatre, je grimpe les escaliers, impatient de la rejoindre. Elle m´apelle depuis si longtemps, les bras ouverts chalereusement. Quelques tags aux insultes raciales figurent sur les murs anciennement blanc du couloir, laissant un décor peu ragoutant. Porte n°24. D´une main automate, j´insère ma clé dans la serrure et abbat la poignée tout excité. Une fois la lumière allumé, je retire ma veste et la jete sur le canapé, sur lequel je m´affale avidemment après m´être saisis d´un couteau. Rapidement, je repense à tout ce qui m´est arrivé depuis peu. La perte de mon travail il y a de cela trois mois, puis mon divorce et enfin mes enfants que le juge a jugé bon de m´enlever. Oui décidemment, rien ne me rattache à la vie. Passons de l´autre côté de la rive, cela ne peut être plus douloureux. La lame d´acier froide passe mélancoliquement sur la veine de mon bars droit, puis la sectionne en deux. Un sang noirâtre comme dénué de toute jvie s´en échappe vigoureusement, laissant face à moi une marre sombre. Puis un rideau voile mes yeux. Je n´entends plus rien, je sens mon coeur battre de moins en moins, jusqu´à s´arrêter totalement. Une forme vague s´éleve alors dans mon champs de vision, difficile de dire si elle est le fruit de mon imagination ou si elle trône réellement là, devant moi, dans mon salon. Magnifique et élégante, elle inspire crainte, peur et respect. Peu à peu, la forme se transforme en fine silhouette aux contours indéfinissables. Je vois cependant son visage noir s´approcher:
_ Veux tu réellement mourrir?
Sa voix semble si lointaine et si proche. Elle n´a pas un son humain. En vérité, elle n´a pas de son du tout. Elle s´adresse directement à mon âme. Et étragement, je sais que je peux répondre. Délicatement, je lui fais comprendre que la Vie n´a pas de sens, tout en dévoilant une peur incontrôlée. Si je parlais avec mon corps, il tremblerait sans nul doute comme une feuille.
_ Tes enfants te manquent, je sais que tu veux rester en vie pour eux. Tu ne veux pas les quitter. Et pourtant, tu as choisis la facilité, comme bien des Hommes. Décidément, vous êtes vraiment faibles.
Ses paroles pénètrent au sein de mon âme comme des lames tranchantes. Mickael... Joris! Mes deux fils... Comment pourrais-je les quitter? Qui sera à leurs côtés pour les voir grandir, pour prendre soin d´eux?
_ Amandine te manques, elle aussi. Tu espères inlassablement qu´elle te reviendra.
La silhouette fixe devant moi débite ses paroles comme pour m´anéantir totalement. Je regrette peu à peu la Vie et ressent l´amertume de l´Autre Rive. Mon coeur inerte semble enfermé dans un étau, qui se restreint encore, et encore... Je souffre au plus profond de mon être, comme jamais je n´ai souffert. Appeuré, j´hurle en un murmure inaudible:
_ Laissez-moi! Je regrette! Je regrette d´avoir fait appel à vous, Revenez donc me chercher plus tard, lorsque mon heure sonnera.
_ Qui te dit que ton heure n´est pas arrivée?
Au niveau du visage de la silhouette difforme apparaissent deux yeux rouges ardents comme les flammes.
_ J´ai tant de choses à faire... Je dois protéger mes enfants, reconquérir Amandine...
_ Tu as voulu jouer avec moi. Me déplacer pour des idioties... Je devrais t´amener maintenant... Mais j´aime le jeu. Alors jouons!
Soudainement, une pièce circulaire apparait, dénuée de tout meublier mise à part une table au centre munit de deux chaises. Sur l´une d´elle était confortablement installée la Mort, dont un capuchon recouvrait soigneusement le visage. La main de celle-ci se dresse dans les airs et me fait signe d´approcher. Je flotte donc jusqu´à la chaise et tente de m´asseoir malgré ma forme non-humaine.
Un chandelier à la flamme vacillante trône sur la table, déversant une lueur orangée sur un plateau carré dont trois gobelets lêchés par les flammes demeurent. Ayant certainement remarqué ma perplexité, la Mort déclare dans un souffle:
_ Jouons! Il y a ici (il lève un des trois gobelets) une bille.
La sphère ressemblait à un onyx incroyablement lisse et pur. Totalement absorbé par la bille, je vis tout à coup un gobelet enflammé se poser violmment dessus:
_ Si tu la trouves trois fois dessuite, alors je te laisserai rejoindre la Vie. Sinon... Tu me suivras et regretteras à jamais d´avoir jouer avec la Mort.
Les mains laiteuses de l´Entité s´emparent de deux gobelets, puis effectuent de multiples mouvements précis, interchangeant rapidement de gobelets et transférant la sphère à une vitesse folle entre ceux-ci. Puis soudain, leurs frénésies s´arrêtent et je comprends que je dois intervenir.Sans aucune hésitation, je désigne le gobelet de droite. La fureur de mon adversaire se ressent dans toute la pièce, et c´est avec un certain regret qu´il lève le gobelet et laisse apparaître la sphère aux milles reflets. Sans ajouter mot, les mains squelettiques déplacent à nouveau dans une vitesse fulgurante les récipients, et j´ai bien plus de mal à suivre la petite boule. Pourtant, son reflet brille intensément et me permet de ne pas la perdre. Lorsque la Mort s´arrête, je souffle avec une certaine fierté:
_ Gobelet droit.
Cette fois-ci, une véritable rage se répand dans la pièce et me brûle étrangement. Des flammes enveloppent la Mort et me picotent ardemment.
_ Bien. Tu es vif, Humain. Bien des Hommes m´auraient déjà accompagné dans les abysses. Mais cette fois, tu ne pourras découvrir le lieu de la shpère.
Puis la danse frénétique des gobelets reprit de plus belle, effectuant des courbes mélodieuses, se passant la sphère sous mon oeil crédule. Les doigts longs et inhumains se retirèrent alors des flammes, et je sentit une certaine satisfaction de la part de mon adversaire. Sa satisfaction était hélas fondée, à mon grand damn. La sphère avait changé de récipient tellement rapidement que je n´avais pu la suivre. Effrayé, je regarde tour à tour les gobelets et la Mort. Le temps semble s´arrêter, ou peut être n´existe t´il pas en ce lieu.
_ Alors? S´impatienta t´elle.
Je repense alors à mes fils, à Amandine. Il faut que je trouve, il le faut! J´implore la chance, prie longuement puis me fie à mon instinct et ma logique:
_ Gobelet droit, à nouveau.
Les flammes du chandelier s´intensifient avec fureur et se répandent dans toute la pièce. La Mort se lève, jete le gobelet droit violemment et je vois avec une joie intense la sphère, qui me sauve la vie.
_ Comment? La chance est à tes côtés, Humain.
_ J´ai misé en partie sur celle-ci, mais aussi sur votre ruse.
La Mort découvre son visage, et je crois apercevoir à travers le rideau de feu mon propre reflet.
_ Une promesse est une promesse. Sors par la porte et rejoins les tiens.
Le Bonheur bouillone en moi lorsque j´abat la poignée de la porte n°24. C´est alors que tout redevient flou. Un voile sombre passe devant mes yeux, puis des lumières vives m´éblouissent. Des voix lointaines me parlent, indistinctes. Puis elles se rapprochent de plus en plus, jusqu´à ce que je les comprennes:
_ Mr Duval? Tout va bien, nous allons nous occuper de vous. Votre famille est là, tout va bien.
Un homme au visage fin se dessine, et je me sens transporter. Je revois le couloir taggé, puis les escalier en colimaçon délabrés et sors enfin à l´air libre. Une légère brise caresse mon visage et m´emplit d´une joie indescriptible. Je vois un camion rouge s´approcher, puis les portes de celui-ci s´ouvrir. On m´y dépose délicatement, et je vois Mickael, Joris et Amandine monter également. Mes fils pleurent, je les serres fort contre moi. Puis ma femme m´embrasse et me pose des tas de questions. Au-dehors, j´aperçois une silhouette difforme enveloppée dans un voile de flamme. Puis les portes se ferment. J´ai joué avec la mort, j´ai gagné la Vie.